Winamax

Un field qui rentre dans la norme, dominé par un pro hors-norme

- 11 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Marqué par la bulle, le Day 4 s'achève avec 464 joueurs restants
Il reste 23 Français, en majorité des jeunes grinders bien connus de nos services
En deuxième position au classement ? Rien de moins qu'Adrián Mateos !

Main Event 10 000 $ (Fin du Day 4)

Bulle
Bruyante, frénétique, mais avant tout joyeuse, et par moments émouvante : la bulle semble déjà bien loin au moment de songer à faire le bilan du Day 4 du Main Event. Douze heures après cette étape cruciale, le field a fondu à toute vitesse pour passer de 1 617 à 464 joueurs. Des centaines sont déjà passés à la caisse, ruminant la justesse de leur décision fatale (pour les pros) ou savourant de repartir du plus beau tournoi du monde avec quelques dizaines de milliers de dollars en poche (pour les amateurs).

Maintenant que l'on attaque officiellement la seconde moitié du marathon, ce sont ces derniers qui vont avoir de plus en plus de mal à trouver le second souffle, tandis que les coureurs les mieux entraînés vont commencer à tenter une échappée. Vous n'aurez qu'à scroller jusqu'à la deuxième position au classement pour trouver l'un des plus dangereux joueurs de poker du moment. Vous le connaissez bien...

Mateos, le rouleau compresseur

Adrian Mateos
On désigne souvent Adrián Mateos par son surnom, "la máquina". On n’oublie cependant de préciser que c’est une machine amovible, qui se métamorphose selon les tournois et les adversaires. Tantôt perforeuse de field, tantôt moissonneuse-batteuse, tantôt tractopelle ramassant les jetons, le Madrilène a cette fois incarné l’un de ses automates favoris : le rouleau-compresseur.

"C'est simple, j’ai gagné tous les gros pots que j’ai joués. Tout est allé dans mon sens. Il y a eu un gros flip à 600 000 jetons en milieu de journée, mais honnêtement, il y a eu tellement de coups que je ne saurais isoler une grosse main" déclare Adri, sans oublier de caser sa classique (et déjà entendue la veille) phrase passe-partout "Quand je bluffais, ils foldaient, quand j’avais, ils payaient".

Adrien
Voisin de Mateos durant les deux dernières heures, Adel Naoun était aux premières loges pour assister à la démonstration Mateos, dont il a été l’une des premières victimes. "Il m’a complètement "own". Je suis sur qu’il va dire dans Dans la tête d’un Pro que je suis un gros pigeon. Le seul moment où je tente un 4-bet light avec As-2 off, il m’a 5-bet tapis“ déplore Naoun, qui a malgré tout apprécié les joutes avec le Team Pro W.

"C’est vrai que j’ai gagné la majorité des coups contre lui. Mais ce n’est pas le seul à qui j’ai pris beaucoup de jetons" commente l'Espagnol. Effectivement, aujourd’hui Adri a détroussé un peu tout le monde, au point de monter un stack colossal de 4 500 000 jetons, le deuxième plus gros tapis en circulation, devancé d’une courte tête par Stephen Song. Lui qui n’avait jamais atteint un Day 5 de Main Event, s’y présentera demain avec 180 blindes.

Mateos
"J’ai toujours voulu faire un deep run dans le Main. Ma carrière dans le poker me convient très bien, mais il me manquait cette expérience d’aller loin dans ce tournoi. J’espère que ça sera pour cette année. Mais il reste encore beaucoup de joueurs. 500, c’est énorme. J’aimerais atteindre la phase finale du tournoi et sentir cette émotion quand tu te lèves pour jouer un Day 7 ou un Day 8. C’est une expérience que je n’ai jamais vécue et j’aimerais vraiment la vivre".

La route est encore longue, mais la "máquina" y va tout droit. Et chaque seconde de son parcours, chaque mouvement du rouleau compresseur continueront d’être enregistré par les équipes de Dans la tête d’un Pro, pour une saison qui pourrait encore une fois rester dans les mémoires. - Fausto.

Team Pro éphémère, souvenirs éternels

Renaud
Voir Adrián Mateos dans les derniers stades d’un tournoi légendaire à 10 000 $ l’entrée ne nous étonne pas vraiment. En revanche, nous étions plus surpris de l’identité du dernier logo W qui escortait le Madrilène sur ce Day 4 de Main Event. Un collègue éphémère, qui gagnait sa place dans le Team en remportant l'opération Team Pro Experience sur Winamax. Renaud Gonon s’offrait alors un package pour Vegas, et l’opportunité de jouer le Main Event, en compagnie du Team, avec qui il partagerait son quotidien le temps du voyage.

Chaque jour, le grinder de La Ciotat posait avec les membres du Team qualifiés pour le jour suivant. Leur nombre réduisait à vue d'œil mais du Day 1 jusqu’au Day 4, Renaud apparaissait à chaque fois. "Je pensais que t’allais durer deux, trois jours, mais tu ne veux pas partir ! Ça sera toi bientôt toi le boss en fait !" blaguait Mustapha Kanit en fin de Day 2. L’Italien ne croyait pas si bien dire. Seul Adrián Mateos aura survécu au Ciotadin.

Au bout d’un parcours épique, Renaud Gonon rend finalement les armes en 539e position, en toute fin de Day 4, sur un setup imparable contre Sami Bechahed, avec qui il avait boxé et sympathisé toute la fin de soirée. En l’occurence, un duel As-Roi contre As-Dame sur un board hauteur As, où Renaud paiera logiquement trois barrels. "Il y avait 538 joueurs à qui j’aurais préféré prendre des jetons" me glissait son bourreau, avant d’aller saluer chaleureusement son pote et adversaire du soir. Au moment de se lever de sa chaise, tous ses adversaires ont d’ailleurs un mot pour le qualifié, avec qui ils ont apprécié le temps à table.

