Level 6, il est là le field à cinq chiffres !

- 9 juillet 2024 - Par VictorP

Level 6 : Blindes 400 / 800 BB ante 800
Main Event 10 000 $ (Day 2D)

C'est officiel depuis 14 heures : le field du Main Event 2024 a dépassé les 10 000 inscrits. Et il reste encore deux grosses heures aux retardataires pour se pointer... et commencer le plus beau tournoi du monde avec soixante blindes, ce qui n'est pas si mal. Rappel : le record à battre est très précisément de 10 043 inscrits. On a envie de dire sans attendre que l'affaire est dans la poche.

Piqué de WSOP

Antoine Delorme
Le Main Event est le tournoi qui attire le plus de joueurs de cash-game. La structure, les gains, le mythe : les arguments sont nombreux pour faire venir ces joueurs qui pour la plupart, méprisent gentiment le format MTT tout le reste de l’année.

"J’ai fait mon premier Main l’année dernière, j’avais fait Day 4. On avait d’ailleurs fait une photo ensemble avec [Jérémy] Palvini, me souffle Antoine Delorme, tentant de me rafraichir la mémoire. J’avais adoré ! Je joue en cash-game toute l’année mais Vegas, c’est mon moment pour faire quelques tournois".

Antoine sait les sensations que peuvent procurer un deep-run sur un tournoi de grande envergure. L’an dernier, il réalisait un parcours magnifique sur les WSOP-C Marrakech, terminant runner-up du Main Event pour un butin de 1 550 000 dirhams (150 000 €). Pour autant, Antoine ne saurait comparer cette expérience marrakchie à celle de Las Vegas. "C’est différent. Il y a une atmosphère WSOP, c’est quelque chose qui fait rêver. Quand je découvrais le poker, c’est ça que je regardais, c’est ces tournois que je voulais jouer" confesse Delorme. Le revoilà en piste, prêt à aller chercher un deuxième ITM en autant d'éditions. Léger dégrind sur ce début de Day 2, mais fort de son bon Day 1, Antoine possède 110 BB à faire fructifier. Et on fait confiance au joueur de cash pour manœuvrer dans les profondeurs. - Fausto

Le Main, c'est le Pérou

Alexandre Le Vaillant
Parmi les nombreux late-reg du Day 2D (plus de 500 aux dernières nouvelles), un certain Alexandre Le Vaillant. "J’avais fait l’erreur de me forcer à buy-in Day 1 l’année dernière. J’avais déchatté un peu le seat-draw, se souvient le reg français, qui tient un autre argument bien moins “result-oriented”. Et puis, il y a ma femme qui est arrivée juste avant le Main Event, c’est son premier Vegas."

Tandis que certains collègues bataillaient dix heures pour passer la première épreuve, lui explorait les activités de Vegas avec sa moitié. "On s’est fait le spectacle de Michael Jackson, on a trouvé un resto péruvien génial. D’ailleurs il faudrait qu’on y retourne ensemble ! ". Pourquoi pas Alex, mais tâchons d’abord de manger des jetons. Alexandre arrive en confiance sur ces WSOP après une saison 2023/2024 assez formidable, auréolée de deux titres majeurs : un Main Event UDSO Marrakech, et un Main Event WSOP-C Cannes. Pas le temps de se reposer sur le passé, Le Vaillant débute une nouvelle bataille, qu’il démarre donc en cours de route. "C’est bien de démarrer avec 75 blindes. Tu vas jouer un peu moins loose et c’est un bloc que je maitrise bien", affirme Alex, illustrant ses dires en foldant face au premier 3-bet de la journée. - Fausto

Biberonnés au grind

Sur les premiers jours, nous découvrions ces jeunes loups, venus en meute pour dévorer les tables du Main Event. À à peine 21 ans, Simon Prud’homme nous présentait sa team Elite Poker, des grinders croquant les tables de cash-game live de Macao jusqu’à Austin. L’assurance et les limites jouées par cette jeune équipe a de quoi surprendre. Tâchons d’en découvrir plus avec Maxence Carbonneaux, un des huit membres la Team Elite Poker.

Maxence Carbonneaux
"Je connais Simon, le fondateur que vous avez interviewé avant-hier, depuis plus de dix ans. On s’est connu dans notre club d’échecs à Amiens, rembobine ce grand blond, avec un sourire qui témoigne de son plaisir d’être sur le Main Event. C’est incroyable de pouvoir jouer un tournoi comme ça à 21 ans. On a commencé ensemble avec les freeroll, les Mini-Roll sur Wina à 25 centimes… Et maintenant on joue des 10 000 $ ! On est certainement parmi les plus jeunes du tournoi."

