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Good Morning Vegas : 11e finale bleue, la passe de 5 pour Rast

- 28 octobre 2021 - Par Flegmatic

Pendant que Julien Martini retrouvait les frissons d'une finale WSOP en Deuce to Seven, Sébastien Grax passait lui tout près de sa grande première sur un "3K 6-max" théâtre du cinquième bracelet de Brian Rast.

La doublette bleue du jour : Julien Martini et Sébastien Grax

Julien MartiniLes deux sont copains "à la ville", le second ayant approché le premier il y a bientôt deux ans pour profiter de ses lumières. Dans la nuit de mercredi à jeudi à Las Vegas, Julien Martini et Sébastien Grax sont passés à quelques marches de décrocher un bracelet WSOP, sur deux tournois radicalement différents. Vainqueur en Omaha Hi-Lo en ouverture du festival 2018 avant de s'inviter sur le podium du Razz Championship quelques semaines plus tard, le Corse signe sa cinquième table finale WSOP - après s'être approché par deux fois du titre à Rozvadov il y a deux ans, en Mixed Games et sur le Main Event - et dans une cinquième variante différente s'il vous plait ! Cette fois, c'est en Deuce to Seven que le runner-up du PSPC a fait parler la poudre, sur le Championship à 10 000 $ de sa version Lowball Single Draw. Dans le clan des short stacks dès les demi-finales, il a tout de même réussi à glaner l'un des huit sièges autour de la dernière table, en position de lanterne rouge. Un petit tapis qu'il parvient à porter jusqu'en sixième place pour 54 359 $ de gains, devant Daniel Negreanu (8e) mais derrière d'autres pointures comme Jake Schwartz, Benny Glaser, Johannes Becker et Farzad Bonyadi, lauréat de son quatrième bracelet, le second dans cette variante. Après une première moitié de WSOP compliquée, Julien Martini signe enfin une première perf' probante sur cette campagne 2021, qui on l'espère le portera pour le reste de l'automne.

En parallèle, le tournoi de 6-max à 3 000 $ poursuivait sa course effréné vers une conclusion express (deux jours seulement pour passer de 1 000 joueurs à un vainqueur). Après les sorties de route de Sylvain Loosli (37e) et Romain Lewis (23e), tous les espoirs français reposaient sur les épaules de Sébastien Grax. Troisième tapis des 12 demi-finalistes, l'avant-centre de la sélection tricolore a rapidement perdu des plumes avant de subir la loi du futur vainqueur Brian Rast (voir plus bas), son As-Valet joué à fond préflop s'inclinant contre le Roi-Dame de l'Américain. Troisième d'un Bracelet Event Online l'été dernier, l'ancien attaquant reconverti professionnel de poker signe son premier gros deep run sur un tournoi WSOP live, avec une dixième place bonne pour 31 002 $. À n'en pas douter le premier d'une longue série.

Crédit photo - PokerGO.com

Le vainqueur du jour : Brian Rast

Brian Rast Winner PhotoCela fait bien longtemps que Brian Rast n'a plus rien à prouver dans le monde du poker. Double lauréat du Poker Players Championship entre 2011 et 2016 et donc expert dans toutes les variantes possibles et imaginables, à la fois en MTT et en cash game, vainqueur du Super High Roller Bowl à 500 000 $ en 2015, finaliste du Big One for One Drop à un million en 2012 pour un total de gains live dépassant les 22 millions de dollars, il fait partie des tauliers de notre jeu depuis près de quinze ans. Après sa victoire à 474 102 $ sur un "3K 6-max" ultra relevé, la première en No-Limit Hold'em sur les WSOP, le voici désormais dans un club très fermé, celui des quintuples détenteurs de bracelet. Il rejoint ainsi des légendes telles que Stu Ungar, Scotty Nguyen, Allen Cunningham, Daniel Alaei, Michael Mizrachi, John Juanda ou encore Jason Mercier.

Net chipleader à l'entame de la finale à sept, Rast n'a laissé aucune chance à ses derniers adversaires, profitant notamment du soupçon de réussite nécessaire à quatre joueurs restants, lorsque son A4 est passé devant le A5 de l'un de ses principaux poursuivants Nick Yunis - malgré un tirage quinte flush trouvé turn par ce dernier. Joueur de live quasi exclusif, l'Américain a d'abord exprimé "du soulagement" au moment de poser pour les photographes, après presque un an et demi sans toucher de cartes. "J'ai pris ça comme un challenge, explique-t-il, et c'est vraiment l'aspect compétitif bien plus que l'argent qui m'a boosté." À quelques semaines de la quarantaine, il a désormais la tête tournée vers un nouvel objectif : le Poker Hall of Fame. "Je pense que ma candidature est plutôt bonne ! J'ai joué les plus grosses parties de cash game du monde depuis plus de dix ans ainsi qu'en tournois. (...) Je voulais revenir sur les WSOP cette année et me prouver que je peux encore jouer un bon poker, prendre du plaisir, voire plus." Alors, nouveau favori pour la promotion 2022 Brian Rast ?

