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[ITW] Florian Guimond : 'J'ai fait un gros tout droit !'

- 22 octobre 2021 - Par Rootsah

Guimond
Plutôt habitué aux coups d'éclat en ligne depuis Londres, où il est un membre éminent de la bande des grinders français installés à Wimbledon, Florian Guimond s'est offert son premier gros séjour à Vegas pour disputer les WSOP de l'après-Covid. Il a bien fait : dès son deuxième tournoi à Sin City, l'Arlésien a signé sa meilleure perf' en carrière en montant sur le podium du 800 $ Deepstack devant plus de 2 700 joueurs. Un baptême du feu à cinq chiffres (124 671 $ très précisément) pour celui qui a déjà remporté plusieurs majors sur Wina. Joint par téléphone entre deux tournois, Florian revient sur ce deep run fort en émotions et raconte son séjour à Vegas au sein du clan tricolore.

Sur Wina, on te connait sous plusieurs pseudos successifs : 50KforVegas, miichel59266 et Potamophobe notamment, avec lesquels tu as gagné deux magnums Series, un Main Event et le Sunday Surprise, entre autres. Mais pour ceux qui viennent juste de te découvrir à l'occasion de ces WSOP, faisons d'abord les présentations.

J'ai commencé le poker grâce à des amis pendant mes études en école d'ingénieur. Cela fait deux ans que je suis passé professionnel et je suis maintenant coach sur Spinforwin. Concernant mon activité de joueur, je fais trois ou quatre sessions en ligne par semaine en moyenne, seulement en MTT : je joue les plus gros buy-ins du .fr, et sur le .com je grind les MTT de 50 à 1 000 $. Je pratique uniquement le Texas Hold’em : mes potes ont essayé de me faire jouer le Deuce to Seven Triple Draw des WSOP il y a quelques jours, mais je reste concentré sur le Hold’em... Pour les variantes, on verra plus tard.

Et c’est donc en Hold’em que tu t’es illustré dès ton arrivée aux Championnats du Monde, en atteignant la troisième place de l'Event #33.

En fait, j'étais arrivé deux jours plus tôt, pour prendre possession d'une villa avec des amis. Il y a Maxime Chilaud, Matthieu Rodriguez, François Pirault, et deux joueurs de cash-game, Ulysse Harry et Thibault Letort. Ce 800 $ était un très beau tournoi, et tout s’est très bien passé, même si au dinner break du Day 1 il ne me restait que 15 blindes. Mais après, j’ai fait un gros “tout droit” ! Je n’ai pas perdu un coup à tapis, j’ai fini le Day 1 avec deux fois la moyenne, et c’était pareil au Day 2 jusqu’à trois joueurs restants. Là, c’est devenu complètement fou, car la phase en 3-handed a été très longue : il y a eu plusieurs all-in and call où à chaque fois le short stack doublait. À la fin, j'ai un peu manqué de réussite pour aller chercher le bracelet : j’ai perdu un coup avec As-Roi contre Dame-Valet pour 80% des jetons… Alors le soir même, j’étais un peu déçu, c’était très dur et frustrant car il y a une énorme différence en termes de gains [la première place valait 269 478 $, NDLR] mais aussi en terme de reconnaissance. Mais dès le lendemain, j’étais content, j’ai reçu plein de messages de félicitations, et 124 000 dollars c’est tout de même une très grosse somme. On est sorti fêter ça avec mes colocs !

Guimond5Tu as déjà perfé sur quelques tournois live depuis le début de ta carrière, notamment sur le circuit français. Mais on imagine que tu n’avais jamais rien vécu d'aussi exaltant à une table de poker.

Ça n’a rien à voir. C’est mon premier gros deep run sur un tournoi international, avec le bracelet au bout et beaucoup d’argent à gagner... Après c’est un peu dommage, on devait terminer le Day 2 à cinq joueurs restants, puis jouer la finale sur la table TV principale en direct sur PokerGO le lendemain. Sauf que le tournoi s'est achevé le soir même, à l’arrache. Il y avait une bonne dizaine de mes potes pour me soutenir dans le rail, mais on jouait sur la table annexe au plateau télé…

Pourquoi avoir décidé de tenter l'aventure à Vegas cette année ?

