Level 5 : Aux anciens le W reconnaissant

- 7 juillet 2023 - Par Benjo DiMeo

Level 5 : Blindes 300 / 600 BB ante 600
Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Dilettante around the globe

Marc Inizan
Gone, but not forgotten, disent les anglo-saxons. Parti, mais pas oublié. Un adage qui, chez Winamax, s'applique à ceux qui ont un jour fait partie du Team, mais s'en sont éloignés depuis. Par exemple Marc Inizan, croisé aujourd'hui autour des tables du Day 1D. Si c'est sa très belle année 2010 en live qui lui a valu de se faire proposer le logo et le contrat (3e sur l'EPT Berlin, 9e sur le Main Event des WSOP Europe à Londres), c'est bel et bien en ligne que Locsta a imprimé sa marque avec le plus de fermeté. Dans sa période pro la plus acharnée (2011/2012, disons), personne ne pouvait rivaliser avec Marc, Red Diamond avant même l'invention du terme, en termes de volume et de tables jouées : au classement des plus gros "rakers" de Wina, son pseudo ne quittait que rarement le sommet. C'est peut-être ce qui, après la fin de son contrat, l'a motivé à progressivement lever le pied.

"J'ai quand même beaucoup joué, j'ai fini par me lasser." Un sentiment qui a plus ou moins coïncidé avec la retraite anticipée d'un autre grand nom dans le landerneau online français : Alexandre Luneau. "Quand il a commencé à se pencher sur le domaine de l'analyse de données, de la programmation et des modèles mathématiques, ça m'a intéressé." Le poker de haut niveau, c'est une affaire de matheux : la transition vers la programmation et le big data n'était donc pas si illogique que ça. "J'ai fait ça quelques années. Et puis, j'ai eu envie de reprendre un peu de liberté." Ce qui nous amène à aujourd'hui : en 2023, Marc n'est plus tout à fait le pro jusqu'auboutiste qu'il fut il y a dix ans, mais le poker continue de faire partie de sa vie.

C'est avec le passeport toujours dans la poche qu'il le pratique. "J'aime voyager. J'ai des potes en Thailande, ma copine vit en Asie, donc j'y vais souvent." Un coup d'œil à sa fiche Hendon Mob le démontre : au milieu des ITM et finales en Corée ou au Vietnam avec un taux de change prêtant à sourire (ha, cette 20e place à Hanoi valant 36 millions de dongs : une fois converti en dollars américains, il n'en reste plus que 1 500), on trouve un vrai résultat marquant : une victoire sur le circuit World Poker Tour Prime en Chine, pour 140 000 $, avec le drapeau français trônant fièrement tout en haut d'un field à 99 % asiatique.

Rare occidental au milieu des locaux, Inizan ne passe probablement pas inaperçu lorsqu'il débarque dans les salles de jeu de Séoul, Phnom Penh ou Incheon. Mais cela lui permet de découvrir une culture poker exotique, encore relativement inexplorée, et presque entièrement absente des grands médias poker traditionnels. "A Séoul, les jeux d'argent sont interdits. On peut trouver des casinos près de l'aéroport : ils sont réservés aux étrangers. Du coup, pour jouer, les coréens louent des grandes salles de bal dans des hôtels de luxe. Il y a tout un système pour rester dans la légalité, on paie pour acheter des points, et on buy-in les tournois avec les points." Des parties underground, certes, mais pas exactement confidentielles : "Un tournoi qui coûte l'équivalent de 300 €, tu vas avoir plus de 3 000 joueurs ! Et, personne ne sait jouer, c'est 100 % d'amateurs. C'est dingue. Le tournoi le plus cher, c'était 3 500 €, tu avais quand même 250 joueurs !"

