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Good Morning Vegas : Alex Réard a rendez-vous avec l'histoire

- 26 octobre 2021 - Par Flegmatic

Les gradins du podium télévisé de l'Amazon Room seront remplis de visages familiers ce soir : l'un des joueurs les plus appréciés et expérimentés de notre communauté va disputer sa première finale WSOP en live.

Le Français du jour : Alexandre Réard

Alexandre Réard
Au sein de la communauté des pros de poker français, Alexandre Réard appartient à une espèce rare : celle des joueurs à la fois adulés par la jeune génération Internet, et respectés des vieux briscards du live. Cette quadrature du cercle, le Francilien l’a réalisée en se formant à la dure école des cercles parisiens au début des années 2010, avant de petit à petit se faire un nom sur le circuit européen tout en faisant régulièrement trembler les tables des plus gros MTT online. Aujourd’hui, avec un palmarès pesant plus de 3 millions de dollars, Réard faire figure de placement sûr, du genre de ceux que personne n’ose remettre en question, ni les jeunes loups si prompts à décrier les « livetards » et leurs stratégies anti-GTO, ni les anciens raillant régulièrement les « gamins en pyjama » tout juste bons à cliquer sur les boutons de leur souris.

Régulièrement placé et maintes fois gagnant sur de grosses épreuves organisées en France, en Europe et à Marrakech, Alexandre Réard reste cependant en quête de son premier vrai succès en « Terre Sainte », là où les légendes se font et défont chaque année : Las Vegas. Ses supporters n’ont pas oublié cette incroyable édition 2017 des WSOP, où il avait bien failli sécuriser un siège en finale du Main Event : éliminé si près du but en 16e place, c’est en spectateur qu’il avait observé les copains et confrères Benjamin Pollak et Antoine Saout s’ébattre sur la TF la plus convoitée de l’année.

Quatre ans plus tard, Réard est de retour aux avant-postes à Sin City. C'est dans une position plus qu’enviable qu’il va attaquer ce soir sa première finale WSOP en live, celle de l’Event 47, un NLHE à 5 000 $ ayant rassemblé 421 inscrits : écrasant chip-leader et faisant face à seulement quatre joueurs, le mari d’Aurélie fait figure de favori pour décrocher le premier bracelet tricolore des WSOP 2021. Qui pour lui barrer la route, à lui et son stack de 73 BB ? En premier lieu il y a Daniel Strelitz (44 BB), hors de position sur le Français mais sans nul doute le plus dangereux de ses opposants avec 4,7 millions de dollars de gains sur ses tablettes, dont un gros titre WPT en 2017 puis un bracelet glané en 2019. Un gros WPT, Qing Liu (28 BB) en a déjà gagné un aussi, c’était au Venetian en mars dernier, pour la bagatelle de 750 000 dollars. Pour compléter le casting, deux joueurs qui devraient poser un peu moins de problèmes à Alex, avec des stacks moindres et des palmarès ne dépassant pas les 100K de gains : Conrad Simpson (20 BB) et Ren Lin (13 BB). Évidemment, un tournoi n'est jamais fini avant que les jetons ne soient tous arrivés dans l'escarcelle d'un seul joueur, mais en l'état, on nous pardonnera notre enthousiasme : grâce à son expérience et avec une telle configuration sur la ligne d'arrivée, notre Français du jour dispose de la plus belle carte à jouer au sein du clan tricolore depuis le lancement des WSOP.

C’est à 15 heures (minuit en France) qu’Alexandre Réard a rendez-vous avec 1/ l’histoire 2/ un premier prix de 428 694 dollars, et 3/ l’opportunité de rejoindre un club très select où sa carte de membre semble l’attendre depuis si longtemps : celle des détenteurs français de bracelets WSOP.

La stat du jour : 9

Tommy Le Finales PLO
Il y a ceux qui empilent les finales en No-Limit Hold'em, les autres qui se spécialisent dans les variantes pour pouvoir jouer la quasi intégralité du programme des World Series, du plus petit tournoi de Razz aux grands-messes des mixed games. Et puis il y a Tommy Le, qui a fait du Pot-Limit Omaha sa chasse gardée, et ce depuis plus de dix ans. Chip-leader du "Final Five" du PLO Championship, l'Américain est non seulement favori pour décrocher son deuxième bracelet mais s'est invité sur sa neuvième table finale WSOP à quatre cartes. Vainqueur de ce même tournoi en 2017, il était monté sur le podium un an plus tôt, quelques semaines avant de terminer runner-up du 25K. Cette année, il s'agit déjà de sa deuxième TF, puisqu'il a terminé deuxième du 1 500 $ le week-end dernier, derrière Josh Arieh et devant Ivan Deyra. Ajoutez à cela quatre autres finishs entre cinquième et huitième de 2010 à 2018 et le compte est bon. Ce mardi, sa plus grande menace se nomme Artem Maksimov, second en jetons mais novice à ce stade de la compétition, tandis que l'expérimenté Jeremy Ausmus ferme la marche. Alors, lucky number nine pour Le ?

Les tweets du jour

Un thème qui revient souvent dans les tweets WSOP ces jours-ci, a fortiori lorsque l’on recroise des visages pas vus depuis 18 mois : l’inexorable progression du temps. Témoin le pro Eric Froehlich : « Oh tiens, on dirait le sosie vieux de untel, ha non en fait c’est bien lui et on est tous vieux maintenant. »

Il se fait de plus en plus rare dans le monde du poker, mais il finit toujours par se pointer à Vegas pour quelques grosses épreuves : Johnny Chan, double vainqueur du Main Event et ici accompagné de celui qui l’a privé d’un troisième titre consécutif en 1989.

Engagé sur le Double Stack, le tzar de la Twittosphère poker s’est refait la cerise avec une main pas vilaine :

Après 4 semaines de WSOP et des statistiques rassurantes à Las Vegas, l’analyste politique et récent runner-up WSOP Nate Silver en est maintenant convaincu : demander aux joueurs d’arriver au Rio vaccinés était un pari gagnant. « Arriver en gueule de bois à 20 heures, cramer deux fois 10 000 $ d’ici minuit et demie » : non, Dan Smith, ce n’était peut-être pas une bonne idée de se pointer sur l’épreuve de Deuce to Seven après un week-end passé à se mettre à l’envers à l’EDC, le mega-festival electro de Las Vegas. Quatrième ITM WSOP en trois semaines pour Romain Lewis, cette fois sur le 5K où l’on retrouvera en finale Alexandre Réard ce mardi soir (voir plus haut).

Mardi 26 octobre : demandez le programme !

