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Level 4 : on cause orga avec le vice-président

- 7 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Level 4 : Blindes 250 / 500 BB ante 500
Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Au beau milieu du Day 1D, c'est un Grégory Chochon de bonne humeur qui vient à notre rencontre sur le banc de presse. Normal : le co-directeur des WSOP surveille depuis le début de la journée la progression des inscriptions, et les chiffres sont bons : la barre des 4 500 joueurs a été franchie, portant le total des inscrits à 9 000. Et il n'est pas trop tard pour rejoindre la belle grande fête poker de l'année... Ainsi, la tenue d'un Day 1 un 4 juillet (jour férié que les Américains aiment passer en famille), ainsi que l'absence de la journée de dimanche au calendrier des Day 1, n'aura pas porte préjudice à la popularité du Main Event.

Grégory Chochon
C'est justement pour cela que j'avais sollicité une discussion en mode "geek de l'orga" avec le Français des WSOP : en coulisses, comment se décide le calendrier du Main Event ? Quelles sont les différentes options envisagées ? Le désquilibre, toujours croissant, entre les différents Day 1 est-il un vrai problème au final ?

« Ce qu'il faut savoir, commence Grégory, c'est que quoi qu'il arrive, notre calendrier va dépendre de la disponibilité des salles de convention. » Rassurez-vous : il n'y a guère de risques que les WSOP perdent un jour leur traditionnel créneau couvrant juin et la moitié de juillet. Mais d'une année sur l'autre, le créneau disponible va subtilement évoluer, et par exemple se décaler d'un jour ou deux par rapport à l'année précédente.

On observe une constante depuis 2018 : sur chaque édition du Main Event, l'un des Day 1 s'est joué ce fameux 4 juillet. A chaque fois, ce Day 1 est grosso modo garanti d'être le moins populaire, pour des raisons évidentes. Cette contrainte, plus ou moins imposée par les disponibilités des salles de conventions, les organisateurs estiment avoir fini par l'apprivoiser, pour la transformer en un avantage.

« Au final, on trouve que ce 4 juillet, c'est un bon compromis », estime Grégory. « On perd les joueurs qui passent la journée en famille, et il y a le prix des hôtels qui atteint son max de l'année ce jour-là. Mais d'un autre côté, on garde quand même les joueurs non-Américains, ceux qui sont là depuis plusieurs semaines, ils sont nombreux et ils ne font pas la fête ce jour-là : eux, ils viennent s'inscrire. » Passant par là quelques minutes plus tard, le comparse de Grégory Jack Effel (TD en chef) ne dira pas autre chose. « On l'aime bien ce 4 juillet. Il permet aux joueurs de s'organiser de vraies vacances à Vegas, avec du Main Event dedans. » Traduction : on fête le 4 juillet à Las Vegas, dans une ville réputée pour ses teufs et feux d'artifice... et on joue en même temps le Main Event, soit la veille, soit le lendemain.

Il y a cependant des choses que les organisateurs s'interdisent vis-à-vis de cette date du 4 juillet. « On ne fera jamais un Day 1D ce jour-là, dit Grégory. Cela provoquerait trop de mécontentements, il y a des tas de gens pour qui cette journée n'est pas négociable. Et pour la même raison, on ne fera jamais un Day 2 de Main Event à cette date. »

Il y a une chose qui semble avoir manqué au Main Event cette année : un Day 1 le dimanche. Le dernier Day 1 se déroule un samedi. Grégory assume ce manque, tout comme il assume ce qui s'est avéré être une faute de programmation sur la globalité cette édition 2024. « En tablant sur le fait que le dimanche est le jour préféré des amateurs, cette année nous avons lancé les Day 1 de tous les petits tournois de No-Limit le dimanche, avec les Day 2 le lundi. L'an passé, on avait les Day 1 le samedi, puis les Day 2 le dimanche. Résultat : entre 2023 et 2024, nos chiffres ne sont pas meilleurs. Pire : les tournois de consolation organisés pendant les Day 2 ont baissé... car ils démarrent maintenant le lundi au lieu du dimanche. »

Parlons maintenant d'un problème qui n'en finit pas de ne pas s'arranger : la vaste disparité de remplissage entre les quatre différents Day 1. On part de 1 000 joueurs sur le Day 1A, pour arriver à... plus de 4 500 sur le Day 1B ! « Quand on laisse le choix aux joueurs, ils vont plutôt opter pour l'arrivée la plus tardive possible... » songe Grégory à voix haute, ajoutant : « L'an passé, on a même eu 300 joueurs qui ne sont arrivés que pour le Day 2, sans jouer le Day 1. Cette année, je pense qu'on pourrait en avoir 500 qui viennent au Day 2. Peut-être 1 000. » Et Grégory d'évoquer le coût de la vie d'un touriste à Vegas, toujours plus grand, que ce soit pour se loger ou pour se nourrir. Un problème qui ne risque pas de s'arranger comme par magie dans les années à venir.