Malgré sa jeunesse, la Team Elite n’arrive pas ici sur un malentendu. "En vérité, ça fait six ans qu’on sait qu’on va faire pro de poker. On jouait sur les comptes de nos mamans [C'EST PAS BIEN !!! - NDLR], on consommait beaucoup de contenus, tous les Dans la Tête d’un Pro, puis on s’est perfectionné sur le cash-game online, raconte l’Amiénois, également passé par la case Spin Elite. On croit beaucoup au coaching. On a beaucoup appris de joueurs qui ont réussi en cash-game. On est coaché par Simon et Emilio (Ulysse), qui ont eux-mêmes été coachés par Baki. On utilise GTO Wizard pour parfaire notre connaissance technique, afin de pouvoir en dévier. Et puis, on a déjà beaucoup d’expérience en Live, plus que ce que l’on devrait » confesse Maxence, qui a déjà bien roulé sa bosse sur les tables du monde entier. "On voyage beaucoup. Moi, je vais surtout jouer en Asie et en Europe de l’Est. En 10/20, parfois plus. Certains membres de l’équipe jouent en 50/100".

Loin d’être impressionné par un tournoi à 10 000 $ de buy-in, la team Elite Poker se met cette fois en mode MTT. Pour l’instant, elle réalise un joli sept sur huit, seul Mathis ayant busté sur le Day 1D… en table télévisée, et avec les honneurs : full contre full. Le quotidien et les aventures de l’équipe sont d’ailleurs relatés dans des vlogs réguliers. Huit épisodes ont déjà été diffusés sur ce Vegas. Espérons que les prochains racontent des histoires de deep run sur le plus grand tournoi du monde. - Fausto

Amateur expérimenté

Thierry Groualle
Qui a dit que l’on devait être un joueur de poker professionnel pour avoir le droit de venir à Las Vegas tous les ans depuis près de vingt ans ? En vrai, personne : on les compte en milliers, ces récréatifs qui reviennent toute leur vie à Vegas. Joueur amateur averti depuis le début des années 2000, Thierry Groualle est un vrai amoureux de Sin City. “Je suis fan de cet endroit. Et encore, je ne viens pas que pour le poker. Avec un ami, on adore venir au mois de mai, il y a moins de monde, et c’est surtout plus agréable pour jouer au golf”. Actuellement au Day 2D après avoir bag un stack de 82 800, ce directeur général des opérations chez Emilfrey espère avoir plus de réussite que lors de sa précédente participation il y a quatre ans, où il avait été éliminé en fin de Day 1 au sortir d’une rencontre malheureuse : full max contre carré.

“Ça a été très dur à encaisser, me dit-il. Hormis trois coups que j’aurais aimé jouer différemment, je suis assez satisfait de mon jeu. Je suis toujours resté au-dessus du stack de départ. Il faut continuer comme ça”. S’il est d’ores et déjà assuré de faire mieux cette année, le Français aimerait beaucoup pouvoir ajouter une 46e ligne sur sa page Hendon Mob. “Je n’ai pas encore de ligne sur le Main Event, alors, si l’on peut en ajouter une et pas des moindres, on ne va pas s’en priver". Pour l’heure, Thierry vit un début de Vegas rêvé, en partie grâce à sa 127e place obtenue sur le Mini Main Event quelques jours plus tôt. “Ça fait toujours plaisir avant de jouer un tel tournoi. Ça rassure, et ça permet de jouer un peu plus détendu sur le vrai Main, je me sens plus serein”. Reste plus qu'à faire de même sur le plus beau tournoi du monde. Alors, Thierry, tu sais ce qu'il te reste à faire ! - VictorP

Sacré cadeau

Ce qui est vraiment cool avec les Day 2 des WSOP, c’est qu’on nous offre les seats draw de tous les joueurs sous forme de fichier PDF bien ordonné. Alors, forcément, pour partir à la rencontre de joueurs qui nous étaient jusqu’ici alors inconnus, c’est bien plus pratique, ça nous évite d’avoir à courir le marathon entre les salles du Paris, du Horseshoe, et de la ballroom en espérant chatter au petit bonheur la chance.

Arnaud Antoine
C’est ainsi que nous venons tout juste de faire la connaissance d’Arnaud Antoine. Enfin, pas réellement. Car, en réalité, nous avions rencontré ce joueur récréatif dix ans plus tôt lors de sa première venue à la Vegas. “Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais j’étais déjà passé dans votre coverage, il y a dix ans, lorsque j’avais joué le Monster Stack. C’est mon ami Cyril André (runner up de l’APPT Macao 2014) qui m’avait fait ce cadeau pour mon anniversaire”.

