Winamax

Trombinoscope : les 56 Français ITM sur le Main Event

- 11 juillet 2022 - Par Benjo DiMeo

Stonks ! Le clan tricolore signe un nouveau record de lignes Hendon Mob sur le Big One
 

FR ITM Main Event WSOP 2022
De gauche à droite, bravo à :
Gaëlle Baumann, Rosalie Petit, Thi Nguyen, Sarah Herzali,
Romain Lewis, Paul Amsellem, Rabah Ait Abdelmalek, [joueur inconnu],
Sami Bechahed, Fabrice Bigot, Romain Bremond, Rémy Castaignon,
Matteo Cavelier, Serge Chechin, Maxime Chilaud, Sylvain Cisterna,
Benjamin Constant, Pierre De Almeida, Kenny Deffrasnes, Elliot Kessas,
Gabriel Devidal, Samuel Dray, Lois Dufouleur, Guillaume Dupuy,
Igor D’Ursel, Thomas Eychenne, Jonathan Fhima, Alexandre Girardin,
Mickaël Guenni, Florian Guimond, Quentin Guivarch, Adrien Guyon
Mathieu His, Antoine Labat, Julien Loire, Julian Milliard,
Emmanuel Nakache, Adel Naoun, Cyril Peralez, Ludovic Periaux,
Alexandre Réard, Karim Rebei, Florian Ribouchon, David Rotschild,
Jérémy Saderne, Steve Savio, Timothée Scotti, Leo Soma,
Ludovic Sultan, David Susigan, Nicolas Torossian, Nicolas Vayssieres,
Simon Wiciak, Lyor Yiflach, Giuseppe Zarbo, et Jérome Zerbib


Historique FR Main Event 2005 2022Diantre, mais jusqu'où iront-ils ? Avec un tel contingent, on a envie de croire très fort aux chances d'une nouvelle accession en finale d'un des nôtres... Et pourquoi pas deux comme en 2017 ? Ou plus ? Rêvons, rêvons...

1 299 joueurs franchissent le Day 3

- 10 juillet 2022 - Par Fausto

Day 1A : 896 joueurs (officiel) / 631 restants (dont 18 Français)
Chipleader : Cedrric Trevino (USA) 317 800
Day 1B : 879 joueurs (officiel) / 634 restants (dont 24 Français)
Chipleader : Patrick Hagenlocher (USA) 332 800
Day 1C : 1 860 joueurs (officiel) / 1 376 restants (dont 41 Français)
Chipleader : Patrick Clarke (Irlande) 397 200
Day 1D : 4 370 joueurs (officiel) / 3 294 restants (dont 89 Français)
Chipleader : Hao Chen (USA) 580 100
Day 2ABC : 2 789 joueurs (officiel) / 1 260 restants (dont 49 Français)
Chipleader : Gavin Munroe (USA) 1 061 500
Day 2D : 3 749 joueurs (officiel) / 1 733 restants (dont 58 Français)
Chipleader : Muhammad Abdel Rahim (USA) 936 500
Day 3 : 2 993 joueurs (officiel) / 1 299 restants (dont 56 Français)
Chipleader : Aaron Mermelstein (USA) 2 059 000

CLIQUEZ ICI POUR LE CLASSEMENT COMPLET ET DÉFINITIF DU DAY 3

Top 10

WSOP 2022

Aaron Mermelstein (USA) 2 059 000
Michael Rocco (USA) 1 866 000
Gabi Livshitz (USA) 1 835 000
Brandon Lulov (USA) 1 679 000
Leo Zamarripa (USA) 1 643 000
Jake Abdalla 1 615 000
Thi Nguyen (FRA) 1 600 000
Jordan Miller (USA) 1 580 000`
Mathieu His (USA) 1 565 000
Ian Armstrong (UK) 1 563 000

56 Français

WSOP 2022

Thi Nguyen 1 600 000
Mathieu His 1 565 000
Karim Rebei 1 402 000
Julian Milliard 1 225 000
Steve Savio 1 220 000
Igor Dursel 1 201 000
Serge Chechin 1 097 000
Maxime Chilaud 1 013 000
Rémi Castaignon 956 000
Fabrice Bigot 906 000

Florian Guimond 816 000
Antoine Labat 779 000
Pierre De Almeida 646 000
Jonathan Fhima 614 000
David Susigan 577 000
Adrien Guyon 569 000
Thomas Eychenne 524 000
Adel Naoun 516 000
Alexandre Girardin (Qualifié Winamax) 514 000
Nicolas Vayssières 510 000

