Winamax

620 joueurs franchissent le Day 1A

- 4 juillet 2024 - Par Flegmatic

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Day 1A 
 : 915 inscriptions / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Top 10

Dinde

Joshua Feiger (USA) 311 900
Assaf Zeharia (Israël) 276 600
Frank Funaro (USA) 265 000
Mark Stackton (USA) 260 700
Jie Wu (Chine) 252 300
Nan Li (USA) 247 500
Vid Zagar (Slovénie) 241 300
Jonathan Wong (USA) 239 800
Naoya Kihara (Japon) 228 300
Pedro Bromfman (Brésil) 224 600

17 Français

Gaëlle Baumann

64. Daniel Tordjman 160 900
112. Achille Samaran 136 500
182. Karim Lehoussine 110 000
247. Bingjian Ren 93 100
289. Grégoire Auzoux 82 700
313. Gaëlle Baumann (Team Winamax) 79 300
317. Benjamin Ané 78 700
318. Jérôme Zerbib 78 600
344. Romain Lotti 73 400
387. Remi De Rossi 65 400

Mathieu Choffardet

388. Julien Martini 65 200
392. Benjamin Souriau 64 000
399. Dimitri Joubert 62 300
403. Grégory Ravise 61 300
452. Jérémy Surinach 51 200
550. Clément Richez 34 000
558. Mathieu Choffardet 32 000

Reste du field (sélection)

Parker Talbot

26. Connor Drinan (USA) 192 000
36. Phil Galfond (USA) 182 700
53. Parker Talbot (Canada) 170 000
62. Matt Affleck (USA) 161 700
90. Bryce Yockey (USA) 149 000

Byron Kaverman

146. Byron Kaverman (USA) 119 700
150. Jerry Yang (USA) 118 800
160. Lander Lijo (Espagne) 115 500
165. Natalie Hof Ramos (Allemagne) 113 900
176. Aleksejs Ponakovs (Lettonie) 111 600

Andrea Dato

199. Daniel Hachem (Australie) 105 800
210. Andrea Dato (Italie) 103 000
266. Diogo Veiga (Portugal) 89 900
284. David Bach (USA) 84 200
290. Katie Lindsay (USA) 82 600

Kenny Hallaert

304. Jonathan Little (USA) 81 400
310. Kenny Hallaert (Belgique) 79 900
340. Michael Mizrachi (USA) 74 000
368. Anton Morgenstern (Allemagne) 70 000
369. Barny Boatman (UK) 70 000

Michael Mizrachi

424. Igor D'Ursel (Belgique) 56 300
456. Chad Eveslage (USA) 50 800
492. Jonathan Jaffe (USA) 43 100
518. Felipe Ramos (Brésil) 38 400
519. Daniel Mizrachi (USA) 38 200

Alexandre Vuilleumier

527. Greg Merson (USA) 36 800
541. Alexandre Vuilleumier (Suisse) 35 000
600. Chad Holloway (USA) 16 900
606. Faraz Jaka (USA) 15 500
614. Farah Galfond (USA) 11 000

Blindes au départ du Day 2 : 400 / 800 / 800

Une grosse teuf, certes... mais avec beaucoup de retardataires

- 4 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Le plus gros tournoi du monde débute dans le calme et une salle à moitié remplie. Mais ce démarrage lent n'a rien d'anormal : avec encore trois Day 1 au programme, le tournoi a tout le temps de se remplir !
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 1A)

WSOP / Reportage
À l'heure où le premier des quatre "Flights" du Main Event des WSOP se termine (00h16), les chiffres officiels et définitifs de la participation ne sont pas encore connues. Mais nos estimations, basées sur un quart d'expérience, un quart d'observation et une moitié de doigt mouillé, nous amènent à penser que le nombre tournera autour de 920 participants. Si cela était avéré, cela témoignerait d'une affluence en baisse d'environ 10 % par rapport à l'historique édition 2023. Mais, s'empressera-t-on d'ajouter, ce constat pas encore vérifié n'a que peu de valeur. Tous les habitués le savent : le Main Event ne démarre jamais vraiment au Day 1A, simple journée d'introduction servant à contenter les joueurs les plus pressés, et ceux qui ne sont pas dispo les trois Day 1 suivants.

Nous vous transmettrons le plus rapidement possible le classement définitif du Day 1A, dès que l'orga l'aura mis en ligne. En attendant, quelques dernières infos de notre cru...

La seule et l'unique

Gaelle Baumann

On espérait bien voir deux logos W composter leur billet pour le Day 2 aujourd'hui et c'était plutôt bien parti pour en milieu de journée avec Gaëlle Baumann pointée à 120 000 et le qualifié Franck Jacon à 160 000. Et pourtant, seule notre Team Pro est parvenue à mettre des jetons dans le sac, malgré une fin de journée compliquée.

