Winamax

Level 6 : Hellmuth, la menace fantômatique

- 7 juillet 2022 - Par Fausto

Level 6 : 400 / 800 BB ante 800
Main Event 10 000 $ (Day 2A/B/C)


Un pétard mouillé, cette entrée tardive de Phil Hellmuth. Tel un Empereur Palpatine s'évaporant dans un gouffre à la fin de la trilogie originelle, Dark Vador s'est perdu dans l'hyperspace alors que son vaisseau venait à peine de décoller. Hellmuth n'est cependant pas la seule star à être tombée à zéro durant le premier niveau du Day 2 : citons aussi Sorel Mizzi, Stephen Chidwick, Qui Nguyen, et Joe Cada.

Pontin rattrape son retard

Mathieu Pontin
On vous l'a dit, les inscriptions pour le Main Event ne se limitent pas au Day 1 : que ce soit sur le Day 2A/B/C ou sur le Day 2D, il est possible d'arriver avec quatre heures de retard maximum, et entamer le tournoi avec, à l'extrême limite, un stack de 50 blindes, ce qui n'est pas si mal. A en juger par la file d'attente bien fournie observée dès 11 heures dans la salle de bal du Bally's, ils sont nombreux à s'être motivés pour le Big One en dernière minute. Parmi eux, au moins un Français : Mathieu Pontin, grinder de 25 ans redouté sur les tables de Winamax (pseudo : lapoooonte) sur lesquelles il a d'ailleurs chopé son package pour Vegas. Son retard est le fruit d'un choix bien calculé : tout juste arrivé à Las Vegas, Pontin a préféré se ménager un peu de temps pour se reposer et s'habituer aux neuf heures de décalage horaires, plutôt que jouer fatigué le Day 1.

Après coup, on ne pourra que saluer cette décision : en un niveau, le jeune pro a déjà largement comblé son retard, ayant déjà monté un stack de 147 000. À en juger par les hand histories qu'il me débite au rythme d'une mitraillette durant la première pause, Pontin a enchaîné presque autant de spots en deux heurs que beaucoup de ses adversaires durant les dix heures du Day 1.

"Je suis à la table de Mickael Gathy, il y a plein d'action. Premier coup, je suis de BB vs le cut-off, je flop deux paires avec 106, je check/call deux fois mais le turn vient Valet, la rivière Valet : pire carte possible, je check/fold sur le troisième barrel."

La suite : "AK, UTG+1 fait 1 800, c'est payé, je 3bet 7 200, payé, fold. Flop Roi-Dame-8, je c-bet ça fold." Attends Mathieu, réserve moi juste les gros coups, j'ai plus de 80 joueurs à suivre aujourd'hui moi ! "Gathy fait 1 800, c'est payé une fois, je fais 7 200 avec deux Dames, Gathy fold et l'autre fait tapis ! Je snap-call : il a 66." Voilà qui est déjà plus juteux. Encore une ? Pontin nous a gardé le meilleur pour la fin : "Deux Rois, Gathy fait 1 800 en MP, je mets 5 800 au cutoff, cold call du bouton. Je le mets sur 99, 10-10, les Valets, les Dames, et aussi As-10, As-Dame suité, ce genre de main. Gathy paie aussi. Flop 8-7-7 Gathy check, je mets 1/4 du pot. Le bouton relance, Gathy fold. Je flat call : je veux garder ses bluffs. Turn 6 : je check, il met 26 000 en se laissant 40 000 derrière. Je pourrais shove mais je préfère encore call, toujours pour ne pas perdre ses bluffs. Il a rarement une quinte ici. Rivière : un 2, check/check. Il muck !" - Benjo

Michael Gathy
Mickael Gathy, alias le surhomme du poker belge, le seul capable de gagner plus de bracelets que Davidi Kitai...

« Y’a 100 millions sur cette table ! »

Benjamin Constant
Doubler son stack sans même envoyer le tapis. C’est la douce expérience que vient de vivre Benjamin Constant. Arrivé avec 77 000 jetons, l’associé du Club Charron a découvert une table de choix au moment de s’asseoir dans l’Event Center. Justin Bonomo et Jake Schindler dans sa diagonale, Anton Wigg trois sièges à gauche. « Y’a 100 millions sur cette table ! » commente assez justement Benjamin, prêt à boxer contre les millionnaires. « Schindler et Bonomo jouent assez en ligne pour l’instant. Ils ne sont pas les plus embêtants, mais bon, on sait qu’ils ne vont faire aucune erreur. Anton Wigg est un peu plus aggro, il a déjà pris plusieurs spots de 3-bet », observe Constant, qui s’est imposé comme le grand vizir de cette table de Rois.