Romain Lewis 500 000
Sylvain Cisterna 492 000
Quentin Guivarch 485 000
Sami Bechahed (Qualifié Winamax) 484 000
Matteo Cavelier 479 000
Benjamin Constant 474 000
Gabriel Devidal 466 000
Guillaume Dupuy 462 000
Giuseppe Zarbo 445 000
Romain Brémond 432 000

Alex Réard 389 000
Samuel Dray 382 000
Gaelle Baumann 372 000
David Rotschild 321 000
Jeremy Saderne 310 000
[joueur inconnu] 301 000
Leo Soma 299 000
Simon Wiciak 272 000
Cyril Peralez 260 000
Julien Loire 232 000

Eliott Kessas 230 000
Kenny Defrasnes 221 000
Sarah Herzali 218 000
Mickael Guenni 212 000
Jerome Zerbib 186 000
Lois Dufouleur 172 000
Rabah Ait Abdelmalek 170 000
Ludovic Periaux 153 000
Rosalie Petit 146 000
Florian Ribouchon 142 000

Timothée Scotti 113 000
Ludovic Sultan 106 000
Paul Amsellem 66 000
Emmanuel Nakache 62 000
Nicolas Torossian 48 000
Lyor Yiflach 42 000

Le reste du field (sélection)

Martin Zamani 1 483 000
Cliff Josephy 1 203 000
John Juanda 1 097 000
Ali Imsirovic 1 128 000
Tyler Cornell 920 000
Jared Jafee 829 000
Ramon Colillas 518 000
Philippe Hui 500 000
Kenny Hallaert 224 000
Marcel Luske 437 000
Damian Salas 405 000
Adrian Mateos 346 000 (Team Winamax)
John Cynn 343 000
JC Tran 399 000
Alexandros Kolonias 258 000
Chris Moneymaker 268 000
Bryn Kenney 232 000
Ryan Riess 218 000
Benny Glaser 190 000
Greg Merson 168 000
Maria Konnikova 158 000

Blindes au départ du Day 4 : 4 000 / 8 000 BB ante 8 000

Une bulle anti-stress

- 10 juillet 2022 - Par Fausto

Les places payées du Main Event s'ouvrent dans une atmosphère festive et détendue
Le clan tricolore bat son record de joueurs ITM sur le Big One

Bulle Main Event
Sur les écrans indiquant le nombre de joueurs restants, le compteur reste figé pendant de longues minutes. 1 348 survivants, dans un Main Event qui n’offre que 1 300 places payées. Puis d’un coup d’un seul, le nombre descend de 13. Les floors viennent d’enregistrer les dernières éliminations. 

Il en est ainsi à chaque nouvelle salve. Toutes les cinq minutes, le tableau de bord affiche 35 puis, 12, puis 5, puis 4 joueurs de trop pour atteindre l’ITM. Il est 23 heures 40, Jack Effel prend le micro : le "main-par-main" peut commencer. 

La chorégraphie habituelle se met en place. Les spectateurs se ruent autour des barrières. Les copains encouragent, les conjoints envoient leur amour, un baiser à leur moitié pour surmonter l’épreuve fatidique. Au micro, les floors leur répètent incessamment de ne pas pénétrer dans l’espace de jeu, mais toute cette effervescence devient difficile à contrôler. 

Dans l’arène, le temps s’étire pour les shortstacks, qui calcule le nombre de coups qu’il leurs reste avant de se retrouver sans jetons. Ils voient les blindes arriver dangereusement vers eux, sont prêts à tout folder pour survivre. « Même si je touche deux As, je couche, affirme Nicolas Torrossian, qui compte moins d’un stack de départ au début du main par main. Ironie du sort, le Français est assis deux places à droite de Kevin Campbell, le bubble-boy de l’année dernière, et qui était sortie… Avec les As (contre As-9).

Bulle Main Event
Du côté des gros stacks, c’est la détente. Ils abusent de leur tapis, mettent la pression, ramassent les blindes puis se lèvent pour aller discuter avec le pote de la table d’à côté, généralement armé d’une bière, que le staff amène sur de larges plateaux. Toutes les trente secondes, un nouveau serveur apparaît des cuisines pour se diriger vers la salle, puis se fait dévaliser aussitôt par une armée de joueurs qui se ruent sur lui, puis mettent les dollars directement dans sa poche, en échange des précieuses pintes. L’attente donne soif.

Bulle Main Event
C’est que les minutes sont longues entre les différents all-in & call. Il faut attendre que toutes les 115 tables aient fini, que l’on sache le nombre de joueurs à tapis, que les caméras et Jack Effel soient informés de leur localisation et de l’ordre de retransmission. À chaque nouvelle donne, les joueurs doivent attendre en cinq et dix minutes. Pour tuer l’ennui, ils font connaissance avec leur voisin de table, se lèvent ou appellent carrément un pote, ou leur famille par Skype pour partager le moment. J’ai vu par exemple des bébés et des enfants en bas âge regarder en direct un bulle de ce Main Event par iPhone interposé.

