Level 3 : Blindes 200 / 400 BB ante 400
Main Event 10 000 $ (Day 1D)
L’éclosion d’une floor
Nous venons de trouver le chipleader de Day 1D. Ou plutôt la chipleadeuse. Tandis que la très grande majorité des joueurs peine à dépasser le stack à six chiffres, une certaine Brittney Stout roue à une vitesse bien supérieure à la limitation en vigueur. Au retour du diner-break, la joueuse est déjà pointée à 275 000 jetons.
Tiens mais, ce visage, ses traits nets et cette paire de lunettes me rappellent quelque chose. Attends, ne serait-ce pas la floor qui me donne mon ticket de tournoi chaque semaine à l’Orleans ? Je m’approche de madame pour m’assurer de cette bizarrerie. « Excuse me lady, are you a floor ? ».
La joueuse s’amusera qu’un journaliste l’a démasqué. En effet Brittney Stout est floor manager à l’Orleans, le casino préféré des couvreurs. Là, bas, elle a plutôt l’habitude de diriger des 300 $ de Omaha8 et autres jeux exotiques entre quelques centaines d’habitués. « Je travaille aussi à l’Aria, j’alterne entre les deux » précise Brittney. Cette fois, la floor a troqué son costume contre celui de joueuse, chose qu’elle fait très rarement. Mais quand elle le fait, c’est pour jouer le plus beau tournoi du monde.
« C’est la troisième fois que je joue le Main Event. J’aimerais jouer plus souvent, mais avec mon travail, je n’ai absolument pas le temps » explique Brittney, qui vit pour l’instant un Day 1 indécent de réussite. « J’ai fait quinte flush dès le premier niveau pour prendre un très gros pot. Puis au début du deuxième niveau, c’était fou. Première main au retour de pause, je fais nut-flush contre set et j’élimine un joueur. Et sur la main suivante, je fais nut-flush contre brelan, et j’élimine un autre joueur ». Facile le poker. 275 000 jetons pour la floor du meilleur casino de Vegas.
Un jeune loup venu aiguiser ses crocs
Chaque année, de nouveaux jeunes talents français viennent s’ajouter à la longue lister des redoutables grinders français. Inutile de les citer, la liste est longue et nous documentons depuis longtemps leurs performances, que ce soit sur notre room ou sur les grandes places du poker Live. Un jeune louveteau se verrait bien rejoindre la meute. À seulement 21 ans, Louis Le Boisselier débarque à Sin City pour ses premiers WSOP, avec l’envie de découvrir, d’apprendre, et bien sûr de croquer.
« Je voulais déjà venir l’année dernière, mais je ne pouvais pas » rappelle celui-qui vient d’atteindre la majorité internationale. « Là, je suis venu avec un ami grinder, un certain Rémy. Mais arrivée à l’aéroport, il ne retrouvait plus son passeport. Du coup, il n’a pas pu jouer et il est rentré sans faire un tournoi ».
Un de perdu, dix de retrouvé. Louis retrouve ses amis grinder de Malte, Nico Vayssières, Jonathan Pastore et d’autres, qu’il a rencontré sur l’île où il est installé depuis deux ans. Le Boisselier a fait ses gammes en ligne, se faisant notamment remarquer sur notre room en prenant la 2e place du High Roller 1 000 € des Wina Series en janvier 2022. En Live, il ne dispose pour l’instant que de peu d’expérience, mais s’est tout de même montré sur notre étapes madrilène, ou encore lors du dernier Sismix. Rien de comparable cependant avec la démesure de Sin City.
« Plus que le Main Event, ce qui m’impressionne, c’est de voir cette immense salle remplie. C’est mon tout premier tournoi WSOP ! Ca donne l’impression de rejoindre ce que tu as l’habitude de regarder depuis des années, comme les “Dans la tête d’un Pro”. Là, je me retrouve un peu à leur place » déclare Louis.
Après une première perf à 33 bâtons sur un tournoi au Wynn, où il terminait 5e, le jeune grinder est en quête de son premier deep run sur un tournoi WSOP. Le jeune loup sait que rien ne sert de courir et attend patiemment, autour du stack de départ, pour croquer dans le bon spot.