Amazon Room

Crédit photo - PokerGO.com

Bien entendu, tous les regards tricolores seront fixés sur le Final Day du Freezeout à 5 000 $, où Alexandre Reard mène la danse devant notamment Daniel Strelitz. Assuré d'un joli chèque de 97 238 $, le Francilien ne vise rien d'autre que son premier bracelet et les 428 694 $ à la gagne. En parallèle, Tommy Le tentera lui de faire honneur à son statut de "King of PLO" en remportant pour la deuxième fois le Championship à 10 000 $ dont il est le grand favori.

Encore bien loin de telles considérations, ils seront 80 à reprendre le chemin du Shootout à 1 500 $, avec un seul objectif en tête : remporter un deuxième Sit & Go pour rallier la table finale qui aura lieu mercredi. Ils sont quatre Français à pouvoir y prétendre : Alan Goasdoue, Emrah Cakmak, Aurélien Debaillie (tous les deux réunis à la même table) et Gilles Lamy. Le Deuce to Seven Lowball Championship repartira lui avec 43 joueurs à son bord sur les 106 entrants au départ, soit 15 de plus qu'il y a deux ans, avec un bureau des inscriptions ouvert jusqu'au lancement du Day 2. Voilà qui est suffisamment rare cette année pour être souligné. Un tournoi sur lequel Julien Martini a pris un bon départ (3e au chipcount), au contraire de João Vieira, qui n'a pas réussi à bag plus que le stack de départ.

Enfin, on surveillera également cette nuit le départ du "3K 6-Max", qui, comme toutes les épreuves du genre, devrait attirer un contingent bleu-blanc-rouge bien fourni, au contraire sans doute du petit tournoi à 600 $ mélangeant No-Limit Hold'em et Pot-Limit Omaha.

Flegmatic & Benjo

Good Morning Vegas : un week-end de finales françaises

- 25 octobre 2021 - Par Flegmatic

Ivan, David, Arthur et Adrien ont porté haut les couleurs de notre drapeau ces trois derniers jours dans l'Amazon Room, sans parvenir encore à décrocher ce fichu bracelet. Retour sur un week-end riche en bleu, blanc et rouge.

Les finales du week-end : des Français partout !

Ivan DeyraEt une, et deux et trois finales ! Le clan français a de nouveau fait parler la poudre ce week-end, plaçant quatre de ses représentants autour des dernières tables de tournois aux profils bien différents : un Pot-Limit Omaha à 1 500 $, le H.O.R.S.E. Championship à 10 000 $ et un tournoi Freezeout de No-Limit Hold'em à 2 500 $. Qui plus est, et contrairement à Jérémy Malod, qui nous avait pris par surprise il y a tout juste deux semaines, les quatre joueurs à l'honneur dans ce paragraphe font partie des figures de proue du poker tricolore. Commençons par celui qui a ouvert le bal dans la nuit de vendredi à samedi : Ivan Deyra. Bien placé au départ du Day 3 de l'Event #39 joué en PLO, avec le troisième tapis des cinq derniers prétendants au titre, au coude à coude avec Tommy Le et non loin derrière le leader Josh Arieh, ValueMerguez a connu ce que l'on est en droit d'appeler "une journée sans". Le Girondin a semble-t-il perdu la majorité des coups dans lesquels il s'est engagé, assistant à la lente fonte de son tapis jusqu'à tomber short stack et envoyer la boîte avec une main dominée face à un Josh Arieh qui ne s'est pas privé de le cueillir sur sa route vers le titre. Sa troisième finale WSOP lui permet de signer son cinquième meilleur résultat en live, une quatrième place qui laisse forcément des regrets, même dans une variante qu'Ivan maîtrise moins, mais bonne pour près de 65 000 $.

David BenyamineSe jouait en parallèle le Day 3 de l'une des épreuves les plus prestigieuses au programme cet automne, le HORSE Championship, avec en selle deux superstars françaises, d'autant plus de l'autre côté de l'Atlantique : le néo-quarantenaire et membre de la short list pour la prochaine nomination au Poker Hall of Fame Bertrand Grospellier et de notre valeur sûre à nous depuis une quinzaine d'années dès que l'on parle de Mixed Games, David Benyamine. Alors que ElkY échouait à la bulle de la dernière table (10e, 26 171 $), le plus Américain des Français parvenait lui à rallier une 17e finale WSOP, la deuxième en 2021, avec un tapis confortable le plaçant dans le quatuor de tête, en compagnie de pointures comme Jake Schwartz, Benny Glaser, Brandon Shack-Harris, Eddie Blumenthal, Chris Vitch ou encore Bryce Yockey. À partir de là, une férouche résistance démarre du côté des short stacks, qui ne donne lieu qu'à une seule élimination en plus de trois heures de jeu, celle de Benny Glaser. Le statu quo reprend alors, plusieurs joueurs tombés très bas trouvant le moyen de remonter... jusqu'à ce que vienne le tour de David Benyamine. D'abord malmené en Stud, il finit par rendre les armes suite à deux coups de Stud Hi-Lo perdus contre Eddie Blumenthal. Sa huitième place lui rapporte 38 035 $, qui ne tarderont pas à être réinvestis sur une nouvelle épreuve Championship au programme cette semaine, en attendant ce qui sera le point culminant de son automne : le Poker Players Championship à 50 000 $ qui débute dimanche.

Adrien DelmasMais la plus belle perf' du week-end est donc venue en No-Limit Hold'em, sur le Freezeout à 2 500 $. Cerise sur le gâteau : elle est double ! Tous deux membres de la génération dorée de grinders rompus aux joutes online, Arthur Conan et Adrien Delmas ont poussé le bouchon jusqu'en cinquième (86 757 $) et troisième place (161 731 $), au milieu de presque 900 entrants. En finale, les deux potos ont connu des trajectoires radicalement opposées. Tombé sous les dix blindes après avoir démarré la TF dans le camp des short stacks, le Top Shark 2018 a remporté le lancer de pièce de la survie avant d'effectuer une remontada de folie, doublant contre Sergi Reixach avant de remporter le pot du chiplead face à l'Espagnol. Une montée en puissance qui sera fatale à Arthur, sorti par le Londonien dans une confrontation préflop paire de 9 contre paire de 7. Alors largement en tête, Adrien subit plusieurs coups d'arrêt jusqu'à perdre une main décisive en 3-handed face à Carlos Chang avec overpaire (de Rois) contre couleur floppée. Deux ans après un passage éclair en finale d'une épreuve Shootout, l'ancien membre du Team Winamax a cette fois réussi à faire durer le suspense et explose au passage son plus gros gain en live. Le tout, en devenant le sixième Français à monter sur un podium depuis le début de ces WSOP. Nos compatriotes sont chauds bouillant : il va bien finir par arriver ce bracelet !