Au moment d’aller chercher son ticket au bureau des payouts, Renaud est évidemment touché. "On était qu’au jour 4", minimise le joueur, avant de se rendre compte quelques secondes plus tard qu’il n’y a quasiment aucun tournoi qui se compte en “jour 4”. C’est vrai que c’est fou. Je ne réalise pas forcément. J’étais tellement focus, et j’ai tellement préparé ce tournoi. J’ai pris du coaching avec NutsR, avec Stéphane (Matheu), avec Pierre (Calamusa), j’ai travaillé de mon côté… Ça fait quelque temps que je sens que mon jeu s’améliore. Je me sentais prêt ».

Malgré son statut de qualifié, d’amateur en plein rêve, Renaud s’est senti sur ce Main et dans cette équipe comme un poisson dans l’eau. "Je n'ai jamais été aussi à l’aise. Je n’ai pas tremblé une seule fois. J’étais serein… Sauf là maintenant, j’ai la voix qui tremble un peu… J’aurais aimé être sur la photo une dernière fois, confesse le joueur, marqué par son aventure sur ce tournoi, mais aussi les moments de vie partagés avec le Team. L’expérience, elle a été folle. Les dinner breaks avec Romain Lewis, les pauses avec Kool Shen à parler de musique et de poker. Les repas avec Stéphane… C’est des moments qui sont oufs. Il faut le mettre en avant ce tournoi, c’est une merveille. Je parle du tournoi “Team Pro Expérience hein”. Le Main Event, ça va, il se démerde !"

Après cette journée aux côtés de Romain Lewis et Adrián Mateos, Renaud part rejoindre… sa famille, avec qui il est venu à Vegas pour partager cette aventure. "Je vais me reposer avec ma femme et mon fils. Il a douze ans et il essaie déjà de rentrer dans toutes les pool parties ! Et puis ce n’est pas fini, il y a un 3 000 $ demain !", puisque le package comprend effectivement trois autres tournois, à 3 000 $, 600 $ et 777 $ de buy-in. Cette Team Pro Experience déjà mémorable n'est pas tout à fait terminée. - Fausto

À en perdre son latin

Malo Latinois
Pour son premier Vegas, Malo Latinois vit un conte de fées sur le Big One. Son Day 4 se termine avec un tapis de 4,1 millions en sa possession, soit près de quatre fois ce qu'il avait à midi, et largement assez pour le mettre en tête du clan français 

"Je suis content de mon jeu aujourd'hui, mais ce serait mentir que de dire que je n'ai pas run good", avoue Malo, j'ai suckout deux As avec deux Dames, puis gagné un gros coup avec deux Rois contre deux Dames, puis un resteal à tapis avec 5-5 contre As-Roi pour 25 blindes." C'est surtout à la bulle que Malo a commencé à faire la différence. En fin de journée, il parvient à faire folder deux Rois dans un pot 3-bet où il check/raise puis 2-barrel : un move de haut vol qui lui fait atteindre les cîmes du chipcount.

Très humble, le vainqueur de la Million Week et 16e de l'EPT Paris 2023 est déjà ravi de la performance, Malo est conscient que "le run peut s'arrêter à tout moment" mais a beaucoup de gratitude pour ce moment incroyable qu'il est en train de vivre. Héros heureux d'un vlog centré sur la Team Aim the Millions, dans lequel seront également présents Alexis André (également au Day 5 - photo ci-dessous) et Ludovic Uzan (éliminé au Day 4), Malo sera clairement une de nos grosses chances sur cette deuxième partie de Main Event, avec le sixième stack à la reprise. 

Alexandre André
Plusieurs Français ont franchi (comme Malcolm) la barre des 2 millions : Jean Lhuillier, Clément Van Driessche, Valentin Oberhauser et Dimitri Joubert. D'autres s'en sont dangereusement rapprochés sur le dernier level de la journée, tels Antoine Saout, Sami Bechahed et Olivier Chaume.

Antoine Saout
Pour Antoine Saout, cela s'est joué sur une défense avec Roi-10 qui s'est transformée en full sur la turn d'un tableau Roi-Valet-10-10 quand le relanceur initial détenait As-10 pour trips. Il a réussi à tout prendre pour monter à 1,7 million et croire encore en ses chances d'atteindre un quatrième Day 7 (!) sur le Main Event.

Sami
Sami Bechahed a trouvé un flop 922 parfait avec sa paire de 9 en main, contre un joueur qui a 3-barrel avec AJ après avoir trouvé sa couleur sur la turn. "Facile, le poker, parfois", rigole Sami, avant d'ajouter qu'il a vécu la journée inverse d'hier, où il s'était écroulé sur la fin.

Chaume
Du côté d'Olivier Chaume, c'est un gros bluff typique d'un gros joueur de cash-game PLO avec KQ sur un tableau 9532A qui lui a permis d'empocher le plus gros pot de sa journée, dans lequel il c-bet le flop, paye un lead sur la turn et raise all-in sur une grosse mise de son adversaire sur la river.

Les 23 Français du Day 5

Malo Latinois (4,13m.), Jean Lhuillier (3,355m.), Clément van Driessche (2,87m.), Dimitri Joubert (2,325m.), Valentin Oberhauser (2,3m.), Samuel Anclevic (2,155m.), Malcolm Franchi (2,075m.), Sami Bechahed (1,77m.), Antoine Saout (1,635m.), Olivier Chaume (1,54m.), Jérôme Zerbib (1,36m.), Joseph Sabe (1,145m.), Sean Marshall (1,105m.), Emilien Pitavy (760 000), Grégory Fournier (630 000), François Pirault (540 000), Elliot Kessas (405 000), Alexis Mtalssi (390 000), Adel Naoun (365 000), Rayane Bouibeb (355 000), Frédéric Delval (275 000), Alexis André (245 000) et Nicolas Vayssières (210 000).

Qui est le chip-leader ?

