Décrocher les étoiles

- 14 juin 2025 - Par Tapis_Volant

La nouvelle coqueluche du clan tricolore réalise la plus grosse perf' française du séjour
Emilien Pitavy confirme son statut d'étoile montante en finissant 7e pour 367 069 $
Event #38 : High Roller 100 000$

Pitavy

Pas encore la consécration tant attendue, mais à n'en pas douter une sacrée confirmation. L’émergence d’un gros bosseur sur le circuit High-Stakes, un tricolore venu défier les légendes du jeu sur les plus beaux tournois de la planète. Une ascension fulgurante ? "C’est plutôt un mec qui a gravi toutes les marches une à une", nous confiait Jonathan Pastore hier au moment où Emilien Pitavy ralliait la première grosse table finale de sa jeune carrière. Et même si cette table finale fut bien trop courte pour une première expérience à ce niveau, le français n'a clairement pas démérité.

Short-stack depuis les premières heures du Day 2, Emilien a manœuvré à la perfection son petit tapis jusqu’à la 7e place de ce High Roller 100 000 $, bonne pour 367 069 $, son plus gros résultat à ce jour et une première étape vers des objectifs bien plus élevés.  

"J’avais envie de vivre un gros deep run comme ça sur un Super High Roller, c’est chose faite, mais maintenant, j’ai envie d’aller plus loin", lâchait Emilien en toute simplicité après son élimination. 

Pitavy

Plus petit tapis à l’abord de cette table finale, après s'être maintenu à flots sur un ou deux coups post-flop, Emilien a saisi l’opportunité de mettre ses 7 dernières blindes au milieu avec A6 quand le chipleader Aram Oganyan a mis à tapis les shorts à sa gauche en fin de parole. Emilien joue contre A7 et est malheureusement drawing dead dès la turn d’un tableau J872.

L’an dernier, on avait découvert Emilien à Vegas, alors qu’il avait déjà une solide réputation online. Il venait de réaliser une perf’ XXL sur un 10 000 $ du Wynn pour 155 000 $. Alors qu’on s’extasiait sur cette perf', Emilien douchait notre enthousiasme en évoquant un "petit tournoi". Mais qui était cet ovni qui se réjouissait à peine d'un résultat à 6 chiffres ? 

Depuis, on a mieux compris, notamment grâce à l’interview-fleuve qu’il a accordée à la rédaction en mars dernier, Emilien vise haut, très haut, et si cette 7e place obtenue sur un tournoi rempli de légendes lui apporte une belle satisfaction, ce n’est qu’une étape sur le parcours d’un joueur très ambitieux. 

Pitavy

"Je n’ai pas spécialement de secret, déclarait-il quelques minutes après sa sortie, j’essaye juste de me mettre dans ma bulle, je sais que je bosse correctement au quotidien pour arriver à participer à ces tournois-là, et être en mesure de battre le field. 

Cette réputation de bosseur qui lui colle à la peau, il l'a construit depuis des années. Déjà, à Malte, pendant que les grinders buvaient des cocktails à Paceville, lui restait dans sa chambre pour travailler ses ranges, mettant tout en œuvre pour devenir une machine de guerre. Vous connaissez ces mecs qui disent qu'il taffe leur jeu 3 heures par jour ? Lui le faisait vraiment, avant ses sessions, avec discipline et acharnement.

Quand on lui demande s'i est déçu de la perf' et s'il se voyait bien aller plus loin, Emilien relativise : "Pas de déception, il n’y a aucun coup que je regrette, et c’est le plus important pour moi. C’est ce que je m’étais fixé comme objectif prioritaire. Je sais que plus tard, il va y avoir d’autres spots, d’autres opportunités. Je vais essayer de continuer le travail au quotidien, pour que la prochaine fois, ce ne soit pas une 7e place, mais plutôt une 3e, voire un bracelet."

Surtout, ce qui nous a frappé pendant tout ce deep run, c'est le plaisir qu'Emilien prenait à table. Et on le comprend. Entouré de légendes du jeu comme Viktor Blom, Phil Ivey, Ike Haxton ou Adrián Mateos, Emilien avouait avoir kiffé comme jamais, tout en essayant de cacher ses émotions le plus possible à table.

"J’essaye de m’appuyer sur ma technique pour avoir confiance en moi sur ces fields-là". Loin de se sentir mal à l'aise au milieu de ce field sharky, Emilien est conscient qu'il a clairement les armes pour rivaliser, et l'a prouvé depuis de longs mois avec de très gros résultats online sur les gros 10k$ de GGPoker. 

Pitavy

Et la suite ? Est-ce qu'on verra Emilien Pitavy sur le Super High Roller à 250 000 $ qui débute dimanche ? "À la base, j'avais prévu de le faire et de partir de Vegas après, parce que j'ai déjà passé un mois entier à Vancouver pour les Series online. Ce n'est pas sûr encore que je le fasse, je dois voir avec les stakeurs."

Repéré par Fedor Holz qui eu le nez fin en l'intégrant dans sa Team SOOn cherchant 6 joueurs ultra-ambitieux pour aller jouer les High Rollers, Emilien Pitavy sera clairement l'un des français à suivre dans les prochaines années.  

WSOP 2025 : tous nos articles