J'étais déjà venu il y a deux ans, j’avais gagné un package en ligne. Mais je n’étais resté que quinze jours et j'avais très peu de bankroll. Depuis, j’ai progressé, mon capital aussi, et c’est donc la première fois que je viens en tant que pro. En ce qui concerne la quarantaine hors de l'Europe, j’étais presque content que ce soit obligatoire : je me suis fait deux semaines de vacances au Mexique avec des amis. J’ai vraiment kiffé, j’ai visité plein d’endroits cools. Nous ne sommes pas restés à Playa del Carmen comme l’ont fait la plupart des joueurs français. D'ailleurs, on a tout de même un gros contingent de Français à Vegas, entre les expats maltais, londoniens et cambodgiens. On peut faire un très bel été. Il y a aussi quelques joueurs amateurs, mais pas beaucoup, seulement ceux qui pouvaient se permettre de prendre deux semaines de vacances avant les WSOP.

Justement, l'absence d'une partie du pool européen a-t-elle un impact sur le niveau global aux tables ?

Pour l’instant, je n’ai fait que deux tournois, le 800 $ et le Monster Stack [interview réalisée mercredi soir, NDLR], et le niveau est extrêmement faible. Mais apparemment, rien n’a changé par rapport aux années précédentes. Les fields sont peut-être un peu plus beaux en moyenne car il y a moins d’Européens, mais je ne pense pas que cela fasse une grosse différence. Il y a beaucoup d’amateurs américains. J’ai été briefé par mes potes qui ont plus d’expérience à Vegas, et c’est vraiment un monde à part, différent des fields online ou live en Europe. Il faut vraiment s’adapter et c’est compliqué : la plupart des joueurs vont être hyper tight, mais t’en a toujours un ou deux qui seront complètement fous, sans oublier les craquages possibles de ces mecs serrure, qui vont se lancer dans un bluff de malade sans savoir pourquoi. C’est très dur à analyser, c’est là que des joueurs très forts en poker live comme Alex Réard, Sonny Franco ou Ivan Deyra font la différence.

Guimond masquéComment se passe la vie à Vegas en ce moment ? On peut profiter à fond de la ville malgré les restrictions sanitaires ?

Ils sont hyper stricts au niveau des masques dans le casino : ils sont obligatoires partout, sauf quand on est assis à table. Moi et la plupart de mes potes jouons d'ailleurs avec le masque, c’est bien pour dissimuler des tells, et comme en plus la clim' est fraîche ce n'est pas plus mal ! Je n’ai eu vent d’aucun cas de Covid ici, tout le monde est vacciné, je pense que les risques sont minimes. Sinon, on a fait les magasins, et il faut aussi porter le masque dans le centre commercial. Les boîtes de nuit sont ouvertes, et là on peut y enlever le masque à l’entrée.

Quelle est la suite de ton programme ?

Je reste presque un mois à Vegas, jusqu’au 22 novembre. À la base, je devais jouer les tournois entre 500 et 3 000 $, plus mon premier Main Event, ça faisait environ 50 000 $ de buy-in, en incluant les très beaux tournois annexes au Wynn et au Venetian. Mais je pense que je vais me croustiller le 6-Max Championship à 10 000 $, qui va être incroyable. J’ai vraiment hâte aussi de faire le 3 000 $ 6-Max. On ne se rend pas forcément compte, mais jouer sur Winamax donne vraiment beaucoup d’edge aux Français sur ce format. On sera plus à l’aise sur les ranges, sur les 3-bets au bouton, dans les pots 3-bets en général, sur les défenses depuis la grosse blinde… Plein de micro-détails sur lesquels on est plus expérimentés. Sinon, je vais aussi faire des petites activités annexes : j’ai bien envie d’aller à l'Atelier de Joël Robuchon, de tester le golf. Mais soyons honnêtes, mon programme restera très focalisé sur le poker !

Après cette première grosse perf', comment vois-tu la suite de ta carrière, du haut de tes 27 ans ?

Ce n’est que le début, mais je compte continuer à mon rythme et mes buy-ins actuels, avec quelques tournois à 10K. Franchir l’étape au-dessus est très compliqué et exigerait énormément de travail, de bankroll, de rigueur… de tout ! Je préfère exceller dans des buy-ins jusqu’à 5K ou 10K, sans jouer les 25K et les 50K, et profiter aussi un peu de ma vie à côté. Avoir une vie uniquement axée sur le travail nécessaire pour jouer ce type de tournois Highroller n’est pas mon ambition. Pour l'après-Vegas, ce sera peut-être l’EPT Prague, si j’ai encore faim de live. Et l'année prochaine, je compte faire le package classique du joueur de poker : circuit EPT plus les WSOP !