Song
Avec 4,745 millions (190 blindes), Stephen Song devance Adrián Mateos d'une très courte tête. L'Américain affiche 6,3 millions de dollars de gains sur Hendon Mob, un bracelet WSOP, et un trophée WPT. Le public français se souvient de lui comme celui qui a chuté en heads-up face à Jonathan Pastore sur le 6-max à 5 000 $ des WSOP 2023...

Les 38 Français éliminés durant le Day 4

496ᵉ : Cédric Schwaederle 35 000 $

Considéré comme le meilleur joueur français actuel par un couvreur qui se balade souvent avec un chapeau sur la tête, Cédric Schwaederle semblait indéboulonnable sur ce Main Event. Il aura fallu un bad beat avec deux Rois contre As-Dame pour un pot de 100 blindes pour mettre fin à son deep run sur le Main Event, en toute fin de Day 4. "J'ai envie de crever", commentera de façon lapidaire CrazyDonkey après son bust.

496ᵉ : Cédric Schwaederle 35 000 $
535ᵉ : Renaud Gonon (Team Pro Experience) 35 000 $
582ᵉ : Florian Ribouchon 32 500 $
???e : Teddy Tuil 32 500 $
622ᵉ : Victor Fryda 30 000 $
676ᵉ : Cécile Ticherfatine 27 500 $
684ᵉ : Léo Curial (Vainqueur KING5 2024) 27 500 $
686ᵉ : Romain Lewis (Team Winamax) 27 500 $

695ᵉ : Vincent Robert 27 500 $
748ᵉ : Stéphane Revelly 27 500 $

783ᵉ : Simon Prud'homme 25 000 $
820ᵉ : Ludovic Uzan 25 000 $
824ᵉ : Hugues Girard 25 000 $
869ᵉ : Meddi Ferrah 25 000 $
902ᵉ : William Reymond 22 500 $
904ᵉ : Fabien Gun 22 500 $
1017ᵉ : Yohan Rascar 17 500 $
1051ᵉ : Clément Lescanff 17 500 $
1055ᵉ : Quentin Guivarch 17 500 $
1065ᵉ : Olivier Theze 17 500 $

1074ᵉ : Paul-François Tedeschi 17 500 $
1090ᵉ : Christopher Marcadet 17 500 $
1114ᵉ : Jérôme Bacouel 17 500 $
1128ᵉ : Edouard Mignot 17 500 $
1162ᵉ : Théo Devidal 17 500 $
1187ᵉ : Karim Lehoussine 17 500 $
1208ᵉ : Romain Brémond 17 500 $
1223ᵉ : Jacques Mayer 17 500 $
1224ᵉ : Robin Gerard 15 000 $
1287ᵉ : Maxence Carbonnaux 15 000 $

1323ᵉ : Jonathan Fhima 15 000 $
1334ᵉ : Emilio Ulisse 15 000 $
1350ᵉ : Paul Amsellem 15 000 $
1352ᵉ : Alain Elhajj 15 000 $
1368ᵉ : Arnaud Antoine 15 000 $
1413ᵉ : Paul Patouilliart 15 000 $
1467ᵉ : Benjamin Pollak 15 000 $
1488ᵉ : Pierre Tassin 15 000 $

NON ITM : Laurent Azout

Brèves de fin de Day 4

Alejandro Lococo
Ceux qui ont vécu les deux deep runs consécutifs du très divertissant Alejandro Lococo (7ᵉ en 2021 puis 39ᵉ en 2022) salivent déjà en songeant aux dingueries qu'il pourrait nous offrir durant la seconde partie du tournoi. Le rappeur argentin sera au Day 5 avec un solide stack de 2 millions.

Ted et Michele Lawsqon
Tous les habitués des WSOP connaissent le couple formé par Ted et Michele Lawson. Michele est une épouse du genre dévouée : qu'il pleuve, qu'il vente, sur absolument tous les tournois joués par Ted elle est là, assise sur une chaise derrière le cordon de sécurité, depuis le shuffle up and deal jusqu'à l'élimination. Surprise : sur cette édition du Main Event, les rôles étaient inversés. C'est Ted qui a assuré le rail, tandis que Michele (1 200 $ de gains sur Hendon Mob) signait un beau deep-run jusqu'en 475ᵉ place.

Joe McKeehen
Il faudra qu'on vérifie sur le listing officiel, mais on dirait bien que le dernier ex-Champion du Monde en course a rendu les armes en fin de Day 4, il s'agit de Joe McKeehen. Dans tous les cas, les stars ont valsé aujourd'hui, depuis Tom Dwan jusqu'à Erik Seidel, en passant par John Hennighan ou Brian Hastings.

Phil Ivey

Si l'on passe outre ses manières peu galantes quand il s'agit de draguer notre photographe, Phil Ivey est la dernière vraie superstar du poker encore en course. Avec un stack modeste, cependant : 26 BB

Noah Boeken
Au chapitre des Européens, certains d'entre nous se souviennent encore de Noah Boeken, omniprésent durant les premières saisons de l'EPT au milieu des années 2000. Le Hollandais se qualifie avec 1,4 million


José Barbero
Son pote Nacha Barbero, lui, n'a jamais quitté le circuit. Désormais bien installé dans la sphère High Roller, il ne dit pas non pour autant à un petit 10K des familles, surtout quand c'est le plus gros du monde. 1,6 million en jetons à l'aube du Day 5 !


Kristen Foxen
Kristen Foxen se qualifie avec pile la moyenne : 1,3 million

Dragana Mackelprang
Du côté des amateurs, on salue le nouveau deep run de la pharmacienne Dragana Mackelprang, repérée sur l'édition 2021 (64e)

Un jeton
L'histoire ne dit pas si ce monsieur ayant franchi la bulle avec un seul jeton de 1 000 était encore en course douze heures plus tard...