Complètement card dead sur les deux derniers levels, elle a vu son stack fondre jusqu'à tomber à 79 300. "J'ai perdu pas mal de petits pots, et j'ai trouvé aucun spot à prendre sur la fin de journée, j'avais vraiment pas une table facile pour un Day 1 de Main Event. Le seul gros pot que j'ai pris après le AA/QQ du début, c'est un pot où je me fais 3-bet preflop puis check/raise sur un flop 5-7-8 avec un flush-draw. Ca check/check sur la doublette du 8 turn et je value river sur une brique." À titre de comparaison, lors de son deep run de 2012, Gaëlle avait terminé avec un stack sensiblement équivalent, avant de décoller sur un Day 2 qu'elle terminait avec le chiplead du clan français. Le plan maintenant, c'est de chill pendant trois jours et d'arriver au Day 2 pour refaire la même chose qu'en 2012.

Notre seul qualifié de la journée a vécu des sensations très polarisées sur son premier Main Event, puisqu'après un début en boulet de canon, il a réussi à monter un stack de 160 000. Et puis, la bérézina, deux ou trois coups perdus, puis un énorme bluff raté contre un papy qui avait deux beaux Rois qu'il n'a pas voulu lâcher et son tournoi a radicalement changé. Redescendu dans le bas du classement avec une quarantaine de blindes devant lui, Franck a finalement cédé en toute fin de level 4, son shove au bouton avec Roi-Dame se fracassant contre une paire d'As dans les blindes.

Déçu du runout de sa journée, Franck semblait tout de même ravi de l'expérience. "Je me suis qualifié, mais j'aurais fini par le payer un jour. C'est le championnat du monde, quand même, y a que les WSOP qui proposent ce genre de tournois". Conscient d'avoir un peu gâché son tournoi sur ce bluff maladroit qui n'est passé, Franck avouait avec humilité qu'une de ses grosses faiblesses, c'est de ne pas savoir quand ralentir la cadence et arrêter d'appuyer sur le bouton raise. En guise de lot de consolation, ce gestionnaire de patrimoine va profiter encore une dizaine de jours de Vegas, avec dans le viseur le 800 € Independance Day sur deux jours. "Je sais que ce ne sera pas une structure aussi belle, mais ça va être vraiment cool comme tournoi à jouer."

Les douces pralines de Lehoussine

Lehoussine

« On avait un historique. Le mec m’a pédalé une couleur qui était tombé river. Il m’a pris 15 000. Je crois que j’ai pris ma revanche » lâche Karim Lehoussine, après avoir envoyé 2 000 pré-flop, 4 000 au flop, 10 000 turn et 25 000 river sur un board Q61024. Payé jusqu'au bout, Karim montre top brelan QQ, pour un superbe call-muck. Une méthode bulldozer qui permet à Lehoussine de construire un des stacks les plus solides du clan français : 110 000 jetons pour le troisième du dernier WiPT.

Tordjman

Karim laisse le rôle de porte-drapeau à Daniel Tordjman (à gauche). Le trublion s’est amusé à montrer des bluffs avec 9-5 off pour mieux se faire payer ses grosses mains. Un day savamment assaisonné, patiemment mijoté et pimenté de quelques mains fantaisistes pour enfourner un tapis de 140 000.

À l’expérience, Jérôme Zerbib (ci-dessous) place un astucieux “whine for win” à l’aube du dernier niveau pour provoquer un petit rush de cartes : + 20 000 sur la dernière demi-heure et 78 400 jetons dans le sac.

Zerbib

Derrière, un petit peloton français stagne autour du tapis de départ. Rémi De Rossi a fait les montagnes russes pour terminer presque à l’équilibre (54 000), moins de swing pour Greg Ravise, “card-dead et fatigué” (61 300), Jérémy Surinach sauve les meubles sur la fin de jurnée (51 200), tandis que son collègue Julien Martini valide un superbe double-up sur la dernière main du jour, avec deux Dames qui attrapent un As-Valet un peu ambitieux (65 200).

Choffardet

Journée compliquée, mais journée passée pour Clément Richez (34 000) et Mathieu Choffardet (32 000). Quant à Grégoire Auzoux, il est reçu avec mention, suite à un bluff qu'on vous conseille de ne pas reproduire chez vous.

Le gros bluff de fin de soirée

Auzoux

Jouer des petits coups, être patient, ne pas bluffer… Très peu pour Grégoire Auzoux. Ces conseils que l’on entend souvent pour appréhender un Day 1 de Main Event WSOP, le High Staker français, les a entendus plus d’une fois. « Je m’étais dit en revenant de la pause. Aujourd’hui, tu ne bluffes pas » affirme le Français, vite rattrapé par le naturel.