Des téléphones et tablettes connectés qui d’un coup, se font bousculer par une batterie de caméra PokerGO. Le floor Nate ouvre la voie avec autorité pour laisser passer l’escadron : Jack Effel arrive pour raconter le coup à tout le monde, via les haut-parleurs. Lui et sa meute iront de tables en tables pendant 80 minutes, pour trouver les quatre derniers bustos.

Deux salles, trois bubble-boys, une bulle

Bulle Main Event
Le premier est mis à tapis directement sur sa grosse blinde. À vrai dire, le pauvre Seyed Nabavi n’a même pas de quoi payer l’ante. Le chipelader de la table Phuoc Nguyen lui a tout demandé avec K7, en position favorable contre son 103. Le flop J6658 ne sera d’aucune aide à Seyed. Il ne reste plus que 1 303 joueurs dans ce Main Event, puis 1 302 après une autre élimination. L'histoire ne retiendra pas le nom du joueur mais on n'oubliera pas la scène : celle d'un homme vivant une déception comme seul le Main Event peu en produire, restant figé deux longues minutes à table, le temps de réaliser et encaisser, puis qui se lève d'un coup, sonné, les larmes lui venant presque aux yeux.

Bulle Main Event
Quelques tours seront nécessaires avant de trouver de nouveaux sortants. L’effervescence repart de plus belle, les plateaux de bières tournent à plein régime, les joueurs vont et viennent dans les salles de jeu, mais tout le monde s’arrête lorsque les enceintes se rallument. En effet, l’affluence de ce Main Event était si nombreuse qu’une seule room ne peut accueillir 1 300 personnes.

Les survivants sont donc répartis entre l’Event Center et la Paris Ballroom. Évidemment, les joueurs situés dans l’un, ne peuvent pas assister aux all-in & call situés dans l’autre et c’est donc par le son que les joueurs peuvent vivre la bulle, sur les enceintes diffusant les commentaires de Jack Effel qui va de tables en tables pour raconter l’action… Qui se termine quatre fois sur cinq par « We’ve got a double-up !».

Après vingt minutes sans élimination, une nouvelle annonce de Jack Effet provoque les clameurs. « We’v got five all-ins and calls  (nous avons cinq tapis payés) ». Un joyeux frémissement parcourt la salle. Ça pourrait être pour maintenant. Si deux des cinq mains causent une élimination, c’en est fini !

Bulle Main Event
Mis à tapis de blinde, Robert Lipkin espère une main pour pouvoir défier le 99 du Hijack. Il retourne… 54. Q8KJ7. Lipkin est out. Et de un.

Bulle Main Event
Le deuxième joueur à tapis dans l’Event Center répond au nom d’Ognjen Sekularak. Avec son QJ, il est bien devant le Q5 de Ian Armstrong sur le flop QJ8. Le 7 turn agite un peu la foule, le 10 la fait carrément exploser ! En une couleur backdoor bien salace, les 1 300 survivants de ce Main Event 2022 viennent d'entrer dans l'argent.

Bulle Main Event

Enfin, peut-être pas Tom Mc Cormick qui lui aussi est à tapis dans le Paris Ballroom. S’il bust, il devra splitter le premier palier de 15 000 $ avec ces deux compagnons d’infortune. En attendant que Jack Effel et son arsenal de caméras fassent le voyage jusqu’à la salle, le grand-père a sorti sa Bible bleue sur la table, en parfaite harmonie avec sa casquette « I Love Jesus ». Il a l’air tellement gentil que pour une fois, les autres joueurs réclament le double-up du possible bubble-boy. « A King ! », scande la foule, puisque Tom a mis sa dernière blinde avec K3, contre le 76 de Vladimir Geshkenbein.

Quelques sueurs sur le flop 844. Puis un cri de déception sur le 5 turn. Jésus n'a pas su éviter la quinte ventrale, la rivière sera retournée par pure forme : Tom rejoint ces deux prédécesseurs tandis que le Russe met définitivement fin à la bulle de ce Main Event 2022.

