Winamax

L'histoire était en marche

- 16 juillet 2024 - Par Rootsah

Toujours deux sans trois : en terminant runner-up du 6-max à 10 000 $ suite à deux gros coups du sort, Alexandre Réard manque de devenir le premier Français à remporter trois bracelets WSOP à Las Vegas, mais aussi un incroyable back-to-back sur un tournoi qu'il avait déjà gagné l'an passé
Après la troisième breloque tricolore de l'été glanée par Clément Richez quelques heures auparavant, le poker hexagonal aurait aussi pu vivre une journée historique...
S'il loupe le trophée, l'Avignonnais encaisse néanmoins un beau lot de consolation : 610 013 $
Le pro Winamax 
Adrián Mateos poursuit lui son bel été avec une jolie (mais tout aussi malchanceuse) 5ᵉ place.
Event #94 : NLHE Championship 6-Handed 10 000 $

Reard
Nos titres était déjà prêts. Sans aller jusqu'à commencer à écrire nos articles (on connait le pouvoir du jinx à la rédac'), on se voyait déjà raconter dans ces colonnes le troisième sacre d'Alexandre Réard aux World Series of Poker. On y a cru, mais pourtant : le Français termine runner-up du Championship 6-Handed, le second tournoi le plus cher des Series dans ce format chéri des grinders français. Car Alex est finalement tombé sur un run plus fort que lui lors du heads-up, celui de Michael Rocco. En deux coups de cuillère à pot, l'Américain, qui avait abordé le duel avec trois fois moins de jetons que le Français, a renversé la situation, dans un scénario catastrophe pour le pro Unibet : un 20/80 gagné avec deux 7 contre deux 8 à tapis préflop alors qu'il était couvert, d'abord. Puis, moins d'un quart d'heure après, une confrontation deux paires contre deux paires à l'avantage du Français, qui se transforme en full pour Rocco à la river, alors que tous les jetons étaient partis au milieu au turn. Michael lui-même semblait ne pas en revenir... Et nous non plus, à vrai dire. Car après la consécration en 2021, et la confirmation de 2023, on attendait qu'Alex parachève sa démonstration entamée à l'amorce du dernier acte. Et pour cause : les raisons d'espérer un tel dénouement étaient nombreuses, rationnelles ou non...

Reard2Le déroulement de la fin du tournoi, tout d'abord. On a vérifié sur le reportage des WSOP : avant ce heads-up face à Michael Rocco, le Français avait éliminé pas moins de six adversaires sur les neuf derniers joueurs en course, en commençant par un énorme strike à la bulle de la table finale : avec deux Rois, l'ex-reg de l'ACF sort ainsi sur la même main Brad Albrinck (9ᵉ) et Connor Rash (8ᵉ) dans un pot joué à fond préflop. De quoi démarrer la TF à sept dans la peau d'un énorme chip-leader, avec plus de 10 millions de jetons en sa possession, quand tous ses adversaires sont alors comptés entre quatre millions et deux millions. Un chiplead qu'il laisse brièvement à Adrián Mateos (on y reviendra ci-dessous), avant de reprendre sa marche en avant en éventant un bluff de l'Espagnol, puis en éliminant Fahredin Mustafov (7ᵉ) sur un coinflip à suspense, en terminant "Amadi" sur un 30/70 chanceux (5ᵉ), en achevant le shortstack Aram Zobian (4ᵉ) puis en passant un service gagnant à Aleks Dimitrov, troisième, dans une confrontation deux paires contre deux paires inférieures. Jusqu'à ce fameux duel, donc...

Outre cette position favorable cartes en mains, Alex jouait également pour l'histoire : tenant du titre sur ce "10k 6-max", après son bracelet gagné l'an passé contre Stephen Chidwick, le grinder établi au Pays de Galles avait l'occasion de réussir un incroyable et probablement inédit back-to-back sur ce tournoi. Et surtout, Alex avait l'occasion d'entrer dans l'histoire du poker français, en devenant le second tricolore à gagner trois bracelets WSOP après Julien Martini (qui en possède quatre aujourd'hui), mais surtout le premier à en gagner trois à Las Vegas.

D'ailleurs, il y avait aussi cet enjeu de performance globale pour l'ensemble du poker tricolore, là aussi inédit : apporter à la France un deuxième bracelet dans la même journée, Clément Richez ayant été sacré quelques heures plus tôt sur le Mid-Stakes Championship. Imaginez un peu l'euphorie en cas de victoire, dans un rail déjà chauffé à blanc...