Day 1 Main Event
Que pourrait-on faire pour inciter les joueurs à mieux se répartir dans les quatre Day 1 ? Grégory balaie fermement tout changement qui nuirait à l'équité du jeu. Chacun doit partir sur un pied d'égalité. Hors de question, donc, de donner un bonus de jetons à un joueur qui jouerait le Day 1A, par exemple. « Là où l'on pourrait éventuellement agir, c'est sur le rake : on fait un geste commercial à ceux qui viennent tôt. Mais ce n'est pas une décision à prendre à la légère, car cela représenterait un sacré manque à gagner pour nous ! Parce qu'en fin de compte, regarde : aujourd'hui est l'une des plus grosses journées de l'histoire du Main Event, et pourtant il n'y a pas eu de vraies files d'attentes, on n'a pas eu à jouer en 10-handed, et il n'y a pas eu le début d'évocation de 'sold out' le Day 1D. Tout s'est déroulé de façon optimale. » On confirme : les WSOP se remettent en question chaque année, faisant de leur organisation une machine toujours mieux huilée par rapport à l'édition précédente. Du coup, pour le moment, en voulant mieux équilibrer les Day 1, on est en train de chercher une solution à ce qui n'est pas vraiment un problème...

Mais ceci est valable uniquement pour le moment, comme l'anticipe aussitôt Grégory : « Imagine que dans quelques années, on a 15 000 joueurs... dont 10 000 qui viennent juste pour le Day 1D. Là, il faudrait agir... »

Et Grégory de me rappeler un point d'organisation que j'avais depuis longtemps oublié. « Sur l'édition 2006, qui avait battu les records à l'époque, les gens n'avaient PAS le choix de leur Day 1. Ils devaient s'inscrire avant le début du Day 1A, et au guichet on leur attribuait un Day 1 sans qu'ils puissent choisir. Cette édition-là avait eu plus de 8 000 inscrits, et personne ne se plaignait. Et honnêtement, côté orga, c'est beaucoup mieux pour nous en termes de gestion ! On a tous les paramètres d'avance, on peut tout anticiper en termes de staff, etc. »

Rassurez-vous : il n'est pas véritablement question de revenir à ce vieux modèle. Cependant, Grégory se demande à voix haute s'il n'y aurait pas moyen d'être plus dirigiste vis-à-vis des joueurs se qualifiant sur Internet. « On pourrait leur attribuer un Day 1 à l'avance, et leur offrir l'hébergement si leur Day 1 les fait venir plus tôt. Parce qu'au final, on a affaire à un cercle vicieux : les amateurs viennent le plus tard possible à cause du coût du voyage, et les pros s'inscrivent le plus tard possible car ils veulent affronter ces amateurs. Si tous les qualifiés étaient répartis équitablement entre chaque Day 1 par tirage au sort, alors les pros auraient moins intérêt à se focaliser sur le Day 1D. »

De notre côté, on n'a pas la solution magique. Mais on passera ce message aux joueurs : si vous jouez le Day 1A, vous avez beaucoup plus de chances de figurer dans le coverage que si vous jouez le Day 1D. Car il est beaucoup plus facile de vous repérer parmi mille joueurs que parmi cinq mille !

WSOP 2024 : tous nos articles

La Razzia Seiver

- 2 juillet 2024 - Par Fausto

Trois bracelets remportés en trois semaines de WSOP. Scott Seiver réalise un exploit hors-normes le confortant dans la mission impossible qu’il s’est fixée : conquérir un bracelet dans chaque variante du jeu.

Seiver

« C’est un sentiment de satisfaction difficile à décrire. Au moment où je vous parle, je suis sur un nuage. Ça signifie tellement pour moi. C’est aussi un pas dans un voyage personnel qui m’anime, où je rêve de remporter un bracelet dans chaque discipline de poker qui existe ». C’est en ces mots puissants et ambitieux que Scott Seiver répondait, à chaud, à l’interview traditionnel post-victoire, devant les micros de Pokernews.

En s’imposant ce dimanche 30 juin sur le Deuce to Seven No-Limit dans sa version "Championship", Scott Seiver remportait effectivement son troisième bracelet de l’été, le septième de sa carrière, et le cinquième dans une variante différente.

Celui-là est glané dans un format particulièrement intense, swingy, où l’affrontement psychologique et la notion de “bluff” prennent une part considérable. « C’est un tournoi incroyablement spécial. Selon moi, c’est un des plus prestigieux de l’année, et je l’ai toujours convoité, depuis très longtemps » poursuivait Scott.

Cette victoire confirme les qualités de lecture, la capacité de Scott Seiver à situer, décoder ses adversaires et à se repérer dans un jeu qu’il semble maitriser à la perfection. Son talent pour les mixed-games est reconnu par tous les maitres de variantes et cet improbable triplé n’en est que la démonstration matérielle. Mais d’où vient ce don de Scott pour les “mixed-games” ?
 

