Le clan français tombe à 10 représentants
Level 26 : Blindes 40 000 / 80 000 BB ante 80 000
Main Event 10 000 $ (Day 6)
L'une de nos meilleures chances pour l'avenir ?
Entamer le Day 6 en position short stack (19 BB) n'avait aucunement empêché Emilien Pitavy de laisser parler son talent, aussi grand que précoce : Fausto vous a raconté il y a une heure comment l'expatrié maltais avait réussi à faire monter la température dans la marmite de l'intimidant Alex Keating.Pourtant, une demi-heure plus tard, c'est bien ce dernier qui aura le dessus, de façon définitive. Ouverture UTG d'Émilien avec une paire de Valets, suivie par un 3-bet de Keating. "Je ne suis pas très content de sa relance, car je sais qu'il sait que je l'ai chauffé sur le coup d'avant. Mais il peut quand même partir en mode "banana". Et j'ai tout de même deux Valets..." Émilien opte donc pour un 4-bet shove. Keating ne pouvait payer plus vite avec ses Rois. Cinq cartes plus tard, Emilien Pitaty rejoint le guichet des paiements.
Le jeune pro prend son élimination avec un calme olympien. On avait déjà eu l'occasion d'écrire que pour le Français, ce séjour à Las Vegas était l'occasion de découvrir véritablement le poker en live pour la première fois, après avoir plus ou moins "fini le jeu" du No-Limit Hold'em en ligne, grâce au coaching de Fedor Holz et son crew. Une découverte qui n'aurait pu mieux se passer, en témoigne une victoire au Wynn la semaine dernière, sur le tout premier tournoi à 10 000 $ de sa carrière, pour plus de 155 000 $.
"J'ai relu ce que Fausto avait écrit en début de Day 3, la façon dont j'ai parlé de cette victoire pouvait paraître prétentieuse. Mais quand je décris ce tournoi au Wynn comme un 'petit tournoi', je veux uniquement parler de la taille du field (112 joueurs)". Ce résultat sur le Main Event (145ᵉ) est moins intéressant financièrement (70 000 $) mais bien plus important en termes de sensations et d'expérience engrangée : ils étaient tout de même plus de 10 000 en course, et la partie du Français a duré six jours.
"En tout, j'ai peut-être disputé 4 ou 5 tournois à 5 000 $ ou plus. Vegas, je l'ai tenté pour l'expérience, et avec pour objectif de m'installer à terme sur les tournois à 25 000 $ ou plus, par exemple ceux du circuit Triton." Au sortir de cet excellent Main Event, ce but n'est que renforcé. "J'avais peur d'être un peu chétif, de ne pas savoir que faire. Et en fait, j'ai réussi à jouer mon jeu. Je n'ai même pas vraiment ressenti de pression, car chaque journée supplémentaire franchie la faisait baisser d'autant. La fatigue n'a même pas joué, je ne me suis pas trop fait de films sur ce qui pouvait se passer. Le seul souci, c'était la bouffe."
Dans ce Main Event où Émilien considère avoir un edge sur "95 % du field", c'est en spectateur qu'il va maintenant espérer des vraies perfs pour Valentin Oberhauser et Nicolas Vayssières, "les deux Français que je connais bien", et surtout le Suédois Niklas Astedt, "quelqu'un qui, pour moi, est le meilleur de l'histoire à ce jeu."
C'est acté : en juillet 2025, Émilien Pitavy retrouvera le chemin du Main Event. "On m'avait dit que c'était un tournoi à part. Mais il faut le jouer pour le comprendre vraiment !" Nous, de notre côté, on a compris que nous venons peut-être d'assister aux premiers pas en live d'un futur incontournable du poker français de haut niveau. - Benjo
Le très volubile Alex Keating a donc eu sa revanche sur Émilien Pitavy. Les anciens se souviennent qu'en 2016, c'est déjà lui qui avait mis fin au deuxième deep-run Main Event de Gaëlle Baumann en 102ᵉ place...