Schindler Bonomo
« J’ai eu un spot marrant, commence l’amateur. Bonomo open UTG 1 800, Yannick (l’autre français de la table) paie et je 3-bet 4 200 avec 66. Le joueur au CO cold-call, Bonomo fold et le Français paie. Flop. 569, UTG +1 lead 4 000, je call, CO call. Turn 2, il lead encore 15 000, j’hésite un peu, mais je just-call, CO call. River magique 9, nouveau  lead 15 000. Là, je just call pour essayer d’induce un shove derrière moi en pensant qu’il a couleur, mais il just call avec 43, alors que UTG +1 muck ses cartes ». 

L’autre français en question répond au nom de Yannick Galley. Posté au siège 1, le Provençal a la position sur Jake Schindler et Justin Bonomo, assis juste à sa droite. Alors ça fait quoi d’avoir deux Tops mondiaux comme voisins sur un Main Event ? « Ca m’a réveillé quand j’ai vu ça ce matin, j’étais tout excité, réagit Yannick au moment de la pause. Je me demande encore si j’ai pas eu de chance au seat-draw, ou si au contraire, j’ai de la chance pour l’expérience ». Pour l’instant, les deux Français profitent du moment, sans pour autant partir à la pêche aux requins. - Fausto

Nutsr se réveille à l’heure

Bon départ pour le Team franco-cambodgien. Les trois joueurs alignés sur ce Day 1ABC ont tous pris des jetons, avec Boris Berthomet en chef de file, auteur d’un départ canon. « J’ai trouvé des spots de value » résume sobrement LeBordelaii. Mais en plus de trouver des mains, Boris a valorisé comme un cochon.

Boris Berthommet
Open A9 UTG et c’est défendu par la BB, quand vient le flop J86. « Je c-bet pot, affirme Berthomet qui trouve un call pour voir une jolie turn 5. « 2-barrels 66% et river A, je fais 40 000 dans 30 000 ». L’overbet sera payé et Boris entame sa remontée.

Quelques minutes plus tard, même adversaire, même arme, même dégât. On change juste les positions. Dans un duel de blindes, Boris check-back son 73 et fait de même sur le flop QJ10. Sur la turn J, il reprend les bonnes habitudes. Overbet 4 000 dans  2 400 puis 20 000 river 6 et encore une fois, Boris trouve un client. Déjà bien stacké en début de journée (133 000), LeBordelaii se propulse dans les hauteurs du tournoi avec 250 000 jetons alors qu’arrive les blindes 1 000 - 2 000.

Les collègues ne se portent pas mal non plus. Parti avec 20 000 jetons, Kawsashenko a trouvé un brelan de deux contre top paire pour décoller d’entrée. Quelques coups de grind et voilà qu’il pointe à 72 000 jetons au moment de la première pause. Progression plus tranquille pour le champion de monde Léo Soma qui possède 89 000 jetons, sur les 73 000 qui lui avait été confiés. - Fausto

Sylla sur la bonne voie

On retrouve l'un des héros Français du Day 1C au milieu de la salle de bal du Bally's. Ahmed Sylla est dans la même forme olympique qu'il y a deux jours : "J'ai deux tells sur deux joueurs. Je les ai tous cernés. J'ai fait un hero call !" Comme Mathieu Pontin, le comédien a vécu un début de Day 2 très rythmé, sauf que lui parfait déjà de très haut : 170 000 et non les 60 000 de départ.

Sylla
Résultat : après un full, après une paire de Rois qui a résisté aux attaques sur un board dangereux, et après un gros call rivière avec la deuxième paire, c'est avec 300 000 que Sylla entame le Level 7. Soit 300 blindes, rien que ça. Avec un tel capital, on peut comprendre le peu d'empressement de Sylla à rejoindre sa table après la première pause... - Benjo

Un tournoi chasse l'autre

Alex Romero
De remontada il ne sera pas question pour Alex Romero : arrivé au Day 2 avec trente blindes, le dernier des Top Shark a joué sa dernière main avant la première pause de la journée. Nos collègues de Winamax.es nous rencardent : "Je l'ai vu sauter. J'étais en train de noter sa compo de table lorsqu'il relance au bouton avec ses 20 BB. La grosse blinde, qui le couvre et contre qui il a déjà perdu un pot aujourd'hui, fait tapis. Alex paie avec As-9. En face : AK." Pas de miracle sur le board, c'est même l'inverse puisque deux Rois supplémentaires vont s'y glisser turn et rivière.

Très exactement 56 minuts après avoir posté le mot "bust" sur le Whatsapp du Team, Alex nous faisait parvenir une nouvelle update : "In Wynn 1,1k". Vous l'avez compris, l'Espagnol ne va pas se laisser abattre par ce Main Event inachevé : venu à Vegas pour faire le plus de volume possible, il continuera d'enquiller les tournois à un rythme de stakhanoviste jusqu'à la toute fin de son séjour. - Benjo

File d'attente
La (longue) file d'attente pour les inscriptions directes au Day 2 a permis au Main Event de dépasser les 8 000 inscrits. Il reste encore une petite (toute petite) chance de dépasser les 8 773 joueurs de l'édition 2006...