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1 000 joueurs entrent dans l'argent et atteignent le Day 4

- 12 novembre 2021 - Par Benjo DiMeo

WSOP

Day 3 : 2 362 joueurs (6 550 au total) / 1 000 restants (dont 32 Français)
Chipleadeuse : Jessica Cai (USA) 1 796 000

CLIQUEZ ICI POUR LE CLASSEMENT COMPLET ET DÉFINITIF DU DAY 4

Top 10

Joueuse
Jessica Cai (USA) 1 796 000
Phachara Wongwichit (Thaïlande) 1 773 000
Joshua Paig Remitio (USA) 1 671 000
Ehsan Amiri (Australie) 1 574 000
Roman Velrstein (USA) 1 560 000
Neel Choksi (USA) 1 552 000
Stephen Song (USA) 1 551 000
Dragana Lim (USA) 1 539 000
Jordan Jayne (USA) 1 525 000
Andreas Kniep (Allemagne) 1 509 000

32 Français

19. Johan Martinet 1 365 000
31. Clément Van Driessche 1 189 000

Chevre.Miel
164. Nicolas Vayssieres (Vainqueur KING5) 709 000
177. Pierre De Almeida 691 000
182. Freddy Darakjian 681 000
234. Arnaud Mattern 579 000
240. Ivan Deyra 565 000

ElkY
312. Bertrand "ElkY" Grospellier 485 000
334. Jean-Baptiste Dequengo 458 000
352. Robin Guillaumot 435 000
358. Yehoram Houri 430 000
406. José Astima 380 000
445. Franck Kalfon 335 000
447. Julian Milliard 334 000
451. Sonny Franco 332 000
469. Nicolas Dumont 322 000
546. Jean-Luc Adam 272 000
562. Antoine Labat 260 000
642. Fabrice Bigot 214 000

Kool Shen
646. Bruno "Kool Shen" Lopes 211 000
648. Mickaël Lacaze 211 000
651. Slimane Mameche 209 000
718. Michael Schwartz 172 000
791. Alexandre Servies 134 000
800. Antonin Teisseire 130 000
857. Karim Lehoussine 100 000
867. Gilles Lamy 94 000
901. Louison Vincent 73 000
925. Samy Dubonnet 63 000

941. Romain Lewis 57 000
947. Ulysse Harry 54 000
974. Elliot Kessas 32 000

Le reste du field (sélection)

Chris Moneymaker
12. Chris Moneymaker (USA) 1 432 000
27. Stephen Chidwick (UK) 1 258 000
34. David Williams (USA) 1 175 000
46. Jason Koon (USA) 1 049 000
56. Toby Lewis (UK) 1 010 000
88. Nick Petrangelo (USA) 860 000
120. Chance Kornuth (USA) 787 000
131. JJ Liu (USA) 765 000
140. Ben Yu (USA) 755 000
160. Kevin Gerhart (USA) 715 000
190. Qui Nguyen (USA) 659 000
244. Bart Lybaert (Belgique) 555 000
272. Kitty Kuyo (Taiwan) 528 000

Mike Matusow
286. Mike Matusow (USA) 510 000
313. Ramon Colillas (Espagne) 484 000
324. Anton Wigg (Suède) 469 000
330. Marle Cordeiro (USA) 462 000
422. Billy Baxter (USA) 359 000
455. Robert Mizrachi (USA) 326 000
479. Barry Greenstein (USA) 317 000
515. Leo Margets (Espagne) 289 000
608. Josh Arieh (USA) 229 000
703. Garry Gates (USA) 180 000
714. Mark Newhouse (USA) 175 000
775. Martin Jacobson (Suède) 142 000
794. Chris Moorman (UK) 133 000
868. Mustapha Kanit (Italie) 94 000
881. Kathy Liebert (USA) 85 000

Blindes au départ du Day 4 : 4 000 / 8 000, ante 8 000

WSOP : le coverage Winamax

Hystérie collective

- 12 novembre 2021 - Par Fausto

La bulle éclate dans un chaos proche du grotesque
Main Event (Fin du Day 3)

Bulle
"J'avais l'impression d'être un cafard. Je rampais sous les gens, je jouais des coudes entre les jambes."
"J'ai reçu des coups. J'en ai donné aussi."
"Je n'avais jamais vu le directeur du tournoi aussi énervé."
"J'ai couvert 15 Main Events, j'ai l'habitude des bordels monstres à la bulle, mais là c'était au-delà de tout ce que je pouvais imaginer."


