La France a un incroyable talent

- 20 juin 2025 - Par Tapis_Volant

La journée compliquée d'un couvreur à la recherche de Français avec qui vibrer
Events #48, #52, #53, #54, #55...

Salle
C'est l'histoire d'un mec qui cherche les Français qui deep run. Lorsque j'ai lu le Demandez Le Programme de ce matin (hé oui : ils ne sont pas écrits à Vegas, mais à Paris, depuis les bureaux de Winamax, pendant que nous, on va au Rhino après notre journée harassante de coverage), je m'aperçois que Jérémy Saderne est notre plus sérieuse chance de bracelet en ce jeudi 19 juin. Notre seule, même... puisque le Seniors ou le PLO à 1 500 $ ne se termineront que le lendemain.

Saderne
Après avoir discuté avec le sympathique vainqueur du Winamax Poker Tour 2017, pendant une pause clope à 18 restants, je suis ravi d'aller écrire mon papier pour annoncer que Saderne est bien parti pour nous faire rêver à une nouvelle table finale, six ans après le grand moment d'émotion qu'il nous avait procuré en allant chercher son bracelet. Je sais que ce genre d'article est dangereux : parfois, avant même d'avoir fini de l'écrire, votre héros a déjà été éliminé, rendant l'entreprise obsolète.

Tandis que je choisis les photos les moins floues à insérer dans l'article, j'ai la mauvaise idée d'allumer mon iPhone 8 pour checker l'application WSOP+ (oui, heureusement, l'appli marche aussi sur les vieux iPhones !) : voilà que Jérémy est grisé sur l'application. Les habitués de l'app ont déjà compris : Jérémy a malheureusement bust en 13ᵉ position. Je file vers l'endroit où se déroulait le tournoi et constate que j'arrive trop tard : Jérémy est déjà rentré à sa villa pour raconter à ses potes que se manger les As dans la tronche, ça ne fait jamais plaisir. Ses potes lui proposent de faire un Mario Kart pour se consoler (OK, ici, j'invente : si ça se trouve, Jérémy a direct filé au Wynn pour jouer le 3K$). 

De retour devant l'ordinateur, j'édite mon post sur Saderne. Je pourrais en faire une nouvelle version, dire qu'il vient de faire 13ᵉ, mais je me contente de modifier la fin de l'article. Dans ma tête, j'aime imaginer ce qu'aurait donné une nouvelle table finale du tricolore. 

Barthe
Je passe faire un tour sur le HORSE à 10 000 $, où un seul Français est présent dans le field du Day 2, Nicolas Barthe (alias "Ceballos" pour les plus anciens du Club Poker), dont le premier tournoi gagné (en 2010 !) était déjà un HORSE, un 200 € à l'ACF (RIP). 27ᵉ de ce même 10K l'an dernier, Nicolas se fait salir par Brandon Shack-Harris à deux reprises, sous mes yeux. Je ne comprends pas bien les mains, et pour cause, je crois qu'ils jouent alors en Razz. Le taulier des traders de Winamax se fout de ma gueule bien gentiment : "C'était du Stud, mec !" Faut dire que le voir payer deux mises sur un tableau JQ2J aurait pu me mettre la puce à l'oreille.

Nicolas me raconte qu'il s'est qualifié via un satellite (joué, évidemment, en HORSE). J'avoue que je ne savais même pas qu'il y en avait. Avant, les satellites pour les gros tournois de variantes étaient souvent (et bizarrement) joués en No-Limit. Vu qu'ils sont encore 60, je me dis que je repasserai plus tard pour guetter la bulle, et que je parlerai de la présence de Nicolas sur ce tournoi aux côtés de Jason Mercier, Shaun Deeb, Scott Seiver, Todd Brunson et beaucoup d'autres un peu plus tard s'il rentre dans l'argent. Las : le temps d'aller pisser, Nicolas était annoncé busto sur l'application. 

Poule

Je n'avais que ça comme photo

Dépité, je me résous à partir en quête des survivants sur le Day 2 du PLO à 1 500 $. Ils étaient cinq Français ce matin au départ, avec un Virgile Turchi fringant en 23ᵉ position au chip-count, Alexis Adda juste derrière, ainsi que Sébastien Coq, Rodney Assous et Robert Giordano à l'arrière du peloton. Évidemment, après les avoir cherchés dans le field restant (sans succès), je vérifie sur l'app : ils ont tous pris la porte, celui qui a tenu le plus longtemps est l'un des joueurs Partouche suivi par une équipe sur ces WSOP, Robert Giordano, finalement 33ᵉ pour 8 581 dollars.