Excursion en terres françaises

Rosalie
Profitant d'un tournoi virtuellement mis à l'arrêt pendant une bonne heure et demie, nous avons eu largement le temps de faire trois fois le tour de la salle et prendre des nouvelles d'un maximum de joueurs. Parmi ceux qui attendaient la bulle patiemment, sans stresser mais sans aucun intérêt à tenter un move, il y avait Timothée Scotti (120 000, "c'est mon premier Main Event depuis 2019, je ne le joue que quand je gagne un sat"), Sarah Herzali (218 000), Ludovic Sultan (108 000), Mickael Guenni (250 000), Rosalie Petit (150 000, photo), ou encore Jérôme Zerbib (220 000). Avec ses 500 000, David Susigan pouvait afficher un grand sourire : short-stack douze heures plus tôt, il avait réussi à passer le premier flip, celui de la survie, lui permettant de rejouter au poker et monter des jetons. Du côté des joueurs en position dominante, qui avaient tout loisir d'endosser le rôle de capitaine de la table, il y avait le décidément incontournable Julian Milliard, Igor D'Ursel, Maxime Chilaud, Adrien Guyon, Serge Chechin, Thi Nguyen et Karim Rebei, tous planant au-dessus de la stratosphère du million : ce Day 3, ils ne l'ont pas vécu à la place du mort, mais au volant.

Ayant semble-t-il souscrit un abonnement à vie aux ITM sur le Main Event, Giuseppe Zarbo a eu tout loisir de se foutre de nous lorsque l'on a suggéré que les organisateurs allaient peut-être arrêter le Day 3 avant la bulle. "Mais Benjo tu es fou ! Évidemment qu'ils vont faire la bulle ce soir ! Y a les caméras et tout. Tu devrais le savoir, après quinze Main Event !" C'est pas faux... et c'est avec l'assurance d'un vieux routard que Zarbo a enregistré son 282e ITM sur le plus beau tournoi du monde avec un stack de 400 000, un peu plus que celui de [joueur inconnu], le banquier d'affaires qui lui n'en était qu'à son premier, de Main Event.

BUlleD'autres joueurs se sont fait remarquer par leur absence, comme Adrien Allain, Virgile Turchi, Eric Bensihmon ou Harry Touil. Ce dernier était pourtant encore assis même pas trente minutes avant le lancement du hand for hand. Mais parmi certains qui avaient déserté les lieux, il n'y avait pas que des bustos. Témoin Alexandre Girardin (photo), croisé à l'extérieur en compagnie des fumeurs. "Qu'a-t-on de mieux à faire ?", lui ai-je demandé en allumant une clope de plus. "On a le temps de finir le paquet !" a-t-il lâché. Avec ses 500 000, celui qui doit sa présence sur le Main Event à 25 euros n'avait pas, lui aussi, grand-chose à faire que d'attendre tandis que Jack Effel courrait de table en table à la recherche du prochain éliminé. Dehors ou dedans, cela revenait au même.

BulleÀ une table près du rail, Sylvain Cisterna restait sagement assis avec ses 550 000, tandis que Jérémy Saderne tentait de ne pas se faire éblouir par les projos de la table télé. Avec un stack final en dessous de la moyenne (310 000), il confiera après coup ne pas avoir joué une seule main sur les deux dernières heures de la journée. Paul Amsellem (photo), lui, partait en quête d'une deuxième bière : avec ses 10 blindes, puis bientôt 8 après l'augmentation de niveau, c'est un triomphe modeste qu'il pouvait savourer avec quelques gorgées au houblon, après deux journées entières passées à graviter avec le tapis de départ et guère plus. Téléphone en main, Romain Lewis faisait profiter ses followers d'un live Instagram, tout en nous racontant le spot de rêve qui avait relancé une journée entamée de manière catastrophique : deux As contre As-Roi. "Il m'a pris pour un fou, il m'a 5-bet all-in. J'avais 200 000 et lui 250 000."

Malgré l'heure tardive et la proximité du dénouement, il était encore l'heure pour faire des découvertes, comme Samy Bechahed, découvert par hasard par notre confrère Florence Mazet : avec son drapeau américain sur chip-count, le supporter du PSG qualifié via un satellite sur Winamax nous échappait depuis trois jours. Muni du tapis de départ en début de Day 3, une succession de paires d'As le tirera des profondeurs du classement : c'est avec presque un demi-million et donc en total détente qu'il vivra la bulle.

Thomas Eychenne, Matteo Cavelier, Samuel Dray, Simon Wiciak, Cyril Peralez, Florian Ribouchon, Gaëlle Baumann, Antoine Labat, David Rotschild, Alexandre Réard, Pierre De Almdeira : la liste des Français qui attendaient la délivrance aux alentours de une heure du matin s'étire semble-t-il à l'infini. Elle est ici incomplète, mais il est déjà assuré que le fichier officiel que nous relaierons d'ici peu contiendra un nombre record de tricolores ITM. Année après année, nos rangs grossissent sur le plus beau tournoi de poker du monde. En quantité comme en qualité.