Ainsi vos "couvreurs" préférés résumaient leurs impressions en salle de presse aux alentours de deux heures du matin, tandis que les 1 000 joueurs ITM sur le Main Event partaient se reposer après un interminable Day 3 fait de douze heures de poker et très exactement 2362 éliminations.

Un énorme foutoir. C’est ainsi et pas autrement que l’on peut décrire le spectacle qui s’est produit entre trois heures durant dans l’Amazon Room. Un Pandémonium magnifique, un joyeux bazar qui commence lorsque Jack Effel, le mythique directeur de tournoi des WSOP, annonce l'entame de la phase de "main par main." 1005 joueurs encore en course, c’est cinq de trop pour entrer dans l’argent de ce Main Event.

Quelques secondes de tension, le temps que les tables débutent leurs mains respectives, et puis la cohue commence. Les joueurs se lèvent de leur chaise, viennent voir les copains attroupés en bordure de salle. Certains attrapent une des bières alignées par dizaines sur les plateaux des serveuses qui déambulent dans l’Amazon. Beaucoup se mettent à filmer, d’autres appellent leur femme et le moment s’étend jusqu’à ce toutes les tables se décident quand soudain : Jack Effel annonce le lieu de la mise à mort !

« All-in and call table 589 ! ». À peine a-t-il le temps de terminer sa phrase qu’une horde de joueurs, spectateurs et journalistes se ruent vers ladite table, courant dans l’Amazon, zigzagant à travers les tables, enjambant les chaises pour assister au plus près à la scène. 

Bulle
Les plus dangereux restent assurément les caméramen et leurs lourds et imposants équipements, qui manquent d’assommer les joueurs à chacun de leur passage, sans aucune pitié pour les potentiels blessés, pourvu qu'ils aient le bon plan dans le viseur. Une fois arrivé, tout le monde dégaine son portable, son appareil photo, son selfie stick. On se bouscule, on monte sur les chaises, on se presse pour avoir le meilleur angle de vue, en attendant que le directeur de tournoi vienne commenter le duel. 

Il se fait attendre, une minute, puis deux, puis cinq, parfois dix, le temps que tout soit prêt et que les caméras d’ESPN se mettent en place. Après une attente interminable, le directeur arrive pour enfin dévoiler les mains… Paire d’As chez le shortstack contre… Dame-huit offsuit. La belle rencontre ! Un as dès le flop et tout le monde peut repartir à sa table.

Cette chorégraphie de l'absurde s’est répétée une demi-douzaine de fois. À chaque fois, une premium chez le joueur à tapis contre une merguez en face. La zone de tournoi d'ordinaire si policée n'obéissait à plus aucune règle. Badauds et curieux circulaient entre les tables, attroupements et bousculades éclataient un peu partout sans que personne y trouvait à redire. Pendant deux heures, les fous ont pris le contrôle de l'asile, sans que le Main Event ne puisse trouver son bubble boy

Sous les coups d’une heure trente-quatre, le sol de l’Amazon tremble encore. Cette fois, le troupeau se rue vers la table 492 pour observer un énième tapis-payé. C’est Kevin Campbell qui joue son tournoi, avec le Grec Chris Alafogiannis dans le rôle du bourreau potentiel. Évidemment, Kevin montre deux As. Tous les regards, toutes les caméras sont braquées sur lui. Confiant, Kevin appelle son meilleur pote en FaceTime pour partager le moment. Le copain en question va assister en direct à une clim de légende.

En face, il y a A9. Pas simple pour craquer les flèches. Mais le flop donne de l’espoir. Un piégeux 978 provoque un premier hurlement autour de la table. La salle retient son souffle, tout le monde espère un 9. Nouveau frémissement sur la turn, un 10, puis à peine avons-nous le temps d’entendre la river que « YEEEEEEAAHHHHHHH » : 1 000 joueurs explosent. Le croupier vient de poser un impitoyable 9 qui offre le brelan à Chris Alafogiannis, mais surtout, l’ITM à tous les joueurs du Main Event. Sauf un.

Bulle
Le pauvre Kévin se consolera avec un ticket gratos pour la prochaine édition. Les autres lèvent leur verre, se prennent dans les bras, appellent leur famille, leur stackeur, leurs potos pour annoncer la nouvelle. Ils viennent de faire l'argent du Main Event des WSOP 2021 et reviendront demain pour poursuivre leur rêve sur le Day 4 !