Crédit photos Ivan Deyra et David Benyamine - PokerGO.com

Les tweets du week-end

La fameuse, la légendaire "Coupe du Monde des Joueurs de Poker" est de retour ! Allez les Bleus, ramenez-la nous à la maison.

Joue la comme Pierrot.

Non, les croupiers des World Series ne sont décidément pas les plus expérimentés.

On pensait qu'il allait disparaître à jamais à cause/grâce au Covid, mais non, ce diable de poker à dix joueurs par table est ressorti de sa tombe pour venir de nouveau terroriser (et ennuyer à mourir) les joueurs de Las Vegas.

Alors que revoilà Tom Dwan... mais en Californie ! Pour l'heure, durrrr semble bien plus occupé et intéressé à jouer des partie high stakes en Californie avec un autre joueur qui manque terriblement à ces WSOP, Phil Ivey, que certaines rumeurs pointent du doigt comme non-vacciné. Autant dire que de là à voir ces deux légendes faire le trajet jusqu'au Rio, il y a un pas que nous ne franchirons pas.

La vidéo vintage du jour, qui permet de se rendre compte qu'il y a 62 ans, Vegas n'avait pas grand-chose de "Fabulous".

Lundi 25 octobre : demandez le programme !

Rio

Crédit photo - PokerGO.com

Après avoir tant vibré à distance sur tous ces exploits français, que peut-on bien attendre de ce lundi ? Eh bien potentiellement beaucoup de belles choses ma bonne dame, à commencer par l'Event #46, un Deepstack à 800 $ entamé avec un peu plus de 2 000 joueurs et qui se terminera cette nuit. Au casting des 120 derniers joueurs, par ailleurs dans l'argent depuis un bon moment, on retrouve deux Français, Mathieu Papineau (47e) et Florian Ribouchon (84e), ce dernier signant là son quatrième ITM de l'automne. Au bout du chemin : un premier prix de 214 830 $. Eux devront encore un peu cravacher pour espérer repartir avec un petit quelque chose, il s'agit des 82 joueurs ayant franchi le Day 1 du Freezeout à 5 000 $. Les mieux placés au chipcount côté tricolore se nomment Benjamin Chalot (2e), Alexandre Réard (12e) et Julian Milliard-Feral (38e), tandis que Yoh_Viral (70e), Arthur Conan (72e) et un Romain  Lewis épié par les caméras de Dans la Tête d'un Pro (80e) ferment la marche et auront fort à faire pour rallier l'une des 64 places payées. Ce sera quoi qu'il arrive une longue journée, qui ne se terminera que quand seront connus les cinq derniers finalistes.

Ce ne sera pas le cas du Double Stack à 1 000 $, qui a animé le week-end avec ses deux journées de départ, dont le Day 2 s'est terminé aujourd'hui avec 149 joueurs et qui doit apparemment s'étaler sur trois jours supplémentaires. Derrière le chipleader Jeff Platt, nous surveillerons tout particulièrement Antoine Saout (21e), ainsi que Samy Dubonnet (123e) et Arnaud Enselme (134e). Le PLO Championship a lui trouvé ses trois dernières tables, sans que n'y figure aucun Français (ni dans le reste des places payées d'ailleurs) mais une poignée de têtes d'affiche comme Dan Zack, Tomme Le, Dylan Linde, Mike Matusow, Eli Elezra ou encore Jeremy Ausmus.

Un mot enfin sur les épreuves du jour, une nouvelle fois aux antipodes l'une de l'autre : le seul Shootout à l'affiche cette année, accessible pour 1 500 $ et le Championship de Deuce to Seven Lowball Single Draw.

Good Morning Vegas : Addamo fait le triplé, Deyra pour un doublé

- 22 octobre 2021 - Par Flegmatic

Un nouveau Bleu en finale, un Jésus australien, Dans la Tête d'un Pro "in da place", des projets vidéos plus ou moins inspirés, des tweets en pagaille : on vous raconte un jeudi bien chargé dans notre récap'.

Le Français du jour : Ivan Deyra

DeyraCela faisait un moment qu’il tournait autour : une 63e place sur l’Event #20 par-ci, un top 100 au Wynn par-là, en passant par une 24e place sur le Monster Stack il y a quatre jours… On sentait qu’Ivan Deyra se rapprochait du gros deep run sur ces WSOP. Alors quand on l’a vu en sixième position au chipcount après le Day 1 du tournoi de Pot Limit Omaha 8-handed à 1 500 $, on s’est dit qu’on attendrait de voir avant de lui consacrer un premier article… Et on a eu le nez creux (appelez ça le flair du reporter, ou la chatte) : Ivan a en effet atteint la table finale à huit joueurs hier soir, et sera même au rendez-vous du Day 3 à cinq joueurs restants. Pour en arriver là, il a laissé un paquet de noms ronflants derrière lui : Ben Yu, Craig Varnell, Mihails Morozovs, Ryan Leng, Ari Engel, Dan Zack, Scott Baumstein ou Maxx Coleman ont tous été éliminés durant ce Day 2.

Après avoir visiblement run good en fin de journée, entre carré floppé et flush max, le Bordelais, titré aux WSOP il y a deux ans, débutera le Final Day avec le troisième tapis, et devra être au top pour aller chercher son second bracelet, car il partira derrière deux vieux de la vieille, rodés à l'Omaha : Tommy Le (une breloque gagnée en 2017 sur un énorme PLO 8-Handed) et celui qui sera certainement son plus redoutable adversaire, le chipleader Josh Arieh. Déjà en tête à l’issue du Day 1, le troisième du Main Event en 2004 (l’année Greg Raymer) compte ainsi un bracelet et une seconde place en PLO à son palmarès. Bon ok, c’était respectivement en 2005 et 2000, quand Ivan n’était encore qu’un enfant, mais Josh s’est depuis affirmé comme une valeur sûre des World Series, y perfant tous les ans ou presque. Robert Blair est lui bien moins expérimenté, tandis que le shortstack Gabriel Andrade tentera de devenir le premier joueur équatorien titré aux WSOP. Tout ce beau monde est déjà assuré de 47 429 $ et joue pour un premier prix de 204 766 $. Une chose est sûre, Ivan est au taquet comme le prouve son dernier post Facebook : "Très heureux de disputer ma 3ème table finale WSOP ! Cette fois ci avec 4 cartes en main !! C’était censé être mon day off sauf que cette année je suis bien trop deterrr. Un très bon ami m’a dit la semaine dernière: frère j’ai pris l’abonnement poker go c’est pas pour rien. Et je déteste décevoir mes amis. RDV 2h du mat heure fr. Encore 4 adversaires redoutables à battre. Let’s fucking go !!"