On souhaite bonne chance à "La Twice" en espérant qu'il continue sur sa lancée à Sin City !

Suivez les Bleus aux WSOP avec le coverage Winamax

Same Player Chute Again

- 20 octobre 2021 - Par Benjo DiMeo

Pierre Calamusa nous refait le coup de la finale Super Turbo Bounty
Le bracelet devra (encore) attendre : LeVietFou tombe en 4e place... mais encaisse 70 994 $


Pierre Calamusa
Le souvenir est encore tout frais dans nos mémoires : cette matinée de semaine passée à vibrer en distanciel au rythme de la marche ultra rapide de Pierre Calamusa dans l'épreuve Super Turbo Bounty à 1 000 dollars. Deux semaines plus tard, jour pour jour, LeVietF0u nous a joué le film quasiment à l'identique, dans un geste que n'aurait pas renié le météorologue incarné par Bill Murray dans Un Jour Sans Fin. Lancé une épreuve aux paramètres identiques (rounds de 20 minutes et format Knockout, seul le buy-in augmentait un tout petit peu), le pro du Team Winamax est une nouvelle fois passé entre les gouttes d'un field gigantesque - 1 441 inscriptions - au cours d'une unique journée en forme de marathon couru à tempo allegrissimo. Et nous, évidemment, on a encore une fois passé la matinée à détruire notre touche F5 sur WSOP.com et fureter en quête d'un téléphone connecté en visio dans l'Amazon Room - le coach Stéphane Matheu a repris du service sur Instagram, rejoint cette fois par le journaliste Fabien Richard via Facebook.

Pierre Calamusa
Arrivé en table finale avec le chip-lead, Pierre aura été encore une fois victime d'une structure qui ne laissait évidemment que très peu de place à la créativité et la fantaisie. Nous ne disposons pas des détails précis des faits de jeu qui ont précipité la chute de notre héros en quatrième place - les reporters sur place ont semble-t-il été dépassés par la cadence de la partie, se contentant de lister les coups ayant conduit à une élimination - Pierre ne fut impliqué dans aucun d'entre eux. On peut supposer que pour passer d'un tapis de 6,83 millions (24 BB) vers minuit, à l'entame de la finale, à moins de dix blindes au moment de jouer son dernier coup (un As-Roi payé debout sur la table de BB après un shove SB de Karaolis Sereika, qui trouve la couleur avec Valet-10), Pierre a certainement jeté un grand nombre de poubelles, abandonné ses grosses blindes en grimaçant, peut-être tenté un ou deux vols préflop infructueux... Bref, sa marge de manœuvre s'est réduite à toute vitesse, et quand est finalement arrivée une main en béton, les pourcentages l'ont trahi.

En résumé, une prestation en finale assez fantomatique pour le pro du Team Winamax... mais qui se solde une nouvelle fois par une récompense qui n'a rien de spectrale : 65 494 $, auxquels il faut ajouter onze primes d'éliminations, soit 5 500 $. Pas de bracelet (du moins pas encore), mais un gain supplémentaire qui consolide la profitabilité de son premier trip à Vegas depuis 2019 : c'est ce que Pierre choisit de retenir au sortir de sa deuxième table finale WSOP en deux semaines. "Je suis un petit peu déçu, car encore une fois très proche et très loin... Mais je joue bien, mon Vegas se passe bien, et je suis heureux de faire des deep runs, car mine de rien ça paie !" Allez, on encaisse et on oublie le reste : demain sera un autre jour.