Enfin, il y avait là une occasion de terminer en beauté une campagne vegassienne en demi-teinte pour Alex, du moins à l'échelle d'un joueur comme lui : neuf places payées sur les épreuves live depuis début juin certes (dont huit ITM WSOP), mais aucune finale ou même demi-finale à se mettre sous la dent. Et malgré les 131 725 $ accumulés, pas sûr que la somme soit suffisante pour boucler un Vegas vraiment gagnant, concernant un joueur ayant disputé plusieurs tournois à cinq chiffres. En tout cas, de ce point de vue, l'affaire est désormais entendue : avec les 610 013 $ récoltés pour cette seconde place sur ce 10k 6-Max, et alors que les WSOP touchent à leur fin, Alex rentrera en Grande-Bretagne avec une bankroll bien mieux garnie qu'à l'arrivée, et dieu sait que ce n'est pas le cas de tous ses congénères à Las Vegas.

Adri
Mais Alex n'était pas la seule star de cette finale, en tout cas pour les membres de la famille Winamax : le second au chipcount au départ du dernier acte (à égalité avec Egor Procop) n'était autre qu'un certain Adrián Mateos. Une nouvelle preuve de sa régularité sans faille, lui qui jouait rien de moins que sa troisième TF de l'été à Sin City, la première datant d'il y a déjà un mois sur le Super Highroller à 250 000 $, sans oublier un beau deeprun sur le Main Event dont il était second en jetons à la fin du Day 4. Mais la "Máquina" n'a pas gagné son surnom par hasard, sa soif de titres n'étant décidément jamais étanchée. Et autant dire que le Madrilène a évidemment été un adversaire redoutable pour Alex, les deux joueurs s'écharpant à de nombreuses reprises dans le dernier acte.

Comme on l'a expliqué, Adri était même rapidement passé en tête, à la faveur d'un très beau hero call contre le Français, qu'on ne peut s'empêcher de vous raconter ici. Relance UTG de l'Espagnol à 200 000, payé par Alex au siège suivant. Le flop vient QJ8, et Amadi décide de ne pas c-bet, Alex choisissant d'aller voir un turn 6 gratuitement, sur lequel Adri check encore. Mais c'est pour mieux check/raise à 1 150 000 la mise à 350 000 du Tricolore... qui décide de suivre. La river est un 9, qui entraine une mise de seulement 400 000 chez Mateos. Intéressant, non ? Attendez la suite : après réflexion, Alex, qui couvre alors l'Espagnol, envoie son tapis, demandant les 3,2 millions restants d'Amadi !

Adri Reard
C'est le moment de vous révéler la main de ce dernier : K10 pour une quinte. Alors, on fait quoi ici, sur ce board où une couleur est possible ? Au bout de presque quatre minutes, Adrián, qui se tenait la tête dans les mains, fait son choix : ce sera un call. C'est la bonne décision, comme souvent : Alex avait transformé en bluff son AQ

Par la suite, Adrián ratera cependant un bluff contre le Français, et au bout du compte, c'est bien Alex qui aura raison d'Adri, avec un peu de réussite tout de même, en gagnant avec As-9 contre deux 9 à tapis préflop. Adrián Mateos termine finalement cinquième de ce tournoi pour 198 261 $. GG, encore une fois...

Calamusa
Et on n'oublie pas Pierre Calamusa : débarqué tardivement à Vegas, LeVietF0u prend la 17ᵉ place de ce Championship, pour 47 493 $. Vous retrouverez rapidement les réactions des différents protagonistes dans ce reportage. En attendant, il reste encore une poignée de tournois à jouer dans ces WSOP 2024 : on nous parle notamment d'un David Benyamine bien placé à dix joueurs restants dans le 25 000 $ HORSE... Et si ce heads-up perdu n'était finalement que partie remise ?

Event #94 - NLHE Championship 6-Handed 10 000 $
418 entrées (Freezeout) - Prizepool 3 887 400 $

# Joueur Gains
Vainqueur Michael Rocco (USA) 942 922 $
Runner-up Alexandre Réard (France) 610 013 $
3e Aleks Dimitrov (Bulgarie) 410 657 $
4e Aram Zobian (USA) 282 302 $
5e Adrián Mateos (Espagne, Team Winamax) 198 261 $
6e Egor Procop (Moldavie) 142 316 $
7e Fahredin Mustafov (Bulgarie) 104 465 $

Crédits photo :
Rachel Kay Winter / PokerNews
Paco de DLTDP (merci Paco !)

