Winamax

Trois Français pour un bracelet

- 18 juin 2022 - Par Flegmatic

Samuel Anclevic, Maxime Parys et Michel Leibgorin sont en finale !
Nos trois tricolores sont dans le Top 4
Un bracelet et près de 365 000 $ seront en jeu samedi

Event #34 : NLHE Freezeout 1 500 $ (Fin du Day 2)

Leigborin - Anclevic - Parys

Avant ce vendredi 17 juin, le compteur de Français en finale de ces World Series of Poker 2022 affichait quatre. Ce soir, il grimpe à sept... en un seul tournoi ! Et le plus beau dans tout ça, c'est que Samuel Anclevic, Maxime Parys et Michel Leibgorin n'ont pas seulement atteint la TF à dix de ce tournoi Freezeout à 1 500 $ ayant réuni près de 1 800 joueurs : ils l'attaqueront ce samedi à 13 heures respectivement en première, deuxième et quatrième position. C'est bien simple, à partir du moment où se sont constituées les trois dernières tables de ce tournoi, tous les gros pots ont été comme aspirés par nos trois tricolores, la palme revenant aisément à Samuel.

Tombé à une dizaine de blindes à une vingtaine de joueurs restants, le Lisboète réussit à tripler avec Q9 face à As-Valet et une paire de Dames en trouvant une flush de derrière les fagots sur la rivière. Le début d'une folle ascension, qui le voit plus tard trouver une paire de Rois dans un nouveau 3-way all-in qui précipitera l'élimination de Sylvain Cisterna en 15e place. Il pousse dans la foulée son voisin Michel Leibgorin à la faute dans une série de relances et surrelances préflop pour récupérer près de deux millions sans showdown, avant une livraison comme on pensait ne plus en voir, et surtout pas à la bulle d'une table finale WSOP : ouverture de Samuel avec une paire de Valet au cut-off, 3-bet de la small blind avec un tapis effectif d'une vingtaine de blindes, all-in et snap call avec paire de 3. Vous vouliez savoir comment on construit une énorme muraille de dix millions de jetons ? Maintenant, vous savez.

Leigborin - Anclevic

"Il n'y a pas de secret à ce jeu : il faut chatter," résume Samuel après avoir placé son monster stack dans le sac prévu à cet effet. Une position dominante qui l'incite à ne viser rien d'autre que la gagne ? "Je vais surtout regarder les paliers. Le bracelet c'est bien, mais d'abord il y a l'argent. En plus je suis broke moi, je ne devais même pas venir ici." Quelle mouche l'a piqué ? "Ça s'est joué [au WPO] Madrid. Des potes m'ont chauffé et je me suis décidé. En plus, je n'étais pas motivé à jouer online, je n'arrivais pas à me concentrer,  et à l'inverse, j'avais de bonnes sensations en live. Il y a aussi cette idée de plaisir quand on joue, non ? En tout cas, je crois que j'ai bien fait de venir." C'est le moins que l'on puisse dire, puisque dès son arrivée il y a une semaine, Samuel remporte un 800 $ au Venetian pour environ 15 000 billets verts, avant d'y signer trois autres places payées. Mais l'histoire est peut-être encore plus folle.

"Il ne vous a pas raconté ?, enchérit Michel Leibgorin. Avant le coup avec Dame-9, il s'en est passé une belle aussi. La croupière expose un 10 en lui distribuant ses cartes alors qu'il en avait déjà un. En face, un joueur avait une paire d'As. Tout serait évidemment parti au milieu et il n'en serait pas là !" De quoi remettre une pièce pour Michel dans le jukebox servant de musique de fond à cette soirée : "Il faut du bol ! Quand tu chattes, c'est facile. Les mains que j'ai eues au Day 1... je ne te raconte même pas. Les As, les Rois, les Dames et les Valets au moins sept fois !"