Maintenant : on veut le chipcount ! Nous avons compté plus de 20 Français heureux mais fourbus au moment de l'éclatement de la bulle. Le chiffre définitif sera très certainement un poil supérieur. En attendant, on retrouve des tauliers comme Arnaud Mattern, Kool Shen, Ivan Deyra, Nicolas Dumont, Slimane Mamèche, Antoine Labat, ElkY, Jean-Luc Adam, Franck Kalfon, mais aussi des first timers tels Nicolas "Chevre.Miel", Gilles Lamy, Mickaël Scwhartz, Johan Martinet, Alexandre Servies, Elliot Kessas, José Astima... Des pros, des amateurs, des petits nouveaux, des vieux de la vieille : comme chaque année sur le Main Event, il y a de tout. Quelques petits tapis bleu-blanc-rouge ont transpiré pendant cette longue attente. C'est le cas par exemple de Samy Dubonnet, Romain Lewis, Antonin Teisseire ou encore Ulysse Harry, munis d'un tapis proche de celui qu'ils avaient reçu en début de Day 1 en échange des 10 000 $ originaux. S'il y a deux jours ce tapis avait de la gueule, aujourd'hui, avec 60 000, c'était plutôt comme marcher sur des œufs. Mais aucun des trois n'a cédé, avec une tactique parfaitement infaillible pour ne pas bust : ils n'ont pas joué un coup ! "On ne peut absolument rien faire, alors pourquoi rester à table ? Pourquoi se faire peur pour rien ? Il y a juste attendre, et ce sera l'argent", confiait Ulysse, tout sourire... à l'extérieur de la salle, au calme et au frais, tout simplement.

Pendant cette bulle qui a impliqué plusieurs joueurs à tapis... un Français s'est retrouvé sous les feux des projecteurs. C'était surtout avec grand plaisir que Robin Guillaumot a vu arriver une tonne de journalistes/caméramen enragés/spectateurs, puisque sur KJ363, Robin n'attendait que l'autorisation de Jack Effel pour retourner son jeu : 33 pour le carré. Et heureusement que la rivière lui a permis d'améliorer la force de sa main, car en face son adversaire possédait A9 pour couleur max !

D'autres en ont profité pour se régaler. Ils ne sont pas si nombreux, mais on pense tout de même à Clément Van Driessche, grimpé à plus de un million pendant cette période. Le membre de l'équipe NutsR sera notre porte-drapeau officiel pour le jour 4. 

La liste complète des Français ITM sera publiée dès que possible. En attendant, rendez-vous dans la galerie pour découvrir des clichés inédits de la bulle !

Fausto & Veunstyle

Bulle
Sa paire d'As retournée, Kevin Campbell savoure à l'avance double-up sans difficultés face à As-9... et son pote en visio aussi

Bulle
La rivière avait d'autres projets pour lui !

À moins de 100 places de la bulle

- 12 novembre 2021 - Par Benjo DiMeo

Main Event (Day 3) - Level 15 (3 000 / 6 000 BB ante 6 000)

Liv Boeree
De plus en plus frémissante depuis le retour du dîner, l'Amazon Room est sur le point d'arriver à ébullition. Moins de cent éliminations nous séparent de la bulle, et les dizaines (centaines ?) de joueurs en difficulté vont bientôt choper un torticolis à force de se tordre les vertèbres afin de jeter un œil aux écrans affichant le nombre de joueurs restants.

Il faut sauver le soldat Lewis

Romain Lewis
La bulle approche à grands pas et l'un des trois derniers membres du Team Pro Winamax l'aborde dans le costume de victime : Romain Lewis est en maladie complète, avec six petits jetons sur la table, pour un total de 46 000. On l'observe tank fold depuis un bon moment déjà, typique d'un joueur shortstack à la bulle. Mais peut-il vraiment faire autrement ?

Il faut croire que Romain n'avait pas envie de patienter jusqu'à l'après bulle, puisqu'il a fini par envoyer son petit tapis au milieu de la table avec As-Valet... payé une fois par un joueur avec deux Rois. Dans les faits, Romain est encore à peu près vivant avec As-Valet en main, sauf quand deux autres joueurs annoncent s'être débarrassés d'un As chacun. Romain est vraiment dans la panade, déjà un pied dans l'avion... jusqu'à l'apparition du dernier As du paquet sur la table ! Ce jeu est fou, et voilà Romain presque assuré maintenant d'aller décrocher un ITM sur le plus beau tournoi du monde. - Veunstyle

Van Driesche se frotte la barbiche

Van Driesche
La machine de la Team Nutsr est bien huilée sur Day 3. Clément Van Driesche a pris la cadence depuis le début de journée et son palais de jetons ne cesse de s’agrandir. Ses belles colonnes jaunes (1 000) oranges (5 000) et vertes (25 000) forment désormais un édifice estimé à plus de 800 000 jetons. 