Limp 600 MP, call LJ, call HJ et la parole arrive sur Greg qui fait 3 600 avec deux Zizous. Payé par le HJ. Le flop vient K93 : C-bet 4 000… et clic à 9 000, payé par Auzoux. Turn 9, check, et check-back. River 2, check Auzoux, 10 000 chez vilain… et raise 25 000, en se laissant 3 000 jetons derrière, snap-fold !

De l’audace, du panache et 82 000 pions dans le sac pour le Day 2.

CL

Les journalistes du site officiel annoncent un certain Joshua Feiger au poste de chipleader, avec 311 900. Nous, on avait d'abord repéré l'Israëlien Assaf Zeharia (photo). Avec ses 276 600, il devrait se placer en deuxième position, ce qui est tout aussi bien

Katie Lindsay
Ce Day 1A fut aussi celui des mariages de pros. On est ravis de vous annoncer les qualifications de Phil et Farah Galfond, Felipe et Natalie Ramos, ainsi que Katie Lindsay (photo). Concernant cette dernière, son mari Chris Moorman n'était pas en lice, mais il est tout de même venu la chercher en fin de journée. Galant !

Et à part le Main Event, jeudi on joue à quoi ?

WSOP / Reportage
En parallèle du Day 1B du Big One, dont le coup d'envoi sera donné à midi, un seul autre tournoi va démarrer jeudi. Ou plutôt redémarrer, puisqu'il s'agit d'un autre Day 1B, celui du beaucoup moins cher (et très patriotique) Independance Day Celebration, programmé pile pour la Fête Nationale Américaine du 4 juillet. Mais alors, la question se pose : est-ce qu'il y aura du monde parce que c'est la Fête Nationale et qu'il n'y a rien de plus américain que de fêter l'indépendance de son pays en jouant au poker, ou est-ce qu'il n'y aura personne parce que les Ricains seront tous occupés à faire griller des burgers en faisant péter des feux d'artifice dans leur jardin ? Réponse imminente.

Sinon, il faudra garder un œil sur le troisième et dernier jour du PLO à 50 000 $ : il reste 5 joueurs et David Benyamine a terminé à une nouvelle place d'honneur, en 7ᵉ position. Enfin, inutile de trop s'exciter sur la fin du Mini Main Event, on ne reconnaît pas grand monde parmi les cinq derniers joueurs, et le dernier Français David Halimi a sauté en 39ᵉ place (15 234 $ de prix). Il faudra quand même se demander si Alexandre Barbaranelli, affichant le drapeau italien et résident monégasque, n'a pas un peu de sang français qui coule dans ses veines.

Benjo, Fausto, Tapis_Volant & Caroline Darcourt

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 5, et après on remballe

- 4 juillet 2024 - Par Fausto

Level 5 : Blindes 300 / 600, BB ante 600
Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Les pieds dans le Platt

Jeff Platt
Il est l’un des visages des WSOP modernes. À l’instar de Norman Chad et Lon McEachern (arrivés quelques années avant lui), Jeff Platt anime chaque année les diffusions du Main Event des WSOP. Allure de crooner, costard impeccable, Jeff se balade entre les rangées de tables à la recherche de petites interviews, qui lui ont d’ailleurs donné une réputation de chat noir, tant les personnes qu’il va questionner ont tendance à buster rapidement après son passage.

Aujourd'hui, le présentateur enfile le costume de joueur. Peu de journalistes poker peuvent effectivement se targuer d’une Hendon Mob à près de 800 000 $ de gains. Finaliste d’un “Double Stack 1 500 $” en 2021, Jeff se présente régulièrement sur quelques beaux tournois du programme, notamment le 5 000 $ 6-max, qu’il a encore joué cette année. En revanche, il est plus rare de le voir sur le Main Event, du fait de son rôle de présentateur chez PokerGO, qu’il occupe depuis 2021. Cette année, le joueur a décidé de fusionner les deux casquettes, en s’alignant sur ce Main Event en tant que joueur - commentateur.

En table, Jeff Platt est donc armé de jetons… ainsi que d’un micro. Après un fold, on le voit reprendre sa chorégraphie habituelle, zigzagant entre les tables, suivis par ses collègues cameramen, pour aller chercher un joueur à interviewer quelques tables plus loin. Après une petite discussion, Jeff retrouve sa table, pose son micro et se remet en mode “joueur”.

« C’est la première fois que nous faisons cette “double” mission, explique Jeff. J’ai déjà joué le Main Event, mais depuis 2021, je travaille sur l’évènement avec PokerGO. Cette année, on s’est dit qu’on allait mélanger les deux. L’un des objectifs, c’est de vivre le Main Event un peu de l’intérieur, en montrant ce qu’il se passe à l’intérieur des barrières ».