Dix ans plus tard, c’est sur un tournoi un poil plus couteux qu'on l’a retrouvé à sa table, dans la salle principale du Horseshoe. Et là encore, c’est son ami Cyril qui lui a offert ce cadeau pour ses 40 ans. “C’est incroyable. J’ai beaucoup de chance d’être ici. Je vis mon one time, les sensations sont incroyables. Honnêtement, c’est magique de jouer ce tournoi où tu peux prendre le temps de monter un stack. Mais, je me sens encore mieux depuis que j’ai deep run et ITM le tournoi de l’Independance Day. Ça rassure avant de jouer le Main”. Rassuré, Arnaud Antoine reste tout de même un peu stressé au moment d’entamer sa deuxième journée sur le Main. “J’ai regardé beaucoup d’épisodes de Dans La Tête d’un Pro pour m’entraîner. Après, il est vrai que j’ai bag un très beau stack de 225 000 lors de la fin du Day 1. Mais, cela ne m’empêche pas d’être un peu tendu. Ça reste un one time, alors, forcément, je n’ai pas envie de décevoir les copains et ma femme dont c’est l’anniversaire aujourd’hui”, m’avoue cet architecte basé à Nancy.

Pour l’heure, le Français ne déçoit personne. Il fait même tout l’inverse. En cinq minutes passées à table, il a déjà pu ajouter 25 000 jetons supplémentaires à son tapis au sortir d’une confrontation avec les Dames contre la paire de 5 de l’un de ses adversaires. Toutefois, Arnaud sent qu’il va devoir faire plus attention que lorsque du Day 1, la faute à une table où le niveau semble visiblement un poil plus relevé. “En dix minutes, j’ai déjà vu plus de 3-bet que lors du Day 1. Je vais devoir faire gaffe”. Avec un stack de 245 000, on ne doute pas un seul instant qu’Arnaud saura en faire bon usage. C’est en tout cas, ce que l’on lui souhaite. - VictorP

Welcome back  !

Sillonnant le circuit live depuis plus près de trente ans et aujourd’hui présent au Day 2, Angelo Besnainou fait tout simplement partie des pionniers du poker de compétition en France. Et pas qu’un peu, puisque ses premiers résultats live datent de... 1997 ! Il y en a parmi-vous qui n'étaient pas nés et n'ont pas connu cette époque où l'on jouait en francs à l'Aviation Club de France.

Ange Besnainou
Trois décennies plus tard, on a retrouvé le restaurateur parisien dans la salle principale du Horsheshoe avec le même petit tapis qu’en fin de Day 1, soit 23 000. “Je n’ai pas pu jouer beaucoup de coups au cours du premier jour. Je n’avais pas beaucoup de belles mains. Et lorsque j’en avais, j’ai souvent pris des bad beats”, me raconte cet ancien reg des cercles qui dispute, 24 ans après sa 14e place obtenue lors de sa première tentative, son deuxième Main Event des WSOP. Pour se permettre cela, Angelo a notamment profité de ses quelques deep runs depuis son arrivée à Las Vegas. “J’ai fait pas mal de résultats depuis que je suis arrivé. J’ai gagné (après deal) un Daily 400 $, avant de finir 30e sur un tournoi des WSOP à 1 000 $".

Plusieurs deep runs qui l’ont donc mené à tenter sa chance sur le plus beau tournoi du monde. “Je suis heureux d’être là. J’adore le live. Je n’ai plus beaucoup de temps pour jouer, mais dès que j’en ai la possibilité, je le fais. C’est quelque chose qui me procure beaucoup de plaisir. Pouvoir discuter avec les joueurs à ma table, et tout ce qui va avec, je préfère ça que le online". La raison ? “Je n’ai pas forcément le temps de jouer online, la restauration me prend beaucoup de mon temps. De plus, le niveau des joueurs online a beaucoup changé. Avec l’arrivée des solvers, beaucoup de joueurs sont devenus des robots. Je ne sais pas comment ils font pour jouer douze tables en même temps, c’est fou”. Quoi qu’il en soit, Angelo Besnainou est aujourd’hui présent au Day 2D du Main avec un objectif et pas des moindres : “finir premier, même si c’est mal parti” conclu-t-il en rigolant. Il n'y a plus qu'à ! - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Bubble Boy 2022
Il nous l'avait raconté : faire la bulle du Main Event en 2021 avait changé la vie de Kevin Campbell : désormais ex-accro, il avait trouvé du boulot et retrouvé le droit chemin. Depuis, Campbell a fait du Main Event une tradition annuel, franchissant la bulle sans encombres en 2022 puis 2023. Et maintenant en 2024 ?

Joe McKeehen
Un ancien Champion du Monde de plus retrouvé au milieu de l'océan de tables : Joe Mckeehen, sacré en 2015.

WSOP 2024 : tous nos articles