Pas de gros setup pour celui qui sévit sous le pseudo de « Kortex ». Le grinder impose son rythme avec une grosse fréquence d’agression et en arrachant un nombre conséquent de pots post-flop. Et même quand il est légèrement derrière, la réussite est de son côté. À l’instant, il voyait le bouton partir à tapis pour ses quinze dernières blindes avant de découvrir AQ en grosse blinde. Clément décide de payer, mais sa main est dominée par le AK de son opposant. Quatre carreaux plus tard, Van Driesche dénichait une flush de derrière les fagots pour ajouter une nouvelle victime à son tableau de chasse, et une nouvelle colonne à son temple de pions.

Un gros stack à l'approche de la bulle ? Rien de plus appétissant pour Kortex, qui risque d'appuyer encore un peu plus sur l'accélérateur pour continuer d'augmenter le kilométrage. - Fausto

Braquage à l'italienne

Une année supplémentaire sans ITM pour Gregoire Boissenot. Le chanteur Français a bien cru passer par la case double up lorsqu'après avoir fait tapis avec As-Dame, il se retrouvait confronté à As-7 chez Gianluca Sperenza : "Sorry I get lucky" est venu s'excuser auprès de nous le sympathique Italien. 

Un autre joueur transalpin (en tout cas à moitié) est venu nous retrouver au milieu d'une allée, il s'agit de Giuseppe Zarbo. ITM quatre fois consécutivement entre les années 2011 et 2014, il devra attendre 2022 pour augmenter ce joli palmarès.

"J'ai perdu un gros pot avec une paire de Rois contre As-Roi... je suis tombé à 60 000, remonté à 150 000, retombé à 45 000, et là, j'ai tenté de resteal avec une paire de 7 et le mec m'a payé avec Valet-Dix. Le croupier a posé un board 33AK... J sur la river. Cruel..." - Veunstyle

Yehoram revient des enfers

Yehoram Houri
Il commençait à se noyer dans de sombres profondeurs. À deux doigts de toucher le fond, Yehoram Houri a trouvé les ressources pour sortir la tête de l’eau. Alors qu’il naviguait tranquillement au-dessus des soixante blindes, le runner-up d'un 1 500 $ lors des WSOP 2015, a vu sa barque se crasher brutalement sur une rencontre malchanceuse.

Ouverture UTG, flat call UTG+1, 3bet d’un joueur chinois en MP et Yehoram Houri découvre deux beaux barbus au bouton. Le 4-bet est envoyé, la parole revient au joueur asiatique, qui lui balance le tapis. C’est payé et Yehoram se retrouve contre… Deux huit ! « C’est les Chinois, ça. Pour eux deux huit, c’est comme deux as » explique Yehoram. « T’inquiète pas, il fait huit sur le flop » raconte le joueur qui se retrouve échoué sur la côte des shortstacks, avec à peine 50 000 jetons. 

Obligé de tenter le tout pour le tout, Yehoram multiplie les vols de blindes et squeeze à base de tapis pré-flop, sans trouver de client. Il remonte près des 100 000, jusqu’à apercevoir une nouvelle fois le corsaire chinois. Les deux hommes repartent à l’abordage. Deux dames chez Yehoram contre deux neuf. Cette fois, pas de sale coup et Houri peut reprendre le large. Le vent souffle de nouveau dans le bon sens, le vieux pirate pille même quelques chalutiers égarés et le voilà de retour à plus de 300 000. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Cela fait un moment qu'on ne les a pas vus : Adrien Delmas, Jack Melki, Brice Cournut, Pierre Merlin, Tristan Forge, le qualifié Winamax Joffrey Estève, Meddi Ferrah

Faraz Jaka
Ils ne vivront pas ce moment magique qu'est la bulle : Ole Schemion, Maria Ho, Greg Mueller, Faraz Jaka (photo), Anthony Zinno...
 

Maria Ho
Maria Ho ne quittera pas tout à fait ce Main Event puisqu'elle devrait retrouver son rond de serviette dans la cabine des commentateurs du stream

QUAAAAADS
Ouh la vache, comme ça doit piquer...