Et si jamais le journaliste Platt nous ressort un méga-deep run, comme en 2015, lorsque le joueur prenait la 60ᵉ place pour 113 764 $ ? « Tout le monde rêve de deep run le Main Event. Ça serait magnifique, et on a parlé de l’éventualité. PokerGO m’a dit, si tu deep run, on te laissera tranquille. Mais dans tous les cas, on trouvera un moyen de travailler aussi ».

Jouer le Main Event et en faire le coverage en même temps. En voilà une belle idée, qu'en dis-tu Benjo ? Je me porte volontaire pour le Day 1B !  - Fausto

Dou iou spique Fwench?

« Y-a-t-il des Français à cette table ? » demande notre photographe Caroline Darcourt, désespérée comme moi à l’idée de ne trouver plus aucun nouveau tricolore dans les travées de ce Day 1A. « Moi je parle français, je suis Québécois », répond un joueur au siège 5 .
« Et moi je suis Suisse ! » s'exclame un autre.

Bon, les Québécois : quand même pas, il est encore un peu tôt. Mais puisque ce Suisse a des jetons, on le prend volontiers dans notre contingent francophone.

Rachid Amamou
« C’est la deuxième fois que je joue le Main Event. J’en garde de superbes souvenirs. J’avais atteint le Day 4, j’avais été chipleader Day 2, informe Rachid Amamou, ressassant des souvenirs de 2019. J’ai pas pu le rejouer depuis. Je travaille dans l’industrie pétrolière, c’est compliqué de trouver le temps. Mais à chaque fois, je joue le Day 1 le jour de mon anniversaire : j’ai 45 ans aujourd’hui ».

L’ami suisse semble d’ailleurs avoir déjà reçu un beau cadeau. « J’open AQ, flat d’un Américain au bouton, call BB et le flop vient 836. BB check, je check, et le bouton fait 2 200, check-raise 6 400 de la BB, je just call, et Monsieur shove pour 60 000 jetons ». Fold BB, snap-call Rachid, qui a le bonheur de voir J10 en face. Joyeux anniversaire Rachid. - Fausto

Zone dangereuse

Bruno Soutavong
Parmi les derniers arrivants du clan français sur ce Day 1A, Bruno Soutavong a eu la mauvaise expérience de voir son stack amputé de 4 000 jetons avant de toucher ses premières cartes sur le Main Event. Et pourtant, inscrit à 11h30, il pensait bien démarrer muni d'un full stack, mais on a souvent pu le constater depuis le début de ces WSOP, les stacks tournent quand vous vous inscrivez. Donc, avis à ceux qui sont déjà inscrits, pointez-vous à l'heure ! Si Bruno n'avait perdu "que" 4 000 jetons, ça irait encore, mais après une journée pénible, il navigue en eaux troubles avec un tapis qui oscille entre 15 et 25 000 depuis plusieurs heures, à tel point qu'il est obligé de jouer des petits coups de short-stack, lui qui a plutôt l'habitude d'en mettre partout en utilisant la puissance des jetons pour caser des gros bluffs.

Pour l'instant, c'est plutôt la prudence qui domine, comme sur ce coup, où il va open avec 15k de stack (25 BB) sur la BB du chipleader. Il est payé par le lojack et le chipleader. Les trois joueurs checkent le flop 434. Sur la turn J, Bruno mise 3 000, une mise pas suffisante pour prendre le pot tout de suite. Il lui faudra une nouvelle mise à 5 000 sur la river 3 pour empocher ce petit pot et prendre un peu d'air dans ce Day 1A étouffant qu'il passe à table avec Clément Richez, lui aussi pas aux mieux avec un tapis divisé par deux depuis le départ.

[EDIT 30 minutes plus tard : après notre visite à la table de Bruno, ce dernier est passé de la zone rouge à la zone carbonisée, après un Roi-Dame joué avec 15 BB ne s'améliorant pas contre As-10] - Tapis_volant

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 4 : fume, c'est du Belge

- 4 juillet 2024 - Par Fausto

Level 4 : Blindes 250 / 500, BB ante 500
Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Sat, Grind & Rock & Roll

Daniel Tordjman
Un sourire jusqu’aux oreilles sur les bords de la Paris Ballroom. Pas de doute, Daniel Tordjman est là. Mais n’allez pas croire que cette joie vient du fait qu’il joue le Main Event WSOP. « Je suis excité à chaque tournoi ! Que ce soit le Main ou un 500, je prends mon pied », commente ce kiffeur invétéré.