DLTDP
Adrián Mateos a beau leur causer de bonnes grosses heures supp', les équipes de
Dans la Tête d'un Pro gardent le sourire

On commence à y voir plus clair dans ce Main Event. 464 joueurs restants alors qu'ils étaient 10 112 au départ. C'est un nouveau tournoi qui va commencer. Bien plus facile à gérer pour nous autres observateurs, et tout l'inverse pour ceux qui seront assis à table. Chaque heure qui va passer sera plus dangereuse que la précédente, chaque nouvelle décision vaudra de plus en plus d'argent. Bref : le spectacle qui nous est offert va être de plus en plus kiffant. Rendez-vous jeudi à midi (21 heures en France) !

Benjo, Fausto, Tapis_Volant & Caroline Darcourt

WSOP 2024 : tous nos articles

464 joueurs franchissent le Day 4

- 11 juillet 2024 - Par Flegmatic

Masseuse

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Day 4 - 1 524 joueurs / 464 restants (dont 23 Français) - Chipleader : Stephen Song (USA) 4 745 000
Day 3 - 3 617 joueurs / 1 524 restants (dont 62 Français) - Chipleader : Francisco Perez Moreno (Espagne) 2 187 000
Day 2D - 4 385 joueurs / 2 067 restants (dont 81 Français) - Chipleader : Alex Livingston (USA) 750 500
Day 2ABC - 3 349 joueurs / 1 550 restants (dont 40 Français) - Chipleader : Anthony Marsico (USA) 797 000
Day 1D - 5 014 joueurs / 3 823 restants (dont 138 Français) - Chipleader : Christopher Frank (Allemagne) 698 000
Day 1C - 2 528 joueurs / 1 907 restants (dont 36 Français) - Chipleader : Mikiya Kudo (Japon) 600 100
Day 1B - 831 joueurs / 616 restants (dont 23 Français) - Chipleader : George Dolofan (USA) 314 000
Day 1A - 915 joueurs / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Le Top 10

Adrián Mateos

Stephen Song (USA) 4 745 000
Adrián Mateos (Espagne, Team Winamax) 4 500 000
William Beverley (USA) 4 465 000
Aloisio Dourado (Brésil) 4 335 000
Biao Ding (USA) 4 265 000
Malo Latinois (France) 4 130 000
Luis Vazquez (USA) 4 055 000
Nazar Buhaiov (Ukraine) 3 875 000
Kevin Theodore (USA) 3 760 000
Ryan Hoenig (USA) 3 665 000

23 Français

Clément Van Driessche

6. Malo Latinois 4 130 000
13. Jean Lhuillier 3 355 000
28. Clément Van Driessche 2 870 000
61. Dimitri Joubert 2 325 000
65. Valentin Oberhauser 2 300 000

Valentin Oberhauser

77. Samuel Anclevic 2 155 000
86. Malcolm Franchi 2 075 000
119. Sami Bechahed 1 770 000
132. Antoine Saout 1 635 000
154. Olivier Chaume 1 540 000

Émilien Pitavy

187. Jérôme Zerbib 1 360 000
236. Joseph Sabe 1 145 000
242. Sean Marshall 1 105 000
310. Émilien Pitavy 760 000
345. Gregory Fournier 630 000

Alexis Mtalssi

369. François Pirault 540 000
402. Eliott Kessas 405 000
406. Alexis Mtalssi 390 000
417. Adel Naoun 365 000
423. Rayane Bouibeb 355 000

Alexis André

443. Frédéric Delval 275 000
448. Alexis André 245 000
455. Nicolas Vayssières 210 000

Nicolas Vayssières

Le reste du field (sélection)

Daniel Hachem

23. Aleksejs Ponakovs (Lettonie) 2 935 000
27. Alex Keating (USA) 2 875 000
35. Daniel Hachem (Australie) 2 690 000
84. Alejandro Lococo (Argentine) 2 075 000
131. Amichai Barer (Canada) 1 645 000

Amichai Barer

138. Nacho Barbero (Argentine) 1 620 000
140. Aliaksandr Shylko (Ukraine) 1 610 000
142. Brian Rast (USA) 1 605 000
191. Tony Dunst (USA) 1 335 000
196. Kevin MacPhee (USA) 1 320 000

Parker Talbot

197. Kristen Foxen (Canada) 1 320 000
204. Parker Talbot (Canada) 1 300 000
304. Christopher Vitch (USA) 780 000
305. David "Bakes" Baker (USA) 775 000
332. Phil Ivey (USA) 650 000

Phil Ivey

335. Martin Finger (Allemagne) 650 000
355. Jans Arends (Pays-Bas) 590 000
370. Jonathan Little (USA) 535 000
371. Anton Tsang (Hong-Kong) 535 000
397. JC Alvarado (Mexique) 415 000

Niklas Astedt

407. Natasha Mercier (USA) 385 000
409. Niklas Astedt (Suède) 385 000
426. Maria Ho (USA) 340 000
440. Adam Friedman (USA) 290 000
452. Loni Hui (USA) 230 000

Maria Ho

Blindes au départ du Day 5 : 10 000 / 25 000, BB ante 25 000
Prix assuré : 37 500 $

Kevmath

WSOP 2024 : tous nos articles

Aucun signe de ralentissement

- 11 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Il reste 585 joueurs
De nombreux Français chutent
Level 20 : 10 000 / 20 000 BB ante 20 000
Main Event 10 000 $ (Day 4)

C'était encore loin

Quand on a déjà atteint un Day 6 de Main Event (c'était en 2019), on a possiblement un edge sur le field lorsque le prochain deep run se matérialise. Il est tellement rare d'aller si loin dans le Big One que l'avoir fait une fois vous donne forcément un avantage sur les autres, une connaissance du terrain, un sixième sens qui vous aide à prendre les décisions importantes de votre tournoi. Et pourtant, quelques minutes après son élimination du Main Event sur le Day 4, Romain Lewis ne peut s'empêcher d'avoir des regrets sur le coup qui a provoqué sa chute. "J'aurais dû 3-bet", ressasse-t-il humblement après sa sortie.