Railbird
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le métier de railbird n'est pas toujours une sinécure

On me dit que le vainqueur s'est glissé dans la salle

- 12 novembre 2021 - Par Benjo DiMeo

Tous les joueurs restants sont désormais réunis dans l'Amazon Room
Il reste moins de 1 200 joueurs pour 1 000 places payées
Main Event (Day 3) - Level 14 (2 500 / 5 000 BB ante 5 000)

 

Dodo
Oh ! C'est pas le moment de somnoler : on va bientôt entrer dans les places payées


Après six Day 1 de dix heures, deux Day 2 du même tonneau, sept heures de jeu sur le Day 3, et un total de 5 300 buy-ins à 10 000 $ partis en fumée, enfin : la réunification. Le moment où les derniers joueurs du Main Event - 1 200 et quelques - sont réunis sous le même toit, celui de l'Amazon Room. Cependant, on dirait que les traditions se perdent sur les WSOP : aucun superviseur ne s'est emparé du micro pour lancer la traditionnelle annonce : "Mesdames, messieurs, c'est officiel : le vainqueur du Main Event se trouve dans la salle." Tant pis. Avec moins de 1 200 joueurs encore en course et deux heures trente restant à jouer ce soir, il est quasiment certain que l'on assistera à la bulle avant la fin du Day 3. Un qui ne pourra la vivre qu'en spectateur est Johan "Yoh Viral" Guilbert, sorti peu avant le dîner.

Le morpion n'a pas fini de gratter

Arnaud Mattern
Insaisissable Arnaud Mattern, absent du chip-count du Day 1 alors qu'il était bel et bien en lice sur le 1F, avant de manœuvrer avec dextérité un stack précaire, perdu au milieu de la Pavilion tout au long d'un Day 2 qu'il terminera dans le ventre mou du classement avec 106 000. Sur le Day 3, on a passé la moitié de la journée à passer devant sa table sans le voir... pour finalement enfin accrocher des yeux sa casquette grise au retour du dîner en zone Gold de l'Amazon, assis sur la même chaise qu'à onze heures, mais avec un tapis autrement pus appétissant : 470 000. "Il s'accroche, le morpion", rigole-t-il ! Et le triple finaliste EPT (dont une victoire à Prague en 2007, la toute première de l'histoire du Team Winamax) de nous dérouler quelques éléments de langage sur un rythme saccadé. "Je suis resté bloqué à 160 000 un bon moment. Puis j'ai grind un peu, je passe à 186 000. Et là je me propulse en deux mains." Une histoire de top-paire trouvée avec Roi-8 et qu'il value bet correctement sur deux tours d'enchères. Une autre impliquant un tirage ventral avec 8-5 qui rencontre le jeu max sur le turn, pareil : deux value bet payés. Roulant désormais à 240 000 jetons à l'heure, Arnaud appuie sur le bouton Nitro : "La table était tight, j'ai relancé toutes les mains." Y compris un Valet-2 avec lequel il trouve un board 10-8-4-7-9. "Je suis contre le mec à ma gauche, je suis sûr qu'il a brelan J'ai misé les 3/4 du pot, il a payé." C'est assis à une "belle table" qu'Arnaud peut tranquillement entrer dans la phase de la bulle, une zone où il est particulièrement apte lorsqu'il possède des jetons. La chose est entendue : le morpion est bien accroché. - Benjo

Kalfon la forme

Franck Kalfon
Les réguliers parisiens le savent très bien, le monde entier s'apprête peut-être à le découvrir bientôt : Franck Kalfon a tout à fait le profil pour s'accrocher le plus longtemps possible dans un Main Event WSOP. Sa journée est proche d'être idéale : parti avec 81 000 jetons, on le compte désormais à presque 600 000 unités. La machine a mis beaucoup de temps à se mettre en marche, mais elle est désormais bien lancée.

Et après avoir discuté un peu lui, une tendance a rapidement fini par ressortir : tous les pots intéressants dans lesquels il investissait des jetons, il les a pratiquement tous disputé depuis sa BB et sans jamais que ses adversaires ne voient ses cartes au showdown. Une stratégie de grind totalement adaptée à la situation, et qui réussit parfaitement au joueur de poker qu'est Franck Kalfon, plus solide qu'un roc quand il s'agit de ne jamais disparaitre d'un tournoi. 

