Rail de qualité

- 18 juin 2025 - Par mama913

Autodérision, bons mots, complicité : le temps file vite dans le rail de Rémy Murcia, en plein Jour 4 d'un tournoi monstrueux où il ne reste plus que 0,25% du field de départ... 
Event #37 : Monster Stack 1 500 $ (Day 4)

Elie Nakache,Mario Fatah et Pierre Lewandowski

Élie Nakache, Mario Fata et Pierre Lewandowski

"Murciaaaaaa, la, la, la, la, la, la, la !" Dès que Rémy Murcia met la main au milieu, ses trois potes présents depuis la reprise du Monster Stack donnent de la voix. D'abord discrets, les chants se sont faits plus réguliers, et les décibels ont grimpé, à deux mètres des six dernières tables. "La bière, c'est bien… mais on passe au Frozen Daiquiri au break !", propose d'ailleurs rapidement Élie Nakache

"Je rentre ce soir, je suis dégoûté... On se connaît depuis six ans, nous nous sommes rencontrés au fil des années et nous étions six dans une villa pour ce Vegas. C'est normal d'être là, on s'amuse et on termine en beauté, à la bien !", explique le champion WSOP avant de lâcher un gros "Rémy, on a besoin de toi pour nourrir les enfants !"

Nakache n'a fait qu'une place payée sur son séjour, mais il n'a pas perdu son sens de l'humour. Il est là pour profiter d'un moment joyeux et faire du bruit. "Cela m'occupe vos conneries, vu que je joue un coup toutes les demi-heures", plaisante Rémy en venant voir ses copains après être tombé à 15 BB… avant de venir les prévenir deux minutes plus tard : "Ils vont vous jeter, gueulez un peu moins fort", s'inquiète-t-il. Un sourire aux lèvres, il ajoute : "Vous me dérangez en plus !"

Rémy Murcia voit le field se réduire, les éliminations provoquent une réorganisation des tables, il doit doit bouger, nouveau siège. Le niveau de ses adversaires grimpe plus vite que son stack. "La table n'est pas belle, lui, c'est du lourd, lui, il a joué des Tritons, etc. En ma faveur, j'ai surtout un rail de qualité", se motive Remy, dans son élément avec ses copains.

Remy Murcia poussé par son rail

Rémy a une famille… qui le pousse

"Peur de le déconcentrer ? Il est déconcentré de nature ! Je déconne, il est focus, c'est un professionnel. Le GTO de la belote !", reprend Pierre Lewandowski, bière à la main. "Ce n'est pas la première, ça tangue", commente Élie. "Il ne faut pas abuser en vrai. Il va devoir s'excuser auprès de la table, il y a trois lourdauds derrière lui", répond Mario Fata qui vient lui aussi de vivre son moment labellisé "rail de qualité".

"J'ai eu un deep-run online, ça se passe bien de ce côté-là sur WSOP.com, avec un spot de bracelet As-Roi contre As-4... mais ça s'est terminé à la niche [...] J'avais commencé le tournoi au Horseshoe sur l'iPad, j'ai sauté vite et je suis rentré à la villa. Au fur et à mesure des busts, ils m'ont rejoint et au bout de trois heures, on a mis ça sur l'écran géant. Très bonne ambiance, c'était comme l'an dernier pour la finale d'Élie, la folie, ça nous unit ce genre de moments", indique celui qui s'est lancé dans la création d'un compte Instagram, mamasoyfamoso, pour partager de bons moments autour du poker. Un de plus.

Les paliers sont de plus en plus importants, les enjeux grimpent, l'ambiance aussi. Daniel Tordjmann débarque et lance du "Mumuuuu !" pour dire bonjour à son pote. Ce spécialiste du PLO était là pour la victoire du Français à Monaco sur la Cup de l'EPT Monte-Carlo. "Très bon moment, là j'étais dans le même groupe pour le logement, mais ici aussi c'est toujours un plaisir d'encourager un Français en plein rêve à Las Vegas." 

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"C'est là que je devrais être", rigole d'ailleurs Lewandowski en désignant la place de « La Murce », un autre surnom du jeune joueur des Alpes-maritimes. Tout le monde joue pour vivre ces moments, le deep-run et s'il y a les copains derrière, c'est encore mieux. Tout en ne dépassant pas les bornes. 

Le tournament director Lance Herrero est d'ailleurs vigilant. Il surveille d'un œil attentif, et garde l'oreille au sol, sans tout comprendre à ce qui se dit. L'important, c'est la vibe, on s'amuse sans agressivité. Avec bienveillance, le staff encourage les spectateurs à créer une atmosphère de fête, tout en respectant le jeu. "La main est terminée, les célébrations sont OK", commente-t-il, les deux pouces levés après un énième "Murciaaaaaa, la, la, la, la, la, la, la".

Et Grégory Chochon, qui passait dans le coin, ne sera pas le dernier à aller dans son sens. "Le bruit, des gens qui vivent, c'est toujours mieux qu'un joueur sous sa capuche", termine le patron français des WSOP. Bien vrai !

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