Paris première (réussie)

- 19 juillet 2022 - Par Fausto

Paris

Ca fait précisément quarante-huit jours que j’ai posé le pied à Vegas. Sept semaines à fouler le bitume brûlant sous les 40 degrés, ou plutôt, sous les 105° Fahrenheit du soleil du Nevada. À déambuler dans la démesure du Strip, en faisant des kilomètres de marche, enfin, des miles, pour aller d’une salle de poker à une autre, entre le Paris et le Bally’s. Depuis le premier jusqu’au (presque) dernier tournoi, nous avons couvert la grande première des WSOP dans ses nouveaux quartiers.

Avant même le coup d’envoi, nous épions, en compagnie de Harper et de son acolyte Yoann, les coulisses de ces deux casinos, liés par l’histoire, ainsi que par un tunnel, que nous avons traversé dix fois par jour, pendant deux mois. Trois arènes pour accueillir ce baptème de feu : la plus grande salle de poker jamais dressée pour des World Series, côté Paris, et les deux salles, efficace pour l'une, esthéthique pour l'autre, côté Bally’s.

Bien installé dans sa nouvelle maison

Paris

La Ballroom fut le lieu de batailles massives, de guerres de cartes totales, rassemblant des milliers, voire des dizaines de milliers de combattants. Le grand test du Housewarming, sonnait le début de cette Odyssée guerrière, où l’on se bat avec pour seules armes ses cartes, son cerveau, et plus vulgairement, ses couilles. Quelques couacs de croupiers néophytes donneront du grain à moudre aux Twittos enragés, mais si l’on doit juger l’organisation de ces WSOP version Paris, on ne peut que tirer son chapeau.

Chochon Effel

Les dizaines de floors et directeurs de tournoi que j’ai côtoyés ont fait preuve d’un professionnalisme épatant, dans la tenue des tournois, dans leur contact avec les joueurs, comme dans la gestion globale de l’évènement. Même quand une fake news mettait le Strip en état de panique, et que des centaines de joueurs courraient dans les allées du Paris, renversant les tables et les jetons, le staff des WSOP mettait tout en œuvre pour permettre la reprise des tournois, dans des conditions de sécurité, d’équité et de confort que les joueurs eux même ont salué. 

La nouvelle localisation de l’évènement, au cœur du Strip, de son effervescence, de ses lumières, donnent aux WSOP une énergie différente, en plus de mille commodités qui là encore, ont largement satisfait les participants. Et comme toujours, la grande fête mondiale du poker a donné lieu à à légion de coups lunaires, moult épopées victorieuses, d'innombrables exploits, accomplis par des légendes du jeu, comme par d’illustres anonymes. On se permet un petit flashback.

Paris était magique

WSOP

Les rapprochements entre les World Series et la Coupe du Monde sont aussi récurrents que légitimes. Les meilleurs joueurs du globe se rassemblent au même endroit pour une compétition, certes, individuelle, mais où les joueurs représentent fièrement leurs couleurs nationales. Bien entendu, personne ne peut faire concurrence aux Américains au tableau des médailles, mais plusieurs équipes ont également marqué l'édition de leur empreinte. Et si on enlève le pays hôte, celui qui a raflé le plus de bracelets cette année, c’est la France ! Cocorico.

Soma Nutsr

Pour montrer la voie, un gamin de 23 ans. Léo Soma, le jeune prodige de l’équipe NutsR, avait déjà pris l’habitude de raser les rooms online, depuis son centre de formation cambodgien. Pour sa première campagne à Vegas, le Valentinois a, déjà, accompli le rêve ultime du joueur de poker, en enlevant le 1 500 $ 6-max, devant 2 392 joueurs, pour 456 patates. Autant vous dire qu’on risque de reparler du jeune Olux très vite, et pour mieux le connaître, on vous conseille fortement l’interview que l’on a faite, à froid, avec le premier héros tricolore.

Leigbo

Pour le deuxième sacre, on a dû attendre un peu. De nombreux valeureux guerriers ont pris le relais en signant des deeps-runs superbes, le plus souvent sur des fields démentiels. Plusieurs anonymes se sont fait un nom atteignant une table finale sur le plus grand festival de poker au monde. Le Mosellan Renaud Cellini sur le 600 $ Deepstack, l’expat’ de Thaïlande Sébastien Clot, l’entrepreneur de Beyond The Limit Sébastien Guidez sur le 500 $, le Franco-Italo-Américain Romain Lotti sur le Monster Stack, Jordan Pelon sur le Colossus, sans oublier notre triplé sur le 1 500 $ Freezeout, avec Michel Leibgorin, Maxime Parys, et Samuel Anclevic. Les deep runs Français ont déferlé sur l’Event Center. Et quelques semaines après Olux, certains se sont concrétisés en bracelet.

