Level 3 : Blindes 200 / 400 BB ante 400
Main Event 10 000 $ (Day 1D)
IllicoFoldo
Ses stories Instagram (source inépuisable d'informations pour le couvreur poker moderne) nous ont appris l'arrivée toute récente de Cédric Danneker. "Je suis là depuis deux jours, détaille IllicoBusto. Je suis allé jouer un peu de cash game au Paris histoire de me mettre en jambes. J'ai fait une session dans la King's Lounge, c'était très sympa. Un mec s'est pointé à table en annonçant : 'My name is Mister Bluff.' Et effectivement, il a beaucoup bluffé." Son Main Event en revanche a bien failli beaucoup moins bien se passer, mais il a réussi à appuyer sur le bon bouton au bon moment. "Un mec m'a 5-bet à tapis préflop, j'ai fold les Rois. Il avait les As." Une esquive quasi miraculeuse que beaucoup n'ont pas su éviter sur le Main Event. Il faut dire que l'ancien candidat Top Shark sait jouer très deep. De joueur de tournoi exclusif, il s'est récemment tourné vers le cash game. "Je continue à jouer les sessions du dimanche sur Wina et de faire quelques vidéos en MTT pour Spin for Win, mais le reste du temps, je ne fais que du cash, oui." Petite surprise : pour son premier tournoi live depuis un an - "La dernière fois c'était le WPO Bratislava." - le vainqueur du KING5 2021 a pris place juste à la droite de Julien Sitbon. "C'est quand même improbable, ça nous était déjà arrivé sur le Main Event de l'EPT Prague, alors que je joue très peu de gros tournois. En tout cas ça ne me dérange pas, je préfère ça et pouvoir discuter, sinon je m'ennuie." Et on sait que sur le Main Event, les journées peuvent être longues. Surtout en faisant d'aussi gros folds. - FlegmaticLe côté obscur du setup
Ça ne va pas fort pour Sébastien Guidez. "Je me suis fait déstacker, souffle le finaliste du 500 $ Freezeout. J'avais plus de 100 000, il me reste 18 000. Et encore, j'étais tombé à 11 000." La dégringolade est facile à résumer : un bon vieux setup perdu avec deux Rois... contre deux Dames. "Tout part préflop, il frappe la Dame tout de suite." Un coup du sort cruel, d'autant que Seb' était plutôt dans la zone jusque-là. "J'ai hero call troisième paire contre le monsieur au siège 8, j'ai gagné avec brelan de 10 contre deux Dames chez madame en face, et j'ai bien value As-Dame contre mon voisin à droite." Allez, tout est à refaire, mais une journée sur le Main Event consiste aussi à savoir encaisser avant de repartir de plus belle. - Flegmatic
Marc, et ça repart
Notre qualifié Expresso Marc Schmitt (photo) est en danger au moment où nous arrivons à sa table. Après avoir limp en premier de parole, il paie la relance à 1 300 d'un joueur en milieu de position, comme l'avaient fait le hi-jack et la grosse blinde avant lui. Puis, sur un flop 9
6
2
, il prend l'initiative en poussant au milieu ses derniers 10 900 jetons. Le relanceur initial et la grosse blinde restent dans le coup, ouvrant au Français un spot de triple up. Le turn 8
est de nouveau misé par l'OR, à hauteur de 20 000, avant que les deux joueurs ne tapotent la table sur le J
river. Une cinquième carte magique pour Marc, permettant à sa paire de Valets de repasser devant le 9
8
du joueur en MP. Retour au-dessus des 30 000, pour un bon bol d'air. Joueur associatif pur jus, membre de l'Association Val d'Oye du côté de Belfort, Marc va pouvoir profiter un peu plus longtemps de son Main Event. - Flegmatic
Chevre.Miel stonks
"La value de ce Day 1D est folle si on ne joue pas du tout en 10-handed !" Nicolas Vayssières est tout heureux d'avoir choisi cette journée pour commencer son Main Event, et on le comprend. Si ce Day reste privilégié par une majorité d'amateurs américains, le public semble, pour une fois, avoir entendu l'avertissement des WSOP concernant un potentiel embouteillage. La différence d'affluence entre 1C et 1D ne devrait pas être aussi prononcé que les années précédentes et l'organisation n'a même pas eu besoin de recourir au tant décrié (du monde par les Européens) jeu à dix par table. "Tu imagines, on va retrouver les mêmes joueurs au 2D !" Et à regarder les voisins de Chevre.Miel, cela ressemble à une excellente nouvelle. "Tu ne vas pas me croire, mais le plus mauvais c'est celui en siège 3," glisse-t-il en désignant... le joueur le plus jeune de la table. Histoire de confirmer les dires de Nico, celui-ci se lance alors immédiatement dans une séquence de limp/call en début de parole, avant un donk bet au hauteur du pot sur un flop A
5
2
. CQFD. - Flegmatic
Sacha (D)Rymland
Son début de Main Event se passe comme dans un rêve. « J’ai gagné à peu près tous les pots que j’ai joués » débute Sacha Rymland, qui ne cache pas avoir eu « beaucoup de réussite ». Comme souvent, le spécialiste de cash-game analyse sa partie avec beaucoup de modestie. Nul besoin de bad-beats, seulement de mains parfaitement valorisées face à des joueurs un brin audacieux.
