Level 5 : Blindes 300 / 600 BB ante 600
Main Event 10 000 $ (Day 1A)
Quatre tapis dans le vent
N'y allons pas par quatre chemins : dans toute notre vie de couvreur poker et en cinq Main Events WSOP, jamais il ne m'avait été donné d'assister à un coup comme celui qui s'est déroulé à la table d'Alexis Lucarini (photo) et Thomas Eychenne. Comme toutes les meilleures mains, celle-ci commence par un limp, en occasionnant... six de plus, dont les deux Français dans les blindes. Un simple flop 6
5
2
suffit à ce que l'action s'emballe au-delà du raisonnable. Après trois premiers checks, le joueur UTG+1 lance les hostilités en partant à tapis pour ses derniers 11 500 jetons. C'est ensuite au joueur qui avait causé un gros mal de tête à Thomas Eychenne quelques heures plus tôt de parler, qui décide de faire monter les enchères à 25 000. Ce n'était visiblement pas assez cher pour le bouton, qui annonce à son tour "all-in", alors qu'il couvre tous ses adversaires. La parole revient alors sur Alexis... qui paie sans sourciller. Thomas et le joueur UTG s'enfuient de ce bourbier, laissant le cut-off prendre la décision de rajouter ou non ses derniers 33 100 jetons... ce qu'il finit par faire, un brin désabusé. Le reste de la table n'en revient : dans un enchaînement de décisions digne de Casino Royale, c'est un pot monstrueux qui vient de se former, pouvant sceller le destin de pas moins de trois joueurs. Il est temps de retourner les jeux :
K
Q
chez le short stack, pour flush draw.
5
3
chez le cut-off, pour deuxième paire et tirage quinte flush.
5
5
chez le bouton, pour deuxième brelan.
Et enfin 4
3
: la quinte chez Alexis, le jeu max à ce stade !
Personne n'en croit ses yeux, tout le monde a trouvé un petit, voire un gros quelque chose sur ce flop et peut encore gagner le coup. Pourtant, et c'est un petit miracle pour le clan français, un A
et un 8
viennent compléter le board, laissant les positions en l'état. Alexis Lucarini encaisse donc un pot de presque 175 000 et se positionne comme le nouveau chipleader tricolore. Il n'y a décidément que le Main Event pour nous offrir des coups pareils ! - Flegmatic
Petit Samy devenu grand
Qu'il parait loin le temps où nous faisions la connaissance de Samy Boujmala à l'occasion du Main Event 2018. Pour son premier Big One, le Sudiste avait terminé à une très honorable 375e place (sur 7 874), mais victime d'un vilain bad beat avec deux Rois perdant contre As-Valet. "Quelque chose nous dit qu'il ne compte pas en restait là," avait-on alors écrit, prophétiques. Si la confirmation a mis un peu plus de temps que prévu à se concrétiser, Samy est depuis entré dans une autre dimension, signant coup sur coup cette année une finale EPT (5e à Monte-Carlo) puis WSOP (6e du "3K 6-max"). Pour l'heure, les frissons attendront sur ce Main Event millésime 2023. "Je n'ai fait que tourner entre 50 000 et 70 000," précise-t-il, alors que nous l'avons compté à notre passage à... 60 000. Allez, l'important, c'est de trouver un sac pour le Day 2. - Flegmatic
Jaka dit j'ai rien
Ouverture à 1 200 du cut-off. Call de la petite blinde. En BB : un certain Faraz Jaka (photo), qui 3-bet lourd : 6 700. Pas assez lourd, cependant, pour impressionner ses deux adversaires, qui paient.Le flop tombe 3
10
5
. Check de la SB, Faraz ne souhaite pas c-bet. C'est donc le cut-off qui mise : 7 000 tout rond. La SB prend son temps avant de lâcher l'affaire. Faraz paie assez vite.Turn : 2
, aucune action, allons directement à la rivière, un 6
.Faraz s'empare de quatre jetons rouges et autant de jetons jaunes, composant une grosse mise de 24 000. "Combien ?" demande le cut-off, qui ne tarde pas à payer avec J
J
. Une couleur loin d'être max mais qui convient parfaitement contre le A
K
bluffé par Jaka. A noter que ce ratage emiette à peine le tapis de Jaka, qui a semble-t-il vécu un très bon Day 1A : il pointe toujours à 180 000, soit trois stacks de départ. - Benjo
Guerrero en finale
"Je suis déjà en table finale !" se marre Jimmy Guerrero. Façon de parler : sa table dans la zone Red vient de casser, et il y avait une place libre sur la table télévisée de PokerGo. Le tirage au sort a choisi Jimmy. "Elle est costaud, non ?" me glisse-t-il en s'approchant du podium muni de son stack de 108 000. Un peu, oui : j'y reconnais Tony Dunst, Farah Galfond, Dewey Tomko et Alex Keating. Un mélange de jeunes pros, de vieilles légendes et de people affutés.Le runner-up de l'EPT Barcelone se les mettra pourtant dans la poche en deux temps trois mouvements, répétant la blague introduite dans le paragraphe précédent, puis relançant immédiatement après avoir pris place. En face : fold, fold, fold, fold... "Vous avez l'air gentils. C'est sympa de me la laisser !" Nouveaux éclats de rire. Mais 3-bet de la grosse blinde. "Tu me montres si je fold ?" Jimmy plaisante, bien sûr. Comme d'habitude. Il abandonne. Il lui reste un peu plus d'une heure pour les faire marrer. Et si possible les dépecer. - Benjo
Rebei freezeout
Une absence qu'il nous a été impossible de manquer à la table du héros du premier paragraphe de cet article, Faraz Jaka : celle de Karim Rebei. On ignore comment la révélation de l'édition 2022 est passée de 120 000 à zéro jetons en cinq heures de jeu. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il va nous manquer sur cette édition 2023. Alejandro Lococo va devoir se trouver une nouvelle nemesis ! - Benjo
Statistiques, anecdotes et citations à la con
2 et 3 : le nombre de shots commandés en table 661, respectivement de tequila et de whisky. Quitte à finir la journée, autant la finir en beauté.