Pastore

Représentant la fine fleur de la grind tricolore, le jeune Jonathan Pastore se présente aux yeux du poker mondial en remportant le 6-max 5 000 $, l’un des tournois les plus relevés du festival, pour 771 briques. Et sur cette dernière semaine, enfilade de bracelets ! En mode online pour Julien Pérouse, en mode Lucky 7’s pour Gregory Teboul, et en mode Razz Julien Martini, qui augmente d’une unité le record pour un détenteur de bracelet tricolore (4).

Espen Jorstad

Avec cinq titres, la France valide son meilleur été de WSOP et confirme sa montée en puissance sur l’échiquier mondial. Juste derrière elle, on signalera également le score exceptionnel de l’étonnante équipe bulgare, qui décroche quatre bracelets, et bien sûr de la Norvège, menée par Espen Jorstad, qui en ramène deux à lui tout seul, dont celui du Main Event. 

Héros d'un jour ou de toujours

Pour continuer notre tour du monde des WSOP, arrêtons-nous tout de même quelque temps en terre américaine. Avec 56 bracelets, les joueurs locaux conservent une petite marge d’avance sur le reste de la mêlée. Et plusieurs d’entre eux ont assuré le spectacle et participé à la magie de cette édition, en accomplissant des exploits majeurs.

Dan Cates

Le premier qui me vient, c’est assurément Dan « Macho Man » Cates. Le joueur le plus extravagant de la scène High Stakes a plus que tenu son rang en réalisant un improbable back-to-back sur le prestigieux Poker Players Championship, le tout déguisé en Randy Savage, un catcheur américain qui a habité Jungleman, jusqu’à sa propre voix, de la première à la dernière main, face à son valeureux finalise Yuri Dzivielevski.

Dans la famille des Dan, je voudrais également Monsieur Smith. Le lutin des High Stakes est allé chercher, avec beaucoup de panache et d’émotions, son premier bracelet sur le 25 000 $ Heads-up, pour compléter une galerie de trophée déjà bien garnie. Je demande aussi Monsieur Zack, seul joueur à avoir réussi le doublé sur cette édition, en Omaha Hi-Lo et en Stud Hi-Lo, agrémenté de quatorze autres ITMs, dont une 3e place et une 8e sur le Super High Roller.

En parlant de SHR, comment ne pas mentionner Alex Foxen. Le géant américain avait déjà (presque) tout gagné, n’avait (presque) plus rien à se prouver. À l’instar de Dan Smith, il est allé lui aussi chercher le bracelet qui lui manquait, sur le plus cher des tournois, pour une victoire net, sans bavure, et colossale de 4 563 700 $

Plusieurs autres tauliers du circuit ont également inscrit leur nom au palmarès de cette édition. Le sulfureux Jake Schindler, le silencieux David Peters, les légendes des Mixed games Brian Hastings et Adam Friedman, mais aussi Scott Seiver - dont on se souviendra du 4e bracelet comme des 43 bullets sur le Flip & Go - ont également leur place au balcon des protagonistes de ces World Series of Poker.

SHR

Côté Winamax, ces Series ont longtemps été poussives. Il y a quelques jours encore, le bilan du Team paraissait un peu maigre. Une seule grosse finale, une seule “vrai” perf', signé Adrian Mateos, sur le Super High Roller où la máquina ne prenait finalement “que” 5 buy-ins, pour 1 367 206 $, tout de même. À part ça, beaucoup de “blanks”, de nombreux deep runs avortés et de déception, surtout en comparaison aux autres années, où le Team avait pris l’habitude d’enquiller les finales et les perfs de choix. Mais tout vient à point à qui sait attendre.

Il y a deux jours, François Pirault ajoutait une nouvelle finale, sur le prestigieux 5 000 $ 8-max, réalisant ainsi sa meilleure performance sur un tournoi World Series. Quelques heures plus tard, Joao Vieira l’imite sur le 50 000 $… Et va même au bout de son idée en arrachant la victoire après un retournement de situation remarquable. La résilience de Naza ne peut qu’inspirer le respect, tant le joueur a fait preuve de régularité sur ce festival, récompensée sur le gong, par un deuxième bracelet.