Une mention pour ceux qui n'ont pas vécu la bulle du Main Event 2021 : Bruno 'Kool Shen' Lopes, Benjamin Ane, Antonin Teisseire, Ugo Faggioli, Cédric Angosto, Thomas Deleiris, Matthieu Teffaud, François Pirault, Loïc Debregeas, Benjamin Hammann, Laury Vanlerberghe, Quentin Roussey, Ahmed Sylla, Adrien Allain, Virgile Turchi... Liste non exhaustive, bien entendu.

Jeremy Saderne
Jeremy Saderne a passé une bonne partie de la journée sur le plateau télévisé, à une table qui comportait notamment Talal Shakerchi. Le détenteur d’un bracelet WSOP signe aussi son premier ITM sur le Main Event et reviendra avec 310 000

Thomas Eychenne
Thomas Eychenne réussit son 2e ITM en trois participations et disposera de 484 000 jetons pour le Day 4, après une journée qui l’a vu tomber très bas : “La patience a payé !”

Florian Ribouchon
Pour Flo Ribouchon, il n’y aura pas 36 solutions demain, avec un tapis de 140 000 qui représentera 17 BB

Samy Bechahed
Pour son premier Main Event, celui qui est passé sous nos radars toute la journée (mais pas celui de notre collègue Flo) malgré son survet' du PSG termine avec 484 000. Bravo Samy Bechahed ! “Maintenant, ce n’est que du bonus. On va pouvoir prendre des risques demain !”

Mickael Guenni
Mickael Guenni a fait ce qu’il sait le mieux faire : résister. Il termine avec environ 250 000

Sarah Herzali
Sarah Herzali réussit sa troisième place payée sur ce tournoi

JC Tran
JC Tran, l’une des légendes de ce jeu, signe rien de moins que sa 7e place payée sur le Big One ! La première, c’était en 2004

Fausto, Benjo & Rootsah

WSOP : le gros reportage Winamax

WSOP : la galerie photo de C. Darcourt

Gaëlle et Romain montrent le chemin à Adrian

- 10 juillet 2022 - Par Benjo DiMeo

Gaëlle Baumann, Romain Lewis et Adrian Mateos entrent dans les places payées du Main Event des WSOP et avancent au Day 4

Team Winamax Day 4
Malgré ses dizaines de millions gagnés, tous ses bracelets accumulés, tous ces High Rollers dominés, il y a un terrain où Adrian Mateos ne peut prétendre tenir la dragée haute à ses coéquipiers du Team Winamax : le Main Event des WSOP. On a vérifié les archives : avant aujourd'hui, la maquina n'avait atteint les places payées du Big One qu'une seule fois. C'était lors de sa toute première participation en 2015. "Il avait 21 ans et 5 jours, très exactement", précise Alex, reporter pour Winamax.es et Wikipédia vivant de tout ce qui a trait à Adrian. Une 750e place qui n'a laissé de souvenirs à personne. Tout le contraire de ses deux camarades entrés eux aussi dans les places payées de cette édition 2022. En 2018, Romain Lewis fut le meilleur français de l'épreuve avec une 59e place le plaçant dans le top 1 % du tournoi. Il fête aujourd'hui son troisième ITM consécutif sur un tournoi qu'il connaît déjà par cœur. Quant à Gaëlle Baumann, personne n'a oublié cette chevauchée hors du commun jusqu'à la table finale de l'édition 2012, stoppée net devant les caméras d'ESPN qui ont fait d'elle une icône instantanée dans le cœur du public américain. Une quasi-consécration qui avait été suivie quatre ans plus tard par un autre sérieux deep-run : cinq jours de poker non-stop jusqu'à la 102e place.

Romain LEwis
"L'expérience compte sur le Main Event, c'est sûr", explique Romain. "Tu connais déjà le chemin, tu sais que c'est un tournoi long, tu sais repérer ceux pour qui c'est la première fois et qui ont un peu peur. Et tu sais qu'il ne faut qu'un ou deux coups importants pour faire un journée." Pour Romain, ce fut une rencontre parfaite entre les As et As-Roi, qui a remis sur selle un cavalier tombé de son cheval durant les premières heures. "Oui, j'ai sans voulu aller trop vite au début. Je suis même retombé en dessous de la cave de départ à un moment, j'avais perdu les 4/5" de mon stack. L'enfer." Son Day 4 commencera un peu plus près du paradis : ses 500 000 jetons représentent 62 blindes.

Gaëlle Baumann
De son côté, Gaëlle constate qu'après dix Main Event consécutifs, les caméras américaines lui "foutent un peu la paix". Mais il ne faut pas parler trop vite : encore deux ou trois jours à ce rythme, et les objectifs et perches de son reviendront bien vite autour de sa table. Son Day 3 fut rempli de virages escarpés : "Je commence avec 218 000, je monte à 620 000 mais je redescends et je termine à 372 000..." Quelle différence entre le Main Event de 2012, son premier et le plus beau, et celui de 2022 ? "Tout le monde joue plus serré. Tout le monde. On ne voit plus les 5-bet préflop avec n'importe quoi. Et moi je me suis calmée. J'étais plus folle avant, en roue libre, je n'étais pas une joueuse de live, mon truc c'était le cash-game online. Mais j'avais bien joué. Le jeu a changé. Moi aussi..."

