Level 4, vous n'avez encore rien vu

- 7 juillet 2024 - Par Benjo DiMeo

Level 4 : Blindes 250 / 500 BB ante 500
Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Fryda calor

 Victor Fryda
140 00 après trois niveaux : Victor Fryda est bien rentré dans son match. « J’ai gagné tous les gros pots dans lesquels je suis rentré, résume le récent finaliste du WPO Bratislava (3e). J’ai un bluff, une value et un bluff-catch » poursuit le joueur, comme un épicier me montrant ce qu'il a en rayon. Va pour le bluff-catch.

« Le joueur asiatique à ma droite open bouton 900, je 3-bet AJ 3 200, il 4-bet 9 000, je paie. Flop A65, il c-bet 4 900, je clique à 10 000… Et il re-clique à 16 000, je paie. Turn K, check/check. Là, je sais qu’il n’a jamais rien. River 8, je check, il envoie 9 000, je call, et il jette ses cartes dans le muck. »

Comment dérégler un adversaire en quelques clics, par Victor Fryda. Il trouve les bons moves, monte des jetons, mais ne s’affole absolument pas de ce bon départ. "Je ne vais pas forcer. Si je peux avoir le même stack fin de journée, je signe tout de suite" assure le joueur, qui espère franchir l’obstacle du Day 1, qu’il n’avait pas réussi à franchir l’année dernière. - Fausto

“Un combat contre soi-même”

Arnaud Enselme
10 000 jetons. C’est le stack qu’a laissé Arnaud Enselme avant de partir en dinner break. "Je me suis fait bluffer dans un pot 4-bet, puis j’ai perdu 1 000 jetons par-ci, 2 000 jetons par là" résume le Team Pro Unibet. Le flegme caractéristique d’Arnaud n’empêche pas une remarquable positivité. Ce Main Event ne débute pas de la meilleure des manières, un constat qu’Arnaud observe avec beaucoup de lucidité, sans perdre espoir, et sans oublier toute la préparation qui a précédé son coup d’envoi.

"Je n’ai presque pas joué depuis mon deep run sur le Monster Stack (24ᵉ sur 8 703 joueurs). Je voulais être frais pour le Main. Je n’ai jamais rien fait sur ce tournoi et je voulais me donner toutes les chances de perfer" explique Arnaud qui ne possède effectivement pas le meilleur historique sur le “Big One” : six participations, pour seulement deux Day 2, bustés au bout d’une heure.

"Tu n’as pas un joueur qui est réellement bon à table, mais tu ne gagnes pas un coup. Il faut rester propre et patient, alors que t’en vois certains qui font n’importe quoi, et ça donne envie de faire n’importe quoi avec eux. C’est un vrai combat contre soi-même", confesse Enselme, qui ne lâche pas l'affaire, donne tout ce qu'il peut dans la bataille, et ce, jusqu’au dernier jeton. - Fausto

Salut, c'est encore moi

Reda Bouaboula
Nous l’avions spotté pour la première fois en 2022 lorsqu’il prenait part à son tout premier Main Event. Deux ans plus tard, c’est une fois de plus sur le plus beau tournoi du monde que l’on a retrouvé Reda Bouaboula dans la salle principale du Horseshoe. Pour se rendre jusqu’ici et laisser de côté sa blouse de médecin hospitalier le temps de quelques jours, le Lyonnais a réalisé une perf’ dont peu de joueurs peuvent se vanter. En effet, il s’en est allé remporter, comme il y a deux ans, un Expresso Nitro à 25 € lui garantissant son ticket d’entrée sur le Main Event. “J’étais en vacances, sur mon téléphone. Je n’arrivais pas à dormir, alors j’ai lancé quelques Expresso, puis, il s’est passé ce qu’il s’est passé”. 

Un bien beau cadeau dont il espère cette fois-ci profiter un peu plus qu’il y a deux ans. “J’avais bust en fin de Day 1 sur un bad beat. Pour autant, cette année, je ne me fixe pas d’objectif en particulier. Je vais prendre les mains une à une et tenter de toutes les jouer correctement”. Mais, pour l’heure, celui qui joue également les WSOP Online quand il en a le temps, n’en a pas vraiment eu la possibilité sur ce Day 1D. “J’ai passé ma journée à fold. Mais bon, on a le temps. Ne surtout pas se précipiter”. Après un échauffement non concluant sur le Colossus et un Daily à 250 $, on espère pour lui qu’il saura réitérer sa récente perf’ à 5 000 $ obtenue sur les WSOP Online. - VictorP

Le poker en famille

Benoit Grobocopatel

Avec le mot "Robocop" epelé à la lettre près dans son nom, on pourrait croire que Benoît Grobocopatel est paré à toutes les éventualités. Et pourtant, il n'avait sans doute pas prévu que son voisin allait se pointer avec son gros chien sur ce Day 1D. "C'est fou, j'ai payé 10 000 $ et je ne peux pas étendre mes jambes", plaisante-t-il, mais à moitié seulement.

Gros habitué du circuit parisien, Benoît dispute seulement pour sa deuxième fois le Main Event. Il avait tellement peur de venir qu'il a emmené ses parents avec lui. "Je suis là depuis une semaine, mes potes sont venus entre eux, moi, j'ai emmené mes parents. Ils profitent du moment, ils vont aux outlets [grands centres commerciaux où l'on peut faire son shopping à prix réduit, NDLR], à la piscine. On loge au Wynn, mon père fait même un peu de cash-game en PLO 1$/2$ et ma mère joue aux machines à sous. Ça permet de passer du temps avec eux, et de les faire kiffer."

Le Main Event, il en garde un souvenir un peu amer, puisque la dernière fois il avait bust son tapis de 30 blindes en fin de Day 2 avec deux As contre As-6 sur un flop 2-3-4, son adversaire trouvant un 5 pour l'éliminer.

Très performant depuis plusieurs années sur les tournois de la capitale, et sur quelques lives à Marrakech ou Namur, Benoît se frotte à la faune locale sur ce Day 1D. Pour rigoler, je lui ai demandé s'il avait repéré quelqu'un de connu à sa table. "Le siège 5, non, ça a l'air d'être le meilleur de la table". Bingo, face à lui se dresse Joseph McKeehen, vainqueur du Main Event en 2015. "Vraiment ? Tu vois, je l'ai senti un peu qu'il était bon, lui !" - Tapis_Volant

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