Parys brisé

- 19 juin 2022 - Par Flegmatic

Chipleader durant la majorité de la finale, Maxime Parys termine sur la troisième marche du podium
Le grinder de Wimbledon remporte 164 469 $ et pulvérise son meilleur résultat en live
Event #34 : NLHE Freezeout 1 500 $ (Finale)

Maxime Parys

"J'étais très bien depuis le début de cette finale, je n'ai fait que de monter et j'ai fait en sorte au maximum de ne pas jouer de coup à tapis." Le plan était parfait, clair, efficace, éprouvé depuis le début du Day 2 sur ce 1 500 $ Freezeout. Sauf que voilà, sur un tournoi de poker, on ne peut empêcher indéfiniment les jetons de partir au milieu. Il faut alors s'en remettre à Dame Chance, et celle-ci n'a pas été du côté de Maxime Parys. À la place, un grain de sable est venu s'immiscer dans une machine française jusque-là très bien huilée. Un grain de sable nommé Justin Pechie.

Rembobinons de quelques minutes. Peu après la sortie de Michel Leibgorin, son bourreau, David Dibernardi, se lance dans un 3-barrel bluff, mais se fait payer par un Samuel Anclevic alors en perte de vitesse, qui profite de ce bon call pour presque doubler. Nos deux tricolores reviennent alors aux deux premières places, Maxime Parys accentuant même son avance juste avant la pause. Sur JT739, le Londonien va chercher un peu de value avec T9 contre Pechie, qui finit par abandonner sa paire de Dames après un tank de cinq bonnes minutes.

Maxime Parys Rail

Branchés devant le stream de PokerGO, Arnaud Enselme, Romain Lewis et Jonathan Therme informaient régulièrement Maxime des coups disputés précédemment.

En plein rush, le Français peut enfoncer le clou dès le retour de break et prendre une énorme option sur le bracelet : en bataille de blindes avec une paire de 9, il paie dans la seconde le tapis de 18 BB de l'Américain, qui avait tout mis avec A4. Malheureusement pour nous, un As apparait en doorcard pour faire passer Pechie en tête de peloton. Ce dernier poursuit même sur sa lancée en infligeant un vilain bad beat à Steve Zolotow avec As-8 contre As-9, et pousser l'aîné de cette finale vers la sortie (5e, 90 306 $). Maxime Parys lui rend la pareille en renvoyant chez lui le short stack Kenny Robbins (4e, 121 224 $) et, un 3-bet et quelques pots glanés plus tard, le revoilà tout en haut.

C'est alors qu'arrive une nouvelle main décisive. De nous en BvB, Parys et Pechie découvrent un flop Q97. Justin mise 650 000 (blindes 250k/500k) et Maxime relance à 2 millions. Payé. Turn 5. Le Français place un second bar' à 3 millions mais, surprise, se fait rapidement relancer à tapis pour un total de 12,4 millions. S'il paie et perd ce coup, "Dabou" n'aura plus que trois blindes devant lui. Bien embêté, Max' finit tout de même par payer et se voit montrer les noisettes, 86.

Parys - Pechie

Avant le call.

Parys - Pechie Call

Après le call.

Son 97 est mal en point, mais toujours en vie. Néanmoins, le rail français a beau appeler de ces vœux un "Seveeeeen!", c'est un K qui tombe. "J'ai vraiment pensé à passer, avouera Maxime au moment du débrief en compagnie de sa clique de grinders. Vu la barre que c'est, il a très peu de bluff ici." Maxime aura beau doubler une première fois avec As-10 contre As-2 chez Justin Pechie, son excellent run sur ce tournoi s'arrête quelques minutes plus tard, avec JT contre le As-Roi de Samuel Anclevic.

Anclevic - Parys Rail

Que retenir alors ? Cette troisième place face à 165 000 $ face à 1 773 joueurs, lui qui ne comptait pas encore de gain à cinq chiffres en live ? Ou le fait d'échouer à deux marches du bracelet après avoir été en position dominante ? "Un peu des deux en fait. Je n'avais absolument pas d'objectif avant de venir ici. Je n'ai jamais vu les tournois live comme quelque chose de lucratif, je les ai toujours pris comme des trucs funs. D'ailleurs, je ne les sacralise plus du tout autant qu'avant. Fut un temps où je les voyais comme des pierres précieuses. Maintenant, ce sont surtout des jetons à placer dans des sacs. Donc je n'étais pas du tout stressé aujourd'hui. Et là je ne suis même pas abattu... Juste ça fait chier quoi !"

Anclevic - Parys

Grinder online d'exception, jouant cher à la fois sur le ".fr" et le ".com", mais souvent dans l'ombre de ses champions de colocataires Romain Lewis et Arnaud Enselme, bien plus habitués à prendre la lumière des tables télévisées, Maxime Parys a enfin obtenu les heures de gloire qu'il méritait. "Dabou c'est la force tranquille, commentait Romain en milieu de finale. C'est un fou de jeu au sens large. Il est capable de se concentrer sur une période plus ou moins longue sur un jeu donné et tous nous massacrer. Que ce soit à Mario Kart, au foot, à la pétanque ou au padel, il donne tout pour l'amour du jeu. C'est ce qui le rend très humain d'ailleurs." Humain et diablement talentueux. GG Maxime !

Rail

Comme on s'y attendait, le rail français a donné de la voix.

Anclevic - Pechie
Le premier duel franco-français de l'histoire des World Series of Poker à Vegas n'aura donc pas lieu. À la place, Samuel Anclevic se retrouve confronté à un nouveau gros défi : remonter un handicap de 13 millions de jetons contre les 13 millions de Justin Pechie.