Adrian Mateos
Enfin, Adrian Mateos. Le rookie des deep-runs Main Event sera au Day 4 avec un tapis similaire à celui de Gaëlle (346 000), et ce malgré un coup perdu de façon invraisemblable : les As contre Roi-Dame, alors qu'un As était apparu au flop. Certes, l'argent est parti sur la rivière, mais la calculette est formelle : son adversaire n'avait qu' 1% d'équité au flop pour trouver la quinte runner-runner. Tombé à 20 blindes après ce coup, Adrian était satisfait d'en mettre 43 dans le sac à une heure du matin. "J'ai commencé par gagner beaucoup de jetons, mais ensuite j'ai perdu deux Valets contre As-5 et ce coup avec les As. Je suis content de mon stack si on prend tout ça en compte. Je suis content d'être ITM, mais évidemment mon objectif est beaucoup plus lointain que ça."

Pour ce trio de Team Pros pouvant encore rêver à un chèque de dix millions de dollars, rendez-vous est pris au Bally's à midi (21 heures en France).

WSOP : le gros reportage Winamax

WSOP : la galerie photo de C. Darcourt

Level 14 : à cent places de la délivrance

- 10 juillet 2022 - Par Benjo DiMeo

Level 14 : 2 500 / 5 000 BB ante 5 000
Main Event 10 000 $ (Day 3)


Le dernier niveau de la journée a débuté avec 1 387 joueurs au compteur... C'est plus au moins garanti : nous vivrons ce moment unique qu'est la bulle du Main Event avant la fin du Day 3 !

Mille Milliard de Main Event !

Julian Milliard
« Si ce tournoi pouvait être tous les mois... » rêvasse Julian Milliard. On peut le comprendre. Une salle de poker magnifique, dix millions de dollars à la gagne, une masseuse qui lui dénoue les épaules, et un immense temple de jetons devant lui. La vie est belle.

Voir le joueur aussi aggro à la bulle du plus grand tournoi du monde nous surprend peu. Sur les trois dernières éditions, le Français a été systématiquement chipleader du clan bleu à un stade avancé du tournoi, avec des montagnes de pions devant lui. Lors de notre première rencontre lors du Day 3 de 2019, il avait même exactement le même stack que celui qu’on vient de compter, à 150 places de la bulle. 1,2 million, soit un peu plus de trois averages. 

Quand on connaît le style de ce joueur de cash-game, on s’en étonne encore moins, même si le Français assure avoir changé au fil des années. « On apprend de nos erreurs. Maintenant, j’évite de faire grossir les pots inutilement, j’ai un style plus small-ball. Ça m’est arrivé de flat As-Roi plusieurs fois, plutôt que de partir dans des pot 4-bet. Ça ne sert à rien de se mettre dans des coups puants, le tournoi est tellement long » argumente Julian. Déjà l’année dernière, il nous faisait des confessions sur son Day 5 speewy de 2019

Cette année, c’est davantage sur la gestion de l’effort que Milliard a changé des choses. « En 2019, j’étais mort de fatigue au Day 5. L’année dernière, j’étais mort au Day 6. Mais cette année, je suis bien, je peux jouer jusqu’au Day 10 » annonce le Français, arrivé à Vegas spécialement pour le Main Event.

Alors que je quitte Julian, son château de jetons s’apprête encore à prendre un étage. Open MP 10 000, 3-bet 27 000 du bouton et Julian cold-call avec 99. Le MP se barre et les deux joueurs check sur le flop 8910, puis Millard attaque 40 000 sur la turn 4. Riposte radicale de son voisin qui annonce tapis pour 200 000. Snapcall de Milliard qui voit son adversaire retourner… AQ. Pas de carreau et Milliard est le premier joueur français à passer la barre du million de jetons. - Fausto

His-sez haut !

His
Mathieu His était l'un des chipleaders du clan français au départ de la journée, avec un très beau stack de 614 000. Et huit heures de jeu plus tard, le Normand est compté à 720 000. On pourrait donc croire qu'il a passé sa journée à grind gentiment, mais ce n'est clairement pas le cas. "A un moment, je suis descendu à 250 000, rembobine t-il. Mais j'ai changé de table, et les choses se sont mieux passées. Au début du level 14, j'étais même monté à 900 000." Mathieu, visiblement dans sa bulle de joueur, profite néanmoins de la pause pour nous raconter deux coups qui l'ont aidé à se propulser vers les sommets : "J'open deux As au cut-off, et la BB défend. Sur un flop K-9-6, je c-bet 1/3 du pot, et il paye. Le turn est un 9, je fais les 3/4 du pot, et c'est encore payé. La river est un 2, je mise le pot, et il réfléchit durant deux ou trois minutes avant de suivre." 

