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RIP, RIP, RIP, hourra !

- 12 novembre 2021 - Par Benjo DiMeo

Main Event (Day 4) - Level 16 (4 000 / 8 000 BB ante 8 000)

On commence avec un chiffre qui vous aidera à comprendre ce qui va se passer en début de journée : 122 des 1 000 joueurs du Day 4 du Main Event ont franchi les places payées hier soir avec 10 blindes ou moins. Vous le sentez venir, l'article 100% bustos ? Bienvenue dans la phrase "rubrique nécrologique" de notre gazette WSOP !

Kool Shen pose son gun, Kanit à la marmite

Carambolage d’entrée pour la Team Winamax. Dans le défilé de bustos annoncé, on a eu le malheur de voir deux cadors floqués du logo W. Le double K passe à la trappe. Ils auront tout de même tenu… Trois minutes.

Kool Shen
Le premier à prendre la porte n’est pas forcément celui qu’on attendait. Revenu à 210 000 jetons en fin de Day l’artiste du Team, l’homme qui fait chauffer les salles de poker et de concert est ejecté du Main Event. Dès la deuxième main, il y a eu maldonne, Kool Shen pose son gun.

« Deux dames contre deux rois, résume le Séquano-dyonisien. Je peux trouver le fold… Le mec me cold-4bet, il a parfois As-Roi mais sinon c’est toujours deux as, deux rois » analyse Bruno. Il déambule quelques instants autour du bureau des payouts, le temps de ruminer sa déception avec les journalistes Winamax, mais retrouve des couleurs au moment d’apercevoir un visage familier. « Oh Mustaaaaaa ! » hurle Kool Shen qui voit le géant italien se rapprocher à son tour du bureau funeste.

Mustapha Kanit
L’homme aux 12 millions de dollars de gain en tournoi est éjecté dès la cinquième main du tournoi, soit trois de plus que son collègue français. « Je jam 108 au cut-off avec 9 blindes, je tombe contre AQ. A au flop, je trouve quand même un 10 turn, s’enflamme l’Italien… Mais blank river ». A l’instar de son collègue, la déception de Mustapha Kanit est palpable. Batailler pendant trois jours pour se faire sortir dès les cinq premières minutes post-itm, c’est la cruauté de ce jeu. Mais c’est la vie qu’ils ont choisi. Après un départ canon dans le plus beau des tournois du monde, le jadis chipleader du Day 1 quitte lui aussi ce Day 4 prématurément. Les deux représentants de la team Winamax repartent tout deux avec un mincash de 15 000 $. - Fausto

Dubonnet débouté

Samy Dubonnet
Sa présence dans les places payées relève du miracle. Non pas que Samy Dubonnet ne possède pas les compétences nécessaires. Bien au contraire : ses résultats sur Winamax, notamment (sous le pseudo miles cordis) le démontrent amplement. Non, si Samy fait figure de rescapé, c'est parce qu'il a passé trois journées entières à naviguer un stack réduit, et se prendre toutes sortes d'horreurs dans la tête. Au moins une d'entre elle passera à la postérité : cette confrontation quinte flush contre quinte flush où, chose incroyable Samy a réussi à ne pas perdre son tapis.

Arrivé au Day 4 avec seulement huit blindes en guise de munitions, Samy n'a pas tardé à trouver un spot pour les mettre en jeu : son Roi-Valet joué en resteal s'est fracassé contre un As-Roi restant en tête. "Très beau day 4, ça me fera une grosse expérience tout ça", riait-il jaune au moment d'aller récupérer le petit ticket - son 4e ITM sur ces WSOP - qu'il échangera la somme de 15 000 $. - Benjo

Harry : pas ri

Harry Ulysse
À peine trois minutes plus tard, c'est Ulysse Harry qui se présentait au bureau des éliminations, fin de l'aventure en 968e position. "J'ai doublé sur la première main du jour, avec Dame-Dix contre As-Deux, et la main suivante, je découvre une paire de neuf, tapis... et il me retourne une paire de Dames !" Pas de miracle pour la jeunesse, qui a défaut d'avoir engrangé de gros dollars, repartira au moins avec beaucoup d'expérience et, à l'instar de Samy, la satisfaction d'avoir pour la première fois inscrit son nom au palmarès du plus beau tournoi du monde. - Veunstyle

