[ITW] Sacha Cohen, le poker dans le sang

- 20 juin 2025 - Par Tapis_Volant

Il y a 28 ans, son père Claude Cohen gagnait le 2ᵉ bracelet WSOP tricolore de l'histoire : aujourd'hui, Sacha "PyroSC" Cohen suit ses traces avec un gros programme à Vegas
Event #53 : Millionnaire Maker (Day 1B)

Cohen
Sacha Cohen n'était pas encore né quand son père est allé décrocher le deuxième bracelet WSOP français de l'histoire, c'était en... 1997. Ancien streameur de jeux vidéo, celui qui s'est fait connaître sous le pseudo de "PyroSC" s'est récemment à fond dans le poker, après quelques années de fréquentation régulière du circuit mid-stakes. Avec l'objectif affiché de marcher sur les traces de son père Claude Cohen, vainqueur de l'Event #3 des WSOP 1997, un Limit Omaha à 1 500 $ (pour un gain de 110 400 $). Cette année-là, Claude était devenu le deuxième Français à gagner un bracelet WSOP, après la victoire inaugurale de Gilbert Gross en 1988. Rappelons l'anecdote marrante : Claude pensait que le tournoi était un Pot-Limit et a un peu déchanté en découvrant que c'était du Limit. Cela ne l'a cependant pas empêché de faire parler son talent !

Auteur d'un beau deep run en 2023 sur le DeepStack Championship 600 $ (25ᵉ pour 10 247 $) alors qu'il s'était qualifié pour son deuxième Vegas, Sacha Cohen est aujourd'hui sur le Millionaire Maker, avec un beau petit stack au dinner-break. L'occasion de lui poser quelques questions, notamment à propos de son illustre darron. Entretien. 

Comment on grandit avec un père qui a eu un bracelet ?
On ne me l'a jamais vraiment posée, cette question, étonnamment. De base, j'étais passionné de jeux vidéo, donc on va dire que j'étais fier, mais je n'y faisais pas trop attention. Puis j'ai découvert le poker et j'ai pris goût au jeu, parce que je suis très joueur, je suis un compétiteur... D'un coup, on grandit avec les yeux qui brillent, des étoiles dans les yeux et surtout avec un objectif en tête. Le bracelet, je pense que ça a une grande valeur pour quelqu'un comme moi, qui n'est pas forcément la même que pour les gens qui ont découvert le jeu par eux-mêmes. Moi, j'ai un lien très particulier avec mon père. Ce Monsieur, c'est vraiment toute ma vie. Donc le bracelet pour moi, c'est le Saint-Graal.

Il a gagné son bracelet avant que tu sois né, non ?
Ouais, un an avant que je naisse. Donc j'étais peut-être sa célébration du bracelet, je ne sais pas, mais niveau dates, ça colle pas mal donc ce n'est pas impossible...

Claude CohenComment en as-tu entendu parler, il jouait encore quand tu étais enfant ?
Je ne voyais pas beaucoup mon père quand j'étais très jeune, il jouait à l'ACFà l'époque, la nuit, et il rentrait quand j'allais à l'école le matin. Donc, je ne le voyais pas beaucoup, et après, plus j'ai grandi, plus on se voyait, on s'est beaucoup rapprochés. C'est quelque chose d'incroyable de partager une passion avec un de ses parents, moi j'ai une chance folle de ce côté-là. Et puis surtout, j'ai eu la chance qu'il me soutienne et qu'il soit à 200 % derrière moi. Même s'il a fait ça de sa vie, il connait aussi les risques et tout ce qui entoure ce milieu et malgré ça, il est vraiment à fond derrière moi parce qu'il sait que ce jeu me passionne et que je ne fais pas ça que parce que mon papa l'a fait avant moi. C'est avant tout parce que je suis un énorme passionné de ce jeu et que je l'adore.