L'expérience ne joue-t-elle quand même pas un petit peu ? "Si, bien sûr. Tu peux quasiment savoir qui va se faire éliminer et dans quel ordre. Là pour demain, le papy au siège 9 il n'est vraiment pas bon, mais il joue assez agressif donc il va falloir aller le chercher." Toujours comme Samuel, Michel va également jouer la carte de la prudence sur cette finale. "Pour jouer le bracelet à tout prix, il faudrait faire du Omar Lakhdari et en mettre partout. Sauf qu'entre la dixième et la première place, il y a une vie de travail. Je ne sais pas ce que les autres font comme métier, mais moi je connais la valeur de l'argent." Avec le quatrième tapis mais un net déficit sur ses deux compatriotes, Michel va devoir batailler pour aller chercher ce qui serait son 24e titre en live. "Je suis le troisième Français en termes de victoires [dont deux rien que cette année, NDLR], sauf que je n'ai jamais connu de vrai gros one time. Je n'ai qu'une victoire à plus de 100 000 €, et encore, c'était à 101 000 € !" Pour battre ce score, il faudra viser une quatrième place, tandis que la win rapportera 364 899 $.

Maxime Parys

Face à ces deux pipelettes de Sam et Michel, on en oublierait presque le beaucoup plus discret Maxime Parys. Sauf que non. Pour la simple et bonne raison que le joueur au patronyme beaucoup trop adapté à une future victoire dans ces murs n'a jamais quitté le haut du classement aujourd'hui, son tapis ne connaissant qu'un seul sens de progression : vers le haut. Déjà à cent joueurs restants, son coloc et pote de toujours Arnaud Enselme nous mettait en garde, nous incitant à surveiller de très près celui qui court toujours après sa première grosse perf' en live. S'il arrive à conserver samedi le momentum de ce Day 2, on voit mal ce qui pourrait l'en empêcher.

Son seul désavantage est d'être à la droite de Samuel et de Steve Zolotow, probablement le plus dangereux et sans conteste le plus expérimenté des sept Américains qui tenteront de barrer la route à nos Français. Déjà quatrième d'un autre tournoi Freezeout à 2 500 $ en tout début de festival, le vétéran vise lui un troisième bracelet, 21 ans après le deuxième remporté en Pot-Limit Hold'em et... 27 ans après le tout premier, décroché en Poker Chinois. Il parait qu'un membre de l'équipe de reporters Winamax n'était même pas né. On se méfiera également de Justin Pechie, 50 blindes au compteur et près d'1,5 million de dollars de gains dont une breloque en Shootout datant de 2011.

Rail

Subsiste toutefois une question à laquelle nous n'avons pas trouvé de réponse ferme et définitive : est-ce la première fois que trois Français se retrouvent autour d'une table finale World Series of Poker à Las Vegas ? Quoi qu'il en soit, ils ne seront pas de trop pour tenter de faire résonner une deuxième Marseillaise dans l'enceinte du Paris. Qui plus est, ils seront bien évidemment soutenus par un rail riche à la fois en qualité et en quantité, qui s'est gentiment échauffé ce soir avant, on l'espère, de donner franchement de la voix ce samedi, et le plus longtemps possible. Pour vous qui êtes chez vous, ce sera à suivre en streaming en différé sur PokerGO ou dans ces colonnes à partir de 13 heures, soit 22 heures, heure française. Allez les Bleus !

Le seat draw de la finale

Final Table

1/ Samuel Anclevic (France) 10 455 000 (104 BB)
2/ Steve Zolotow (USA) 3 960 000 (40 BB)
3/ Jeremy Wien (USA) 2 265 000 (23 BB)
4/ David Dibernardi (USA) 2 985 000 (30 BB)
5/ Justin Pechie (USA) 5 050 000 (50 BB)
6/ Michel Leibgorin (France) 3 970 000 (40 BB)
7/ Kenny Robbins (USA) 2 765 000 (28 BB)
8/ Orson Young (USA) 1 235 000 (12 BB)
9/ Dwayne Sullivan (USA) 3 245 000 (32 BB)
10/ Maxime Parys (France) 8 370 000 (84 BB)

L'échelle des gains

Vainqueur : 364 899 $
Runner-up : 225 506 $
3e : 164 469 $
4e : 121 224 $
5e : 90 306 $
6e : 68 002 $
7e : 51 766 $
8e : 39 843 $
9e : 31 009 $
10e : 24 407 $

Blindes au départ du Day 3 : 50 000 / 100 000 / 100 000
Tapis moyen : 4 435 000