Un nouveau titre WSOP pour le Team, qui n’est jamais reparti de Vegas sans avoir inscrit son nom au palmarès, depuis maintenant quatre ans. Aussi sympas qu’ils sont, on a belle et bien affaire à une équipe de monstres.

Joao Team W

Des terreurs qu’on aura le plaisir de retrouver très bientôt. Les World Series, c’est fini, tout le monde a bien mérité quelques semaines de vacances mais l’appel des cartes sonnera très vite. Un peu plus près de nos frontières cette fois, du côté de la côte catalane, pour une autre étape mythique du circuit, à Barcelone. Et pour le coup, ça fait quelques années que le Team n'a pas ramassé un EPT. Et si on rattrapait le temps perdu à partir du 15 août ?. Le rendez-vous est pris. Et encore une fois, vous pourrez compter sur une équipe de reporters, aussi forte en coverage que Karim Rebei à tapis, et sur la meilleure photographe de poker au monde, Caroline Darcourt. Ça sera tout pour nous. Au revoir Paris.

équipe de choc

Amertume et fierté

- 18 juillet 2022 - Par Fausto

Il n’y aura pas de nouvelle table finale. Nos deux derniers Team Pro se font éjecter en 15e et 12e position. Davidi sur un flip standard, Romain sur deux coups de marteaux. Le Français repart avec une dernière perf' pour ponctuer sa belle fin de Vegas, même si cette élimination, avant une ultime vibration, laisse un goût amer. 

Event #85 - 6-max Championship 10 000 $ (Day 3)

Kitai Lewis

Retour de break fatal. À peine digérées les spaghettis du restaurant italien où Davidi Kitai et Romain Lewis ont profité du dinner-break, les deux hommes voient leur rêve de finale s’écraser rapidement, brutalement.

Le Belge n’a pas vraiment eu le temps d’espérer. Shortstack parmi les quinze survivants, il engage son tapis après quelques minutes. Scott Bohlman demande le tout en SB et Davidi paie avec son 33. Elle devra tenir face au QJ de l’Américain : deux Valets sur le flop, deux briques et le Belge rend les armes en 15e position, pour 39 529 $. Un deuxième deep run avorté à quelles encablures d’une table finale, pour ponctuer un Vegas, qu’il avait commencé de la même manière, avec une 18e place sur le 3 000 $ 6-max.

Lewis Kolonias

Il reste encore Romain Lewis pour défendre l’honneur du Team. Le champion WSOP livre une bataille acharnée à la table de Pavel Plesuv, Alexandros Kolonias et Scott Bohlman. Les quatre hommes se rendent coups pour coups, en proposant un poker de très haut niveau, avec une agressivité maximum.

Lors d’un nouveau bras de fer avec le Grec, Romain envoie le 2-barrels tapis sur un board 4K93. Alexandros prendra plus de trois minutes avant de coucher sa main, et Lewis revient au-dessus des trente blindes… jusqu’à cet énième affrontement face à Pavel Plesuv. Le Moldave est le plus agressif de la table. Il met sans cesse ses adversaires dans des spots compliqués, et n’hésite pas à placer de gros bluffs avec des mains marginales.

Lewis

Romain défend sa blinde face à un open bouton de Pavel et les deux joueurs voient le flop 349. C-bet petit chez Plesuv, payé par Romain et voilà la turn Q. 2-barrel envoyé, pour 185 000, payé encore et river 5. Nouveau check de Romain, et Plesuv compte ses jetons avant de poser le troisième barrel : 450 000 pour suivre. Une seconde plus tard, Romain pose le jeton du call et retourne son 33. Brelan ! Romain pense avoir attrapé son opposant, qui retourne alors… QQ ! Set over set. Terrible.

Ce cœur river permet à rLewis de ne pas tout perdre. Il lui reste 9 blindes alors que les floors annoncent le redraw à 12. Le premier shove passe pour Romain, qui doit affronter un nouvel open de Plesuv sur sa grosse blinde. Le Français tient 77, parfait pour envoyer le tapis et c’est payé en face par… 66. Le spot de la remontée ! Le croupier envoie les cartes : 6 en "door-card", accompagné de deux Dames. Aucun 7 ni aucune dame ne viendront sauver Romain, qui se prend le bad beat après avoir encaissé le set-up et quitte le tournoi juste avant le pay-jump, en 12e position.