Scott Seiver

Seiver Super Saiyan 1

Scott Seiver

Seiver Super Saiyan 2

Scott Seiver

Seiver Super Saiyan 3

Sky is the Limit-Games

« J’ai découvert les mixed-games dans ma deuxième partie de carrière, note Scott, que l’on retrouve le lendemain autour des tables du 10 000 $ Mystery Bounty. La première, c’était exclusivement du No-Limit Hold’em. Surtout du heads-up online. C’est à partir du moment où je me suis vraiment mis au Live, à Vegas, que je suis tombé amoureux des variantes ». Raconte-nous, père Seiver.

Scott Seiver

Scott le jeune (2008, crédit photo : Card Player)

« Quand j’ai déménagé à Las Vegas (en 2008), je me mettais à jouer beaucoup plus de Live. J’ai commencé à trouver le Hold’em de plus en plus ennuyeux, surtout en full-ring. Un jour, je suis à l’Aria, et je vois une table de “Mixed-Games” qui se monte. Je me suis assis, j’ai découvert les jeux et j’ai adoré les gens. Je voyais des profils et des interactions très différentes que celles d’une table de No-Limit. Ce sont réellement les gens que je trouvais aux tables qui ont démarré mon histoire d’amour avec les mixed-games ».

À ce moment-là, Scott Seiver est déjà un “Top” de No-Limit. Vainqueur d’un bracelet sur un massif 5 000 $, pour 755 891 $, le New-Yorkais remporte un High Roller L.A Poker Classic pour un demi-million, avant de commencer ses premières campagnes “mixed-games” sur les WSOP, en 2010.

Première année, trois demi-finales, (en NL 2-7 Single Draw à 1 500 $, Seven Stud 1 500$ et H.O.R.S.E 3 000 $), ainsi qu’une finale en 8-game. L’année suivante, tout juste vainqueur d’un WPT Championship à 1 618 000 $, il atteint sa première finale de Poker Players Championship (7ᵉ). Multipliant les tables finales à chaque édition, Scott doit cependant attendre 2018, et sa 9ᵉ finale en mixed-games, pour ouvrir son compteur, avec une victoire sur le 10 000 $ Limit Hold’em Championship.

Un jeu, pour les gouverner tous

Seiver remet ça l’année suivante sur le 10 000 $ Razz Championship, pour 301 421 $. Un petit bracelet en No-Limit Hold’em en 2022 (sur un 2 500 $ Freezout de 752 joueurs), histoire de montrer qu’on sait toujours jouer avec deux cartes et enfin, ce fabuleux triplé de 2024, avec trois bracelets récoltés, sur le Omaha Hi-Lo Championship, le 1 500 $ Razz et le 10 000 No-Limit 2-7 Lowball Draw Championship. Ajoutez sur le parcours trois deuxièmes places, 23 tables finales WSOP (au total) et vous tenez l’un des palmarès les plus accomplis et les plus impressionnants de l’histoire des WSOP. Mais comment parvient-on à ce niveau de succès dans autant de jeux différents ?

Scott Seiver

« J’ai appris en jouant, affirme Scott. J’étais assez chanceux pour avoir déjà une bankroll décente grâce au No-Limit Hold’em. J’ai toujours voulu jouer contre les meilleurs. Ça ne m’inquiétait pas de perdre. Ce que je voulais, c’était affronter les meilleurs adversaires possibles. J’ai joué assez cher très vite, je perdais et j’essayais de comprendre à chaque fois ce qui n’allait pas, ce que les autres faisaient de mieux. J’ai continué à me battre en partant de là ».

La polyvalence de Scott s’explique par le fait qu’il ne voit pas neuf variantes différentes, mais bien un seul grand jeu, déclinés en plusieurs formats.

« Je pense que beaucoup apprennent le poker en étudiant un format de poker en particulier. Je ne vois pas le poker de cette façon. Je dirais que je vois le jeu avec plus de hauteur. Pour moi, toutes les formes de poker, ne sont qu’un seul jeu. Il n’existe selon moi qu’un grand principe qui doit guider le jeu et j’essaie de l’appliquer dans chaque format », explique Seiver. C’est seulement après avoir décelé les concepts phares et commun à toutes les variantes de poker, que Scott s’intéresse aux spécificités, notamment théorique, de chaque “mixed-games”.

« Il faut comprendre le jeu. Puis, il faut comprendre les différents jeux. Chaque variante a son manuel d’instruction et il faut savoir ce qui fonctionne le mieux pour chacune d’entre elle. À un niveau plus élevé, il faut maitriser la théorie. Des concepts mathématiques poussés, peu importe le jeu auquel vous jouez, ils s’appliquent dans tous les formats. Regarder le poker de cette forme vous fera devenir un bon joueur de poker et non pas un bon joueur dans une variante ».

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour un POY ?

Scott Seiver

Scott Seiver s’apparente ainsi au joueur de poker ultime. Sa maîtrise profonde des concepts, sa polyvalence et son expérience font du New-Yorkais l’un des joueurs les plus respectés, les plus accomplis et l’un des chasseurs de bracelet les plus affutés. Sa compétitivité dans tous les formats en fait un prétendant naturel pour le très convoité titre de “Player of The Year”, dont il est avec trois bracelets le leader provisoire évident. Et pourtant, pas de tant de points que ça.