Franck fait peu d'erreurs, il connecte plutôt bien les boards et a réussi à instaurer un climat de doute dans la tête de certains de ses adversaires, ce qui n'est pas la pire des stratégies lorsqu'il s'agit de jouer de longues heures avec les mêmes têtes. La bulle approche, et sauf accident, il y a fort à parier que Franck Kalfon fasse partie de ces quelques français in the money. Ce serait une grande première pour lui. Après cela, il pourra alors rêver plus grand. - Veunstyle

Martinet dans la cour des grands

Martinet
Bluffcatcher l’un des meilleurs joueurs du monde sur un pot monstre au Day 3 d’un Main Event ? La case est cochée pour Johan Martinet. En confiance depuis le début de journée, le néo-livertard a fait parler sa qualité de read pour s’offrir le scalp de Justin Bonomo. « Il ne fallait pas qu’il essaie de me bluffer ! » commente Martinet. En confiance, on vous dit.

Johan ouvre avec deux dix UTG, et ça fold jusqu’à la grosse blinde. On y trouve Justin Bonomo, l’homme au 56 millions de dollars de gains qui accepte le duel avec Johan Martinet, joueur français inconnu au bataillon. Enfin, pour l’instant.

Le flop vient Q75 et Martinet place un C-bet à 9 000, midpot. Justin paye pour voir la turn 2. Martinet check derrière Bonomo, mais l'action repart sur la river 3. Check de Justin, 25 000 envoyé par Johan et la riposte du champion est radicale : Tapis 204 000 !

Voilà qui mérite une petite réflexion chez Martinet. Les minutes passent et le Français décide de call avec sa paire de dix. Justin montre... Une paire de 4. Coup de tonnerre : Notre random français vient d'abattre le numéro 2 de la "All-Time money list" mondiale. Et avec la manière.

« Avec ce move, je suis capé, et je pense qu’il a voulu en abuser, explique Johan. Je ne sais pas si c’est le sizing qu’il aurait utilisé pour value avec deux paires ou plus ». Une analyse technique qui se double d’un raisonnement psychologique. « Depuis qu’il était à la table, personne ne bougeait. Je pense que les autres se chient dessus face à lui. Il a voulu me mettre une décision, surtout que moi, je suis personne ». Bonomo s’est clairement trompé de client. Et avec 690 000 jetons devant lui, une maitrise des dynamiques si aiguisée et une confiance totale, Johan Martinet, aussi random qu’il soit, se présente comme un outsider sérieux. Vous l’aurez lu en premier ici. - Fausto

Milliard le barbare

Julian Millard
C’est un des animateurs du bataillon français depuis ce début de Main Event. Toujours chaud d’action, et souvent avec beaucoup de jetons, Julian Milliard envoie de gros coup de haches sur ces adversaires. Parfois, il découpe des têtes, parfois il se heurte à une enclume.

Juste avant la pause, il s’était même placé dans les top stacks, avec un pic à 750 000 jetons, en se payant le luxe de déstacker un champion du monde. La victime s'appelle Jerry Yang, vainqueur du Main Event 2007. Julian paye Jerry avec une paire de six qui trouve son brelan sur un flop 467. Juilian paye un premier parpaing, puis un deuxième sur la turn 9. Mais sur la river 7, c’est par un tapis que riposte le Français. Jerry réfléchit, mais ne voudra pas lâcher sa couleur max, battue par le full de Milliard. Le champion est à terre, le joueur de high stakes dans le ciel de ce Main Event.

Pas pour très longtemps. A peine revenu du dinner break, Julian connait une digestion compliquée. Toujours aussi agressif, le Français s’engage dans un bluff aussi coûteux qu’audacieux.

Open EP, payé par Julian avec AJ en petite blinde, et la grosse blinde complète. Tout le monde check sur le flop 9103 et Milliard passe à l’attaque sur la turn 2. 20 000 dans 30 000, payé par la grosse blinde tandis que l’ « original raiser » se couche. Sur la river 2, Julian opte pour l’overbet. 100 000 dans 70 000, tank chez la grosse blinde qui paie avec son J10. Milliard enchainera deux petits coups perdus, pour redescendre à 500 000 jetons. En attendant le nouvel assaut. - Fausto

On baisse Pavilion

Pavillion
C'est à 20h49 très précisément que la Pavilion Room a dit au revoir aux dernières tables du Main Event qui y étaient encore actives. Lorsque les superviseurs sont arrivés avec les sachets et l'ordre de déménager les deux ultimes tables dans l'Amazon Room, un joueur short-stack réfléchissait depuis une plombe sur la rivière d'un gros pot. Le temps fut demandé, et le joueur en maladie a laissé s'écouler la minute entière avant de concéder le pot. Lorsque fut venu le temps d'emballer les jetons et de se bouger, le short-stack a montré le même empressement, ne s'exécutant qu'après s'être fait sévèrement rappeler à l'ordre par un superviseur.