Révélé à Vegas lors des WSOP 2022, où il terminait runner-up d’un Omaha à 1 500 $ (sa variante préférée), le Parisien s’est fait remarquer ces dernières saisons au fil de ses casses réguliers. Finaliste UDSO, finaliste de side EPT, 3ᵉ du dernier High Roller WiPT et encore runner-up du High Roller BPC Namur il y a deux mois, Daniel fait partie de ces joueurs aussi redoutables qu’agréables, qu’on aime retrouver aux tables. Sur ce Main, il semble avoir trouvé une table animée par d’autres trublions que lui, à commencer par son voisin, un dénommé Mark Zajdner.

Mark Zajdner
Ce Canadien parle fort, à un volume sonore suffisamment élevé pour qu’un joueur se situant cinq tables plus loin puisse parfaitement entendre la discussion. En l’occurrence, un débat musical où Mark tente de convaincre toute la table de se rendre au concert du groupe Dead & Company, qui se produit cette semaine à la Sphere de Las Vegas. « C’est absolument 'insaaaaane' ! This guys are just so sick ! Si tu ne vas pas voir ce show, tu ne valorises pas la vie, vraiment ! Et si tu aimes les drogues, tu vas adorer » scande ce joueur, de manière complètement obsessionnelle. Il montre des extraits du concert à ses collègues de tables, chantonne les airs à ses voisins et cherche même sur les autres tables des joueurs fans du guitariste John Mayer, qui remplace le regretté Jerry Garcia dans ce groupe rassemblant les survivants de la mythique formation psychédélique Grateful Dead.

« Il a l’air totalement allumé, celui-là » note Douglas Weymersch, qui entend depuis le siège 2 ce critique musical dithyrambique. Ce joueur francophone revêt un sweat GGPoker. Ferait-il partie de la Team Belge ?

« Je suis Belge, mais je me suis juste qualifié. Je suis parti d’un 150 $, vers un 1 200 $ et j’ai eu mon package pour le Main… Alors que je n’avais même pas prévu d’aller à Vegas ! » raconte Douglas, pas vraiment habitué à ce genre de plateau. « Je joue un peu online, en amateur. À côté, je travaille dans un club de golf, et j’ai ouvert un club de padel aussi ».

Douglas Weymersch
Depuis qu’il a pris son ticket, en mars dernier, Douglas prend le poker un peu plus au sérieux. Le jeune Belge s’est dit qu’il allait s’entrainer pour s’habituer aux sensations du Live. « Je suis allé à Rozvadov. C’était mon premier festival Live. Là, c’est seulement mon deuxième. J’ai fait quelques tournois avant, deux ou trois 1 500 $, et là, je termine avec le Main », raconte Weymersch.

Le moment tant attendu est enfin arrivé et le joueur semble être au rendez-vous. « J’étais un peu stressé au début, mais là, je me sens bien. J’ai déjà monté plus de deux startings, en faisant notamment deux As contre deux Rois, contre un gars qui avait 38 000. Je n'ai jamais vibré comme ça pour un "deux As deux Rois” ». 140 000 déjà pour Douglas le néophyte, que l’on intègre d’office dans notre (très modeste) contingent francophone. - Fausto

La famillia Di Grande

Adrien et Devy
Une conversation en VF au détour d’une table de l’Event Center. Notre contingent semble si peu fourni sur ce day 1A que je me réjouis déjà d’avoir trouvé ces nouvelles recrues. Comment vous appelez-vous messieurs ? « Adrien et Devy. Par contre, on est Belges ! ». Zut. Ça ne fait rien, on vous garde quand même, comme dirait Louis de Funès.

Les deux hommes paraissent fonctionner en duo, pourtant, il n’y en a qu’un qui joue le Main Event. « Moi, je n’ai pas le niveau, je joue les petits tournois, sourit Devy. Je suis là pour l'encourager ! ».

Adrien Di Grande, lui, n’est pas non plus un habitué des 10k. Le Liégeois a plutôt poncé les 200-300 balles de Namur. Avec un certain succès. L’an dernier, Adrien s’imposait sur le Poker Namur Classic’s, devant plus de 1 500 joueurs, transformant ainsi 330 € en 54 000 €.

« Depuis ce gain, je suis un peu en transition, explique Di Grande. J’ai quitté mon boulot de commercial et je réfléchis aux autres options. Le poker, c’est pas mon métier, mais disons que je joue régulièrement. Surtout en cash-game, au casino de Namur, et parfois dans d’autres casinos s’il y a un beau Main Event ».

Ce Vegas n’aurait sans doute pas été à l’ordre du jour sans cette magnifique perf’ au casino maison. « Je suis plutôt joueur de cash-game, mais quand même, le Main Event, c’est le rêve de tous les joueurs. On s’est dit que c’était l’occasion. Devy, c’est mon pote du poker, et pas que. On est venu pour jouer, mais surtout en mode vacances. Resto, soirée, piscine… et Main Event. Au fait, c’est pour qui cet article ? Winamax ? Ah, on n'a pas Winamax en Belgique, mais j’ai vu tous les Dans la Tête d’un Pro, notamment avec Davidi ». Et pourquoi pas croiser la route du Génie sur ce Main Event ? Mais pour ça, il faudra au moins passer le premier jour. - Fausto

Bon Ap' Petit !

