Martini a retrouvé l'appétit

- 22 juin 2022 - Par Fausto

Julien Martini est de retour aux affaires. Après avoir ralenti le rythme ces derniers deux ans, le Team Pro PMU revient sur les plus hautes tables du jeu. La préférence Cash Game demeure, mais le runner-up PSPC se garde du temps pour poursuivre sa quête de bracelets WSOP. Des ambitions qui l’ont poussé tout récemment à déménager à Vegas. 
Event #44 : H.O.R.S.E. Championship 10 000 $ (Day 2)

Martini

Comme à chaque WSOP, Julien a posé ses valises à Sin City. Mais cette fois, de manière un peu plus définitive. L’ambassadeur du Team PMU a quitté Manchester pour prendre ses quartiers à Vegas.

« Je viens de m’installer dans ma nouvelle maison. J’ai finalisé les derniers détails et j’ai acheté tous les meubles avant le début du festival » informe Julien. Pour se lancer dans un tel move, Julien a une idée bien précise en tête : s’imposer de nouveau sur les plus hauts plateaux du jeu. Les parties de cash game « NoseBleed », entrecoupées de quelques tournois High Stakes redeviennent désormais son quotidien. 

« J’avais perdu la motivation de jouer ces "games", que ce soit pour l’argent, ou pour l’aspect compétitif. Et là, c’est revenu, assure Julien. À un moment dans ta carrière, tu te fais un peu déborder par l’implication du poker dans ta vie. Tu pédales de toutes tes forces, puis tu lèves la tête du guidon et tu demandes pourquoi tu fais tout ça ». Le joueur avait levé le pied depuis le début du Covid. Il se remet en selle cette année sur la piste des High Stakes. 

Mixed games, VIP et pot à 1 million de dollars

Martini

Le plaisir, l’adrénaline des grosses parties, l’envie d’être compétitif sont revenus. Pour rebrancher le courant, Julien ne fait pas semblant. Tout juste installé dans sa nouvelle maison, il s’assoit aux tables de “Mixed-Games” les plus chères qu’il peut trouver. En guise d’échauffement pré-WSOP, il enchaîne les longues sessions jusqu’au petit matin, partageant régulièrement sur ses réseaux sociaux son ressenti, sa détermination et sa fatigue après parfois 15 heures de jeu.

Il y a deux jours, Martini s’éclatait en variantes contre "CrazyMike", un VIP aussi fou qu’agréable, aux tables du Resorts World. Le lendemain, il s’asseyait à la table de Jean-Robert Bellande, pour une partie de PLO 400-800$, avec straddle 1 600 $ voire 3 200 $. Même en tant qu’habitué de ces limites, il faut avoir le cœur bien accroché. « J’ai joué un pot à un million hier, confie Julien. Un gros coup à tapis 3-way où j’ai Dame-10 sur un board J-9-8 avec tirage flush draw à la Dame et je tombe contre un autre Dame-10 avec tirage flush max, plus un brelan chez un VIP. Il fait river doublette et ramasse le gros pot ». De quoi vous aider à relativiser votre dernier bad beat en 1-2 du week-end dernier.

Côté tournoi, Julien ne chôme pas non plus. Très présent lors du début de festival, Julien a mis la pédale douce cette dernière semaine en raison des grosses parties de cash. Mais le spécialiste de variantes ne pouvait pas faire une croix sur le 10k H.O.R.S.E. de ce mardi. « Je me suis inscrit au Day 2, avec 60 000 jetons, sur des blindes à 4 000. Ce n'est pas vraiment respecter ce tournoi, que des tas de gens rêveraient de jouer » confesse le joueur. Mais quand on sait que le buy-in correspond à un 3-bet standard dans sa partie de la veille.

« Si on était agriculteur, Schindler et Ali se prendraient un coup de pelle »

Son assiduité irrégulière dans les WSOP s’explique aussi par les dernières affaires de triche sur la scène High Stakes. « Je ne comprends pas que les Ali et Schindler soit acceptés dans ces tournois. Dans aucun autre milieu ça ne se passerait comme ça. Si on était agriculteur, ces mecs là se prendrait un coup de pelle direct, commente le Team PMU, jamais avare de comparaisons. Quand j’écoute les joueurs autour de moi, je vois que tout le monde est d’accord, mais tout le monde se tait ».

Julien n’aura pas l’occasion de croiser l’un de ces deux joueurs aujourd’hui. En effet, alors que je termine ces lignes, le Corse vient de sauter sur un tapis 3-way en Razz, sur deux derniers tirages malheureux. On était encore loin des places payées, le buy-in n’affectera pas la bankroll de Martini, mais le joueur ne prend pas cette élimination à la légère.

Martini

« C’est dingue les tournois. Hier, je peux perdre des pots bien plus gros, je passe à autre chose dès la main suivante. Mais quand je bust, je suis toujours un peu sonné ». Je vous laisse deviner vers quel genre de table se dirige l’animal en quittant la salle du Paris. Mais promis, il reviendra jouer quelques tournois sur la fin du festival. « Il y aura le PPC c’est sûr. Mais puisque que Greg (Ceran-Maillard, le Team Manager PMU) est arrivé et qu’il y a les deux jeunes (les Pro Dream Quentin Guivarch et Quentin Roussey), j’essaierai de jouer quelques tournois ». Clairement, on aime beaucoup David Benyamine, mais on ne serait pas mécontent d'avoir un autre joueur français, qui plus est triple détenteur de bracelet, à suivre dans la zone Purple réservée aux High Rollers.