Nicolas Milgrom signe la troisième table finale du clan tricolore
Longtemps chipleader, le spécialiste des variantes termine 5ᵉ pour 74 673 $ et signe sa meilleure perf' sur le circuit, en attendant tous les gros tournois à 10 000 $ qu'il va disputer cet été
Event #27 : BIG O 1 500 $ (Day 3 et Finale)
Le plus français des Américains ? Le plus américain des Français ? Quand on lui pose la question, Nicolas Milgrom penche plutôt du côté de la France. "Je suis né à Paris, j’y ai passé les 11 premières années de ma vie, et je me sens proche de ce pays. Dès que j'ai une opportunité de représenter ce pays, je le fais. J’y suis d’ailleurs retourné le mois dernier, pour la première fois depuis 20 ans, avant les Series, pour voir toute la famille, mon frère, ma sœur, me ressourcer. Ça m’a fait un bien fou."
Grinder de variantes depuis sa majorité, à Los Angeles puis à Vegas, celui qui a rasé pendant de longues années les tables de 40$/80$ Stud Hi/Lo du Bellagio ambitionne de gagner un bracelet depuis qu’il a commencé à jouer au poker. On l’avait découvert l’an dernier sur un 10 000 $ Stud Hi/Lo, étonné de trouver un drapeau français dans un field de spécialistes avec une moyenne d'âge autour de 60 ans. Les drapeaux français sur les tournois de variantes ? En général, on peut les compter sur les doigts de deux mains : David Benyamine, Alex Luneau, Julien Martini, Fabrice Soulier, Bruno Fitoussi, Paul-François Tedeschi et occasionnellement des Jean Montury, Michel Leigborin ou autres adeptes de ces variantes exotiques.
L’an dernier, Nicolas Milgrom avait vendu de l’action sur quatre tournois, dont le 10 000 $ H.O.R.S.E. sur lequel il avait fini à une encourageante 20ᵉ place. Cette année, c’est une trentaine de tournois de variantes qu’il a décidé de mettre dans son package disponible sur la plate-forme Poker Stake, avec une dizaine d'events à 10 000 $ au programme.
Force est de constater que les amateurs de staking se régalent déjà puisque notre franco-américain vient tout juste de terminer 5e sur le 1 500 $ BIG O (du Pot Limit Omaha Hi/Lo à cinq cartes) pour 74 673 $, 10 jours après être passé tout près sur le 1 500 $ Seven Card Stud (11ᵉ). Il réalise de loin sa performance la plus rémunératrice sur le circuit, même si au vu du déroulé de la journée, Nicolas peut nourrir quelques regrets.
"J’ai eu beaucoup de coolers et pas trop de chance dans les coups importants. Je regrette peut-être une ou deux décisions, qui n'ont pas forcément eu beaucoup d'impact, ce sont surtout les cartes qui ont décidé aujourd'hui, même si on peut toujours faire mieux", commentait-il à chaud après sa sortie.
Aux avant-postes tout le long du Day 3, après avoir éliminé plusieurs joueurs en début de journée, il se fait alors surnommer "The French Fryer" par les américains de sa table. Malheureusement, à 13 left, plusieurs mauvais coups vont bien entamer son stack et le faire redescendre sur terre alors qu'il était largement en tête. Le coup qui a précipité sa chute s’est produit quand avec nut flush-draw + open ended, il joue tout le paquet pour éliminer Shiva Dudani (revenu d'entre les morts alors qu'il était tombé à une blinde), qui avait floppé deux paires. Revenu dans le peloton, Nicolas n’a fait que degrind à partir de là, se faisant deux fois quartériser. (Mais si, vous savez, quand vous pensez partager le pot avec votre Low, mais que votre adversaire a le même Low, et un meilleur High que vous).
Parmi les plus petits tapis à l’entame de la TF, Nicolas Milgrom a résisté tant bien que mal, en grattant des beaux paliers pour réaliser le plus beau résultat de sa jeune carrière, mais surtout une perf qui en appelle beaucoup d’autres, tant il a semblé maîtrisé son sujet tout au long du tournoi. La dernière main aurait bien pu le remettre en selle puisque, après avoir une première fois scoopé son voisin pour doubler, il part à tapis avec A
Q
8
4
3
après une relance de Paul Sincere, un joueur peu expérimenté qui réalise ici son premier cash ever sur les Series. Payé par A
Q
Q
8
6
, Nicolas Milgrom trouve un beau tirage low sur la turn, mais qui ne suffira pas à aller arracher une moitié du pot.
Humble quand il s’agit d’évoquer ses difficultés rencontrées face à de bons joueurs, comme contre Todd Brunson et Eli Elezrah sur les High-Stakes du Bellagio, ou encore quand il s’est retrouvé avec Calvin Anderson à sa gauche sur le 1 500 $ Pot Limit Omaha Hi-Lo, Nicolas Milgrom préfère ne pas brûler les étapes. "Je ne vais pas jouer le 50 000 $ PPC, je sais que je ne suis pas assez bon en No Limit et en 2-7, peut-être un jour, qui sait ? Mais le tournoi que je vise le plus, c’est le 25 000 $ H.O.R.S.E, il n'est pas dans mon package, mais si tout se passe bien sur les Series, j’aimerais bien le jouer pour toute mon action."
Soutenu par sa petite amie, son frère, des potes et même ses adversaires sur les tables de cash-game dans le rail sur la deuxième feature table, Nicolas Milgrom avait clairement les faveurs du public sur cette deuxième table finale tricolore du séjour. Malheureusement, il lui aura manqué le petit soupçon de réussite pour aller jusqu'au bout de ses rêves sur ce BIG O, même s'il préférait positiver sur son super début de Series où il en déjà à 4 places payées. Ce n'est que partie remise. "I will do it again !" conclue-t-il avec son plus bel accent américain avant de revenir dès demain pour jouer le 10 000 $ Pot-Limit Omaha Hi-Lo 8 or Better Championship.