Crédit photo : Alec Rome/Pokernews

Le tournoi gagné par Michael Addamo du jour : le High Roller 50 000 $

Michael Addamo

Crédit photo - PokerGO.com

Il était attendu au tournant et il n'a pas déçu. Au contraire même, de tournoi en tournoi, il continue d'impressionner, même les plus expérimentés et les plus fortunés de ses adversaires. Jeudi soir à Las Vegas, Michael Addamo a remporté son troisième bracelet sur le High Roller à 50 000 $, trois ans après avoir réussi un doublé entre le Rio et le King's Casino de Rozvadov, sur le Marathon Event puis un autre High Roller à 25 000 $. N'ayons pas peur des superlatifs : peu importe le bout par lequel on le prend, tout impressionne dans ce nouveau sacre de l'Australien, qui encaisse au passage 1 132 968 $, le quatrième chèque à sept chiffres de sa carrière et le quatrième en seize mois. Le timing justement, est ce qui frappe en premier lieu. On vous en parlait dans notre article d'hier, Addamo restait sur cinq podiums en cinq semaines à Vegas, dont trois victoires et non des moindres : deux tournois à 50 000 et 100 000 $ du Poker Masters et surtout le Super High Roller Bowl à 300 000 $ pour 3,4 millions de gains. Depuis mi-septembre, le total de gains bruts de la nouvelle terreur du circuit s'élève à 7 240 968 $. A-t-on déjà vu un joueur remporter autant à pareille époque de l'année ? Probablement pas.

Michael Addamo Hendon

Et vous, ça va votre automne ?

Mais là où le phénomène Addamo fascine encore plus, c'est la façon avec laquelle il vient à bout de fields certes réduits, mais composés des meilleurs joueurs de la planète. Des joueurs capables de passer des heures à étudier le même spot ultra spécifique dans le but de réduire à sa portion congrue la part de variance inhérente à notre jeu. Des joueurs obsédés par la théorie et en même temps fins lecteurs des dynamiques de tables, qui ont en plus l'habitude de s'affronter régulièrement, et face à qui les marges de manœuvre sont forcément réduites. Alors, qu'est-ce que Michael Addamo a de plus qu'eux ? À écouter l'intéressé, et c'est là où il continue de nous bluffer, pas grand-chose. "Bien sûr, les compétences à table jouent un certain rôle, a-t-il avancé après sa victoire à nos confrères de WSOP.com, mais pour gagner autant il faut vraiment une grosse part de chance. Ce n'est un secret pour personne : j'adopte une stratégie faite de mises chères. Parfois, vous allez vous faire sortir dès le premier niveau et parfois vous aller monter un gros stack."

Vous l'avez compris, sur ce 50K, Michael a pris la route numéro 2. À un tel niveau d'ailleurs qu'on le pensait intouchable dès la fin du Day 1, bouclé avec plus de 200 blindes, là où le troisième au chipcount n'en possédait qu'une grosse cinquantaine. Une démonstration qui s'est poursuivie tout au long du Day 2 et lors de la première partie de la table finale, bouclée en tête, forcément, avec presque 2,5 fois plus de jetons que son plus proche poursuivant Justin Bonomo. L'ancien numéro 1 de la All-Time Money List (qui a d'ailleurs profité de ce tournoi pour se rapprocher à moins de 600 000 $ de Bryn Kenney) fut d'ailleurs le seul à contester le chiplead de l'Aussie, après un hero call dantesque. Sur J103QJ, l'Américain a réfléchi pendant six minutes avant de payer pour le restant de ses jetons avec K10 pour se voir montrer... 92 !

Michael Addamo - Justin Bonomo HU

Crédit photo - PokerGO.com

Un move pour le moins osé suivi d'un autre en heads-up qui offre presque sur un plateau le bracelet à Michael Addamo : un 4-bet shove pour 70 blindes avec 10-9 dépareillés, que l'Australien se charge de cueillir avec KJ. Si les voies des tournois High Rollers semblent toujours impénétrables pour les humbles mortels que nous sommes, Addamo semble les lire à la perfection ces temps-ci, ce qui n'est pas sans lui causer quelques désagréments. "Cela me met pas mal de pression, avoue-t-il. Si vous vous mettez vraiment à croire [que vous êtes le meilleur], vous pouvez tomber dans l'auto-satisfaction. J'essaie simplement de rester humble, de ne pas laisser tout ça me monter à la tête et de continuer à travailler." Respect, Monsieur Addamo.

Le retour tant attendu du jour

Dans la Tête d'un Pro
L’info a déjà fuité un peu partout dans la twittosphère francophone : qu’il est bon de découvrir au réveil ces images des équipes de Dans la Tête d’un Pro enfin de retour au travail après deux ans à ronger leur frein ! On ne vous spoilera pas plus que nécessaire pour le moment concernant le casting ou les tournois qui seront filmés : contentez-vous de savourer ces quelques clichés volés, promesse d’une nouvelle saison d’ici à une poignée de mois. Et sinon, n’est-ce pas un logo En la Mente de Un Pro que j’aperçois sur le masque de Régis en haut à gauche ?

L'article du jour

C’est Poker.org qui nous l’apprend : un tournage sur la vie de Mike Matusow est en cours à Las Vegas. Et derrière la caméra, il n’y a pas n’importe qui : Frank Zarillo, dont le documentaire The Wrestler : A Q.T. Marshall Story (sur la vie d’un catcheur sur le déclin tentant une dernière fois de se refaire) a reçu plusieurs prix donc celui de la San Diego Comic Con. Le documentaire sur Mike the Mouth couvrira un mois de sa vie, pile au milieu des World Series of Poker. Qu’on soit ou pas fan de l’un des tempéraments les plus explosifs du poker, force est de reconnaître que sa vie hors normes, bourrée de sorties de pistes et d’excès en tout genre, a le potentiel pour donner un film qu’on aura à coup sûr très envie de voir. Si l’on en croit le réal’, suffisamment d’images ont déjà été emmagasinées pour monter un long-métrage… mais Zarillo n’exclut pas de transformer le projet en une mini-série « à la Tiger King ». Nous voilà encore plus alléchés.