Romain Lewis
Après une relance UTG, Romain se contente de payer UTG+2 avec une paire de Dames et un stack de 25 blindes. Son adversaire place un petit c-bet sur le flop 4-3-2 rainbow, payé par Romain. Sur la doublette du 4 à la turn, UTG insiste en plaçant cette fois une grosse mise à 150K, soit la moitié du stack de notre Team Pro. Romain annonce all-in et se fait payer rapidement par... As-5 suité, la quinte max floppée. Pas de miracle sur la rivière - Romain jouait tout de même les 4 et les Dames - et c'est la sortie de route pour l'avant-dernier membre du Team en lice dans l'épreuve. 

Très déçu après sa sortie en 686ᵉ place, Romain ne parvenait pas à s'expliquer pourquoi il avait just call ici. Une erreur selon lui, puisqu'il aurait peut-être pu faire tout mettre aux Valets et aux 10 dans la range adverse avec un 3-bet. Enfin, pas sûr... Avec peu d'infos sur sa nouvelle table, hormis les conseils des pros du Team pour affronter un certain Phil Ivey, Romain n'a pas eu le temps d'imposer sa présence et de remonter un stack comme il avait pu le faire à plusieurs reprises durant ce Main Event.

On en arrivait parfois à penser que Romain ne pouvait pas bust de ce tournoi, tant il avait l'air de prendre chaque spot avec précaution, ne se mettant jamais en danger, et parvenant à éviter le mieux possible les set-ups, comme sur le Day 1 où il avait perdu le minimum sur deux spots où il avait pourtant brelan puis flush.

Romain Lewis
Mais ce Day 4 n'aura pas été le plus simple à gérer avec notamment une grosse rencontre inévitable qui l'a vu perdre la moitié de son tapis, avec deux Dames contre deux Rois à tapis préflop. Tombé à seulement dix blindes à un moment de la journée, Romain s'était redonné un peu d'air avant le dinner-break, mais devra se contenter d'un Day 4 sur ce Main Event, un tournoi dont il ne ratait jamais une édition pendant ses jeunes années de fan de poker. "C'est toujours aussi génial de deep run le Main Event, me confie Romain, mais c'était encore très loin. Même si on fait ce qu'il faut, on n'est jamais à l'abri de ce genre de coups."

Romain laisse seul Adrián Mateos pour défendre les couleurs du Team avec un stack indécent de 3,5 millions de jetons à l'heure où j'écris ces lignes. Enfin pas vraiment seul, puisque Romain Gonon, vainqueur Team Pro Expérience, est toujours en plein rêve, en passe d'accéder au Day 5 du plus beau tournoi du monde. - Tapis_Volant

"Je ne peux pas me plaindre !"

684ᵉ au classement : dans n'importe quelle autre discipine, et dans n'importe quel autre tournoi de poker, cette place ne serait rien d'autre qu'anecdotique. Pas sur le Main Event des WSOP : sur le plus gros tournoi du monde*, une 684ᵉ place signifie qu'on a battu plus de 95 % des participants. Elle traduit quatre journées entières de combat. Et elle récompense 27 500 dollars. cette 684ᵉ place, c'est celle de Léo Curial, le dernier représentant des vainqueurs du KING5 2024.

Léo Curial
"Ce fut une journée de fou, je ne peux pas me plaindre", explique le freerolleur, expliquant être tombé à un moment à... quatre blindes. "C'était deux heures après la bulle, avec une quinte max trouvée sur le turn. Un joueur se retrouve à tapis avec brean : rivière, doublette de l'As. Il avait à peine moins que moi !" À la force du poignet, Léo remontera à 800 000... avant de se reprendre le vent du bad run dans la face. Ses deux derniers coups, il les joue avec 27 BB devant lui : un classique coin-flip As-Roi contre 88, puis un A5 poussé au cut-off qui rencontre les Rois.

Aucune trace de frustration chez Léo, qui nous raconte ses coups posément, et semble ne retirer que du positif de son premier Main Event. "Ce sont mes premiers vrais lives, en fait. J'ai joué une étape du Winamax Poker Tour... et quand je suis arrivé ici, j'ai fait le Colossus. C'était un bon entraînement, d'ailleurs." Derrière, le tournoi le plus prestigieux du monde fut à la hauteur de ses attentes. "C'est le plus beau ! C'est un truc à vivre. Et surtout, les tables sont très cordiales, on blague beaucoup." Et sur le plan personnel ? "Je suis content d'être resté moi-même. Je n'ai pas cherché à faire semblant d'être ce que je ne suis pas, un pro, un très bon joueur. Quand on est conscient de son image, on arrive à en profiter un peu..." Le mot de la fin, Léo le gardera pour Winamax, mais ce qu'il a dit était beaucoup trop gentil pour être répété ici, on se ferait prendre en flagrant délit de brag. - Benjo

Leo et les FR
Léo Curial a pu aussi sympathiser avec le clan français

Fryda freezé

Victor Fryda
"C'est pourri ! Vraiment nul !" Ce n'est pas que Victor Fryda est mécontent au moment de sortir, mais il s'excuse presque pour avoir si peu de choses à raconter après son élimination. "J'ai foldé toute la journée, jusqu'à tomber à 10 BB. Je me retrouve à tapis avec Valet-10 assortis, payé par As-7 assortis. Et voilà." - Benjo

Kortex sur son flex

Clément Van Driessche
On l’avait laissé avec un énorme tapis en début de journée. On le retrouve à deux heures de la fin avec un stack encore plus gros. Clément Van Driessche a manœuvré dans les hauteurs toute la journée, et vient encore de se propulser sur une séquence pré-flop qu’on n'attendait pas.