Rosalie Petit
Alors qu'elle se faisait une joie de jouer le Main Event pour la quatrième fois, l'aventure a tourné court pour Rosalie Petit, éliminée juste après le dinner break. Une sortie qu'elle aura sans doute du mal à digérer, elle qui était parvenue à éviter les balles avant la pause-dîner avec deux Dames contre deux As dans un 4-bet pot débouchant sur un board 10-3-6-4.

La main en question m'a été racontée par son bourreau, un joueur nommé Adrian Govea, une main qui commence par un limp à 500 UTG. Au bouton, Rosalie overlimp, tout comme Adrian de SB avec J7. Sur le flop 365, il check/call la mise de Rosalie. La turn 4 pousse Adrian à lead à 2 600, une mise que relance Rosalie à 9 500. Payé. C'est sur la rivière 10 qui fait rentrer la couleur backdoor que l'action s'emballe, Check d'Adrian, mise à 14 000 de Rosalie et check/raise all-in pour les 13 000 restants à la Française. Rosalie finit par payer avec 7-8 avec le 8 de trèfle et prend la porte prématurément sur ce Day 1A du Main Event.  

Après un beau deep run en 2022 qui l'avait vu terminer à la 824ᵉ place du Main Event, Rosalie devra attendre l'année prochaine pour re-tenter sa chance sur le Big One. - Tapis_volant

Pas froid aux yeux

Franck
On vous parlait tout à l'heure de Franck, le seul qualifié Winamax à tenter sa chance aujourd'hui. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas peur sur le premier Main Event de sa vie. Grimpé à 160 000 peu avant le dinner-break, il a pas mal degrind puis tenté un énorme bluff face à un papy texan, qui lui a coûté une tonne de jetons.

Après avoir relancé à 1 400 UTG, Franck se fait payer par le bouton avant que le retraité en question ne porte les enchères à 5 000 depuis la SB. Il est payé par les deux joueurs. Le papy va ensuite envoyer trois mises identiques à 15 000 flop, turn et river sur un tableau 29897

Franck pense pouvoir arracher le coup en relançant avec son As-8 transformé en bluff. Il place une mise à 40 000 devant lui. Il reste à peu près 50 000 à son adversaire, qui aurait peut-être foldé si son tapis était en jeu (c'est que Franck se disait après le coup) mais qui paye très rapidement avec KK pour faire chuter notre Français à 27 000. - Tapis_volant

Un rêve de pro

Jérémy Surninach
Avec un patch PMU sur le cœur, on pourrait croire que Jérémy Surinach est un habitué des gros tournois, et pourtant, selon son Team Manager Greg Ceran-Meillard, il dispute à peine sa cinquième compétition en live. "Ah mais attends, il a joué quelques tournois à Gujan aussi ". À bien regarder son palmarès, Jérémy Surinach n’est clairement pas un habitué. Avant Vegas, sa plus grosse ligne était une 20ᵉ place sur un tournoi à 200 € à Gujan, pour 1 320 € de gains.

Commercial dans la distribution de portes blindées, Jérémy Surinach fait partie des stakhanovistes de la room qui aime les bourrins à crinière, sur laquelle il a commencé en grindant les 5 €. Lâchant son job pour le poker, il a réussi à passer le casting du Pro Dream (sur sa deuxième tentative), compétition qui avait jusqu’alors plutôt tendance à recruter des joueurs déjà très expérimentés ou très présents sur le circuit, tels Pierre Merlin, François Tosques, Damien Lhommeau les années précédentes, mais qui ont préféré cette année appuyer sur le terme "Dream" plutôt que "Pro".

Débarqué à Vegas avec un programme alléchant comprenant le Millionaire Maker, le Tag Team (avec Julien Martini), un 2 500 € NL et le Mini Main Event, Jérémy a déjà réussi son été avec un beau deep run sur le Millionaire Maker (204ᵉ pour 9 420 $). Après quatre heures de jeu, il mène sa barque tranquillement sur le Main Event avec un stack de 80 000 jetons. - Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Richard Sklar
Cette émotion, magnifiquement capturée par l'objectif de Caroline Darcourt, c'est celle de Arash Ghaneian. L'Américain a de quoi lâcher une petite larme : il vient de remporter son second bracelet au terme d'un des heads-up les plus longs de l'histoire des WSOP : plus de huit heures de bataille en Stud High-Low face à Richard Sklar !