Trois bracelets en un festival, c’est une belle performance. Mais hormis ces trois titres, Scott Seiver n’a réalisé que des min cashs insignifiants (10 ITM au total au 1ᵉʳ juillet). Même pas une autre table finale... le nul !

À l’inverse, Jérémy Ausmus a certes du mal à conclure, mais a la bonne idée d'atteindre une finale WSOP tous les cinq jours. 3ᵉ d’un Freezout 2 500 $ de 1 200 joueurs trois jours plus tard, runner-up sur le 100 000 $, 7ᵉ sur le 250 000 $, 6ᵉ du PPC et 4ᵉ de ce même 2-7 Lowball Draw Championship, remporté par Seiver. Six tables finales en un mois de WSOP. Dans le compte en banque comme au classement POY, ça fait de très beaux chiffres.

Classement POY

Classement "WSOP Player of The Year" au 1er juillet 2024

« Remporter le POY, ça voudrait tout dire, affirme Seiver. Pour dépasser Jérémy, il fallait que je fasse premier ! Ce qui est complètement fou sachant que j’ai gagné trois tournois. Cependant, il est en train de réaliser un festival incroyable, l’un des plus beaux World Series qu’on ait jamais fait. Je suis juste chanceux et reconnaissant de pouvoir être juste devant lui pour l’instant ».

Aussi improbable que cela puisse paraître, quatre joueurs ont déjà réussi à récolter trois bracelets sur une seule édition de WSOP. Ted Forrest en 1993 (en Stud, Razz et Omaha8), Phil Hellmuth cette même année 93 (3 en trois 3, deux en No-Limit Hold’em, puis un en Limit Hold’em), Phil Ivey en 2022 (Stud, Stud Hi-Lo et S.H.O.E) et enfin Jeff Lisandro (Stud, Stud Hi-Lo et Razz). Georges Danzer avait également réalisé cet exploit en 2014, mais en prenant le premier bracelet loin de Vegas, sur les WSOP éditn "Asia Pacific".

Depuis l’introduction du “POY” en 2004, tous les joueurs ayant remporté trois bracelets (Lisandro et Danzer, donc) sont devenus “Player of The Year”. Les deux seuls joueurs à avoir atteint six tables finales en une édition (Robert Campbell en 2019 et Ian Matakis en 2023), le sont également devenus. Cette année, la course est tellement irréelle qu’une de ses conditions ne sera pas suffisante pour prétendre à ce titre honorifique et l’un des plus prestigieux du poker moderne.

WSOP 2024 : tous nos articles

Quand vlog rime avec émotion

- 1 juillet 2024 - Par Tapis_Volant

Après avoir réalisé une vidéo sur le poker pour Konbini, Baptiste Giudicelli passe à la vitesse supérieure à Vegas en faisant vivre son aventure sur les WSOP grâce à des vlogs quotidiens centrés sur l'émotion vécue par les joueurs de poker. On l'a rencontré après son bust sur le Colossus et alors qu'il suivait son pote JPL sur sa deuxième bullet.
Event #60 : Colossus 400 $ (Day 1C)

Baptiste Giudicelli

Son visage vous semble peut-être familier, mais vous ne saurez dire où vous l'avez aperçu. Baptiste Giudicelli, c'est le gars qui a réalisé une vidéo de poker mémorable pour Konbini l'an dernier, une vidéo très personnelle dans laquelle il nous raconte son histoire d'amour avec le poker, et se paye le luxe d'une longue interview avec Patrick Bruel. Si cette vidéo est marquante, elle l'est aussi pour son créateur, alors en passe de quitter son employeur pour se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle.

Baptiste Giudicelli

Félicité par Grégory Chochon himself, le grand manitou français des WSOP, Baptiste se voit proposer un petit coup de pouce pour venir découvrir les World Series of Poker et documenter ça. L'occasion est trop belle, Baptiste décide de venir avec son pote de poker Jérôme Pradal, plus connu sous le pseudo "JPL" pendant près de trois semaines à Vegas, pour disputer quelques tournois et réaliser des vlogs dans lequel il partage son aventure. La vérité, c'est que c'est pas la première fois qu'il vient dans la ville du vice, puisqu'en marge de son taf à couvrir le Salon des Nouvelles Technologies (CES) pour Konbini, il s'était dépêché de boucler ses interviews pour aller jouer quelques tournois à 75$ au Ballys, "les tournois les moins chers que je pouvais jouer", aime-t-il à préciser avant de caser un petit brag sur le fait qu'il en a gagné un.

Joueur depuis 2018, principalement en mode associatif au sein du Paname Poker Club où il joue tous les lundis soirs dans un bar, Baptiste est le digne représentant du poker récréatif. "C'est vraiment l'endroit où j'apprécie le plus de jouer au poker, on joue dans des bars, on se chambre, on rigole bien, on est à la fois là pour bien jouer et pour passer un bon moment". Il a également testé les clubs de jeu et fait quelques trips poker sur des events WIna comme Bratislava ou le Sismix. C'est d'ailleurs sur le dernier Sismix qu'il a réalisé sa meilleure perf à ce jour, en atteignant la table finale du Monster Stack pour 4 528 $, de son propre aveu "un moment incroyable" pour celui dont le jeu est d'abord un amusement pour passer du bon temps avec ses potes. "C'est une des premières fois où je monte un gros stack et où je peux mettre la pression sur mes adversaires, c'est vraiment une sensation de ouf sur un tournoi et je pense que tout le monde rêve de vivre ça sur un tournoi."