L’aigle Kortex touché en plein vol
Pendant cinq jours, il a plané haut dans le ciel du tournoi. Comme lors de son premier Main Event en 2021, Clément Van Driessche s’est une fois encore imposé comme l’un des meneurs du clan français. Jusqu’à voir son stack se casser en deux à l’approche de la phase finale."J’ai eu 200 blindes pendant cinq jours, rappelle le Team Pro Nutsr. Et puis à partir de la fin du Day 5, je n’ai plus vu le jour. Je perds un spot avec deux Dames contre deux Rois qui fait très mal, puis un 30/70 dans la foulée, je passe de 6 à 3 millions". Un stack encore confortable pour aborder son premier Day 6. Malheureusement, à aucun moment, Clément n’a pu redresser la trajectoire.
"J’étais card dead. Je joue deux petits pots où je ne frappe pas, je perds à chaque fois deux/trois blindes dans le bordel, mais ça me fait tomber à 25 BB. Puis derrière, le CO (Jason Sagle) open. Je le connaissais bien, on a joué tout le Day 3 et un bout du Day 5 ensemble. Je trouve 66 en SB, je re-steal à tapis et il me paie avec As-Roi".
Ça part mal sur le flop Q
Q
J
, la turn 10
fait passer le Canadien devant et aucun full ne viendra sauver Kortex, éliminé en 142ᵉ position, pour un prix de 70 000 $.
"C’est un peu le même scénario qu’il y a trois ans, se souvient Clément. Sauf que la dernière fois, c’est sur le Day 5 que c'était l'enfer. Maintenant, c’est au Day 6. Peut-être que la prochaine fois, ça sera au Day 7, plaisante le grinder, qui valorise énormément l’expérience accumulée grâce à ces deep runs. Je prends de l’XP. Et le fait de l’avoir déjà vécu, ça aide énormément. J’étais très serein en table. C’est déjà un très beau parcours, j’ai eu un superbe run pendant cinq jours, je n’ai aucun regret" conclut le joueur, qui promet d’être de retour très vite sur de belles étapes live. Mais avant cela, retour dans son nouveau camp de base marrakchi, après un petit crochet par la France pour débriefer cette belle aventure et profiter des siens. - Fausto
La tempête est passée
C’est toujours avec simplicité et décontraction que Valentin Oberhauser nous raconte des hand histories. Y compris lorsqu'il vient de perdre les trois quarts de son stack à 140 left du Main Event.
“J’ai raté un bluff et j’ai fait un gros fold qui m’a fait bien descendre” pose le joueur, juste avant de partir pour la première pause du Day 6. “J’ai open K
K
, UTG +1 call et ça vient 9
5
5
. Je c-bet, il paie. Turn 4
, check/check et river 3
, je fais pot, 550 000, et il raise pour 1 200 000. J’ai fold”. Pardon ?"Je pense qu’il n’a pas de bluff ici. A moins que ce soit un top top reg. Pour moi c’est 99". On ne saura pas la main adverse, mais ce fold de mutant permet à Valentin de garder quelques jetons quand une grande partie du field en aurait perdu la quasi-totalité.
Un premier niveau bien orageux, mais le deuxième semble amener quelques éclaircies. Open EP, défense de Valentin 9 BB deep et voilà le flop Q
6
9
. Oberhauser tank un peu en espérant qu’un joueur tombe avant lui pour faire sauter le palier… Puis donk-bet, 8 blindes au total. La France n’est pas rassurée lorsque cinq secondes plus tard, son adversaire annonce “all-in”. Nouveau tank de Valentin qui finit par rajouter la dernière blinde devant lui. A
A
chez vilain et… 7
8
chez Oberhauser.
On joue les 5 et les 9, attention la turn… BOUM ! Le 5
, mais ne nous réjouissons pas trop vite, Vilain peut encore faire flush… 5
river, c’est bon ! Double-up magnifique de Valentin qui sort la tête de l’eau. Retour à 1 700 000. Et en plus, on a pris le palier. 86 000 $ assurés pour les 135 joueurs encore présents dans ce tournoi. - Fausto
Anecdotes, statistiques et citations à la con
50 : le nombre d'heures qu'ont dans les pattes les 160 joueurs revenus au Horseshoe à midi pour entamer le Day 6 et le 26e niveau de deux heures. Enfin ça, c'est pour le cas où ils n'ont pas late reg !
Combien il en reste après deux heures ?
Quelques stacks aux blindes 50 000 / 100 000Malo Latinois 6 100 000
Jean Lhuillier (pas sur) 4 100 000
Nicolas Vayssières 3 000 000
Sami Bechahed 2 100 000
Malcolm Franchi 1 700 000
Valentin Oberhauser 850 000