Une première main bien valorisée, mais le joueur de 25 ans a apparement d'autres armes dans son arsenal : "Tu veux un bluff ? J'open K-9 offsuit au bouton, la BB défend encore, et le flop vient 665, et on check. Sur la turn 8, il fait 15 000, et je paye. La river est une Q, il fait 60% du pot, soit environ 35 000, et je relance à 90 000. Il tank durant 3-4 minutes et il passe un 8..." Visiblement, Mathieu est donc déjà un joueur au point techniquement, alors qu'il ne joue au poker que depuis trois ans. "J'ai démarré pendant le confinement, explique t-il. Assez vite, sur l'un des premiers tournois que j'ai joué, alors que je ne savais rien faire, j'ai fait 13e du Million Event de Winamax, sous le pseudo "Gobbzilla"  [en avril dernier, il a aussi consécutivement gagné le High Roller et le Prime Time, sans oublier une troisième place sur le Main Event en mai, NDLR]

Mais pour ce Main Event, c'est en Expresso qu'il a gagné son ticket... On salive d'avance en attendant une belle anecdote, mais il nous calme tout de suite : "Me concernant, ce n'est pas une histoire improbable comme j'en ai lu. J'ai juste décidé de grinder ces Expresso  durant une soirée, et celui avec le package a poppé au 30e. J'ai aussi gagné le package pour jouer les Sides Events via le satellite du mardi à 125 € !" Résultat, Mathieu a donc pu jouer trois beaux tournois en freeroll pour son premier Vegas, avec le Main donc mais aussi le Million Dollars Bounty et le Mini Main Event. Il a également découvert les côtés relous des casinos américains. "Je suis tombé malade avec la clim', tu peux le dire !" Heureusement, le cerveau, lui, semble en parfait état de marche... - Rootsah

Kessas à la bonne place

Lui aussi avait déjà atteint l’argent l’année dernière. Lui aussi passe une bonne journée. Avec 400 000 jetons, Eliott Kessas s’assure un stack solide à l’approche de la bulle. Mais surtout, il est assis depuis plusieurs heures juste à droite de Mike Matusow. « C’est vraiment drôle de se retrouver à côté d’un mec que tu as vu à la télé pendant des années, commente l'amateur Français. Tu t’aperçois qu’il est tout à fait normal, même si c’est vrai qu’il parle beaucoup. On rigole bien avec Mike » commente le joueur, qui n’a pas l’air d’être trop stressé par l’arrivée imminente de la bulle. « J’ai oscillé toute la journée entre 300 000 et 400 000, sans réellement jouer de gros coups, ni être trop en danger ». - Fausto

Chechin, bientôt chinq chiffres

Serge Chechin
Un autre Français qui pourrait bien dépasser la barre du million d'ici peu : Serge Chechin. Serge, racontes-nous une histoire ! "J'ai éliminé Anthony Soules... Il relance en fin de parole, je suis au bouton avec 910, je paie. Flop Valet-8-5, il check, j'ouvre à 15 000, payé. Turn : 2. Check, je mets 35 000, payé. Rivière : 7. J'ai la quinte. Check, je fais all-in. Il a réfléchi sept ou huit minutes avant de payer..." Il avait quoi ? "Il a pas montré." C'est une erreur du croupier : en tournoi, quand un coup est joué à tapis, tout le monde doit montrer ses cartes. Qu'importe : celui qui cumule deux ITM en trois participations sur le Main Event aborde la phase de la bulle avec 900 000. - Benjo

Still flying

Marcel Luske
Que le Main Event a changé depuis 2003, année où les téléspectateurs américains ont découvert le grain de folie de Marcel Luske. À l'époque, le poker était en passe d'envahir la planète entière en partie grâce à la victoire d'un certain Chris Moneymaker, et le "Hollandais Volant" avait chanté et relancé devant les caméras jusqu'en 14e place parmi les 850 inscrits. Rebelote l'année suivante avec une 10e place, la pire puisque la dernière avant la table finale remportée par Greg Raymer devant 2 500 joueurs. Les années suivantes, le field du Main Event a explosé pour presque à chaque fois dépasser les 6 500 joueurs, mais le joueur old-school d'Amsterdam a eu l'occasion de démontrer qu'il n'était pas perdu au milieu d'un très gros field de jeunes requins, en témoigne une 23e place lors de l'édition 2017. Ce soir, c'est assis derrière un tapis de 500 000 que nous avons croisé Luske, peu avant la bulle. - Benjo