WSOP : le coverage Winamax

João Vieira se contente du bronze

- 11 octobre 2021 - Par Flegmatic

Troisième place au bout du suspense pour le Portugais (57 558 $)
Event #18 : Mixed Triple Draw Lowball 2 500 $

João Vieira #1

Et de trois podiums pour le Team Winamax sur ces WSOP ! En seulement douze jours, nos W rouges ont déjà fait mieux dans ce domaine que durant l'ensemble des World Series 2019, à une différence notable près : il manque toujours ce fichu bracelet. Après la troisième position d'Adrián Mateos sur le High Roller à 25 000 $ (accompagné en finale par Mustapha Kanit, 5e), après la place de runner-up de Pierre Calamusa sur le Super Turbo Bounty, João Vieira s'est à son tour incliné à quelques encablures du titre sur l'Event #18, terminant troisième pour 57 558 $, peu avant 1 heure du matin à Vegas.

Une quatrième finale WSOP live autour de laquelle Naza114 a tout connu. Malgré un format de jeu en Limit ne laissant a priori que peu de places aux grosses variations de tapis, ce Triple Draw Lowball combinant Deuce to Seven, Ace to Five et Badugi fut le théâtre d'une jolie session de montagnes russes pour notre Portugais préféré. Avec seulement 8 Big Bets, il n'a que le sixième tapis des sept finalistes, loin derière le chipleader et triple Champion du Monde Brian Yoon. Mais c'est justement contre l'Américain que João va remporter ses plus gros pots, pour passer de short stack en sursis à sérieux prétendant au titre, se chargeant lui-même de lui montrer le chemin de la sortie en cinquième position.

Table Finale João Coach #1

Le Coach Stéphane Matheu était bien sûr autour de la table pour soutenir son poulain...

Un deuxième scalp à son compteur (après celui de Carlos Rodriguez, 7e), qui marque paradoxalement le début d'une phase compliquée pour le Madérois, qui se met à faire le yo-yo entre la queue et la tête d'un groupe vite réduit à trois suite à l'élimination d'Aaron Rogers. Alors que Venkata Tayi s'envole vers les sommets, João tombe ainsi un temps à 3 Big Bets, avant de remporter coup sur coup deux gros pots contre Tayi en Badugi puis en Deuce to Seven. Au moment du break, peu avant minuit heure locale, c'est même lui qui mène les troupes, d'une courte tête. En un rien de temps, tous les voyants sont repassés au vert.

Malheureusement, cette embellie de courte durée marque le champ du cygne pour Naza, qui ne gagne ensuite presque plus un coup, se faisant tour à tour bluffer, attraper en bluff ou devant tout simplement abandonner en cours de route. Réduit à moins de deux Big Bets, c'est en Ace to Five qu'il dispute son dernier coup, contre Venkata Tayi.

Drapeau Portugal #2

...tout comme le rail portugais, déjà en place avec le drapeau.

"Qu'est-ce que je pouvais bien faire ?" commentera laconiquement après coup João dans le canal WhatsApp du Team Winamax - sans oublier de remercier ses compères du Team, à fond derrière lui à la fois à Vegas et depuis le Vieux Continent, à grands coups de "Nazaaaaaaaaa," lâchés sur le ton de cette intemporelle pub Budweiser. Sa façon à lui de n'exprimer aucun regret sur son jeu aujourd'hui et, pour un compétiteur comme le Portugais, on sait que c'est le plus important.

Avec un planning que l'on imagine forcément chargé jusqu'à fin novembre, dans toutes les variantes possibles et imaginables, les occasions d'aller chercher un deuxième bracelet ne manqueront pas. Après avoir fait parler la poudre en ligne depuis 18 mois, comme il sait si bien le faire, grimpant au passage tout en haut de la All-Time Money List online, João Vieira a aussi profité de ce tournoi pour rappeler si besoin était qu'il reste un adversaire tout aussi redoutable "en dur". Et qu'il ne vienne à personne l'envie d'en douter.

João Vieira #2

WSOP : le coverage Winamax

Pierre Calamusa effleure le bracelet

- 6 octobre 2021 - Par Benjo DiMeo

LeVietF0u chute sur la dernière marche de sa seconde finale WSOP
Event #10 : Super Turbo Bounty NLHE 1 000 $


Pierre Calamusa
Pas encore remis des émotions offertes par Mustapha Kanit et Adrian Mateos en finale du High Roller il y a 24 heures, nous avons encore vibré dès le réveil en ce mercredi, au rythme d'un nouveau deep run du Team Winamax. Là où la paire italo-espagnole s'est distinguée sur une épreuve deepstack au field réduit mais costaud, Pierre Calamusa a tiré son épingle du jeu sur un tournoi bien différent, mais probablement pas plus simple à manœuvrer : le Super Turbo Bounty à 1 000 $ l'entrée. Avec son field dantesque (1 640 joueurs) et des blindes augmentant à toute vitesse (20 minutes par round), cette épreuve Knockout programmée sur une seule et unique journée avait tout d'un test d'endurance, et surtout d'un champ de mines. Durant seize longues et intenses heures, LeVietF0u est parvenu à les éviter, ces mines... avant de finalement sauter sur la toute dernière.