Freddy Deeb
Parmi les joueurs dont les espoirs ont été douchés très rapidement sur cette édition 2024, on peut noter Freddy Deeb. Et contrairement à la plupart des autres tournois que l'on couvre, quand on vous relate l'élimination d'un joueur, elle est définitive : sur le tournoi le plus prestigieux du monde, aucun re-entry n'est possible !

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 3, comme 3 barrels

- 4 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Level 3 : Blindes 200 / 400, BB ante 400
Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Hall of flegme

Barny Boatman
On vous causait un peu plus tôt du Poker Hall of Fame... Hier était révélée la liste des dix nommés de la promo 2024. Alors, Barny Boatman, cela fait quoi d'être reconnu à ta juste valeur par le monde du poker ? Le légendaire britannique joue les modestes, avec sincérité on dirait. "J'ai été vraiment, vraiment surpris. C'est une chose à laquelle je n'avais jamais pensé..."

Pourtant, Barny a largement fait le taff' depuis le début de sa carrière il y a plus de 25 ans. Le règlement du Hall of Fame stipule que pour mériter d'y entrer, les candidats ont deux options : 1/ Avoir montré qu'ils pouvaient battre les meilleurs au plus haut niveau, et sur une longue période... ou 2/ Avoir contribué au succès et à la croissance du poker, en avoir donné une image positive.

Barny est selon moi l'un des rares ayant réussi à gagner sur les deux tableaux.

À la table : deux bracelets WSOP et, en février dernier, une magnifique victoire à 1,4 million d'euros sur l'EPT Paris, prouvant qu'à 68 ans, le vieux singe anglais n'avait pas dit son dernier mot. En dehors de la table : la Hendon Mob. Oui, celle-là. Pour les plus jeunes d'entre vous, sachez que le mot "mob" est synonyme de "gang" ou "crew" et qu'à l'origine, la Hendon Mob était juste un groupe de quatre potes de poker de la banlieue de Londres... Barny est tout bonnement l'un d'entre eux.

Plus tard, en compagnie de Ram Vaswani, de Joe Beevers et de son frangin Ross Boatman, il lancera, avant le boom du poker, un site archivant jour après jour les résultats de tous les tournois live du monde. Vingt-quatre ans plus tard, la plupart d'entre nous visitons encore ce site tous les jours. Si ça n'est pas assez pour devenir l'un des rares "Hall of Fameurs" issus du continent européen, je ne sais pas ce qu'il leur faut...

On explique à Barry qu'avant que les membres existants du Hall of Fame ne désignent le "vainqueur", la liste initiale des dix nommés est constituée à partir d'un vote du public, via Internet. "Cela me fait encore plus plaisir. Mais il y en a d'autres qui sont nommés chaque année sans gagner et qui le méritent bien plus que moi..."

Barny dispose peut-être d'une vraie botte secrète pour emporter le morceau lorsque les résultats seront révélés le 14 juillet prochain : son humour so british, qu'il déploie tous les jours sur Twitter. Un de nos favoris récents :

Je raconte à Barny que sans le vouloir, je reproduis la même scène chez moi au moins une fois par semaine. "Tu verras quand tu seras vieux, ça sera encore pire !" Mais revenons au poker : voilà Barny qui ouvre à 1 000 et se fait payer par deux joueurs, cut-off puis BB. Suivra une séquence 3-barrel ultra-rapide, le joueur au cut-off ne voulant pas folder devant un bet de 1 400 sur un board K103, puis 3 100 sur un 7, et enfin 7 400 sur un 2. Barny retourne AK : un excellent value bet, car son adversaire n'a pas réussi à lâcher son K9. - Benjo

Assommé

Voyant ma mine déconfite face à son stack réduit à peau de chagrin, Léo Soma m'explique qu'il a "miss un bluff". Il rentre plus dans le détail en se levant de table pour me raconter la main en question. "Open lojack-1 [en MP quoi, NDLR] d'un joueur agro-loose. Payé au lojack. Je défends 95 de grosse blinde. Sur le flop 46Q, il c-bet à 1 000, je l'ai déjà vu plusieurs fois folder sur des check/raise, donc je fais 3 500. Il call. Turn K, les problèmes commencent, je fais 7 500 avec mon flush-draw, il call encore. River 7, je fais 24 000 (avec 6 000 derrière) et il me snap call avec une paire de 6 pour brelan floppé." "C'était pas vraiment une des mains que je visais...", ajoute Léo avant de se rasseoir sous mon impulsion, puisque le croupier était en train de lui dealer ses cartes.

Bonne idée que j'ai eu de lui dire qu'il allait rater une main, ce sera finalement la dernière qu'il verra sur ce Main Event. Après avoir open à 800 UTG+2, il se fait 3-bet à 3 200 par le lojack. Il décide de miser son tapis (entre-temps remonté à 14 000) avec 1010 et va devoir gagner un flip contre AK de son adversaire qui le paye très rapidement.