Board Lewis

« Elle est dure celle là », marmone le joueur en se dirigeant vers le pay-out. La sortie et la manière laissent évidemment un goût amer, à 12 places d’un deuxième bracelet et de 824 649 $, pour son dernier tournoi des WSOP. Mais très vite, l’amertume laissera place à la fierté.

Parti avec un déficit notable après un premier mois très compliqué en termes de résultat, Romain est revenu de San Diego, il y a trois semaines, avec plein d’ambitions et de positivité. Il s’était promis de se battre jusqu’au bout sur cette deuxième partie de festival. Il a lié les paroles aux actes.

Quatre ITMs dont un gros deep run sur le 3 000 $ Freezeout, un Day 4 de Main Event et enfin, cette demi-finale sur l’un des plus gros tournois du programme. Patience, résilience et combativité lui permettent de repasser dans le vert, en passant même à un cheveu de la grosse perf’ de fin de festoche, à laquelle il nous avait habitué.

« Cette sortie fait mal. A part ma 60e place au Main Event (2019), j’ai rarement connu des coups de marteaux comme ça sur la fin. C’est comme ça, c’est le poker, mais je suis très content de la manière dont j’ai géré cette fin de Vegas et de mon évolution sur le festival, affirme Romain. C’est très difficile de tenir dans la longueur et je suis heureux de mon jeu sur la fin, plus encore que sur mon début de séjour ».

Après ce marathon dans le Nevada, place au repos en Californie. Romain s’envolera de nouveau pour San Diego pour profiter de quelques moments en famille avant de prendre quelques vacances en Europe. Dans son fief londonien, et pourquoi pas dans d’autres destinations européennes, tel Amsterdam ou Berlin. L’occasion de recharger les batteries, de couper avec la bulle de Vegas, avec les cartes, avant d’y revenir dans quelques semaines déjà, pour un nouveau grand rendez-vous, du côté de Barcelone.

Le Team reste pour le dessert

- 18 juillet 2022 - Par Fausto

Le dernier gros morceau du festival a mis nos Team Pro en appétit. Joli tir groupé du W rouge qui place quatre représentants dans les 25 derniers survivants du 10 000 $ 6-max. Pierre Calamusa et Adrian Mateos se content d’un ITM, mais Romain Lewis et Davidi Kitai se présentent aux portes des demi-finales.

Event #85 - 6-max Championship 10 000 $ (Day 3)

Tir groupé du W

Lewis Kitai

Les gros mangeurs se signalent en fin de repas. Sur l’ultime grand banquet du festival, quatre ogres du Team se mettent à table et dévorent les jetons. Pour engloutir au moins un ITM, et pour les plus gourmands, une perf' bien goûtue, en guise de dessert World Series.

Devant un format 6-max d’un si beau buy-in, nos Team Pros ne pouvaient que lécher leurs babines. C’est donc tout naturellement que six joueurs réservent leur table pour ce 10 000 $. Joao Vieira, Mustapha Kanit, Adrián Mateos, Pierre Calamusa, Davidi Kitai et Romain Lewis ont faim d’une nouvelle perf. Les deux premiers digèreront mal l’entrée, mais les quatre suivants prolongent le repas jusqu’au Day 2, où ils sont garantis de ne pas payer l’addition, et même jusqu’au Day 3, après ce mouvement de masse qui a bousculé les tables du restaurant.

Calamusa

De retour dans la cantine du Bally’s ce dimanche, les quatre collègues continuent de se goinfrer. Adrián Mateos cale cependant au moment du fromage, en laissant son shortstack dans un flip pour sortir de table, tandis que Pierre Calamusa se prend le plateau en pleine face sur une terrible rencontre KK contre AK, qui avait décidé de "New-York Back Raise" tapis pré-flop, pour 35 blindes. Pavel Plesuv trouve la flush direct sur le flop 76J et deux briques plus tard, LeVietF0u revient sous la moyenne, plutôt que de décoller au-delà 100 blindes.

Un pot crucial, d’autant plus que le Français se fera prendre dans un duel de pocket pairs sur le niveau suivant avec 66 contre le 88 de Bernard Larabi.