Baptiste Giudicelli

Baptiste en train de rail JPL sur le Day 1C du Colossus

Mais alors, pourquoi Baptiste est-il là à Vegas ? Partageant la chambre avec son pote Jérôme a.k.a JPL, Baptiste a décidé de documenter son aventure, en livrant un vlog par jour, dans lequel il partage son quotidien à Vegas. Anecdotes de vie, moments dans le rail français, tournois disputés, tout y passe, un peu à l'image des vlogs de Daniel Negreanu qu'il avoue "avoir consommé avec délice", Baptiste essaye de faire vivre son aventure de l'intérieur. "J'aime beaucoup le format de vlog journalier, j'ai beaucoup consommé les vlogs de Casey Neistat ou ceux de Léna Situations, et je me suis dit que si on associait ça avec le milieu du poker, ça pouvait faire un truc vraiment sympa. Les gens peuvent suivre ce que tu vis, les moments où ça va bien, les moments difficiles. J'essaye surtout de montrer l'émotion. Comme quand on découvre les grandes salles du Horseshoe ou du Paris, qu'on s'inscrit à son premier tournoi, qu'on va s'asseoir en entendant la musique d'Ennio Morricone. Ça m'intéresse pas du tout de montrer la technique, je coupe au montage les mains qu'on me raconte en général, c'est plus l'émotion que j'essaye de partager."

Dans le genre émotion, Baptiste a été servi puisqu'il y a deux jours, il a assisté de près à la deuxième place de Michel Leibgorin sur le 2-7 Single Draw, passant à un cheveu du bracelet dont il rêvait depuis ses débuts au poker en ... 1995. "J'avais jamais vu ça, on était à 1 mètre de quelqu'un qui pouvait gagner un bracelet. Je connaissais pas ce joueur mais Jérôme m'a raconté son histoire. Le fait qu'il était presque aveugle, qu'il jouait avec une loupe, qu'il attendait ce moment depuis toujours. C'était fou, en plus quand on est arrivé, il était en train de crush complètement son adversaire. Voir son émotion après avoir perdu si proche du bracelet, c'était vraiment un moment plein d'émotion."

Neymar Giudicelli

Côté poker, c'est pas encore la fête puisque Baptiste a joué - et bust - sur son premier tournoi du séjour, le 400 $ Colossus, que rejoue aujourd'hui son pote Jérôme qu'il intègre très souvent dans ses blogs. Après avoir monté un stack de 110k (sur 50k starting), il s'est de son propre aveu un peu level "contre un papy de Vegas qu'il ne faut jamais call. Je l'ai call trois fois avec deuxième paire et il avait deux As." L'aventure s'est terminée ensuite sur un coup avec As-Valet contre les Dames en bataille de blindes. Il regrettait également un beau read qu'il avait et qu'il n'a pas osé suivre, quand il a frappé une top paire river et qu'un joueur a décidé d'overbet à tapis. "Je pense que j'ai pas osé mettre les couilles sur la table parce que c'était un tournoi WSOP", regrettait-il.

Si le vlog ne parle pas que de poker, et qu'on verra également les spectacles, les passages au Bowling du Orleans, les à-côtés, c'est surtout l'immersion avec des joueurs en plein kiff qui l'intéresse, essayer de faire en sorte que les gens s'identifient. "J'essaye de montrer ce que c'est que d'être un joueur, se retrouver aux WSOP, c'était le truc qui me faisait rêver en tant que joueur, la destination finale, plus que l'EPT ou les Triton. Quand j'arrive ici, l'émotion est folle, j'ai réussi à discuter 1 minute avec Daniel Negreanu, c'est hors-normes pour moi. Quand je fais le Colosssus, il y a la musique quand tu rentres dans la salle, je tremblais alors que j'ai joué des tournois à 500 balles plus chers que ça, mais c'est fou, il y a un rassemblement de joueurs, tout le monde est content d'être là, tu fais partie de quelque chose de magique. C'est l'émotion la plus forte que j'ai ressenti en jouant un tournoi, là juste le fait de m'asseoir sur ce Colossus."

JPL

JPL, bientôt le héros d'un documentaire ?

La suite, c'est surtout de continuer à profiter du moment, avec en ligne de mire le Tag Team qu'ils vont partager à deux, un moment qu'ils attendent avec impatience, et surtout, Baptiste a un plan qui pourrait donner lieu à un beau contenu dans les prochaines semaines. Son pote JPL a décidé de se chauffer pour jouer le Main Event, le rêve d'une vie, et Baptiste ne raterait ce moment pour rien au monde. Il ne sait pas encore s'il en fera des épisodes de vlog ou un véritable documentaire, mais en fonction de la matière qu'il aura, on imagine que ça pourra faire un contenu très cool comme on a pu voir par exemple l'an dernier avec la perf de Shishi sur le Main Event.