Les espoirs seront brefs sur le flop J98 qui apporte une couleur à son adversaire. Et malheureusement, pas de miracle turn et river et c'est déjà la fin du Main Event pour notre vainqueur de bracelet français après seulement trois niveaux, et alors que beaucoup de futurs participants au Big One n'ont même pas encore mis un pied au Horseshoe. - Tapis_Volant

Un Martini, pour la 630 !

Julien Martini
Il a beau avoir quatre bracelets WSOP, le Main Event possède encore des arguments pour faire rêver Julien Martini. "Je n'ai aucun bracelet en No-Limit Hold'em, faut quand même que je remédie à ça ! En plus, ça va être de plus en plus dur d'en gagner un dans cette variante, les fields sont de plus en plus gros, et les joueurs de plus en plus forts." Après un Vegas compliqué, Kroolheart relativise. "Ça ne s'est pas bien passé sur le plan financier, mais je suis vraiment satisfait de mon jeu. Hormis 2018 où je jouais bien et je chattais, j'estime que c'est ma meilleure année en termes de niveau. Cela ne se voit pas au niveau des résultats, mais je suis très satisfait. Et puis, la différence entre un Vegas qui se passe bien et un qui se passe mal, ça tient parfois à une ou deux mains seulement."

Alors que je reste à la table, je le vois défendre sa grosse blinde et check/fold sur un flop As-5-4 avec deux trèfles. "J'ai As-7 ici, et c'est le seul tournoi où tu peux te permettre de fold directement sans avoir l'impression de te faire exploiter." On dirait bien que le pro PMU a des ambitions sur le Main Event de cette année, un tournoi sur lequel son meilleur résultat est une 936ᵉ place sur l'édition record de 2023. - Tapis_Volant

Rémi ne lâche pas sa couronne

Rémi de Rossi
À l’instar de nombreux monarques de l’histoire, Rémi De Rossi ne compte léguer sa couronne à personne. On parle ici de la “Super Crown”, une promotion organisée par une room qui aime les équidés et les team managers roux, et qui envoie chaque année à Vegas l’homme ayant remporté le plus de tournois "Powerfest". « J’en ai gagné dix en trois semaines, pose l’Aixois. Après, c’est des petits fields, c’est pas comme sur Wina... ». Vainqueur également de l’édition précédente, Rémi s’offre donc un deuxième tour de Main Event, en freeroll.

« L’an dernier, j’avais busté à dix minutes de la fin du Day 1. Normalement, je suis un joueur assez agro, mais sur celui-là, je vais plus contrôler. Je ne prendrai pas les spots 'borderline'. Et en vrai, je pense que je ne vais même pas bluff » annonce Rémi, qui entre en piste à l’aube du troisième niveau du jour.

Et pour cause, il y a quelques heures, il était encore sur un autre tournoi. « J’ai fait 108ᵉ du Mini Main Event sur plus 6 000 joueurs. C’était bien, mais à la fin, c'était une vraie boucherie. Je n’ai rien pu faire. » Un bon deep run pour se remettre dans le bain des cartes, après des semaines à s’entrainer sur des compétitions d’un genre un peu plus physique.

Coach sportif et directeur d’un club d’athlétisme, Rémi essayait ces dernières semaines d’envoyer ses meilleurs athlètes aux Jeux Olympiques. « On était sur les Championnats de France Élite Athlétisme. C’était cool, on a même un athlète, Lolassonn Djouhan, qui s’est qualifiée en lancer de disque ». Au tour du coach de passer les qualifs' ! - Fausto

Ren déneige

 Bingjian Ren
De retour sur le Main Event, treize ans après. Bingjian Ren, plus connus sous le nom de Nico dans les clubs parisiens, a mis son temps pour revenir sur le plus beau tournoi du monde. « La première fois que je suis venu, j’étais qualifié. J’avais même atteint l’ITM, et pris 19 000 $. Mais avec le boulot, je ne trouvais jamais le temps de revenir le jouer » explique celui qui nous dit travailler dans l’import-export.

Bingjian a retrouvé à Vegas quelques copains de cercle avec qui il a l’habitude de taper le carton. Son pote Karim Lehoussine grind d’ailleurs à quelques mètres de lui. « Je joue souvent au Club Pierre Charron. Quelques choses comme deux-trois fois par semaine. Je suis davantage un joueur de cash-game, notamment en Omaha. Je ne joue pas beaucoup de tournois, surtout quand c’est turbo. Mais celui-là, on a vraiment le temps de jouer ». Pour un deep run comme au bon vieux temps ? - Fausto

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