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Un Super Senior pas comme les autres

- 26 juin 2024 - Par Flegmatic

Pour son premier Super Seniors, Bruno Fitoussi n'a qu'un seul plan : go big or go home
Event #59 : Super Seniors 1 000 $ (Day 2)

La deuxième pause du jour approche sur le Super Seniors. Alors que trois joueurs ont déjà quitté la table (dont la grosse blinde) pour prendre la value du toilet break anticipé (ils sont encore 400, ça en fait des vessies à soulager), Bruno Fitoussi sent le coup et tente l'ouverture light en milieu de parole dans l'espoir d'empocher le coup tout de suite. Dommage, le bouton paie avant d'envoyer son tapis sur un flop hauteur 8 derrière un check du Français. Rien de bien grave pour le King, qui se maintient à 230 000 - soit son tapis en début de journée, qui le plaçait alors en sixième position au chipcount sur 901 - pour une moyenne à 160 000. "Je suis monté à 350 000 aujourd'hui, mais j'ai perdu un gros coup avec Roi-Dame suité contre As-Roi : j'avais flush draw et top pair sur un board hauteur Roi."

Bruno Fitoussi

Un premier coup d'arrêt après un départ canon, sur un tournoi... qu'il n'était pas censé jouer. "Je suis là depuis le 15 juin, et je fais beaucoup de golf, raconte Bruno. Comme je suis très copain avec Matt Savage [le directeur de tournoi historique du WPT, pour les deux du fond qui dorment, NDLR], on va pas mal jouer à son club du Southern Highlands. Je suis aussi allé une fois au Wynn. Bon, je suis handicap 25, c'est nul, mais j'adore ça ! C'est comme le poker pour certains ici." Problème, pour échapper à la température caniculaire de Las Vegas, et ses 40° à l'ombre une majeure partie de la journée, il faut se lever tôt. Très tôt. "Ça fait plusieurs jours de suite où je suis debout dès 6 heures, donc autant te dire que hier après-midi, j'étais crevé."

Vient alors le moment des choix. "Je voulais jouer le tournoi d'Omaha High-Low/Stud High-Low, mais comme il avait démarré à 14 heures, je sentais qu'il allait se terminer tard, vers 2 heures du matin. Il est 18 heures, je vois que je peux encore m'inscrire sur ce Super Seniors, c'est pas cher, alors j'y vais." Une grande première pour le King, 65 printemps au compteur, sur ce tournoi réservé aux soixantenaires et plus, qui se passe comme dans un rêve. "J'ai été surpris par la faiblesse du niveau au Day 1. Sur le Day 2, ça commence à se durcir un peu, mais honnêtement, je n'avais jamais vu ça." Qu'il soit en value ou en bluff, Fitoussi attire constamment les jetons à lui, pour grimper dans les cimes du classement en un rien de temps. "Sur la fin, ils ne me payaient plus, j'avais des walks quand j'étais en grosse blinde... C'était à mourir de rire."

Tout l'inverse, pour l'instant, d'un début de Vegas assez catastrophique. "J'ai joué six tournois, plus deux re-entries pour zéro cash, et un mini Day 2 sur le 10K H.O.R.S.E., égrène-t-il. Même en cash game, je n'ai fait que deux sessions, en 200 / 400 $ mixed games au Bellagio, mais ce n'est pas bon non plus." Un premier ITM cet été donc, sur un Super Seniors qui pourrait sauver son été en cas de victoire à 358 000 $, mais la route est encore longue. "Les paliers sont ridicules, on joue pour des cacahuètes. Donc maintenant, la stratégie, c'est de monter des jetons ou de sauter. Comme ça, ou je reviens demain avec un gros tapis, ou je vais jouer le 10K PLO comme prévu."

Pour faire grossir les piles, Bruno peut compter sur une expérience peu commune aux tables, qui lui permet de facilement s'adapter à ces "papis ricains" qu'il n'a pas du tout l'habitude de jouer. "Pour simplifier, il faut être très agressif et en même temps capable de bien lire quand ils ont touché. De temps en temps, tu vas tomber sur un os et, grossièrement, si tu sens qu'il y a de la résistance, mieux vaut abandonner. Mais la plupart du temps, s'ils n'ont rien, ils ne vont rien tenter et tu vas pouvoir prendre le pot." Le plan est limpide, le programme pour les prochains jours aussi, alors, comme on dit chez nous : y'a plus qu'à !

Sammy Farha

Et le chipleader de ce Super Seniors à 400 joueurs restants n'est autre que... Sammy Farha ! Toujours la clope au bec, cette superstar du poker des années 1990/2000, qui a involontairement lancé le boom du poker en perdant le heads-up du Main Event 2003 contre Chris Moneymaker (on attend toujours qu'il fasse ce call), se rapproche de ce qui serait un troisième bracelet, 18 ans après le précédent, obtenu sur un 5K Omaha High-Low. Pour ce faire, il a notamment sorti une autre légende de notre jeu, avec qui il a longtemps partagé sa table : Dan Harrington, sur une rencontre entre un brelan floppé et un combo top pair/top kicker.

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