"Un joueur a un peu flanché, pose le joueur, quelques secondes après avoir profité des dégâts. Il faut dire qu’il y a une dynamique de zinzin à cette table. Là, Lojack open, 3-bet de CO, je 4-bet KK en SB et l’OR 5-bet jam A4. On a tenu" décrit le Team Pro NutsR. Après comptage, il y avait plus de 700 000 en face, qui filent directement dans le stack de Clément, qui monte à 2,4 millions à l’aube du dernier niveau. - Fausto

Gonon toujours au front

Renaud Gonon
Deux logos W encore dans le field. Adrián Mateos, satellisé sur une autre planète, avec 3,5 averages et... Renaud Gonon. Un peu moins connu, un zéro de moins au chipcount, mais le Team Pro Expérience s’accroche remarquablement bien. Gonon vient même de trouver quelques bons spots pour redresser un peu son tapis, qui tournait autour des 25 blindes depuis quelques heures.

"J’ai slow-play deux Valets et touché mon brelan dans un pot 4-way. Le joueur russe a stab sur la turn, j’ai raise puisqu’il y avait un tirage couleur et malheureusement il a fold" raconte le Ciotadin, qui venait déjà de gratter quelques pots.

« J’avais fait un ou deux re-steal préflop. Puis j’ai défendu 66, c’est venu 254 et j’ai check-raise tapis, ça a passé ». Quelques pions qui font du bien. Un peu moins de 600 000 pour l’éphémère Team Pro, qui compte bien pousser encore son expérience de fou. - Fausto

Du Binion's au Horseshoe

Teddy Tuil
Premier ITM sur le Main Event pour Teddy Tuil. Mais que l'on ne s'y trompe pas : le Franco-Israëlien était là avant tout le monde, ayant joué les WSOP pour la première fois en 2001. "C'était une autre époque, le Binion's. On était peu de Français à faire le voyage, alors on restait tout le temps ensemble, on dînait. Maintenant, il y a beaucoup de monde qui se déplace, mais comme il y a toujours des tournois à jouer, on est éparpillés un peu partout."

Aucune nostalgie chez ce pilier de feu-l'ACF, cependant : "Les structures sont bien meilleures aujourd'hui, et les joueurs aussi. À l'époque, un 3-bet ça voulait dire les As, les Rois ou As-Roi, et c'est tout ! Maintenant, les jeunes 3-bet avec 7 et 8..." Tuil sourit. "J'ai dû m'adapter, forcément." Bientôt à la retraite, Tuil possède une chaîne de magasins de jouets en Israël, en passe d'être reprise par son fils. Mais au poker, on ne prend pas sa retraite. On reverra celui qui revient tous les ans ou presque à Vegas. Mais en attendant, il est temps de rentrer à la maison. "Ma famille me manque, ça fait trop longtemps que je suis parti. J'ai fait mieux que 9 500 joueurs, ça me suffit déjà !" - Benjo

Ribouchonné

Florian Ribouchon
Grimpé à 1,3 million après avoir doublé avec les Rois contre As-Roi, on pensait bien que Florian Ribouchon allait nous faire un Millionaire Maker 2.0 sur ce Main Event. Et pourtant, les Dieux du poker auront été taquins avec lui tout le reste de la journée, pour le faire chuter avant le dernier level de la journée.

D'abord, il 3-bet puis 3-barrel avec deux Rois sur un tableau 8-5-4-4-8 et se fait relancer sur la rivière. Sans comprendre la line adverse, il préfère relâcher ses cowboys et laisser filer ce gros pot.

Ensuite, il isole un limpeur avec As-7 suité et voit son adversaire lead à 50% sur le flop 8-7-5. ll paye avec deuxième paire. Sur la doublette du 7 turn, qui ouvre un flush-draw, Florian dégaine cette fois une mise à 90 000 (50% pot) et se fait check/call. Son opposant reprend l'initiative sur la river 9 en misant cette fois 180 000. Florian paye et se voit montrer Valet-Dix suité (mais pas du tout de la couleur du flush-draw)

Retombé dans la zone dangereuse, Florian a le malheur de disputer "un flip contre un mec tilté" avec As-9 contre 4-4 et chute à seulement une blinde, avant de quadrupler puis changer de table.

Il atterrit à la table de Valentin Oberhauser avec un stack de 75 000, qu'il va mettre au milieu dès sa première main UTG, avec 109 contre AQ. Avec deux cartes vivantes, Florian espère la remontada, mais il ne trouve aucune aide sur le board et doit quitter le Main Event.

"Ça aurait été sympa une histoire de remontada. T'aurais écrit "Il tombe à une blinde et remonte à 1 million". Mais souvent, quand tu tombes à une blinde, la main d'après, tu bust, en fait". Florian rejoint la caisse en encourageant Valentin (il a échangé quelques % avec le bonhomme). "J'ai encore quelques vibrations, du staking, des swaps". Retrouvant un certain Tom Dwan à la caisse de payouts, Florian ne peut s'empêcher de me lâcher une petite punchline dont il a le secret : "Il a bust avant moi, ce naze !" Près du rail en attendant la pause, je lui conseille de faire croire qu'il est encore dedans, pour éviter les réponses délicates à la question "T'as combien ?" de tous ses amis encore in dans le tournoi. "Très bonne idée, je fais ça jusqu'à la finale du Main... ils pourraient y croire." - Tapis_Volant

WSOP 2024 : tous nos articles

La fuite des cerveaux

- 11 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Level 19 : 10 000 / 15 000 BB ante 15 000
690 joueurs restants
Main Event 10 000 $ (Day 4)

WSOP / Reportage
Ils remportent 27 500 $
695ᵉ : Vincent Robert

 Ils remportent 25 000 $
748ᵉ : Stéphane Revelly
783ᵉ : Simon Prud'homme
820ᵉ : Ludovic Uzan
824ᵉ : Hugues Girard

Ils remportent 22 500 $
869ᵉ : Meddi Ferrah
902ᵉ : William Reymond
904ᵉ : Fabien Gun

On retrouve notre correspondant local à Vegas

William Reymond
Ballotage défavorable pour le William Reymond : le plus Américain des joueurs amateurs français – il y vit depuis plus de vingt ans et a gagné un bracelet online en 2018 – a été déchu de son mandat en 902ᵉ place. On n'était pas là au moment du dépouillement des urnes, mais deux heures plus tôt, le journaliste, grand spécialiste de la question américain et notamment son système politique (les passionnés ne manquent aucune de ses analyses très pointues sur Twitter et Youtube), répondait à LA question qui taraude les junkies de politique US comme moi. À savoir : après un premier débat absolument désastreux face à Donald Trump, le clan démocrate et son candidat Joe Biden sont-ils complètement carbonisés pour l'élection présidentielle de novembre ?