A sa grande surprise, les premiers vlogs ont vraiment bien fonctionné et il a reçu beaucoup de soutien pour continuer à documenter son aventure, histoire de faire vibrer les potes à distance. "Nos potes du Paname Poker Club nous encouragent, nous envoient des messages sur Discord, ils s'identifient, et pour certains ça leur donne grave envie. Le but, c'est qu'ils aient l'impression de vivre Vegas avec nous. Et qui sait, peut-être que l'an prochain, tous ceux qui étaient frustrés de ne pas venir viendront et on se retrouvera dans une ville à 6 ou 7 pour jouer quelques tournois et profiter."

Sans oublier les joueurs, Baptiste s'adresse d'abord au grand public à travers ses vidéos, et ne se cache pas de vouloir vulgariser un peu les notions trop floues pour un noobie. "En fait, je veux que ma copine qui ne joue pas au poker puisse comprendre. Si elle comprend, ça veut dire que c'est réussi. Elle a vu la vidéo sur Michel Leibgorin et elle m'a dit qu'elle était émue, et qu'elle trouvait ça cool. Si elle est émue, ça veut dire que c'est gagné. En fait, pour moi, l'important, c'est de montrer l'émotion qui est dans le poker, si tu es touché, c'est que peut-être tu auras envie de venir jouer. Moi, c'est comme ça que le poker m'a eu à la base."

WSOP 2024 : tous nos articles

Yoshi avait pris l'étoile

- 27 juin 2024 - Par Tapis_Volant

Pour son premier tournoi live, Jose Carlos Abreu dit "Yoshi" termine 61ᵉ pour 5 253 $
Le streameur/casteur de
Fortnite ne s'arrêtera pas là niveau poker
Event #62 : PokerNews Deepstack Championship 600 $ (Day 2)

Yoshi 2

La belle histoire de la journée – ou l'une des belles histoires de la journée – c'est de retrouver Jose Carlos Abreu à 75 joueurs left du 600 $ PokerNews Deepstack Championship, un tournoi qui a réuni la bagatelle de 5 110 joueurs. Mais alors, ce nom ne vous dit rien ? Et pourtant, si vous suivez Vegas depuis le début des Series, vous avez sans doute vu quelques-unes de ses storys, puisqu'on le connaît mieux sous le pseudo Yoshi, un alias qu'il porte depuis sa plus tendre enfance, quand son frère l'a nommé comme ça parce qu'il choisissait toujours ce personnage à Super Mario.

Membre éminent de la communauté Fortnite, où il castait de grosses compétitions et streamait aussi ses parties sur Twitch, il se passionne depuis quelques années pour le Poker, une passion en pleine mutation depuis Monte-Carlo, où tout a changé pour lui. Et le responsable n'est autre que Jonathan Pastore

"Ce qui est marrant, me raconte Yoshi, c'est que Jonathan était un fan de mes streams. Un jour, il m'a vu streamer du poker et m'a envoyé un message sur mon Discord, en me disant qu'il pouvait me donner quelques conseils si j'en avais envie. Je ne le connaissais pas, donc j'ai cru que c'était un peu un random. Puis j'ai commencé à m'intéresser beaucoup plus au jeu, et je suis tombé sur ses deep runs, sur le Main Event des WSOP-E et sur son bracelet WSOP gagné à Vegas. Un mois plus tard, il m'a recontacté et j'ai mis du temps à comprendre que c'était le mec que j'avais vu deep run, c'était pas du tout un random, il avait même gagné un bracelet. Je lui ai répondu et on est rapidement devenu amis, un feeling incroyable, on était presque tout le temps ensemble."

Mais alors, qu'est-ce qui conduit ce streameur et passionné de poker à jouer ce tournoi à 600 $ ? "C'est tout simplement mon premier tournoi live. J'avais joué un freeroll à Tours il y a quelques mois, mais c'est le premier payant. C'est un cadeau d'anniversaire que m'a fait Jonathan, il a payé le buy-in et on fait 50/50 sur les gains."

Pour l'instant, le moins que l'on puisse dire, c'est que Yoshi vit un "run de fou" selon ses propres termes sur ce tournoi qui garantit un billet de 282 876 $ à la première place. "Mon seul objectif, c'était de faire ma première ligne Hendon Mob. L'histoire est belle, je me suis même retrouvé à 2,6 millions de jetons après un gros hero call (dans le top 15 du classement à 85 left). Un coup où j'ai une paire de 9 et où un joueur me met à tapis sur un flop hauteur Valet avec deux piques. Je l'avais beaucoup observé et d'habitude, quand il avait du jeu, il regardait le board ou devant lui. Là, il me fixait dans les yeux. Je me suis basé sur ce tell et sur mon instinct pour payer et il avait tirage couleur."