Crédit photo - PokerGO.com

Le philanthrope du jour : Gershon Distenfeld

Gershon DistenfeldGershon Distenfeld l'avait annoncé d'entrée de jeu : comme il l'avait fait après avoir atteint la table finale du Main Event Online réservé aux joueurs américains de décembre dernier, et dans la foulée de son min-cash sur un Deepstack à 800 $ dimanche dernier, il comptait reverser à une œuvre de charité l'intégralité des gains remportés à l'issue de sa table finale sur le tournoi Shootout à 1 500 $. Le voici désormais en possession de 204 063 billets verts à offrir à l'association de son choix après avoir... remporté le tournoi !

Expert financier à Wall Street dans le civil et visiblement pas en manque de pépettes, Gershon ne visait de toute façon qu'une seule chose : le bracelet. "Ma femme et moi avons la chance de ne pas avoir à nous soucier de problèmes financiers, a-t-il confié avant la finale à nos confrères de PokerNews, et c'est une de nos valeurs prépondérantes que de donner de notre argent et de notre temps pour essayer de faire du monde un meilleur endroit." Une intention on ne peut plus louable, qui va même au-delà de sa propre personne. "Je n'ai pas besoin de cet argent, et j'ai pensé qu'en rendant mes actions publiques, cela encouragerait les autres joueurs à faire de même. Cela ne me regarde pas ce que les gens font dans leur vie privée. Mais j'adorerais que cela devienne une tendance, lorsque quelqu'un gagne un tournoi, de donner 1% de ses gains à une œuvre de charité."

Un philanthrope, un vrai, qui tient également plutôt bien les cartes, puisque sur cette finale du Shootout, il a notamment devancé le Belge Thomas Boivin (8e), le double vainqueur de bracelet et toujours redoutable Ari Engel (7e) et enfin un autre de nos voisins d'outre-Quiévrain, Johan Schumacher, au terme d'un heads-up de plus de trois heures fait de multiples rebondissements. "J'ai toujours rêvé de gagner un bracelet, au point que cela faisait partie des choses dont vous finissez par penser qu'elles ne se produiront jamais. Je ne sais pas quoi dire... J'ai même versé quelques larmes, ce qui ne me ressemble pas du tout." L'exemple de Gershon Distenfled fera-t-il date ? Quoi qu'il advienne, nous tenons sans nul doute là l'une des victoires les plus fortes de ces WSOP 2021.

Crédit photo : WSOP.com

Les tweets du jour

Keep up the good grind Romain!

Quand on vous dit que les joueurs du Team W se jouent toujours à fond entre eux. Lâche rien François !

Le Seniors Event des WSOP, encore et toujours un monde à part.

Non, pas ça, pas le mulet !

Dit que tu es un énorme balla sans dire que tu es un énorme balla. "Je suis encore en train de décider si je veux gagner le Main Event des WSOP ou non. Ça ressemble à beaucoup d'heures de travail pour gagner 10 millions." C'est signé du fondateur de l'un des plus gros sites d'actualité sportive aux USA.

Une auto-évaluation à faire chez vous : sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau vous sentez-vous (mal)chanceux ? Et pensez-vous que la chance a joué un rôle significatif sur votre succès à long terme ?

Il semblerait que le Roma Deli, l'une de nos cantines italiennes préférées pour des dinner breaks de qualité, tenue qui plus est par Todd Brunson et Max Pescatori, se soit doté d'un petit cousin nommé le Roma Coffee. Pour le plus grand plaisir de papa Doyle (qui n'a d'ailleurs pas encore mis les pieds au Rio).

Jeudi 28 octobre : demandez le programme !

In N Out
Au lendemain d’une journée qui a vu pas moins de quatre nouveaux vainqueurs couronnés, ce jeudi semblera bien calme en comparaison. Le Seniors Event (réservé aux 50 ans et plus) va repartir de zéro avec la tenue du Day 1B. Profitons-en pour jeter un œil au listing du Day 1A, composé de 486 survivants sur un total 2 432 participants. Oh tiens, deux légendes dans le Top 10 : « Miami » John Cernuto et l’un des plus beaux fleurons de notre patrimoine poker national, Antonin Teisseire. En scrollant un peu plus bas, on repère Jean-Luc Adam (89e) et le vétéran parisien Ange Besnainou (14e du Main Event en 2000 et actuellement short-stack en 400e place).

En parallèle, la grosse affaire PLO du festival (25K l’entrée) va reprendre avec 107 joueurs restants sur les 170 ayant joué le Day 1, mais il est encore possible de s’inscrire. Eric Kurtzman mène le bal, suivi par Joseph Cheong, Yuval Bronshtein, Shaun Deeb et Chance Kornuth. Des Frenchies ? Juste un, l'inévitable David Benyamine, dans le peloton (62e), devancé notamment par le Marocain et vainqueur WSOP William Kakon (42e).

Les joueurs n’ayant pas encore atteint la cinquantaine auront le choix entre prendre une bonne journée de break (avec un détour au In-N-Out bien sûr) ou se rabattre sur un tournoi 6-max offrant neuf variantes au programme : Hold’em et Deuce to Seven en Limit et No-Limit, les trois formats Stud, Omaha High-Low en Limit et PLO. Le tarif : 2 500 balles.

Flegmatic & Benjo