Louison prend son blouson

Vincent Louison
C’était l’un des jeunes talents du clan français. Un grinder redoutable, braqueur régulier des rooms online. Un homme à la technique fine et qui plus est, un gars sympa, souriant et disponible. Si j’use de l’imparfait avant de décrire toutes les qualités de Vincent Louison, c’est que malheureusement, le membre de la Team ATM n’est plus de ce Main Event.

« J’ai jam KQ au cut-off, la grosse blinde me tank-call en grosse blinde A8 et fait A au flop », décrit le joueur, qui ne comptait que dix blindes au moment de sortir. Mais ce coup est franchement anecdotique. Car si Louison a démarré ce Day 4 dans la zone rouge, c’est qu’il a subi au moment de la bulle l’un des pires bad beat de sa jeune carrière. 

Pour vous remettre dans l’ambiance, nous sommes à 30 left d’une bulle d’un Main Event. La tension est maximum, les shorstacks stallent pendant de longues minutes et chaque main peut couter des dizaines des milliers de dollars.

Avec une quarantaine de blindes, Louison ouvre au cut-off. Le Français tient une main légitime : Deux as rouges. Jusque là tout va bien, la parole vient à son voisin, qui envoie le tapis, pour un peu plus de vingt cinq blindes. Bon, et bien allons-y ! Qu’y a-t-il en face ? AJ. Pas de bêtise, surtout à la presque bulle d’un Main Event et le dealer dévoile un flop… 10JJ. Sacrebleu !

Aucun as n’est venu renverser la vapeur. Louison perdait alors un pot crucial pour tomber sous les 90 000 jetons, soit moins de quinze blindes. Malgré ce bad beat de l’enfer, le jeune joueur a accepté la sentence avec une résilience exemplaire, envoyé un petit WhatsApp aux copains de la Team puis est reparti au combat, sans broncher.

Sur ce Day 4, Vincent n’a malheureusement pas trouvé les clefs pour relancer la machine. Il se consolera avec 15 000 $, pour le premier Main Event de sa jeune carrière. Il rejoint son pote Samy Dubonnet dans le rail, mais les deux copains pourront toujours supporter les trois autres collègues encore en course : Mickael Lacaze, dernier membre de la Team ATM [aïe, mauvaises nouvelles à venir plus loin dans l'article, NLDR], ainsi que les deux autres amis de l’équipe : Gilles Lamy et Robin Guillemot. - Fausto

Le Chance a raison de Bigot 

Fabrice Bigot
Après avoir grimpé de belles pilasses au cours des premiers jours, le fan d’escalade connaît la chute. Fabrice Bigot, grinder aussi redoutable qu’agréable, quitte lui aussi ce Main Event sur le premier niveau du Day 4. Il est tombé sur un joueur bien connu du circuit, mais que lui connait encore mieux, pour le jouer régulièrement sur les rooms online : Un certain Chance Kornuth

Avec 35 blindes au cut-off, Fabrice open A9 et fait face à un 3-bet bouton du triple vainqueur WSOP, toujours aussi agressif, et chipleader de la table. Bigot décide de payer et découvre un flop AK5. Chance c-bet un quart du pot, et le Français call avec sa top paire. Check/check sur la turn 3 et Bigot check encore quand vient la river Q. Chance choisit l’option agressive : Tapis pour les 170 000 derniers jetons de son adversaire, l’équivalent d’un pot size bet. Grosse réflexion chez Fabrice qui prend trois minutes avant de payer avec sa paire. Malheureusement, Kornuth retourne AK, pour une « top two » qui cause l’élimination de Bigot.