Vous avez déjà joué les mêmes tournois ensemble ?
C'est une bonne question. Je crois qu'on n'a jamais fait le même tournoi. On a très peu joué ensemble. J'ai toujours essayé de me faire ma propre expérience, et de ne jamais trop le solliciter, parce que j'avais envie d'être Sacha et pas "le fils de Claude". Je crois qu'on n'a jamais vraiment joué juste tous les deux, juste de temps en temps en variantes en heads-up pour s'amuser, à la maison. Je pense que ça y est, il a fait son temps en No-Limit Hold'em. En revanche, je pense que quand je me mettrai aux variantes, il pourra me donner quelques précieux conseils. Je pense qu'il a énormément de choses à m'apprendre

Est-ce qu'il suit tes résultats ? Est-ce que vous échangez sur des mains ?
Grave. C'est mon premier supporter, il n'y a aucun doute là-dessus. Et inversement, je serai toujours son premier supporter. Il me demande toujours des news, j'essaye toujours de lui envoyer un message quand je peux. Ici, à Vegas, c'est un peu le feu, mais j'essaye de le tenir au courant, c'est vraiment très important de le tenir au courant. Et je sais que s'il pouvait, il serait là ici et il me supporterait. Il est à la maison, mais il me suit à 200 % depuis chez lui. Loin des yeux, près du cœur.

Le bracelet, ça représente quelque chose pour toi ?
Ça représente quelque chose de très fort. Pour être honnête, Vegas, c'est quand même particulier. Il faut être extrêmement bien rollé, et il y a peu de joueurs en France qui peuvent se permettre de jouer absolument tous les 10K sans staking. Mais j'ai l'impression que ces tournois sont en quelque sorte plus accessibles, puisqu'ils ont des petits fields. Ça fait deux ans que je suis pro, j'ai fait un an et demi de MTT online, où ça s'est très bien passé pour moi, mais pour assumer un Vegas d'un mois et demi et chasser les bracelets tous les étés, il faut être vraiment bien rollé. Moi, typiquement, je suis staké, donc ça me permet de venir, mais ça reste un engagement financier assez conséquent. J'ai envie d'être raisonnable vis-à-vis de ça. J'ai énormément progressé ces deux dernières années, mais j'ai encore beaucoup de progrès à faire. Je prends un kiff de fou à venir et à jouer, mais je joue majoritairement des gros fields, donc le bracelet est plus dur à aller chercher. Je ne dis pas que les 10K sont plus faciles, mais disons qu'on trouve plus facilement des opportunités. Je suis très motivé, et plus le temps passe, plus je me donne les moyens d'aller le chercher. J'en rêvais il y a déjà cinq ans, mais j'étais loin de me rendre compte à quel point il fallait travailler pour espérer atteindre cet objectif. J'ai pris conscience de ça ces dernières années, et j'ai beaucoup bossé. Il y a de la route encore, mais on est sur la bonne voie.

Quel est ton programme cette année sur les WSOP ?
Je reste jusqu'à la fin, ça va être mon premier Main Event, je suis comme un ouf, très excité. Forcément, parce que ça fait partie des tournois qui me font rêver depuis que je suis tout petit. Je suis arrivé il y a cinq jours. Le programme, c'est d'abord de bag le Millionaire Maker sur cette troisième et dernière bullet, mais ça se passe bien pour l'instant (NDLR : Sacha possède déjà 4 stacks de départ au dinner-break). Je rentre après le Main. C'est le rêve de tout joueur de poker de faire ce tournoi. Ça va être fou. J'avais envie de vivre ça et je vais enfin pouvoir le faire. Espérons ramener un petit bout d'or à la maison autour du poignet.

Ton père joue-t-il encore au poker ?
On va dire qu'il est à la retraite. Mais je pense qu'il y a des gens qui ont ça en eux, les cartes. C'est un truc qui est en moi, j'aime jouer, j'aime la compétition, j'aime les cartes. Je pense que c'est pareil pour lui, il aime tout ça. Il joue encore de temps en temps, il essaye de garder le cap. Il est plus tout jeune, il va sur ses 70 ans, mais je pense qu'il aura toujours la petite flamme en lui, parce que c'est un jeu qui nous anime. Je pense qu'il nous a transmis ça, c'est dans le sang. 

Cohen journal

La version 1.0 d'un coverage poker. Gloire aux pionniers de notre métier ! Si vous avez cinq minutes, n'hésitez pas à vous plonger dans les archives de 1997 (peut-être la première année où un vrai reportage live fut proposé sur le web), cela vaut le détour !

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