Le malaise TV du jour

On peut être certain d’une chose : jamais Ivan Deyra n’aurait pu deviner les questions qui allaient lui être posées lors de cette interview certes express, mais qui ne dure pas une seconde de trop :
 


Les tweets du jour
 

Fans du Génie, soyez rassurés : Davidi Kitai sera bien de la partie pour son quatorzième Big One consécutif !

Barny Boatman aussi sera du voyage. Frais comme au premier jour. Ou presque.

La posture dite "du SDF demandant de l'argent" dixit João Vieira : la dernière tendance à la mode ?

Le side bet du jour : Il fallait miser "over 3 semaines" pour l'évènement "quelqu'un hurle dans les couloirs que ses droits civiques ont été bafoués car un agent de sécurité l'oblige à porter un masque."

Un Nord-Coréen aux WSOP ? Alertez le FBI, la CIA, la NSA, la DEA et toute autre institution à l'acronyme en trois lettres !

Le rail en folie. À la défense des amis de Josh Arieh, ils ont jusqu'à 17h heure de Vegas ce vendredi pour venir garnir les gradins avant le début du Final Five. Mais il est quand même chipleader les gars, faites un effort.

Le tweet brag (bien mérité) du jour.

Ne reste maintenant plus à Adam Friedman qu'à remporter le Dealer's Choice Championship une quatrième fois d'affilée l'an prochain pour être l'égal du grand Bill Boyd. Comment ça c'est un peu facile de remporter un tournoi lorsque l'on est le seul inscrit ? Quoi qu'il en soit, au cas où vous vous poseriez la question, après ce quatre à la suite signé sur les toutes premières éditions des WSOP, le Stud à cinq cartes - la variante du film Le Kid de Cincinnati - n'a plus jamais été proposée au programme du festival.

Pourquoi vous reposer et dormir quand vous pouvez tout simplement jouer au Razz ? Merci Phil Hellmuth et Allen Kessler pour ce conseil santé bien-être.

Week-end du 22/23/24 octobre : demandez le programme !

WSOP Poker Go
Crédit photo : PokerGO

Ce vendredi soir, Ivan Deyra partira en quête de son second bracelet devant quatre joueurs, cette fois en PLO et avec un stack confortable dans une configuration où presque tout le monde est bien deep (voir plus haut). Sur le Freezeout à 2 500 $ entamé jeudi, ils ne sont plus que 135 parmi les 896 qui étaient sur la ligne de départ. Ils sont tous ITM et au chip-count, on croise deux Français au sommet : un certain Arthur Conan (2e) qui signe donc son premier deep-run WSOP en live de l’automne (il avait manqué de peu la finale du premier bracelet online début octobre), et Julian Milliard-Feral (4e), que l’on avait découvert lors de son deep-run sur l’édition 2019 du Main Event. Qui d’autre ? Allez, on vous les balance en mode mitraillette : Adrien Delmas (17e), Ulysse Harry (20e), Anthony Darmani (28e), Romain Nussman (32e), Clément Richez (36e), Romain Lewis (39e), Maxime Chilaud (54e), Thibault Letort (55e), Jonathan Therme (83e), Guy Pariente (108e), Florian Guimond (124e) et Samy Boujmala (131e). Voilà qui fait du monde, et du beau monde. Est-ce que l’on retrouvera un ou plusieurs membres du clan en finale ? Réponse au cours du week-end : il reste encore deux journées entières au programme.

Une épreuve qui trouvera sa conclusion dès ce soir, c'est le HORSE Championship à 10K. On est tombés à seize joueurs jeudi soir, parmi lesquels un ElkY qui lance enfin ses WSOP. En milieu de peloton, le candidat au Poker Hall of Fame sera entouré d’une pelletée d’experts : le compatriote David Benyamine, Brandon Schack-Harris, Jake Schwartz, Max Pescatori ou encore Benny Glaser. Il y a 361 124 dollars à aller chercher et vous l’aurez compris : ces phases finales devraient être une régalade en bonne et due forme.

Du côté du Razz, 98 joueurs sur 311 reviendront au Day 2, seulement 47 seront payés. L’expert en variantes Julien Martini fut le seul Français à se dévouer pour disputer ce tournoi qui n’intéresse qu’un comité réduit de joueurs : bien lui en a pris, il reprendra la partie avec le 20e stack.

Les Day 1 du week-end : un 6-max à 3K ce soir, un Double Stack à 1 000 $ (Day 1A vendredi, 1B samedi), puis un gros PLO à 10K samedi. Dimanche, on joue un Freezeout chérot (5K) ou un Deepstack lowcost (800 balles). Voili voilou.

Flegmatic, Benjo & Rootsah

Good Morning Vegas : Friedman, back to back... to back !

- 21 octobre 2021 - Par Flegmatic

Deux pros du Team Winamax ont encore tutoyé les sommets mercredi soir. Sur le podium télévisé, l'histoire s'est écrite avec un grand "H" en police taille 72.

L'incroyable exploit du jour : une triplette d'une autre planète

Friedman Hellmuth
Photo : PokerGO.com

Au moment où a débuté le dernier duel sur le Dealer’s Choice Championship, sur le coup de minuit heure de Vegas, personne n’ignorait qu’une nouvelle page de l’histoire du poker serait écrite, quelque soit l’issue du match. D’un côté du ring, un Phil Hellmuth plus que jamais moine soldat de sa propre légende, enclin à remporter un dix-septième bracelet record (moins d’une semaine après le seizième !) et définitivement décoller l’étiquette « No-Limit only » qui lui a longtemps collé à la peau. De l’autre côté, Adam Friedman. Un nom résonnant forcément un peu moins fort dans les oreilles du fan de poker, mais pour qui les enjeux étaient tout aussi monumentaux : ce sosie de Seth Rogen cherchait tout bonnement à remporter cette épreuve prestigieuse pour la troisième fois consécutive. Ne cherchez pas un tel accomplissement dans les archives des WSOP : la chose n’a jamais été faite en cinquante-et-un ans.