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Richez au Panthéon

- 16 juillet 2024 - Par Flegmatic

Clément Richez entre dans l'histoire du poker français en remportant l'énorme Mid-Stakes Championship pour plus d'un million de dollars
Une consécration teintée d'émotions pour l'un des tout meilleurs joueurs tricolores du moment

Event #89 : Mid-Stakes Championship 3 000 $ (Day 4 et Finale)

Clément Richez Winner Photo Groupe

Il ne s'y attendait pas. Nous, un peu plus. D'abord parce que depuis 2022, nos Frenchies ont pris la fâcheuse habitude de faire trembler les murs du Horseshoe pile lors du jour de pause précédant la finale du Main Event. Ensuite parce que cela fait des années que Clément Richez fait partie des meilleurs joueurs français, si ce n'est de la planète. Avec sa Team Aim the Million, cofondée avec Benjamin Chalot, il est même devenu un personnage incontournable du panorama pokeristique francophone, contribuant à l'éclosion d'une myriade de grinders ultra-talentueux, le dernier en date n'étant autre que Malo Latinois, qui s'apprête ce mardi à prendre place autour de la table finale du Main Event. Comme tant d'autres tricolores encore présents sur place, le Breton a donc passé sa journée dans le rail de l'Event Center du Horseshoe, à encourager son mentor pour ce qui était sa première table finale WSOP, sur le colossal Mid-Stakes Championship à 3 000 $.

Car si Clément Richez fait, comme on l'a dit, partie de l'élite de notre pays deux cartes en main, il réserve habituellement son talent aux tables de cash game, et plutôt online que live. Expatrié depuis peu sur la côte mexicaine, après avoir longtemps sévi depuis Budapest, "Bibibiatch" se rend en quelque sorte en vacances à Vegas chaque été, s'offrant une petite cure de live histoire de casser sa routine et voir quelles émotions les tables en dur peuvent lui procurer. Il en avait déjà eu un bel échantillon l'an passé, terminant 50ᵉ et meilleur Bleu du Main Event, au terme de sept jours d'une partition quasi parfaite, éclaboussant la table télévisée de son style unique, aussi bien par son look que son jeu agressif et ses lectures laser.

Clément Richez

De retour dans la Ville du Vice un an plus tard, c'est peu dire que les sensations n'étaient pas les mêmes. Après plus d'un mois sur place, les places payées se comptaient sur les doigts d'une main et les déceptions s'enchaînaient, documentées sans fard en vidéo sur la chaîne YouTube d'ATM. Dans le monde du poker de tournoi, la réalité d'un jour n'est jamais celle du lendemain (sauf peut-être lorsque l'on s'appelle Adrián Mateos). Et puis, après avoir vibré avec nos Français sur le Day 8 du Big One, nous sommes tout de même allés jeter un œil sur les autres épreuves en cours. C'est alors que "l'alerte bracelet" s'est déclenchée : sur l'Event #89, ce Mid-Stakes Championship à 3 000 $ au field gargantuesque de presque 3 200 entrants et promettant plus d'un million à la gagne, Clément Richez apparaissait en quatrième position au chipcount à l'attaque des demi-finales.

Face à lui, un parterre de joueurs aussi redoutables qu'expérimentés, comme le chipleader américain Taylor Black, plus de 4 millions de dollars de gains au compteur, dont deux wins à sept chiffres, le Britannique Adam Owen, régulier des WSOP comme du circuit européen, le 11ᵉ du Main Event de l'an dernier Alec Torelli ou encore le taulier russe Andrey Pateychuk. Pas de quoi effrayer Clément, qui ne quitte jamais la tête de course de tout le Day 4, s'asseyant autour de la table finale avec le deuxième plus gros tapis. Un double up avec deux Dames contre le Roi-Valet de Torelli lui permet de se replacer à quatre joueurs restants, avant de se charger de l'élimination du Chinois Dong Chen pour prendre la tête. Si l'élimination de Torelli par Owen place le Français dans le peau de l'underdog pour le heads-up, avec un déficit d'un jeton contre deux, Richez renverse la balance en un rien de temps, avant de finir le travail moins d'une heure plus tard. Le voici désormais Champion WSOP, plus riche de 1 041 989 $, mais surtout d'un bracelet et de sensations qu'il n'avait jamais connues à une table de poker.