Je Taime ., passionnément

Guyon
Visiblement, le dernier niveau avant le dinner-break a donné des idées à nos joueurs français. On ne sait pas, peut-être que certains ont prévu d'aller tester le restaurant de Joel Robuchon à Las Vegas, et que l'addition passera mieux avec un cash à deux chiffres. Si c'est le cas, Adrien Guyon est l'un d'entre eux : "J'avais 260 000 il y a une heure (tiens ça ne vous rappelle rien ?). Puis Jeff Lisandro open en MP, et je paye avec 89, et la BB complète. Sur le flop J105, où je trouve un peu près tout, tout le monde check. Sur le turn 2, je lead à 30 000, et la big blind, m'envoie 80 000. Je suis le seul à payer, et sur la river Q, je donk-bet encore, à tapis cette fois, pour environ 150 000, soit le stack restant de mon adversaire. Il me snapcall, alors qu'aucun tirage n'est rentré." Avec un tout nouveau stack de 530 000, "Je Taime .", son dernier pseudo sur Wina, va pouvoir se permettre de "prévenir les trucs" : comprenez par là qu'il est désormais moins à la merci d'éventuels accidents. Les accidents, on vous en reparle plus bas... - Rootsah

L'accident bête

Handicapé
Car sur cette table ou sévit aussi Mickael Guenni, il y en a un qui en a connu un vrai, d'accident. Le genre de truc qui vous pourrit un Main Event, mais vraiment. C'est donc Adrien Guyon qui nous raconte l'anecdote. "J'arrive à ma table il y a une heure, et il y avait un stack qui tournait dans le vide, qui était apparement de 250 000 en début de journée. Personne pour le jouer. Je me dis quand même, on est au Day 3 du Main.. Et je vois un mec débarquer avec un plâtre monstrueux à la jambe. En fait, il y avait une fuite d'eau dans sa salle de bains du Venetian, il a glissé et s'est explosé le genou. Il a passé la journée à l'hôpital... Quand il est revenu, il n'avait plus que 100 000." Si ce joueur parvient finalement à faire l'argent, on tient peut-être là l'une des belles histoires du Main Event... - Rootsah

Anecdotes, statistiques et citations à la con

"Ah, vous travaillez pour Winamax ? J'adore Inside the Mind of a Pro, c'est une série unique !" Signé : un Américain en train de jouer le Main Event. On est ravis d'entendre de plus en plus souvent ce genre de compliment durant nos séjours à Las Vegas.

Rosalie Petit & Alexandre Réard
Récemment déplacée à côté d'Alexandre Réard, Rosalie Petit vient de reprendre des couleurs avec un double-up à 160 000 lui permettant d'attendre un peu plus sereinement la bulle. Pendant ce temps, Alexandre Réard a "dégrind" de 450 000 à 280 000. Cela constitue tout de même presque 50 blindes au Level 15 !

"Deux jours que je survis !" Jérôme Zerbib aimerait bien voir un peu de jeu pour franchir la bulle sans encombre, même s'il détiendra encore trente blindes pour entamer le 5e niveau de la journée. "J'espère que je vais survivre encore longtemps ! Pour l'instant, ce n'est que de la jonglette et de l'esbrouffe."

"C'est dur, très dur." Lyor Yiflach est en souffrance avec un tapis de 120 000. Et encore, il vient de doubler en partant avec tapis avec un flush draw au flop contre top paire top kicker. "Je sentais que mon adversaire voulait que je mette tout préflop..." Heureusement pour Lyor, il complète sa couleur au turn pour se donner un nouvel espoir d'atteindre l'ITM.

Pour Paul Amsellem, la journée a été faite de hauts et de bas. "J'ai eu une super table au début au Bally's, puis une table avec que des regs. Puis sur une nouvelle table avec le dinner-break, j'ai pris un spot... Bon, maintenant, on va resteal avec 25 BB, il faut se maintenir, car je n'ai pas assez de blindes pour me laisser mourir et faire l'argent. Il faut que je grapille des jetons pour atteindre les places payées... " Ce qui serait déjà une belle perf pour son premier Main Event ! 

Kara Scott
On commençait à s'inquiéter de son absence, nous voilà rassurés : Kara Scott rempile bel et bien au poste de présentatrice des World Series of Poker pour PokerGO et CBS

Patience
Le poker, un jeu de patience... Et cela s'applique aussi à tous ceux venus soutenir un proche

Jack Sparrow
Le faux Jack Sparrow est toujours en course pour un trésor, un vrai, valant dix millions de dollars