Pierre Calamusa
C'est sans doute alors qu'il ne restait plus que deux tables que Pierre a commencé à croire véritablement en ses chances, lorsqu'un joueur nommé David Cline lui a offert un cadeau inespéré : un bluff à tapis avec hauteur 8 sur un flop Q33, qu'il s'est empressé de payer avec une main virtuellement gagnante à 100 % : deux As rouges. Une livraison digne des meilleurs agents de Chronopost qui lui permettra de s'installer en table finale avec le quasi-chip lead. Las : ces mêmes As, craqués par le 107 d'un Scott Podolsky trouvant une rivière miraculeuse, feront rapidement tomber notre héros de son piédestal. Au poker Turbo encore plus qu'ailleurs, le talent ne suffit pas : il doit impérativement être mixé avec une bonne rasade de chance. Cette chance, Pierre en bénéficiera en recevant les Rois pile lorsque Paul Dhaliwal enverra son tapis avec As-8, puis sur un coin-flip favorable (deux 10 contre QJ) scellant l'élimination de Jeremiah Fitzpatrick en troisième place.

HU Pierre
Le pro du Team Winamax ne le savait pas encore, mais il avait atteint son point culminant : malgré un double-up salvateur lors de l'ultime mano a mano, Pierre n'allait jamais parvenir à reprendre le dessus sur un Michael Perrone en position dominante. C'est peu avant midi, heure de Paris (trois heures du matin à Vegas) que plus de 500 spectateurs francophones ont regardé la dernière main, un As-7 ne tenant pas face à Dame-9, grâce au téléphone d'un Stéphane Matheu branché sur Instagram Live. Mille mercis, coach.

Fidèle à son personnage, Pierre Calamusa a choisi de rester positif au moment de lâcher quelques mots pour les viewers faisant pleuvoir des messages de félicitations dans le chat du live. "Bon, presque ! Il reste encore une place. C'était très sympathique." Les tournois Turbos sont définis par leur extrême volatilité et une marge de manœuvre réduite : y avait-il mieux à faire lors du sprint final ? "J'aurais peut-être pu prendre un peu plus de risques... Mais j'ai eu Valet-3 offsuit sur chaque main : je ne pouvais ni faire tapis, ni payer mon tapis". Du coup, mieux valait partir se coucher avec le sourire : "Quatrième tournoi des Series : c'est que le début. C'est top !" Yep : une deuxième finale WSOP c'est top, deux ans après cet inoubliable run aux côtés de Joao Vieira sur le 5K 6-max. Et si le bracelet devra attendre encore un peu, la récompense n'est pas négligeable : 94 060 dollars, auxquels il faut ajouter un total de 23 bounties à 300 dollars récoltés tout au long de la journée. De notre côté, c'est avec une impatience non dissimulée que l'on attend le prochain vlog du VietF0u : il s'annonce forcément juteux. N'oubliez pas de filmer la teuf post-finale !

Pierre Calamusa

WSOP : le coverage Winamax

Mustapha et Adrián s'en tirent avec les honneurs

- 5 octobre 2021 - Par Benjo DiMeo

Pas (encore) de bracelet pour le Team Winamax, mais des WSOP lancés sur de bonnes bases
High Roller 25 000 $ (Finale)


Mustapha Kanit Adrian Mateos
Cinquième place pour Mustapha Kanit, médaille de bronze pour Adrián Mateos : la troisième table finale WSOP de l'histoire du Team Winamax disputée en binôme ne s'est pas soldée de façon aussi réjouissante que la précédente... mais au sortir du premier Highroller des WSOP 2021, on choisira de voir le verre à moitié plein : cette doublette italo-espagnole de rêve permet à l'équipe de lancer cette campagne américaine sur de très bonnes bases.