Kitai et Lewis toujours en piste

Romain Lewis

Mais deux W rouges sont encore en course à 15 left d’un bracelet. Auteur d’un Day 1 tonitruant, Romain Lewis s’est fait une place dans le haut du chipcount, qu’il n’a presque pas quitté jusqu’au début de ce Day 3. Il a alors connu quelques swings haletants, jusqu’à retrouver un nouveau pic à 1 500 000 jetons.

Open de Romain au bouton et Pavel Plesuv, avec son agressivité caractéristique, demande directement le tapis du Français. Tapis depuis la grosse blinde pour les 30 blindes de Romain, qui paie rapidement avec son A10. Le Moldave tient un maigre A2, drawing dead dès la turn suite à un board K762J. À l’instant, il vient de reprendre un petit morceau, en contrant un nouveau move bien audacieux de Plesuv.

Nouveau duel bouton contre BB, C-bet 30 000 (une blinde) de Romain sur 822 et check-raise 100 000 du Moldave. Payé, 255 000 demandés sur la turn K, mais la river 8 contraint Plesuv dans ses projets. Check-abandon et Romain Lewis peut tranquillement retourner son K9, après que son adversaire a montré… 54.

Kitai

À cette table, Romain retrouve un voisin qu’il connait bien. Ce n’est autre que son collègue de travail Davidi, qui lui aussi profite d’un dernier deep run, pour tenter de redorer le bilan de son séjour. Le Belge ne navigue pas dans les mêmes hauteurs que Lewis, mais se bat comme un beau diable rouge pour maintenir son shortstack à flot.

Juste avant le dinner-break, il vient même de trouver le double-up qu’il attendait depuis deux heures. Open d’Alexandros Kolonias au CO et 3-bet tapis de Davidi pour ses 8 dernières BB. Son AJ domine le J7 du Grec, qui ne trouve rien sur le board 1026310. Après manger, Kitbul reviendra avec 14 blindes pour poursuivre la remontée.

Deux mois de Vegas, mais le Team W n’est toujours pas rassasié et compte bien imiter le collègue portugais Joao Vieira, qui a dégusté le bracelet sur l’un des derniers grands rendez-vous du festival

Fausse alerte, vraie frayeur

- 18 juillet 2022 - Par Fausto

La fin de ces WSOP a été perturbée par un évènement aussi rare que fâcheux. La rumeur d’un tireur actif dans l’un des casinos voisins a entrainé un mouvement de foule qui s’est propagé sur le Strip, au point de causer la panique jusque dans l’enceinte des WSOP. La cohue a entrainé la peur, de légères blessures et l’ajournement des tournois, qui reprennent aujourd’hui du côté du Bally’s, tandis que la police a confirmé qu’il n’y avait jamais eu de fusillade à Vegas ce samedi.

La cohue et le chaos

Paris Chaos

Crédit : Twitter / Joey Ingram

« J’étais au Paris, en train d’écouter ma musique tranquille, puis là, il y a un mec qui me tape sur l’épaule et je vois tout le monde courir. Il y en a qui se bousculent, des gens qui tombent et d’autres qui courent entre les personnes allongées terre. J’ai vu des gens se faire piétiner, des gens bondir de dos en dos, décrit Florian Ribouchon qui raconte le départ du tumulte qui a gagné la salle du Paris hier, autour de 22H.

Quelques centaines de joueurs sont dispersés autour des tables au moment où une meute de gens affolés fait irruption dans la salle. Certains hurlent qu’un homme est en train de tirer dans le casino. « Je n’ai rien compris de ce qu’il se passait, poursuit Florian. Les gens se sont barricadés derrière les tables, moi, j'ai pris quelques charriots et je me suis fait une petite cabane pour me protéger »

De nombreux tweets similaires à celui-ci ont propagé la Fake News, causant des mouvements de foule dans plusieurs casinos et sur les trottoirs du Strip.

La salle déguerpit à la vitesse de l’éclair. Dans la panique, des tables se retournent, des jetons volent, le chaos s’empare du Paris. Le cauchemar d’un homme armé tirant au hasard sur le public du casino, rappelant le drame du Mandalay Bay en 2017, est dans de nombreuses têtes. Plusieurs témoignages, comme celui partagé sur les réseaux par Pierre Calamusa, racontent la fuite vers les arrières-salles du casino, dans un climat de peur alimenté par le manque d’informations. Les réseaux sociaux évoquent la présence d’un tireur au Casino New York New York, d’autres au MGM… Des rumeurs rapidement écartées par les autorités locales. 