Résident londonien depuis ses débuts dans le poker, Marc Inizan a décidément l'est en tête lorsqu'il songe à son avenir. "J'ai vraiment adoré Séoul. Je me verrais bien m'installer là-bas. Le seul souci, c'est le langage. On ne parle pas beaucoup anglais là-bas. Mais on n'arrête pas de me dire qu'apprendre le coréen, c'est moins difficile qu'il n'y paraît." Allez, on commence : 행운을 빌어요. Cela veut dire "bonne chance". Pour le Main Event d'abord (Marc va terminer le Day 1 avec sa cave de départ de 60 000), et pour ses premiers cours sur Duolingo. - Benjo

Pérouse cruise

Perouse

Un des héros de l’épopée 2022 fait son apparition. Ou plutôt son retour. Aperçu dans les premiers jours du festival, Julien Pérouse a fait un petit aller-retour chez lui à Toronto avant de revenir pour le gros morceau. « J’étais qualifié pour le tournoi des champions » explique celui qui avait remporté deux bagues WSOP-Online… Sur des tournois de 50 joueurs. « Le Canada a sa room à part maintenant, comme la Pennsylvanie » précise le grinder, qui sait trouver les bons spots pour remplir sa bijouterie.

Le vainqueur du WSOP High Roller online est désormais de retour pour le gros morceau. Ça démarre plutôt bien. Sous le regard de sa coach Audrey Verloome, Julien monte les pions avec assurance. « Je viens de prendre un bon coup face à un joueur assez aggro. Il open UTG, je 3-bet bouton QJ et je décide de check-back sur le flop J82. Il envoie mi-pot sur la turn 6 puis check sur la river 7. J’ai bet 50% et il a tank call, peut-être que j’aurais pu me polariser pour prendre un peu plus ». C’est déjà pas mal Julien et ça fait un beau 159 000 au moment d’attaquer la dernière heure de jeu. - Fausto

Sellam de Las Vegas

Sellam

Après une grosse perf, on peut se permettre une petite sucrerie, un petit shot sur un tournoi qu’on n’aurait pas pu envisager quelque temps auparavant. Voilà une règle assez répandue chez les grinders. Et Rubens Sellam n’y déroge pas. « Je me suis autorisé suite à Monaco » confirme l’amateur, qui nous avait ébahi lors du dernier EPT Monte-Carlo. Comment ça, vous ne vous souvenez pas de ce “one-time” où le Cpiste marseillais transformait une qualif pour 5 € en 307 patates ?

Un butin qu’il comptait investir dans le mariage futur de son fils. Le papa a aussi le droit à son petit plaisir : s’offrir son premier Vegas et son premier Main Event… Qui démarre tranquillement avec un petit 90 000 au bout de ce premier jour de grind. - Fausto

Pastore prend (de) la profondeur

Jonathan Pastore

Il était jaloux de voir son pote Louis Le Boisselier en pleine page de notre coverage. Assis juste derrière son pote grinder, Jonathan Pastore a donc décidé de se faire remarquer. Parti avec 80 000, le champion du monde a placé une accélération à la Marc Raquil dans l’avant-dernier virage pour se replacer en tête de course.

« Je flat K10 au bouton après un open HJ et BB call. Le flop vient J94, check-check et je bet small, payé par bouton. Turn 2, nouveau check et je fais 110%, il paie encore. River Q, il fait un bet étrange, 2 200 dans 18 000. Je raise 18 000 et il m’envoie tapis ». Bon appétit Jonathan, qui s’empresse de payer avec les nuts. C’est juste mieux que seconde nuts, soit 108 chez la big blinde. Quelques pots plus tard, Pastore passe la barre des 200 000. - Fausto

Finck straight

À un peu plus d'une heure de la fin de journée, on tient le potentiel chipleader du clan tricolore. À vingt mètres à peine du banc de presse (voilà qui est bien pratique), Jérôme Finck est assis devant un tapis de 260 000, plus très loin des 286 000 pions empaquetés par Julien Martini lors du Day 1B. "Je suis passé de 130 000 à 260 000 en 45 minutes au retour du dinner break, explique l'Alsacien. Ça avait pourtant mal commencé parce que je me fais craquer les As d'entrée. Mais derrière c'est moi qui craque les As avec deux Dames pour remporter 40 000 et éliminer un joueur. Ensuite je fais quinte river contre un autre qui avait deux Rois. Et j'ai aussi passé brelan de 10, encore contre deux Rois." C'est ce qu'on appelle un bon gros tout droit. "Bon par contre depuis c'est le calme plat. Mais tout va bien, je ne me plains pas !" Il ne manquerait plus que ça. - Flegmatic