Sur la première par exemple, Sacha reçoit deux As après un open 600 LJ et un call HJ. Le joueur de cash-game augmente les enchères à 3 000 et trouve un client au Low-Jack. Le flop vient Q
7
4
, c-bet 1 500, payé. Turn 4
, second-baaaaar 8 000, payé encore et pour être sûr d’être devant, un A
sur la river. Sacha demande à son opposant ce qu’il lui reste, soit 28 000 jetons. Payé par… 4
3
. Monsieur a voulu la mettre à Sacha, il a été puni !
Quelques mains plus tard, nouveau spot bien agréable. « Open 6x d’un Américain qui joue littéralement 100% des mains, je paie 10
9
au bouton et la BB, un joueur qui connait tout juste les règles paie aussi Le flop vient Q
7
8
, c-bet 2 000, payé, payé. Turn 6
, ça check jusqu’à moi, j’envoie 8 000, payé par la BB. River 2
, je fais 23 000 et il me paie en quelques secondes ».
On ne sait pas ce qu’il y avait en face, mais chez Sacha, il y avait à les nuts. 164 500 pour le pote des Mehdi Chaoui, premier chipleader du clan français. - Fausto
Jordan, la pointure au-dessus
Encore un Français ayant démarré son tournoi du bon pied. Jordan Pailha a rapidement pris le chiplead d’une table pourtant compliquée. « J’ai déchatté le Seat-draw : il n’y a aucun client » affirme le joueur, posté devant plus de 110 000 jetons. S’il n’a pas été verni au niveau du siège, le joueur admet volontiers sa chance cartes en mains. « J’ai fait flush over flush, puis full over full » résume Jordan. « Et encore, j’aurais pu tout lui prendre mais je suis tombé sur un adversaire prudent. Il a préféré call sur certaines streets où il aurait pu raise ».
Pailha a également connu une situation assez unique en début de journée. Tandis qu’il devait s’asseoir au siège 9, les floors lui ont proposé d’intervertir de siège avec un joueur afin de faciliter le déroulement du jeu. - Fausto
Poker beyond the dark
En effet, un certain Steven Iglesias s’apprêtait à combattre à la même table que Jordan. Grinder professionnel, le Norvégien a été touché par une rare maladie génétique, entrainant une perte totale de sa vue. Ayant dû stopper le poker pendant deux ans, Steven a pu reprendre sa passion et son travail en s’associant à Daniel.Les deux hommes forment le duo “BlindGuy789” sur Twitch, sont sponsorisés GGPoker et voyagent partout dans le monde pour jouer au poker. Iglesias prend toutes les décisions et Daniel est ses yeux. Il chuchote à son oreille pour l’informer des cartes qui lui sont servies et décrit à voix haute les boards qui apparaissent.
Leur complicité est manifeste. « Cela fait maintenant sept ans qu’on travaille ensemble » me précise Daniel, qui touche 20% des gains remportés par son collègue joueur. Évidemment, l’assistant doit lui aussi maintenir la Poker face, afin de ne délivrer aucune information, et porte les mêmes lunettes de soleil que son partenaire. - Fausto
Statistiques, anecdotes et citations à la con
2 : c'est le nombre de membres de l'équipe qui s'en vont participer au Super Media Freeroll Turbo Chatte Tournament, dont ils ont appris l'existence environ quatre heures avant le coup d'envoi. Le vainqueur sera celui qui réussira à terminer la journée sans devoir retourner bosser.
Le concours de la plus belle chemise se poursuit...
... affluence oblige, les prétendants ne manquent pas
Moins remarqué que le Monsieur Loyal de Phil Hellmuth : l'Empereur Palpatine version Joe Hachem (vainqueur en 2005)
Depuis près de 20 ans, les murs des WSOP sont décorés avec les portraits de chaque vainqueur du Main Event depuis 1970. Les bannières sont gigantesques et font le tour de la salle dans l'ordre chronologique. Avec deux exceptions : ont été accrochées à part, et bien en vue, les portraits de Doyle Brunson et de Chris Moneymaker. Après tout, existe-t-il deux personnages plus importants qu'eux pour raconter l'histoire du poker, l'ancienne et la moderne ?