Table Finale Highroller 25 000 $
C'est Mustapha qui aura le moins profité des spotlights du plateau télévisé : moins de trente minutes après la reprise de la finale avec les cinq derniers prétendants réunis devant les caméras, son AK 3-betté de petite blinde trouvait un flop prometteur, si ce n'est tout à fait sécurisé : QJ6. Le continuation bet de notre moustachu préféré se verra contré par une relance à tapis de Jonathan Jaffe. Après un temps de pause, Mustapha décidera de tenter le tout pour le tout : faisant face à une top pair Q10 lui enlevant un précieux out, il ne s'améliorera ni sur le turn, ni sur la rivière. "J'avais trop d'équité pour abandonner au flop, et je battais quelques-uns de ses bluffs", réagira Mustapha à chaud avant d'aller collecter un prix de 216 842 dollars.
 



On dit merci à PokerGo pour ce beau cadeau : le replay intégral de la finale est disponible en accès libre


Ne restait plus qu'un seul logo Winamax visible sur le streaming de PokerGo : tout autant en difficulté numérique que son coéquipier, Adrián défendra ses chances avec la vigueur et le courage qu'on lui connaît, n'hésitant jamais à appuyer sur le bouton "re-raise" et à s'embarquer dans des bluffs osés (voir plus bas). Un volontarisme qui permettra à notre Espagnol de s'installer dans le fauteuil de chip-leader... puis de le quitter suite à trois "call muck" successifs face à Michael Liang puis Tyler Cornell (l'un deux avec deux paires contre deux paires). De nouveau short stack mais pas démotivé, Adrián parviendra à se remettre en selle une fois de plus : un double-up As-4 contre QJ, une quinte chipée sur la rivière, puis encore un double-up, avec J8 contre Q9). Une hyperactivité sur la dernière ligne droite qui ne lui permettra pas d'aller jusqu'à l'ultime duel du tournoi. Peu après 21 heures, Adrián engageait ses 9 dernières blindes avec A9. Mais le chip-leader Tyler Cornell avait shove au bouton avec une main plus que légitime : 99. Moins d'une heure plus tard, l'Américain était déclaré vainqueur au terme d'un heads up sans histoire face à Michael Liang.

Mustapha Kanit Adrian Mateos

Adrián, une réaction à chaud après cette nouvelle perf' bonne pour 381 870 dollars ? "Je suis arrivé à cette finale avec les mêmes attentes que d'habitude : gagner. Je ne réfléchis jamais autrement... même si je savais que cela serait difficile en débutant avec le plus petit tapis. En tout cas, je me sentais super bien. Je pense jouer le meilleur poker de ma carrière, ma confiance est au sommet. Et pour dire vrai, je suis content de la façon dont j'ai joué ce soir. Il s'est passé beaucoup de choses, j'ai même réussi à prendre le chip-lead, avant ce "cooler" [NDLR : deux paires J-5 contre K-5, à 1h27mn sur le replay ci-dessus]. J'aurais pu aller plus loin, c'est dommage de ne pas avoir accroché la victoire, mais d'un autre côté j'ai passé la majorité du tournoi dans la moyenne ou en dessous, donc je ne peux pas me plaindre. C'est un bon résultat, et je vais tout faire pour en enchaîner d'autres."

Et sinon, ces WSOP "post-COVID", ils sont comment en termes de niveau ? Plus durs ? Plus doux ? L'Espagnol estime qu'il est encore trop tôt pour répondre. "On n'a pas joué assez d'évènements. Sur ce High Roller, j'ai trouvé le field assez similaire aux éditions précédentes. Je ne vois pas de changement en termes de difficulté. En revanche, on dirait que pour le moment la participation est un peu plus faible. Mais cela ne devrait pas changer nos habitudes..."

Nous n'aurons pas à attendre longtemps avant de retrouver le Team Winamax au départ d'un "Big buy-in" : ce mardi soir sera donné le coup d'envoi de l'épreuve de Heads-Up. On nous dit qu'ils sont déjà plus d'une trentaine à avoir acheté leur ticket d'entrée de 25 000 dollars...
 

Adrian Bluff
"Quand on pose ses couilles sur la table finale, on est généralement récompensé." C'est très bien dit, Maria Ho !


Un immense merci à Delphine pour les très chouettes photos de la finale !

WSOP : le coverage Winamax