Clément Richez Copine

"Je tremble de partout, a-t-il avoué à nos confrères de PokerNews après sa victoire. Je ne pensais ressentir autant d'émotions. J'étais à deux doigts de pleurer pendant la séance photo et je vais sûrement finir par pleurer après ça. J'ai besoin de relâcher la pression." Une pression qu'il n'a pourtant pas ressentie tant que ça à table, davantage concentré sur son jeu que les enjeux. "Je n'ai pas regardé combien il y avait à la gagne. Je jouais une main après l'autre, en essayant de faire de mon mieux." Ce n'est qu'une fois la dernière carte distribuée que Clément a fini par se rendre compte de ce qu'il venait d'accomplir. "C'était ma première finale WSOP, et elle s'est déroulée comme dans un rêve. Voire encore mieux que ça. Mes adversaires se faisaient sortir les uns après les autres et, d'un coup, j'étais en tête ! C'est incroyable, tout joueur de poker rêve de gagner un bracelet. Ce n'était pas forcément un objectif pour moi, mais après avoir gagné, j'ai pris conscience que si, c'en était un." Pour un éternel joueur de cash game, n'est-ce pas la déclaration d'amour ultime aux World Series, et à ce qu'elles représentent aujourd'hui dans l'imaginaire pokeristique ?

En parlant d'amour, cette finale et cette victoire étaient d'autant plus chargées émotionnellement pour Clément qu'il a pu compter sur le soutien, dans son rail, de celle qui est récemment devenue sa femme, arrivée à Vegas juste à temps pour partager ce moment avec lui. On fait confiance à nos reporters sur place pour retrouver Clément avant la fin de ces WSOP et recueillir ses impressions à froid. En attendant, l'heure est aux célébrations, en conclusion d'une journée qui a bien failli être marquée par un deuxième bracelet tricolore (on vous en parle très vite). Bravo Clément !

WSOP 2024 - Event #89 Mid-Stakes Championship 3 000 $
3 177 entrées (re-entries inclus) - Prizepool 8 482 590 $

# Joueur Gains
Vainqueur Clément Richez (France) 1 041 989 $
Runner-up Adam Owen (UK) 694 714 $
3e Alec Torelli (USA) 517 525 $
4e Dong Chen (Chine) 388 519 $
5e David Uvaydov (USA) 293 950 $
6e Taylor Black (USA) 224 152 $
7e Andrey Pateychuk (Russie) 172 285 $
8e Boris Kuzmanovic (Croatie) 133 479 $
9e David Brehme (UK) 104 248 $

Crédits photo (sauf celles de Clément Richez seul) : Regina Cortina / PokerNews

WSOP 2024 : tous nos articles

Les deux font la perf'

- 3 juillet 2024 - Par Fausto

Associés sur un coup de tête, les colocs Rémi Castaignon et Gaëtan Balleur se retrouvent au Day 3 du Tag Team, à 22 left d’un bracelet et de 190 patates.
Event #75 : Tag Team (Fin de Day 2)

Balleur Castaignon

Le double est une tradition française. On a eu les Santoro - Clément, les Llodra - Benneteau, Mahut - Herbert... Il y a désormais la paire Castaignon - Balleur. Colocs de villa depuis plus de dix Vegas, les deux hommes ont décidé d’associer leur force et leurs jetons le temps d'un Tag Team, qui les porte jusqu'à un Day 3 WSOP.

« C’est notre premier Tag Team à tous les deux. On s’est chauffé comme ça, explique très simplement Gaëtan, qui a lancé l’équipe sur de bon rail dès le Day 1. On a reg ensemble mais Rémi voulait aussi jouer le Mixed Big-Bet. Il n’a dû jouer qu’une petite heure. J’ai longtemps été short, mais ça s’est bien passé, on a fini à 140 000 jetons (sur 20 000 de départ) ».

Sur ce Day 2, le cash-gamer de Saint-Martin a pu davantage compter sur son alter-ego. Les deux hommes ont tout de suite convenu d’une stratégie très équilibrée : un niveau chacun, soit des changements toutes les heures de jeu. « C’est étonnant comme expérience. T’as l’impression que tu ne joues pas. Le tournoi avance et toi tu regardes », commente Rémi.