Pavillion
J'ai essayé de marcher aux côtés de ce joueur à 10 BB sur le chemin menant vers l'Amazon. J'ai fini par abandonner. Je suis incapable de marcher aussi lentement. Je lui souhaite tout de même d'atteindre les places payées. On ne va pas se mentir, c'est pas gagné. - Benjo

Dernier dîner avant les dineros

- 12 novembre 2021 - Par Benjo DiMeo

Il reste 1 400 joueurs pour 1 000 places payées
Main Event (Day 3) - Level 13 (2 000 / 4 000 BB ante 4 000)

Jetons
La bulle n'est plus très loin... Au sens propre ou au sens figuré, tout le monde a les jetons

Arriver le dernier... pour terminer premier ?

Nicolas Dumont
On n'en finit pas de le répéter depuis trois jours : les joueurs du monde entier ayant profité de l'ouverture tardive des frontières américaines pour rejoindre in extremis le Main Event se comptent par centaines. Beaucoup moins nombreux sont ceux qui ont choisi de s'inscrire au tournoi aussitôt après l'atterrissage de leur avion, sans même profiter d'une journée de sommeil avant le dernier Day 1, le 1F.  Nicolas Dumont fut l'un de ces joueurs arrivés tardivement, mais hautement pressés d'en découdre. De fait, il s'agissait d'une décision mûrement réfléchie de la part du vainqueur de l'EPT Monte Carlo 2018. "J'avais trois options, en fait. Jouer le dernier Day 1 le lendemain de mon arrivée. Attendre le Day 2. Ou jouer directement le Day 1E en arrivant. Si je jouais le dernier Day 1, j'aurais voulu jouer dès le début à onze heures, donc ça signifiait dix heures de poker, je n'étais pas sûr d'être en forme. Et entre attendre le Day 2 et jouer tout de suite, il n'y avait pas une grande différence. Comme je me sentais bien, j'ai attaqué les quatre dernières heures du Day 1E." En rétrospective une excellente décision : Dumont a atteint le Day 2 avec 105 000, puis a rendu une copie propre sur le second tour, où était inscrite la somme de 300 000.

Et aujourd'hui ? "J'ai joué les quatre premières mains de la journée... Et sur la quatrième j'ai fait As-Roi contre deux Rois." À en juger par les piles dressées devant Dumont, le board lui a été favorable. "Oui, j'avais 310 000 contre 120 000, c'était cutoff contre bouton." Ensuite, Dumont n'a joué que des petits coups. "C'était facile, j'ai touché les boards." Résultat : le Français va partir en pause-dîner avec plus de 600 000, de quoi le placer dans le peloton de tête du clan tricolore, en plus de lui permettre d'aborder la phase de la bulle en position conquérante.

Pas mal pour quelqu'un qui a bien failli devoir faire une croix sur Vegas ! "J'ai une auto-école dans le Val d'Oise, en ce moment ça marche très bien, et pour pouvoir m'en aller il fallait d'abord que je forme quelqu'un. Mon employée a reçu le diplôme il y a tout juste dix jours !" - Benjo

La fureur de Dragana 

Dragana Lim
S'il y a un moment opportun pour que les planètes s'alignent parfaitement les unes aux autres, que le flop apporte une fois sur deux un brelan, que la turn et la river ne fassent pleuvoir des fulls comme si tout était naturel... c'est sur ce tournoi, encore une fois. Les dieux du poker semblent lassés de voir tous ces mâles envoyer de grosses salves, alors aujourd'hui, ils ont cliqué sur une demoiselle : Dragana Lim est l'une des joueuses les plus en forme à ce jour, avec plus d'un million de jetons devant elle ! 

"Montre nous un bluff au moins une fois s'il te plait !", lâche un joueur à sa table, à moitié mort de rire (jaune) après un nouveau showdown gagnant de Dragana. "J'aimerais bien moi aussi, mais..." Si ça n'est pas une réponse suffisamment symptomatique du run good de la joueuse américaine durant ce Day 3 !