Teisseire
En parlant de Partouche... si on allait jeter un œil sur le Seniors, où Antonin Teisseire partageait ce matin une table avec Jean-Paul Pasqualini ? Ce dernier s'est pris une belle salissure river avec As-9 contre As-2 quand un 2 est venu frapper la feutrine. Pour Tonin, à la recherche de son deuxième bracelet depuis 2011 et sa retentissante victoire pieds nus dans l'Amazon Room, c'est une 57ᵉ place qui l'attendait. Bien sûr, tout imposant qu'il soit, j'ai réussi à rater son élimination. Heureusement, les joies des réseaux sociaux m'ont permis d'avoir quelques mots après sa sortie, même si j'avais bien du mal à entendre avec un Sonny Franco qui gueule dans la même chambre.

En gros, de ce que j'ai compris, c'est que : 1/ ce n'était pas une grosse perf', malgré cette 57ᵉ place pour 12 278 dollars sur un field massif de 7 575 joueurs, 2/ les Américains étaient très fair-play, mais aussi très nuls, et que 3/ ça ne lui faisait pas très plaisir d'être entouré de vieux toute la journée. Du Tonin comme on l'aime, gouailleur, roi de la punchline, qui me défend de parler de cartes dans l'article. Bon, du coup, je ne dirai pas qu'il a quand même chatté un beau As-7 contre paire de 10 en trouvant un board Roi-Valet-Roi-Valet-X et qu'il est sorti sur un coin flip avec les 9 contre Roi-Dame pour un pot de 25 BB.

Taldir

Maxime Taldir, le spécialiste français des Seniors

Je reste un peu dans l'aire de jeu du Seniors, appareil photo à la main, parce qu'un mystérieux drapeau tricolore fait de la résistance sur l'application, associé à un nom qui ne sonne pas très français : Romica Mihailov. Je m'approche de lui, l'entends parler avec un accent américain parfait et le voit 3-bet depuis les blindes. Pas vraiment le moment de l'embêter, je demande à mon collègue Maxime Taldir de PokerNews (qui doit être puni par son employeur : cela fait déjà trois jours qu'il couvre le Seniors, et uniquement le Seniors) pour savoir s'il connaît ce joueur. "C'est un Roumain qui a joué un peu en France, mais qui vit au Canada." À cette heure-là et après plus de 52 tournois sans bracelet français, on accepte tout le monde, si c'est pour entendre la Marseillaise, même si deux Romica Mihailov existent sur Hendon Mob, un Français et un Canadien. Je le prends en photo en soum-soum, en me disant que j'irai le voir en fin de journée. Le moment sera plus tranquille pour lui demander s'il valide ou non un ajout de son nom dans notre panel de joueurs français. 

Romica_Mihailov

C'est la casquette qui m'a convaincu

En attendant, je file du côté du Millionaire Maker, c'est plus facile de trouver du Frenchie sur ce genre de tournois, surtout qu'on est encore au Day 1 : ils n'ont pas encore eu le temps de buster, pour la plupart. Je découvre deux gars qui me racontent leur vie. Bon, normal, je leur ai demandé de me la raconter, mais ils parlent tellement que quand j'ai fini de retranscrire l'interview de Sacha "PyroSC" Cohen que vous avez pu lire plus bas (vous l'avez lue, hein ?), notre dernier Français du Seniors est déjà parti se coucher plus riche de 27 048 dollars pour cette magnifique 25ᵉ place. Le genre de place qui ne plaît pas trop aux couvreurs : un tout petit peu trop tôt pour qu'on veuille vraiment en faire un gros article... alors que le joueur est pourtant rentré dans le top 0,3% du field, et qu'il s'attend peut-être à une news qu'il pourra envoyer à ses proches.

Ivey

Bref, vous l'aurez compris si vous avez lu ce post jusqu'au bout, les Français n'ont pas répondu à l'appel lancé hier (vous l'avez ?) (ND Benjo : oui, on l'a, car on a suivi les cours d'histoire au collège) et on devra encore ronger notre frein en attendant un petit bracelet pour se la croustiller.

Bon, je vous laisse, il y a Phil Ivey à sept joueurs restants sur le PLO à 25 000 dollars. Et si on lui proposait la nationalité française ?

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