Sur les épaules de chacun de ces deux pros pesaient donc des enjeux allant bien au-delà des 250 000 dollars promis au vainqueur. Et ces deux prétendants en auront donné pour leur argent aux spectateurs et aux followers en distanciel rafraîchissant le reportage officiel toutes les deux minutes, nous offrant un duel de deux heures trente disputé sur des variantes aux antipodes les unes des autres, depuis le classic NLHE jusqu’à des formats dont on n’est même pas sûrs de connaître les règles, tel le Badacey (renseignement pris, il s’agit d’un jeu de partage très prisé des habitués de la Bobby’s Room, où la meilleure main de Badugi split avec la meilleure main de Ace-to-Five lowball)

Friedman Hellmuth
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Entamant l’ultime mano a mano avec un léger avantage, Hellmuth parviendra à le creuser un peu plus grâce à des showdowns gagnants sur le Badacey sus-cité, avant que Friedman ne reprenne des couleurs sur des formats plus classiques : PLO et NLHE. Les coups les plus importants de ce duel pour l’histoire auront lieu dans la version No-Limit du Deuce to Seven, Hellmuth ratant deux tirages de suite pour tomber à moins de vingt blindes, avant de se faire hero call par un Friedman ayant eu le nez creux avec une hauteur Valet : Hellmuth était en plein bluff. Cinq minutes plus tard, le dernier coup se jouait en Badugi : la hauteur 9 de Friedman était bonne.

FriedmanC’est donc bel et bien Adam Friedman, auteur du premier triplé de l’histoire des WSOP (et pas sur n’importe quel tournoi !) qui entre aujourd'hui dans l'histoire du poker. Pour se consoler, Hellmuth pourra se dire que cela fait déjà bien longtemps qu’il fait partie de la légende des Championnats du Monde : il faut savoir en laisser un peu pour les autres ! (Photo : PokerGO.com)

Cette statistique - irréelle - a été publiée alors que le duel était encore en cours. On peut désormais y ajouter quelque chose comme 365 jours !

Le mec beaucoup trop chaud du jour : le rouleau-compresseur Addamo

Michael AddamoIl est le joueur qui a mis le feu à la planète High Roller pendant trois semaines entre septembre et octobre. Tout a commencé sur le Poker Masters, qu'il a bouclé en fanfare en remportant les deux derniers tournois au programme, les 50K et 100K de clôture, pour un gain combiné de 1,84 million de dollars. De quoi lui permettre d'enfiler sans coup férir la fameuse purple jacket revenant au vainqueur du Leaderboard. L'histoire aurait pu s'arrêter là mais elle se poursuit une dizaine de jours plus tard sur le Super High Roller Bowl à 300 000 $, qu'il remporte également pour 3,4 millions de billets verts supplémentaires. De part et d'autre de cette perf' stratosphérique ? Pas grand-chose, juste deux podiums sur deux HR à 50 et 200K organisés à l'Aria, pour 866 000 $ de plus. Lui, c'est Michael Addamo, le véritable épouvantail de cet automne et nouveau numéro 1 de la All-Time Money List australienne, ayant mis fin au règne sans partage de Joe Hachem entamé au milieu des années 2000.

Il est l'homme sur toutes les bouches des high stakeurs de Las Vegas, celui dont tout le monde se méfie, dont tout le monde a peur même. Son rush de ces dernières semaines lui confère presque une aura d'invincibilité, et ce n'est certainement pas le scénario du High Roller à 50 000 $ de ces WSOP qui va en atténuer la puissance. Énorme chipleader à la fin du Day 1, bouclé avec plus de 200 blindes, Addamo a poursuivi sur sa lancée le lendemain et sera l'immense favori de la troisième et dernière journée ce jeudi, avec 95 BB devant lui, soit presque 2,5 fois plus que son plus proche poursuivant, Justin Bonomo. Ce dernier mène un groupe de poursuivants pas piqué des hannetons composé d'Erik Seidel, Gal Yifrach (qui est allé jusqu'à jeter un brelan contre Addamo en fin de Day 2 sur un board certes dangereux) et d'un Chris Hunichen très short stack.

Mais même face à de tels adversaires, tout autre résultat qu'une victoire de l'Australien représenterait une énorme surprise. Trois ans après un doublé signé entre Vegas et Rozvadov, l'Aussie ne vise évidemment rien d'autre qu'un troisième bracelet, en plus d'un premier prix de 1 132 968 $ qui viendrait mettre encore un peu plus de beurre dans les épinards. À ce niveau de poker là, où tout se joue sur une poignée de micro-détails, une telle domination reste rare, même sur des fields qui n'atteignent que rarement les trois chiffres. Michael Addamo aurait-il quelque chose en plus, une longueur d'avance sur ses collègues high stakeurs ? Éléments de réponse à partir de 1 heure du matin, heure française, pour un Final Five particulièrement excitant.

Les places d'honneur du jour : João et Musta, si près, si loin

Mustapha KanitL'un est Portugais et partait dixième sur dix au Day 3 du Dealer's Choice Championship. L'autre est Italien et était tranquillement placé dans le Top 5 sur les 27 joueurs au départ du Day 2 du High Roller à 50 000 $. Au final, João Vieira n'a pu remonter son lourd déficit en jetons, s'inclinant en dixième position pour un peu plus de 20 000 $, sur un ultime coup de Badacey perdu contre le futur champion Adam Friedman. Déjà la cinquième place payée sur ces WSOP pour Naza, passé tout près de sa troisième finale. Et la quatrième ne sera ni sur le tournoi de Pot-Limit Omaha à 1 500 $, sur lequel il a envoyé deux bullets sans succès, ni sur le H.O.R.S.E. Championship, où il n'a tenu qu'une poignée de niveaux. Il y a des jours comme ça...

Quant à Mustapha Kanit, s'il a parfaitement mené sa barque jusqu'à atteindre sa deuxième TF de l'automne avec un peu plus de 25 blindes, celle-ci a rapidement tourné court lorsque son As-Dame joué à fond préflop s'est heurté aux deux As de Gal Yifrach. Pas grand-chose à se reprocher sur ce coup là pour notre Italien préféré, à qui ce nouveau deep run sur un tournoi High Roller, achevé en huitième place, rapporte la bagatelle de 126 141 $. Le W rouge ne gagne toujours pas mais il continue de se montrer !

Les tweets du jour

Le tigre est en toi François.

Justin Bonomo n’était peut-être pas présent pour le début des WSOP, mais il n’a visiblement pas tardé à se remettre dans le bain avec une première table finale dans le High Roller à 50k où il sera second en jetons...

… un tournoi dont Michael Addamo est actuellement l’énorme chipleader. Dan Smith, éliminé en 10e place et ITM pour 87 500 $ (mais pourtant perdant de 12 500 $ suite à son re-entry), avait pourtant tout prévu pour affronter la bête, même une bonne séance de cryothérapie. Quand on dit que les meilleurs joueurs de poker du monde se préparent comme des sportifs de haut niveau…

Visiblement, certains résidents du Rio n’en ont pas grand-chose à faire des Championnats du Monde de poker…

La phrase du jour signée Stu Ungar, ça mérite forcément notre attention. Parlez-en à Adam Friedman…


C'est officiel, les billets d'avion sont réservés, les chambres au Rio sécurisées : la rédac' Winamax débarquera à Las Vegas le 8 novembre pour - enfin - débuter le volet "présenciel" de ce coverage WSOP. Si vous nous cherchez ce jour-là, facile : on sera en train d'imiter ce toutou...