« Les rapports sur une fusillade près du MGM ce soir sont sans fondement, affirme la Police métropolitaine de Las Vegas. Les premiers rapports indiquent qu'une porte vitrée s'est brisée, causant un grand bruit qui a surpris les gens dans la zone des voituriers ». 

La fausse alerte est confirmée, le calme revient peu à peu sur le Strip. Le mouvement de foule a causé quelques blessures légères. Alex Réard revient ce dimanche avec le bras en écharpe tandis que Pierre Calamusa a subi quelques écorchures à la main droite. « Ce n'est pas grand-chose. J’ai surtout vécu ce que c’était que d’avoir peur, confie LeVietF0u, de retour sur le 10 000 $ 6-max. J’ai eu peur qu’il soit arrivé quelque chose Delphine (sa compagne).  Dans ces moments, tu agis un peu comme un animal, tu vois le troupeau qui court et tu cours avec eux ».

Calamusa

Pierre Calamusa a subi quelques éraflures, mais rien de grave pour notre Team Pro, qui livre son récit de l'épisode dans un post facebook. 

« C’est surtout que ça cause beaucoup d’adrénaline, bien plus que pour une partie de poker. Sauf qu’on est pas venu à Vegas pour ce genre d’adrénaline, commente Davidi Kitai, qui était lui aussi en train de jouer le 10 000 $ 6-max. Le jour même, je n’avais pas la tête à jouer. Mais après une nuit de sommeil, tu t’aperçois qu’il ne s’est rien passé. Mais tu te sens plus vivant après ce genre de choses ». Un sentiment partagé par son collègue Calamusa. « Tu te rends compte que l’humain est incroyable. Je n’ai pas eu de mal à dormir et le lendemain, c’est comme si ça n’avait pas existé. Je me sens presque plus libéré à table que d’habitude ».

Le poker reprend ses droits

Kitai

Et pour redémarrer un tournoi de poker, comment fait-on dans ce genre de situation ? Quelques minutes après le mouvement de foule, les organisateurs annonçaient la suspension des tournois en cours. Leur reprise était officialisée quelques heures plus tard, avec un horaire avancé pour pouvoir compenser le retard pris sur la structure. Mais entre les tables retournées, les jetons par terre et tout le désordre causé, la reprise de la partie demande un vrai travail de fourmi.

« Ça nous a fait mal aux fesses, concède volontiers le directeur de tournoi Bob Smith. On a dû partager les informations avec les joueurs, discuter avec tout le monde et s’appuyer sur les enregistrements vidéos pour reconstituer les stacks un par un. C’était long, ce n’était pas facile, mais nous avons fait un super travail d’équipe. Tout le monde a été bon ».

« C’est vrai que les WSOP ont bien géré, confirme Florian Ribouchon. Tout le monde a retrouvé son stack, sans aucune plainte et la partie a repris ce midi ». Le finaliste FPO Paris poursuit la bataille du Closer à 1 500 $, remporté l’année dernière par Leo Margets, mais pour ce dimanche, nous nous intéresserons plus particulièrement à un autre tournoi trusté par les membres du Team Winamax. Pierre Calamusa, Romain Lewis, Adrian Mateos et Davidi Kitai sont tous encore en course à 30 left du 10 000 $ 6-max. Et il y en a même certains qui ont monté de jolis stacks. Le poker reprend ses droits dans l’enceinte du Bally’s et le W rouge pourrait bien poser une dernière signature sur ce festival avant de plier bagage.

João Vieira remporte le High Roller à 50 000 $

- 16 juillet 2022 - Par Benjo DiMeo

Deuxième bracelet et nouveau high score pour le numéro 1 portugais
Event #8 : HIGH ROLLER No-Limit Hold’em 50 000 $


Joao Vieira
Seraient-ils en train de nous faire le même coup qu’en 2021 ? À l’automne dernier, durant une édition particulière des World Series of Poker décalée pour cause de pandémie, le Team Winamax avait attendu la dernière ligne droite du marathon d’épreuves pour scorer une foisdeux foistrois fois. Cette année, après cinq semaines souvent frustrantes pour les joueurs de l’équipe, qui ont alterné entre éliminations précoces, deep runs avortés et finales trop brèves, c’est encore une fois en toute fin de calendrier que la lumière est arrivée.