Un grand bravo tout de même au coach tricolore, qui pour son premier Vegas, repart avec un min cash sur le Main Event et de très belles sensations. Son séjour est également loin d’être fini. Le grimpeur aura certainement de nouveaux stacks à bâtir sur les autres tournois, ainsi que de nouvelles montagnes à gravir dans les hauteurs du Red Rock Canyon. GG Fabrice. - Fausto

Lacaze en moins

Mickael Lacaze
Egalement croisé dans la salle de l'Amazon, déambulant avec un ticket dans une main et la veste dans l'autre, Mickael Lacaze semblait quelque peu déçu. Son premier ITM sur le Main Event s'est conclut sur un 3-barrel à tapis, bouton contre hijack avec une belle top paire en main, K9 sur K3458. Malheureusement pour lui, son adversaire était à tirage, et celui-ci est rentrée sur la dernière puisqu'il possédait 75. - Veunstyle

Mamèche s'éteint

Slimane Mamèche
"Je n'ai joué que trois coups, ça été vite..." Le toujours très jovial Slimane Mamèche prend le temps de nous dérouler son Day 4 Expresso dans la file d'attente pour collecter ses gains. "J'ai 22 BB, j'ouvre avec une paire de 8, j'entends all-in chez un short, puis encore all-in... Je fold. J'aurais trouvé un flop 10-8-2 mais quelqu'un a fait couleur aussi, donc je suis content." Derrière, un vol avec Roi-Dame se passe sans encombres. On arrive à la troisième et dernière main de Slimane : la traîtresse AQ, relancée en début de parole. "Le bouton push, j'ai 21 BB... C'est quand même une belle main pour se défendre. En face : deux 10." Le bon vieux "flip and go", en somme. - Benjo

Kessas trépasse

Eliot Kessas
Il était le dernier joueur français ajouté à notre liste, repéré in extremis hier soir durant la phase de main par main : Eliott Kessas a fait ses adieux au Main Event durant la première heure du Day 4. Ultra short-stack avec seulement 32 000 devant lui à midi (4 BB !), le Californien a tout de même eu le temps de kiffer. Témoin ce 10-8 qu'il fut forcé de jouer à tapis en grosse blinde pour 8 000 (pile le montant de sa BB après avoir posé l'ante du même montant) : ses deux voisins de droite rentrent dans le coup mais sa main tient face à 7-6 sur un board As-8-6-4-x. Derrière, nouvelle confrontation, cette fois entre Valet-10 et As-Roi : ça passe.

C'est un banal flip qui viendra scier la branche d'Eliott : deux Valets ne résistant pas à As-Roi. Mais l'entrepreneur ne va peut-être pas se contenter d'un min-cash pour son premier Main Event : son pote de toujours Pierre Almeida est toujours en course et a récemment franchi la barre symbolique du million. "On a commencé à jouer ensemble, on regardait les WSOP à la télé quand on avait 18 ans. Je jouais des SNG à 5 dollars" se souvient-il, nostalgique.  Au tour d'Eliott d'entrer à son tour dans la petite histoire des WSOP : ce Main Event pourrait bien devenir une tradition annuelle pour cet habitué des tables à 5/5$ et 5/10$ du Bike, célèbre cercle de Los Angeles. - Benjo

Tan va la cruche à l'eau...

... qu'à la fin, on ne verra plus du tout cette partie de la salle.

Oui, les organisateurs ont décidé de commencer par casser cette zone "Tan" située tout au fond de l'Amazon Room. À la base, 26 tables sont situées dans cette section : après une heure de jeu, onze d'entre elles étaient déjà totalement dénuées de joueurs.

Quelques Français se trouvent dans cette section, comme Romain Lewis, l'un des joueurs les plus shortstacks du tournoi... qui a réussi à se refaire une petite santé assez rapidement. Installé deux crans à la gauche de Chris Moneymaker, la tête de l'Américain champion du monde en 2003 était assez marrante à observer, plutôt écœuré de voir notre poulain relancé dans la course. "Messieurs, je crois que je vais faire Day 5", a rigolé Romain. Moneymaker n'a pas esquissé le moindre sourire. - Veunstyle

Le chiffre qui fait flipper

254 : le nombre de joueurs éliminés durant les 100 premières minutes du Day 4.