La réponse de Raymond se fait catégorique :  "Absolument pas. Rien n'est joué ! Le parti démocrate est une grande machine, très bien implantée localement sur tout le pays. Ils ont les moyens de renverser la tendance. Et historiquement, les débats entre les candidats investis ne pèsent que très peu sur les résultats dans les urnes." De quoi rassurer, au moins un peu, ceux qui ne dorment pas la nuit à l'idée d'un retour de Donald Trump aux affaires. - Benjo

Un nouveau converti

Hugues Girard
Roi-Dame poussé au bouton pour 18 BB après une relance du cut-off, qui a largement de quoi payer avec As-Roi : on parie qu'Hugues Girard oubliera vite sa sortie, anecdotique, en 824ᵉ. En revanche, le récent runner-up du Winamax Poker Tour n'oubliera pas les sensations procurées par sa première visite sur le Main Event, lui qui joue de longue date mais a longtemps été en retrait des tables.

"C'est extraordinaire ! En plus, j'ai eu la chance du débutant. Maintenant, je me dis que c'est un tournoi à faire tous les ans... Le field, la structure... Et les émotions ! Je me sens comme un gamin, qui demande déjà c'est pour quand le prochain Noël !" Pas trop dur, de retomber de son nuage ? "J'encaisse le coup, il va me falloir un peu de temps. Mais tu sais quoi ? C'est aussi cette sensation que je voulais découvrir : celle de sauter du Main Event ! Maintenant, je sais !" conclut Hugues avec un vrai grand sourire. - Benjo

Le braconnage des jeunes loups

7 sur 8 au Day 2. 5 sur 8 au Day 3. Encore 5 sur 8 au Day 4… Mais il n’en reste plus qu’un à l’entame des deux derniers niveaux du jour. Révélée durant ce Main Event après un parcours remarquable, la Team Elite Poker a fondu sur ce quatrième jour de tournoi. On avait documenté la chute brutale de Maxence Carboneaux, rapidement suivie par les éliminations d'Emilio Ulisse puis Ludovic Uzan. Peu avant le dinner-break, c’est le capitaine Simon Prud’homme qui rend les armes, pris dans un énorme flip à plus de 80 blindes face à l’inévitable Nacho Barbero.

 Simon Prod’homme
Open bouton 25 000, flat de Nacho en SB et Simon squeeze depuis la SB à 120 000. Fold rapide du bouton, mais en SB, Nacho envoie la sauce : "New-York Back Raise" à tapis pour 580 000 jetons. Simon prend son temps pour évaluer la range de l'Argentin. Il se fera même “timer” par un voisin de table un peu impatient. Après avoir bien compté les combos, c'est un call ! Nacho montre 88, bien payé par le AJ du Français.

En revanche, quelle idée de jouer des flips avec un joueur de la trempe de Nacho. L'Argentin frappe le 8 sur le flop A98. Un peu d'espoir sur la turn Q, mais la river A ne change rien. Prud'homme sort autour en 783ᵉ place, pour 22 500 $.

Un run-out regrettable, d’autant que Simon avait plutôt bien géré les premières joutes avec le serial-perfeur argentin.

"Je l’ai check-raise river dans un énorme pot, il a fold. Je l’ai beaucoup 3-bet et il a call-muck un spot juste avant. J’ai réfléchi pour la forme, pour être sûr de ma décision, mais s’il avait As-Dame, deux Valets et plus, il va toujours 3-bet SB vs bouton. J’ai besoin d’être bon 40% du temps. Contre les PP, j’suis en flip, contre les broadway, j’ai 60% d’équité. C’est toujours un call ici", commente Alexis.

Le fondateur de la Team Poker Elite pourra tout de même être fier de son parcours ainsi que celui de ses acolytes. Inconnu du field il y a une semaine, Elite Poker a montré en un tournoi son sérieux, son potentiel et ses ambitions dans le monde du poker. On a d’ailleurs pris beaucoup de plaisir à découvrir un par un cette équipe… qui compte encore un représentant !

Team Poker Elite
"Les quatre d’un coup, c’est dur. Mais c’est comme ça, on reviendra l’année prochaine. Et puis, il y a encore Alexis Mtalssi (photo ci-dessus), on continue de vibrer tant qu'il y en a, note Simon. Voyons si les membres de l’Elite sont aussi bon “raileurs” que grinders et s’ils pourront encore un peu plus pousser le deep run, avant de repartir vers les tables de cash d’Austin, Montréal ou Macao. - Fausto

Les éliminations que nous avons loupées

Fabien Gun
Fabien Gun, Français repéré en toute dernière minute ce matin, au coup d'envoi (portant le nombre d'ITM à 62) : 904ᵉ pour 22 500 $

Ludovic Uzan
Ludovic Uzan, 820ᵉ pour 25 000 $

Stéphane Revelly
Stéphane Révelly, le sosie officiel du créateur de DLTDP Régis Léon, 748ᵉ pour 27 500 $

Vincent Robert
Vincent Robert, 695ᵉ pour 27 500 $

Anecdotes, statistiques et citations à la con

33 : le nombre de Français encore en course au retour de la pause-dîner

"Non, franchement, rien de spécial" : - Signé : Cédric Schwaederle à chaque fois qu'on lui demande des nouvelles, alors qu'à chaque fois, son stack a augmenté de 50 %. CrazyDonkey pointe à 1,6 million aux blindes 10 000 / 15 000.