Yoshi

S'il est en train de vivre un run exceptionnel pour son premier tournoi live, Yoshi n'en oublie pas les raisons de sa présence ici. À savoir continuer à suivre Jonathan – et les joueurs français en général –, pour alimenter un projet de documentaire initié avec le deep run de Pastore sur l'EPT Monte-Carlo (où il a filmé de la première à la dernière main), et pour s'occuper des réseaux de Jonathan (et de la joueuse américaine Rania Nasreddine, finaliste également à Monte-Carlo). Ils font aussi ensemble un récap' des bleus, en revenant sur les performances des Français sur les WSOP et dans les autres casinos de Vegas.

"J'ai pas mal de followers (114k sur Instagram) mais c'est fou comme mon nombre d'impressions est plus élevé depuis que je fais des storys à Vegas. Je suis passé de 100 000 impressions/semaine à 500 000. Ce qui me ravit, c'est qu'il y a beaucoup de joueurs de ma communauté Fortnite qui ont l'air de s'intéresser au poker maintenant. Et si je peux ramener du monde vers ce jeu que j'adore, c'est vraiment trop bien. Évidemment, vu mon run sur ce tournoi et le kiff' que je prends depuis deux jours, je ne peux que conseiller aux gens de venir jouer un tournoi à Vegas, c'est vraiment incroyable." Son plan est clair dans sa tête : progresser pour se mettre plus à fond sur le poker et pourquoi pas se professionnaliser dans le domaine.

Au contact des joueurs, il a beaucoup appris, et c'est sans doute ce qui a pu lui permettre aujourd'hui de performer sur son premier tournoi.

Yoshi_Pastore

Yoshi et Jonathan Pastore pendant l'EPT Monte-Carlo

Contacté à son sujet, Jonathan Pastore nous confiait qu'il savait "à peine convertir son stack en blindes" avant le début du tournoi, mais qu'il "connaît les bases. Il n'a jamais ouvert un solver, jamais fait de review, mais il est curieux, il apprend beaucoup, il a un bon instinct, un bon feeling, il comprend pas mal de choses naturellement, il a assisté à quelques cours sur les tells, il arrive même maintenant à prendre des décisions par rapport à ça, il suit son instinct et ça fonctionne."

S'il parvient à se frayer chemin vers le Day 3, Jonathan Pastore devrait être plus impliqué et lui prodiguer encore plus de conseils. "Je ne voulais pas l'embêter à lui donner des conseils techniques, parce que ça peut être un peu destructeur, et aujourd'hui, je n'étais pas trop disponible à cause de mon deep run (il était très deep sur le 3K en début d'après-midi et a bust sur une horreur KK < A5o), mais demain, s'il a besoin, je serai là pour le soutenir s'il bag."

Après avoir atteint son pic à 2,6 millions, Yoshi a connu des moments plus compliqués. "Je crois qu'ils ne me respectent plus trop. Ils me 3-bet à chaque fois que j'open. Et je n'ai rien pour me défendre. Mais à un moment, j'aurai." Retombé à 1,5 million, soit une vingtaine de blindes, Yoshi avait encore l'air confiant, malgré une image quelque peu écornée depuis deux heures. Mais il a fini par rendre les armes en 61ᵉ position pour un gain de 5 253 $, la faute à un resteal malheureux de SB avec AJ et 15 blindes contre un open d'une mamie UTG qui venait d'arriver à table. Yoshi tombe très mal puisque la grosse blinde se réveille avec les Dames et que la relanceuse initiale paye avec As-Roi, un board avec deux Rois plus tard et c'en était fini de ses espoirs de Day 3 sur ce 600 $ Deepstack. Il s'en voulait de ce move, mais après avoir été card dead pendant plus d'une heure trente, difficile de résister à la tentation de pousser son tapis ici.

Lavis

Sur ce tournoi, côté français, à signaler également un Lorenzo Lavis flamboyant avec 3,4 millions devant lui, dans le top 15 du tournoi à la reprise demain à 60 joueurs restants. Celui dont on n'oubliera jamais qu'il ne s'est pas réveillé pour le Jour 5 du Main Event des WSOP en 2016 dispute des tournois à petit buy-in sur ce Vegas 2024 et s'est pour l'instant illustré en dealant un 400 $ au Resorts World pour un peu moins de 5 000 $. Et si c'était sur ce 600 $ qu'il allait nous chercher le deuxième bracelet de l'été ? Réponse demain sur le Day 3 dès 11 heures.

WSOP 2024 : tous nos articles

Gün dégaine

- 26 juin 2024 - Par Fausto

Après des années de “grindouille”, Fabien Gün s’est décidé à tenter l’aventure professionnelle juste après ses 30 ans. En plein deep-run sur le 3 000 $, le Franco-Suisse raconte son désir de s’offrir sa liberté, mais surtout, de n’avoir aucun regret.
Event #60 : No-Limit Hold'em 3 000 $ (Day 2)

Fabien Gun

« Tout est parti d’une discussion avec mon patron, raconte Fabien Gün, entre deux folds directement depuis son deep-run sur le 3 000 $. Je bosse en finances-comptabilité et mon chef me propose une nouvelle formation, avec l’idée de me faire évoluer. C’est en parlant avec lui que j’ai compris que ce n’était pas du tout mon projet ». Plutôt que de persévérer dans un milieu qui ne lui plaisait qu’à moitié, Fabien a décidé, à 30 ans, de s’adonner pleinement à sa passion et de tenter l’aventure de joueur professionnel.