Ce n’est pas une, mais deux tables finales que l’on a suivies aujourd’hui… Et si celle de François « On_The_Road » Pirault, sa première sur les WSOP, s’est arrêtée en sixième place (un baptême bon pour 115 122 $ tout de même), Joao Vieira est bien allé au bout de la sienne pour remporter le second bracelet de sa carrière. Trois ans après son implacable prestation sur le 5 000 $ 6-max de l’édition 2019, le numéro 1 portugais s’est surpassé sur l’un des tournois de No-Limit les plus relevés au programme de l’été, le Highroller à 50 000 $.

Ce nouveau triomphe, Joao l’a acquis en suivant son modus operandi habituel. Tout au long de l’été, on l’a vu se battre jour après jour sur l’infinité de terrains de jeu proposés sur les WSOP. Omaha High-Low ou Razz, Tag Team ou 6-max, Dealer’s Choice ou Limit, live ou online : quel que soit le prix d’entrée, peu importe le jeu, Joao était là, à l’aise face à n’importe quel type d’adversaire et dans n’importe quel format. Comme en 2019, la patience et le travail ont payé : la quinzième ligne au palmarès de son été est la plus belle de toutes, lui permettant d’achever son été à Vegas avec le sentiment du devoir accompli.

Dominant un field de 107 inscrits parmi lesquels on comptait nombre des meilleurs joueurs de tournoi de la planète, Joao remporte près d'1,4 million de dollars, doublant presque le high score établi lors de sa première victoire WSOP. Arrivé en table finale avec l’un des plus gros tapis après avoir éliminé nombre de joueurs, le pro devait encore affronter plusieurs de ses pairs : un casting impressionnant de pros bardés de titres, des joueurs qu’il respecte mais contre qui il joue depuis longtemps à armes égales : Stephen Chidwick, Fedor Holz, Brian Rast, Galen Hall

Toujours en tête à trois joueurs restants, Joao verra brièvement planer le spectre d’une élimination prématurée lorsque sa paire d’As se fera battre par le Dame-6 de coeur d’un Lander Lijo trouvant une couleur miraculeuse. Reprenant la bataille de plus belle, le Portugais terminera le travail deux heures plus tard, après avoir comblé un déficit de trois contre un contre son adversaire espagnol.

"Je suis très heureux. Je suis vraiment heureux de ce résultat. C'est la récompense de beaucoup d'efforts. L'automne dernier, je suis parti d'ici un peu triste, fatigué, épuisé. Beaucoup de semaines à jouer et les résultats n'ont pas été à la hauteur. Cette édition des WSOP semblait aller dans le même sens, mais heureusement, le résultat que j'attendais est finalement arrivé. Quand j'ai perdu avec paire d'As contre couleur, je me suis dit que si quelqu'un pouvait renverser la situation, c'était moi. J'ai décidé de rester positif et de me concentrer sur ce que j'avais à faire. C'était un tournoi difficile, très exigeant et je me suis retrouvé à la table finale avec certains des meilleurs joueurs du monde. Une victoire comme celle-ci a encore plus de valeur."

Les World Series of Poker sont sur le point de s’achever… mais une fois de plus, on peut compter sur le Team Winamax pour nous offrir un final spectaculaire. Avant un dernier rappel ? Le premier tour du fameux tournoi 6-max à 10 000 $ s’est achevé aujourd’hui. Parmi les qualifiés pour le Day 2 : Mustapha Kanit, Adrian Mateos, et un Pierre Calamusa installé dans les hauteurs du classement…

Résultats - Event #83 : High Roller 50 000 $
107 inscrits  - Dotation 4 643 875 $

Joao Vieira
Vainqueur : Joao Vieira (Portugal, Team Winamax) 1 384 413 $
Runner-up : Lander Lijo (Espagne) 855 631 $
3e : Galen Hall (USA) 625 941 $
4e : Dan Colpoys (USA) 463 589 $
5e : Brian Rast (USA) 347 658 $
6e : Sean Perry (USA) 264 034 $
7e : Fedor Holz (Allemagne) 203 107 $
8e : Stephen Chidwick (USA) 158 278 $
9e : Alexandros Theologis (Grèce) 124 974 $
 

Joao Vieira


Joao Vieira


Joao Vieira
Lander Lijo, le dernier adversaire de Joao

Joao Vieira


Joao Vieira
Galen Hall

Joao Vieira


Joao Vieira


Joao Vieira


Joao Vieira


Joao Vieira

WSOP : le gros reportage Winamax

WSOP : la galerie photo de C. Darcourt