Beer Level

À table, le temps fuse. Dans le rail, il se dilate, invitant les observateurs à la conversation. En table aussi d’ailleurs, le volume sonore est bien plus élevé que sur un tournoi moyen. Au moment où j’arrive, ils ne sont que 22 left et j’ai l’impression de parcourir une cour de récréation. Le “beer-level” a commencé depuis plusieurs heures, certains sont déjà passés au vin et les joueurs rient aux éclats sur toutes les tables. Une ambiance agréable pour aller chercher 190 patates.

Balleur Castaignon

La festivité n’empêche pas la compétition. « L’ambiance détendue, amicale, c’est surtout au début. Maintenant, c’est la guerre », corrige Gaëtan, qu’on avait vu réaliser un sacré deep run sur le 600 $ Deepstack de l’édition dernière. Entre deux gorgées de bières, les joueurs se livrent effectivement une bataille sans merci. Rémi met beaucoup de tension dans chaque affrontement et sort victorieux de la plupart des derniers coups, au point de passer de 500 000 à 875 000 jetons sur les deux dernières orbites.

Castaignon

« On a passé quasi tout le tournoi autour des vingt blindes. On a juste trouvé ce spot où ça open early, 3-bet bouton, et on se réveille avec deux As en grosse blinde. Re-shove, payé par deux Valets et on monte alors près des cinquante blindes » raconte Gaëtan, tandis que Rémi arrache un petit dernier pot pour conclure cette belle journée. Elle est quand même incroyable cette structure, reprend le joueur, se rendant compte de la moyenne de 40 BB à l’aube d’un Day 3 de 22 joueurs. Il ne reste pas grand monde, à part ce Brésilien qui a 1,7 million de gains, et la paire Wheeler - Nardi ».

Wheeler

Ce tournoi fun entre copains est définitivement en train de devenir un réel spot de perf’, et même de bracelet. « Maintenant, on va faire l’analyse tactique. Gaëtan a dû me préparer un Powerpoint » blague Rémi, qui hésite plutôt entre faire un tour sur Freemont Street et boire des bières à la maison. Modérément bien sûr. Aussi étrange que soit cette occasion, Gaëtan et Rémi joueront demain pour devenir champions du monde de poker, entre copains.

Double J

Les chipleaders de la journée, eux, semblent avoir déjà eu leur dose de houblons. « On est Joan et Javier, les double J. Notre stratégie est simple : moi, je gagne les flips, et lui, il vole les blindes. Nos remplacements ? Complètement random. C'est surtout quand il y en a un qui n'en peut plus ou que l'autre a envie de fumer. » Pour l'instant, ça a l'air de fonctionner.

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Pas de braquage, pas de chocolat

- 3 juillet 2024 - Par Fausto

Arrivé en nombre et armé aux portes de l’ITM, le Team Winamax se contente finalement d’un tir groupé dans les places payées.
Les honneurs tout de même pour la résistance de Julien Sitbon, la bulle TF d'Adrián Mateos, et bien sûr pour Bruno Lopes, qui avait la main chaude.

Event #76 : Mystery Bounty 10 000 $ (Day 2)

Mateos

Six Team Winamax dans l’argent du 10 000 $ Mystery Bounty, l’un des plus beaux tournois des WSOP à cette gamme de buy-in. Une densité qui laissait présager de belles perfs, il n’en sera rien.

Le commando perd rapidement ses deux shortstacks Leo Margets et Bruno Lopes. Une déception toute relative pour le rappeur, qui a assuré l’ITM, mais surtout eu la bonne idée de piocher la prime à 100 000 $ juste avant sa sortie. 100k, le tarif Kool Shen sur ces WSOP, que l’artiste encaisse tous les trois jours.

Bien placés au moment d’entrer dans l’argent, João Vieira et Romain Lewis tombent finalement dans le gras du field, 104ᵉ et 57ᵉ position, sans avoir eu le temps de manger des bounties.

Sitbon

Étonnamment, ce sont les deux joueurs les moins bien placés au départ de la journée qui prolongent le plaisir le plus longtemps. Julien Sitbon nous gratifie d’un superbe numéro de shortstack pour pousser l’aventure jusqu’en demi-finale. « C’est mon anniversaire, je ne peux pas buster aujourd’hui » répétait inlassablement le Français, comme un mantra protecteur, qui lui permettait de gratter les paliers.

Mateos

La belle résistance de Julien s’arrête finalement en 14ᵉ position, avec un chèque de 50 186 $, hors prime. Ça reste un bel anniversaire. Une petite demi-heure plus tard, Adrián Mateos quitte lui aussi ce tournoi à une frustrante 11ᵉ place, sur un setup imparable, deux Dames contre les deux Rois de Tauan Naves.