« Ces dernières années, je regardais des gars comme Julien Sitbon, ou Jonathan Pastore. Des joueurs qui sont parfois là depuis longtemps, mais qui ont connu des ascensions incroyables. En les voyant, je me suis dit “Je ne sais pas ce que je fais à ne pas essayer”. J’avais l’impression de ne pas m’être donné une chance et que j’aurais des regrets si je ne le faisais pas. Je pense que ces gens-là se sont donnés les moyens d’y arriver ».

Gün sonde ses envies, concerte ses proches, s’accorde un budget et un temps pour mener à bien son projet : cinq ans pour faire quelque chose dans le jeu. Et ce, avec l’aval de sa femme et même de son patron. « Je grindais depuis presque huit ans et sur les cinq dernières années, ma copine me poussait pour que j’aille encore plus loin dans le poker. Quant à mon patron, il savait que j’aimais bien le jeu. Le poker est quelque chose de relativement répandu dans le milieu de la finance, et il m’a plutôt soutenu ».

Fabien Gun

Avec son boss, Fabien s’arrange pour trouver une nouvelle forme de contrat. Un temps partiel de trois jours par semaine pour que les quatre jours restants soient dédiés à la grind. « La vie en Suisse est assez chère. Jusque-là, je ne me suis privé de rien, mais c’est surtout grâce au salaire que j’avais. Ce compromis m’assure un revenu, ça me permet de payer les charges, mais maintenant, je dois être très sérieux sur la BRM. Et surtout, ça me permet de travailler le jeu, alors que lorsque tu as un travail à côté, tu n’as jamais le temps de faire ça. »

Installé en Suisse depuis l’enfance, Fabien a progressivement monté sa roll, en testant à peu près tous les formats de jeux possibles. « Je n’ai jamais vraiment fait d’énormes perfs en MTT. J’ai eu pas mal de petits gains réguliers, et j’ai pris une fois 27k, mais je considère que c’est assez peu par rapport à tout ce que je joue. J’ai surtout pas mal joué en cash-game, sur des applications » explique le grinder, désormais installé sur de belles limites online.

Le joueur interrompt la discussion quelques secondes pour jouer une main. Un joueur a open-shove 15 BB UTG et visiblement, Fabien a trouvé deux cartes pour lui aussi mettre son tournoi en jeu. Gün avance ses douze blindes au milieu et retourne… AK, en très bonne posture face au A4 adverse. Attention au flop… 426. Turn brique, Fabien se lève en voyant la river… K ! Double-up, le Français se relance dans ce tournoi, à 250 left sur un field de 1 775 joueurs.

« J’ai cru que c’était la fin, reprend le joueur tout sourire, avant de poursuivre la discussion. Mes parents ont déménagé en Suisse quand j’avais onze ans, dans le canton de Berne. C’est assez proche de la Suisse allemande. Je connais d’ailleurs un certain nombre de grinders germanophones, notamment la bande à Dinesh (Alt), avec Samiyel (Duzgun), son frère… La Suisse, c’est petit, tout le monde se connaît, surtout dans le milieu du poker. En vérité, peu de joueurs professionnels sont restés en Suisse, la vie y est tellement chère ».

Le projet de Fabien n’est pas seulement de faire de sa passion un boulot. Comme beaucoup de joueurs de poker, il est attiré par la liberté et l’indépendance que permet la vie de joueur. « Je suis prêt à m’investir pendant cinq ans, mais je sais l’intensité que ça demande. L’idée n’est pas de jouer “H-24” le reste de ma vie. Je veux investir du temps dans quelque chose que j’aime, mais après, je veux être libre de faire d’autre chose. Le but final, c’est de pouvoir profiter de la vie ». Pour l’instant, Fabien n’en est qu’au premier mois de sa transition et trouve déjà un premier shot, à 200 left de cet énorme 3000 $ WSOP, avec 676 900 $ à la gagne. Serait-ce donc le prix de la liberté ?

Julien Sitbon

L'homme qui a inspiré Fabien Gün se situe à quelques mètres de lui. Julien Sitbon est également en mode “deep-run” sur ce 3 000 $, et même sur le tournoi online du jour. "J'ai fait deux bulles hier, sur le Milly et le Online. Cette fois, je me suis levé cinq minutes au moment de la bulle pour être sûr de passer", plaisante Julien, qui possède une quinzaine de blindes à l'aube des deux derniers niveaux du jour.

Julian Milliard

Un visage qu'on retrouve souvent avec un énorme stack, à quelques encablures des Final Day de gros tournois américains. Une fois n'est pas coutume, Julian Milliard a monté une tonne sur ce 3 000 $. En souhaitant au Franco-Américain de dépasser sa meilleure perf' à ce jour, 456 000 $, obtenus en terminant cinquième d'un 10 000 $ du Wynn en 2021.  

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