Le programme du jour

Player
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Si la finale du Highroller à 50 000 $ monopolisera évidemment l’attention ce jeudi (voir plus haut), les Français semblent avoir choisi les tournois de variantes pour s’illustrer ces prochains jours : David Benyamine est en effet cinquième en jetons à l’issue du Day 1 du H.O.R.S.E. Championship 10 000 $, une journée à laquelle le prétendant au Hall of Fame ElkY a également survécu (51e). Pour l’instant, il reste 71 joueurs en lice à l'aube du Day 2. João Vieira a été éliminé prématurément, tandis que Shaun Deeb a buy-in vingt minutes avant la fin du Day 1 - les inscriptions sont possibles jusqu’au début du Day 2. Le vainqueur ne sera normalement connu que samedi : vous l’aurez compris, la route est encore longue pour nos deux Frenchies.

Ivan Deyra, lui, a choisi le Pot Limit Omaha, dans sa version à 1 500 $ : il entamera le Day 2 en sixième position parmi les 58 survivants (821 entrées au total). Le classement est actuellement dominé par le spécialiste Josh Arieh, Robert Blair et l’inévitable Ryan Leng. Sylvain Loosli a été éliminé peu avant la fin du Day 1, au milieu d'un field particulièrement relevé (Daniel Zack, Jan-Peter Jachtmann, Ari Engel, Maxx Coleman, Christian Harder, Amnon Filippi, Scott Baumstein, Ben Yu sont encore in), Romain Lewis n’ayant pas non plus réussi son premier gros deeprun du festival sur ce tournoi.

Pour ce jeudi, le programme annonce aussi le coup d’envoi d’un NLHE Freezeout 2 500 $ sur trois jours (Event #41) où l’on devrait retrouver pas mal de Frenchies, et d'un 1 500 $ Razz (Event #42) prévu sur la même durée, où en revanche on serait bien surpris de dénicher plus d'une poignée de Tricolores...

Benjo, Flegmatic et Rootsah

WSOP : le coverage Winamax

Good Morning Vegas : Qui vivra Vieira

- 20 octobre 2021 - Par Rootsah

LeVietF0u remet une pièce dans le jukebox, João Vieira persévère, le Monster Stack s'achève, et les prétendants au Hall of Fame se dévoilent.

Le tournoi du jour : Dealer's Choice, aka l'embarras du choix

Joao Vieira
Comme d'habitude, on peut compter sur le label "Championship", qui désigne le tournoi WSOP le plus cher dans une variante donnée, pour nous offrir des phases finales à tomber par terre. Nouvelle démonstration avec une épreuve ciblant par définition les pros les plus expérimentés : le Dealer's Choice 6-max à 10 000 $ et son catalogue La Redoute de variantes parmi lesquelles piocher (vingt au menu, excusez du peu). Bien malin celui qui saura désigner à l'avance le vainqueur parmi les dix derniers joueurs de cette épreuve en ayant rassemblé 93 : tout le monde est bon, tout le monde fait peur, depuis le chip-leader Jake Schwartz (3,2 millions sur Hendon Mob mais il cherche encore un bracelet) jusqu'à la lanterne (W) rouge João Vieira. Le Portugais du Team pourrait bien disputer ce soir sa troisième finale WSOP en trois semaines, mais avant cela il lui faudra remonter un tout petit stack, le Portugais ayant perdu son chip-lead durant les dernières heures du Day 2.

Daniel NegreanuEntre les deux il y a Daniel Negreanu, qui doit être bien vert de ne pas encore avoir fait vraiment parler la poudre au Rio cet automne, au contraire de son meilleur ennemi Phil Hellmuth qui cherchera sa cinquième finale en trois semaines. Qui d'autre ? Tenez, comme s'il n'y avait pas déjà assez de grandes gueules en stock, on vous en sort deux autres du placard : Matt Glantz et Mike Matusow. Plus posé mais pas moins terrifiant : Mike Gorodinsky, qui en connaît un rayon en variantes et en adversité de poids puisqu'il a triomphé sur le Poker Player's Championship à 50 000 $ en 2015, il cumule deux bracelets au total. Il reste encore un peu de place ? Ajoutons Andrew Kelsall (un bracelet online l'an passé) et, histoire de faire baisser un peu le taux de testostérone, la Californienne Carol Fuch, déjà sacrée en Dealer's Choice en 2015.

La vache, quel field ! Mais on avait gardé le meilleur pour la fin : Adam Friedman. Vous ne le placez pas ? Le monsieur a remporté le Dealer's Choice Championship en 2018... puis en 2019. Deuxième au classement du Day 3, le voilà en pôle position pour signer l'un des back to back to back les plus impressionnants de l'histoire du poker.

Le Français du jour : Pierre Calamusa

LeVietF0u nous a refait le coup du gros deep run en Super Turbo Bounty, et même s'il a encore une fois échoué très près du bracelet, la satisfaction reste de mise. Financièrement, au moins. On vous raconte tout dans cet article.

Le vainqueur du jour : Michael Noori

Noori
Crédit photo : PokerGO

À première vue, Michael Noori était un joueur américain comme il en existe des dizaines aux tables des WSOP : un bon reg de tournois live avec quelques centaines de milliers de dollars de gains sur le circuit. Un nom qu'on remarque dans les chipcounts de tournois grâce à ses multiples deeps runs, surtout aux World Series, et qui finit toujours par revenir dans les derniers tours des drafts WSOP. Mais pas un nom ronflant, le Californien n'ayant jusqu'ici jamais remporté de victoire majeure. Bref, le mec toujours placé, mais jamais gagnant. Sauf que c'est maintenant de l'histoire ancienne.

Car après 148 lignes de résultats sur Hendon Mob depuis 2008, Michael Noori a enfin connu son one time. Il lui a fallu treize ans de tournois live, 61 places payées et quelques tables finales aux WSOP pour ainsi remporter un premier bracelet, et pas n'importe lequel : le très convoité Monster Stack à 1 500 $. Pour y arriver, l'Américain a dû remonter la pente après être tombé à... 1,5 blinde en table finale, puis a dû venir à bout de l'épouvantail de la TF, un Ryan Leng (runner-up pour 377 220 $) déjà titré sur ces WSOP (dans l'Event #23) et possédant un stack dominant, qu'il a battu après un rapide heads-up. Pas mal pour un joueur qui se dit meilleur en variantes, mais qui est performant sur le format Monster Stack en NLHE puisqu'il avait déjà terminé dans le top 1% de ce tournoi en 2017 et 2018. Voilà, la pièce est enfin tombée du bon côté pour Michael.

