Associés sur un coup de tête, les colocs Rémi Castaignon et Gaëtan Balleur se retrouvent au Day 3 du Tag Team, à 22 left d’un bracelet et de 190 patates.
Event #75 : Tag Team (Fin de Day 2)
Le double est une tradition française. On a eu les Santoro - Clément, les Llodra - Benneteau, Mahut - Herbert... Il y a désormais la paire Castaignon - Balleur. Colocs de villa depuis plus de dix Vegas, les deux hommes ont décidé d’associer leur force et leurs jetons le temps d'un Tag Team, qui les porte jusqu'à un Day 3 WSOP.
« C’est notre premier Tag Team à tous les deux. On s’est chauffé comme ça, explique très simplement Gaëtan, qui a lancé l’équipe sur de bon rail dès le Day 1. On a reg ensemble mais Rémi voulait aussi jouer le Mixed Big-Bet. Il n’a dû jouer qu’une petite heure. J’ai longtemps été short, mais ça s’est bien passé, on a fini à 140 000 jetons (sur 20 000 de départ) ».
Sur ce Day 2, le cash-gamer de Saint-Martin a pu davantage compter sur son alter-ego. Les deux hommes ont tout de suite convenu d’une stratégie très équilibrée : un niveau chacun, soit des changements toutes les heures de jeu. « C’est étonnant comme expérience. T’as l’impression que tu ne joues pas. Le tournoi avance et toi tu regardes », commente Rémi.
À table, le temps fuse. Dans le rail, il se dilate, invitant les observateurs à la conversation. En table aussi d’ailleurs, le volume sonore est bien plus élevé que sur un tournoi moyen. Au moment où j’arrive, ils ne sont que 22 left et j’ai l’impression de parcourir une cour de récréation. Le “beer-level” a commencé depuis plusieurs heures, certains sont déjà passés au vin et les joueurs rient aux éclats sur toutes les tables. Une ambiance agréable pour aller chercher 190 patates.
La festivité n’empêche pas la compétition. « L’ambiance détendue, amicale, c’est surtout au début. Maintenant, c’est la guerre », corrige Gaëtan, qu’on avait vu réaliser un sacré deep run sur le 600 $ Deepstack de l’édition dernière. Entre deux gorgées de bières, les joueurs se livrent effectivement une bataille sans merci. Rémi met beaucoup de tension dans chaque affrontement et sort victorieux de la plupart des derniers coups, au point de passer de 500 000 à 875 000 jetons sur les deux dernières orbites.
« On a passé quasi tout le tournoi autour des vingt blindes. On a juste trouvé ce spot où ça open early, 3-bet bouton, et on se réveille avec deux As en grosse blinde. Re-shove, payé par deux Valets et on monte alors près des cinquante blindes » raconte Gaëtan, tandis que Rémi arrache un petit dernier pot pour conclure cette belle journée. Elle est quand même incroyable cette structure, reprend le joueur, se rendant compte de la moyenne de 40 BB à l’aube d’un Day 3 de 22 joueurs. Il ne reste pas grand monde, à part ce Brésilien qui a 1,7 million de gains, et la paire Wheeler - Nardi ».
Ce tournoi fun entre copains est définitivement en train de devenir un réel spot de perf’, et même de bracelet. « Maintenant, on va faire l’analyse tactique. Gaëtan a dû me préparer un Powerpoint » blague Rémi, qui hésite plutôt entre faire un tour sur Freemont Street et boire des bières à la maison. Modérément bien sûr. Aussi étrange que soit cette occasion, Gaëtan et Rémi joueront demain pour devenir champions du monde de poker, entre copains.
Les chipleaders de la journée, eux, semblent avoir déjà eu leur dose de houblons. « On est Joan et Javier, les double J. Notre stratégie est simple : moi, je gagne les flips, et lui, il vole les blindes. Nos remplacements ? Complètement random. C'est surtout quand il y en a un qui n'en peut plus ou que l'autre a envie de fumer. » Pour l'instant, ça a l'air de fonctionner.