Le cas Souf

Kassouf

Vous vous souvenez de William Kassouf ? Bien sûr que vous vous souvenez de William Kassouf ! Il y a sept ans, l'avocat anglais avait cassé la tête de l'intégralité des joueurs avec qui il avait tapé le carton, claquant un fameux "Nine High Like a Boss!" resté dans la légende, avant de se faire gronder comme un petit garçon par la direction du tournoi, pour finalement se faire slowroll par le vilain Griffin Benger, qui avait mis fin à son parcours en 17e place. Will Kassouf, c'est le type de personnalité que le Main Event adore mettre en avant, et qui adore se servir du Main Event pour prendre la lumière.

Après cette semaine de gloire, le Londonien a rapidement confirmé en s'offrant un High Roller à 10 000 € à l'EPT Prague, avant de retomber peu à peu dans l'anonymat. Depuis, c'est principalement dans la rubrique "faits divers du poker" que s'illustre Kassouf, pour de multiples démonstrations de comportement plus que bordeline, voire carrément des allégations de triche. Et sinon, niveau poker, ça donne quoi ? Se faisant plutôt discret dans un coin de la Ballroom du Horseshoe, nous l'avons vu payer la mort dans l'âme une petite mise de 6 000 avec deux As sur un board KTJK8, non sans avoir fait remarquer qu'il ne battait grosso modo qu'un bluff. Sauf qu'en face, il y avait un full, avec une belle paire de 10. Rien de dramatique pour Will, qui conserve un tapis légèrement supérieur au stack de départ. - Flegmatic

Qu'est-ce qu'on se marre

Scotty

Nous avons trouvé la table la plus sympa du field. Elle est située dans la zone Red de la Ballroom du Horseshoe, porte le numéro 511 et autour d'elle se trouve, sans grande surprise, Scotty Nguyen. Même à 60 ans passé, le Champion du Monde 1998 et quintuple détenteur de bracelets continue de diffuser une ambiance détendue et enjouée partout où il passe. Alors si en plus se trouve à côté de lui le volubile producteur de cinéma Randal Emmett - le mec qui s'était payé un orchestre pour son entrée sur le Big One en 2018, photo ci-dessous - vous pouvez être sûr que les sept autres joueurs à table ont passé une bonne journée. Ou du moins une journée bruyante. Et que ça papote pendant les coups, et que ça lâche des tips de 100 $ au serveur qui vient ramener un verre de vin rouge, et que ça apostrophe les couvreurs... On serait bien resté jusqu'à la fin de la journée.

Randal Emmett

Une fin de journée qui s'annonce compliquée pour Scotty. Nous l'avons vu envoyer trois sacoches sur 5Q44K, dont une dernière à 15 000. Payé par sa voisine d'en face, il retourne un Roi-Dame attrapé en plein value cut contre une paire d'As. Hang in there, baby! - Flegmatic

Statistiques, anecdotes et citations à la con

Alex Hernando

Trois Team Winamax en finale des WSOP ! Un triplé mémorable réalisé par Caroline Darcourt (10e), Clément Andreolli (6e) et Alex Hernando, qui termine runner-up du prestigieux Media Event. Notre couvreur espagnol réalise l'une de ses plus belles perfs en carrière et repart avec un score colossal de 400 $ à dépenser à la boutique du Horseshoe, ainsi qu'un très beau sac à dos.

1982 : l'année où Scotty Nguyen a emménagé à Las Vegas. Et vous, vous faisiez quoi il y a 41 ans ?

La France ne remportera pas pour la deuxième année consécutive la Coupe du Monde des joueurs de poker. Emmenés par leur sélectionneur Ivan Deyra, les Bleus se sont inclinés en demi-finale contre Israël.