Un titre qui lui rapporte 610 437 $, son premier cash à 5 chiffres et qui lui permet de quasiment doubler ses gains en carrière tout en dépassant le million de dollars de gains accumulés aux WSOP. Il s'agit aussi de son premier trophée sur le circuit depuis... 2013, et une petite victoire sur un tournoi d'Open Face Chinese Poker (quand on vous dit qu'il gère en variantes). Huit ans sans titre : c'était long, mais ça valait le coup d'attendre...

Les stars du jour : les nominés pour le Poker Hall of Fame 2021

ElkYC'est une légende du poker moderne, et il pourrait bien devenir une légende du poker tout court : notre Bertrand 'ElkY' Grospellier national fait officiellement partie des dix joueurs nommés pour intégrer le Poker Hall of Fame cette année ! Le Francilien, qui a eu 40 ans en février (soit l'âge minimum pour être éligible, trop bas selon le journaliste Pauly McGuire, qui s'explique ici) y figure pour la première fois, tout comme Layne Flack (malheureusement décédé cet été) à titre posthume et Michael Mizrachi (également nouveau quarantenaire). Les fans ont complété la prestigieuse liste en votant pour Isai Scheinberg, Matt Savage, Mike Matusow, Ted Forrest, Chris Ferguson, Eli Elezra et Antonio Esfandiari. Un choix validé par le Poker Hall of Fame Governing Council, qui a estimé qu'ils remplissaient les autres critères requis : avoir affronté les meilleurs, avoir joué les plus grandes compétitions, avoir résisté aux affres du temps, avoir gardé un niveau constant et gagné le respect de leurs pairs et enfin, pour les non-joueurs, avoir contribué de manière significative à la croissance et au succès du poker.

À l'heure actuelle, difficile de dégager un favori pour succéder à Huck Seed, seul lauréat l'an passé (alors que deux joueurs sont très souvent intronisés chaque année depuis 2006) : mais cette session 2021 pourrait être celle de l'industrie du poker puisque le directeur de tournoi Matt Savage semble avoir les faveurs des pronostics, tout comme le fondateur d'une certaine room au pique rouge, Isai Schenberg (en attendant le retour dans la liste des commentateurs WSOP Norman Chad et Lon McEachern l'an prochain). C'est maintenant aux 32 membres du Poker Hall of Fame encore en vie de trancher. Une chose est certaine, les rookies ont peu de chances de rafler la mise, et ElkY ne devrait pas faire mieux cette année que Bruno Fitoussi, nommé quatre fois ces dernières années mais jamais élu. Cela devrait être confirmé lors de la cérémonie d'introduction du(des) nouveau(x) membre(s) au Rio le 17 novembre... Pas grave : pour nous, t'es le meilleur, Bertrand.

L'article du jour

François PiraultDécidément, pas un jour ne passe sans que le nom de François Pirault n'apparaisse dans ces colonnes. Même si pour cette fois, ce n'est pas nous qui relayons les exploits du Top Shark 2021 mais le site Actu.fr, et plus particulièrement sa section nantaise. Originaire de Sautron, charmante bourgade située non loin de la Cité des Ducs de Bretagne, On_The_Road a attiré l'œil de la presse locale, qui lui tire donc le portrait dans la foulée de sa perf' à 43 000 $ sur le Millionaire Maker. On y découvre sa routine, faite de "réveil à 9h du matin, petit-déjeuner compoé de deux œufs et de fruits, puis préparation mentale et physique," et qu'il écoute dans son casque des "musiques de méditation pour stimuler sa concentration." Esprit sain, corps sain, deep runs qui s'enchaînent : tout y est !

Les tweets du jour

Le Life Goal du jour par François Pirault.

Comme Amadi, Johan Guilbert est passé par la case re-entry sur le Highroller à 50 000 $, mais contrairement à la máquina, Yoh_Viral a franchi le Day 1.

On en connaît un qui était particulièrement détendu aujourd'hui. Il faut croire que ça aide de remporter un 16e bracelet.

Que c'est beau parfois Vegas la nuit.

Une victoire sur le Daily 250 $ de 13h du Rio pour 15 000 $ le 11 octobre, une deuxième pour 2 100 $ le 13 sur celui à 150 $ de 22h et une troisième le 18 sur le 400 $ de 19h pour 10 000 billets verts de plus : un certain Mike Lane est en train de raser les tournois quotidiens de la Pavillion Room. Comme quoi, il n'y a pas que les WSOP qui valent le coup d'être joués au Rio.

Mercredi 20 octobre : demandez le programme !

Razz
Crédit photo : PokerGO

Vamos João! Vous l'aurez compris, nous n'auront d'yeux que pour João Vieira ce mercredi, le Madérois s'étant invité sur un nouveau Day 3 de choix sur ces WSOP 2021, celui du Dealer's Choice à 10 000 $. Et même s'il débutera cette dernière ligne droite avec le dixième et dernier tapis, on peut compter sur le Portugais pour tout donner au milieu d'un casting douze étoiles (voir plus haut).

Bon, on s'intéressera tout de même aussi à YoH_ViraL qui semble décidément avoir fait des tournois high-stakes son nouveau terrain de jeu : toujours en piste avec le 8e stack sur 21 dans un Highroller à 50 000 $ hyper-relevé (72 entrées), où l'on connait quasiment tous les noms au chipcount, le Français aura une nouvelle occasion de banquer un gain à six chiffres même si on n'a pas encore d'infos sur la répartition du prizepool. Dans ce tournoi sur trois jours, c'est Michael Addamo qui a démarré en trombe et mène la danse devant Erik Seidel mais surtout Mustapha Kanit, notre Team Pro italien étant pour l'instant très bien placé avec le 5e tapis. Il connait plus de réussite que son coéquipier Adrián Mateos, qui a envoyé deux bullets sans succès, et le seul autre Français du field, Julien Martini, éliminé en fin de Jour 1.

Au chapitre "Shuffle Up and Deal", on regardera le lancement des Events #39 (un 1 500 $ Pot Limit Omaha sur trois jours joué en 8-Handed) et du H.O.R.S.E Championship à 10 000 $ sur quatre jours, celui que Fabrice Soulier avait gagné il y a dix ans. Et si un autre Frenchie commémorait cet anniversaire avec un beau deep run ?

Benjo, Rootsah & Flegmatic