Après quelques recherches sur Hendon Mob, on s'est rendu que cette joueuse d'origine Croate avait cash une première fois à Las Vegas sur un 125€ en 2013 (4e/114), puis idem en 2014 sur un 135$ (8e/140) et enfin en 2015 sur un 125$ (3e/105). Break de 6 ans puis... retour sur un 10 000$ (!) au Wynn en 2021, 3e/83 pour près de 100 000$ ! 

Avons-nous affaire à quelqu'un qui a bossé le jeu pendant 6 ans avant de sortir de sa tanière ? Combien de temps tout cela va-t-il durer ? Serait-elle déjà la Gaëlle Baumann 2021 ? Quoiqu'il arrive, on aura le fin mot de l'histoire, car les médias ont bien compris qu'il se passait quelque chose par ici. - Veunstyle

Le staff fait le taff

Pierre de Almeida
En l’absence de certains Team Pro PMU, Pierre De Almeida a pris le relais. Le responsable de l’offre de la salle hippique (c'est-à-dire celui qui gère le programme des tournois en ligne et des évènements live) passe un Day 3 agréable. Les pots remportés s’enchaînent au point qu’il a du mal à se les remémorer. « C’est vrai que j’en ai gagné beaucoup », songe-t-il en tentant de se rappeler un ou deux coups clefs. Finalement ça lui revient. « J’ai eu deux As contre deux 10, deux Rois contre As-dame. Et puis plein de petits coups par ci par là » résume notre ami de PMU.

Après s’être régalé sur les rooms online pendant quelques semaines (chez nous en particulier), Pierre s’est offert un petit séjour à Vegas, le troisième de sa carrière. Mais s’il monte les jetons avec facilité, Pierre avoue que le plus dur sera de tenir le rythme. « Intérieurement, j’suis cuit » confesse le joueur, malgré un sourire qui ne laisse rien deviner. « Je suis arrivé le 8, j’ai buy-in le 9 dès midi et depuis, c’est casino-resto-dodo ». Mais le jet-lag n’empêche pas le plaisir. « J’suis trop content d’être là. En continuant comme ça, je veux bien être cuit pendant une semaine ! » assure Pierre. Avec plus de 400 000 jetons devant lui, le scénario demeure probable. Et personne ne s’en plaindra. - Fausto

Croustillade, Zizou et gros bourrin

Ivan Deyra
La merguez commence à être bien dorée. Après un départ compliqué dans ce Main Event, Ivan Deyra commence à bien se la croustiller. Revenu en forme durant le Day 2, l’ex Team Pro Winamax a connu un décollage dès le début de Day 3 pour passer la barre des 300 000.

« J’ai un gars qui m’a 4-bet shove K5 avec 43 blindes. Les deux Zizous (c'est à dire 1010) ont tenu » me raconte Ivan. Un amoureux du King 5 ? « C’était suité quand même, et puis ça bloque les barbus » commente Deyra. Désormais assis devant 80 blindes, Deyra navigue tranquillement sur sa table, sauf qu’un sacré trublion vient troubler la croisière. « Y’a un bourrin russe qui vient de s’asseoir et il en met partout. Bon, il vient aussi de demander à un joueur à tapis s’il voulait être payé, et il a call 53 » raconte Deyra. 

Cet homme en question c’est Artan Dedusha, un colosse qui a ramassé des perfs à six chiffres à Barcelone, à Londres, et à Las Vegas, sur ce même tournoi, en terminant 52e de l’édition 2017. Et il a l'air chaud pour refaire des étincelles. Avec plus d’un million de jetons devant lui, il fait assurément partie des chipleaders de ce Main Event. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Ils ne verront pas la couleur de l'argent sur le Main Event : Florian Ribouchon, Emmanuelle Perrin, et Christophe Benzimra. Concernant ce dernier, il s'agit d'une rencontre entre QJ et deux Rois sur un flop Q107, après un coup qui l'a laissé "bien en tilt" : un brelan de 4 floppé sur As-Dame-4, mais qu'il abandonne sur la doublette de l'As sur le turn, estimant qu'il ne peut qu'être battu. Renouant avec le poker après six ans d'absence du circuit, le vainqueur EPT (Varsovie, 2009) gardait tout de même le sourire : "Ça fait plaisir de voir tout le monde, je me suis bien amusé." Retour à la maison le 15 novembre pour le joueur amateur, qui ne prévoit pas de se remettre sérieusement aux cartes à court terme.

Yoh Viral
Un énorme tapis cache la misère, celle de Yoh Viral qui nage dans des eaux bien troubles, avec moins que le tapis de départ. L'approche de la bulle s'annonce compliquée