"Je suis arrivé à la table de Mateos pendant quinze mains, j’ai gagné un coup contre lui donc maintenant, je peux dire que je suis up sur Mateos." - Signé : Jean Lhuillier, la bête noire de la máquina, derrière un stack de 2,3 millions.

WSOP 2024 : tous nos articles

Quelques moves avant le dîner

- 11 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Level 18 : 6 000 / 12 000 BB ante 12 000
Main Event 10 000 $ (Day 4)

On part en pause-dîner avec une horloge indiquant 774 joueurs restants. Plus de la moitié des joueurs ITM ont déjà sauté !

On n'en Ferrah pas un fromage

Meddi Ferrah
En mode survie depuis trois jours, Meddi Ferrah n'avait pas tiré la meilleure des tables sur ce troisième level du Day 4, avec Luc Greenwood, Aliaksandr Shylko et Alejandro Lococo en sa compagnie.

"J'ai le même stack qu'au deuxième level du Day 1", me souffle Meddi, bien obligé de constater qu'avec ses 12 blindes, il n'a plus vraiment son destin entre les mains. Quelques secondes plus tard, il découvre une paire de 9 sous le pistolet et décide d'envoyer son tapis de 141 000 au milieu. Mauvaise nouvelle, Fabian Quoss annonce également tapis deux crans à sa gauche. Tout le monde fold et notre Français découvre une paire d'As chez le revenant allemand.

Pas de miracle sur le board et Meddi doit céder ses derniers jetons dans ce Main Event des WSOP sur lequel il réalise son premier ITM, quelques jours après son beau deep run sur le 1 500 $ Super Turbo Bounty, où il a fini 15ᵉ pour 11 000 $. Tapis_volant

Move de génie ou énorme spew ?

Samuel a des moves en stock. Loin d’appartenir à la famille des “degens”, Samuel Anclevic est tout de même capable d'apporter son grain de folie lorsqu’il sent le moment propice. Illustration à l’instant avec cette inspiration, qu’on ne vous conseille pas de reproduire à la maison sans la supervision de professionnels aguerris.

Samuel Anclevi
Open début de parole 25 000, 3-bet 70 000 CO, Samuel découvre AK en SB. 4-bet 170 000, fold et payé. Le flop vient 678, pas vraiment le meilleur pour la main de Sam, qui c-bet tout de même à 110 000. Riposte directe de son opposant qui fait 300 000. Petit moment de latence… Et tapis annoncé par Sam’, pour un peu moins de 800 000 jetons ! Son opposant fold rapidement et Anclevic claque son superbe As-Roi sur la table.

Son adversaire est estomaqué. ”C’était la main que je voulais faire fold”, commente le joueur, admiratif du courage du Français. "Je me demandais si j’étais en train de faire le punt du siècle, mais j’avais le feeling, me confie le runner-up du 1 500 $ WSOP 2022. Par contre, si t’entends snap-call, tu passes pour un mongolien. Ça se joue parfois à peu de choses de passer pour un bon joueur de poker", démontrant ici qu’entre le move de génie et l’énorme spew, la frontière est mince. 1 300 000 pour l’homme qui avait déjà atteint le Day 5 lors de la dernière édition. - Fausto

Funky Fred replante la pinède

Frédéric Delval
On a bien cru à la fin du numéro de Frédéric Delval. L’Aixois se trouvait en fort mauvaise posture après un duel brelan contre quinte qui le faisait tomber à trois blindes. Mais l'amateur est un dur à cuire. En grosse blinde, le joueur trouve une paire de 7 et n’en demandait pas tant pour mettre ses derniers jetons au milieu. Payé deux fois, par deux 10 et par deux Rois. Pan ! Le seveeeeeeeeen au flop, connu par tous les fans des streamings EPT, Fred se remet en selle.

Delval a plus d’un tour dans son sac et continue ses folies, toujours avec son style bien à lui. Open HJ 25 000, call CO et call Delval au bouton avec 10 BB derrière. Le flop vient K106. C-bet 35 000, call, tapis Fred,  call, et fold du CO. Fred montre K10, pour "top two“ mais il faudra éviter les piques face au A7 adverse. Turn A, river 2, ça tient et Delval revient aux affaires. "Quand ça se passe comme ça, c’est que je suis en forme. Qu’est-ce que je touche ! En plus, l’autre nous dira avoir foldé Dame-Valet".

Deux mains plus tard, Delval enchaine encore avec un move étonnant. Open 25 000 EP, 3-bet 65 000 d’une joueuse au HJ, Delval snap call. Le flop vient 10107. Check-check. Turn 5… Tapis 2,5 fois le pot de Fred. La joueuse tankera de longues minutes avant de demander "Queens ?". Fred retourne alors… Deux Dames. "J’ai peut-être manqué une street de value, mais je ne veux pas voir de river" explique Delval. From 30 000 to 470 000 en une heure. Chapeau ! - Fausto

Chaume-dû

Olivier Chaume
À la table de Valentin Oberhauser, qui continue d'impressionner et vient de caser un 5-bet en montrant un 4, j'ai retrouvé l'un des joueurs qui était en difficulté en fin de Day 3, Olivier Chaume (photo), spécialiste de PLO qu'on vous présentait hier. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas chômé (vous l'avez ?) et possède désormais un tapis approchant le million.

"C'est l'Espagnol qui lui a tout mis avec Roi-Dame sur une turn Valet-8-7-As dans un pot 3-bet", m'indique Valentin. Olivier avait les Valets pour brelan floppé peut enfin faire décoller son stack sur ce Main Event, et retrouver un peu la profondeur tant recherchée par les joueurs de cash-game. Tapis_volant 

Anecdotes, statistiques et citations à la con

« T’as vu ma table ? Lococo, deux diables, le mec qui a gagné le PSPC, Fabian Quoss et Erik Seidel. » - Signé : Meddi Ferrah juste avant son bust, semblant montrer que le niveau des tables est en train de se corser.

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