Mateos Bust

« J’ai eu un bon milieu de journée qui m’avait permis de revenir dans la course. Il n’y avait rien à faire sur la fin, je crois que j’ai bien joué dans ce tournoi, je n’ai pas vraiment eu de spot compliqué, résume le Madrilène, qui regarde déjà vers les prochains tournois. Je ne sais pas encore quelle journée je vais choisir sur le Main Event, puisqu’il y a un beau 25 000 $ qui commence au Wynn demain ».

On te fait confiance pour le Wynn Adri. Nous, à partir de maintenant, on se met en mode “Main Event”.

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Braquage en cours par commando W

- 3 juillet 2024 - Par Fausto

Un bataillon de six Team Pro lourdement armés avance pour braquer le coffre aux Bounties.
À peine commencé l’assaut, le sniper Bruno Lopes tire en plein dans le mille et ramasse la prime à 100 barres.

Event #76 : Mystery Bounty 10 000 $ (Day 2)

Bounty

João, Adri, Leo, Romain, Julien, Bruno. Voilà les six assaillants prêts à faire sauter la banque sur le Mystery Bounty à 10 000 $. Des braqueurs affutés, expérimentés, qui ne comptent plus leurs casses aux quatre coins du globe. Celui pour lequel ils ont été contractés aujourd’hui vaut pour 1 million de dollars, et un beau paquet de primes.

Le commando possède carte blanche. Tout ennemi se dressant devant eux doit être éliminé. Et le scalp sera payé cash. “Matador” depuis sa tendre enfance, Adrián Mateos est l’un des premiers à faire couler le sang, tirant une première enveloppe à 5 000 $. Tout juste de quoi payer une recharge de cartouches.

Bruno Lopes, lui, ne se déplace pas pour des petites sommes. Le tapis lourdement chargé, Kool Shen rafale dès le début de Day 2 avec une première enveloppe qu’il se garde pour la première pause. Juste avant de revenir à la planque, un shortstack le prend en embuscade dans un duel imparable, deux As contre deux Dames. Bruno est touché mais parvient à tirer son tapis blessé jusqu’aux postes de défense, à 1 left de l’ITM. Il profite de la pause pour envoyer sa lettre piégée. Celle-ci parvient jusqu’au coffre mystère. Tic-tac, boum ! La banque vient de sauter, la prime à 100k est tombée.

Bruno Lopes Lewis Sitbon Vieira

Popopopop !

Le raid a tout juste commencé que le Team est déjà en train de tout casser. Les maitres-artilleurs Adri et João sautent sur le colonel Lopes, vite rejoint par le capitaine Lewis ainsi que les lieutenants Sitbon et Margets. Kool Shen a parfaitement donné la charge, mais le pillage ne fait que commencer.

Sitbon

La connexion espagnole Adri - Leo attend le signal du double-up pour passer à l’attaque. Pour l’instant, c’est Julien Sitbon qui mène l’offensive, avec une superbe remontée de 90 000 à 450 000 jetons. « J’ai double-up dès la première main avec 55 contre 10-9 chez Haxton. Derrière, j’ai pris quelques coups pré-flop, puis j’ai bust Niall Farrell, avec A5 contre KJ 5BB deep », informe le joueur, qui a donc atteint le camp ITM tout en récupérant des munitions.

Lewis

Posté derrière les remparts, Julien couvre le capitaine Lewis, qui vient de lancer une énorme grenade à la tête du Jorge Carvalho. « J’ai cold-4-bet tapis avec deux As, et il m’a payé avec A9. Je crois qu’il voulait mon bounty », analyse Romain, de retour au-dessus des 35 blindes.

Vieira

Dans la tente des généraux, João Vieira peaufine le plan de bataille, lui qui a jusque-là parfaitement guidé l’offensive. « J’ai démarré avec 350 000, j’ai pris quelques bons coups pour monter à 555 000, mais sans prendre de bounty. Il n’y a que des gros tapis à ma table » commente le stratège portugais.

Et tandis que je termine ces lignes, j’entends le cor de guerre qui sonne dans l’Event Center. Les floors viennent d’annoncer l’entrée dans l’argent, à 145 left. 13 000 $ de plus pour tous les mercenaires. Désormais, plus personne ne peut se cacher. À l’attaque !

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