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Good Morning Vegas : Friedman, back to back... to back !

- 21 octobre 2021 - Par Flegmatic

Deux pros du Team Winamax ont encore tutoyé les sommets mercredi soir. Sur le podium télévisé, l'histoire s'est écrite avec un grand "H" en police taille 72.

L'incroyable exploit du jour : une triplette d'une autre planète

Friedman Hellmuth
Photo : PokerGO.com

Au moment où a débuté le dernier duel sur le Dealer’s Choice Championship, sur le coup de minuit heure de Vegas, personne n’ignorait qu’une nouvelle page de l’histoire du poker serait écrite, quelque soit l’issue du match. D’un côté du ring, un Phil Hellmuth plus que jamais moine soldat de sa propre légende, enclin à remporter un dix-septième bracelet record (moins d’une semaine après le seizième !) et définitivement décoller l’étiquette « No-Limit only » qui lui a longtemps collé à la peau. De l’autre côté, Adam Friedman. Un nom résonnant forcément un peu moins fort dans les oreilles du fan de poker, mais pour qui les enjeux étaient tout aussi monumentaux : ce sosie de Seth Rogen cherchait tout bonnement à remporter cette épreuve prestigieuse pour la troisième fois consécutive. Ne cherchez pas un tel accomplissement dans les archives des WSOP : la chose n’a jamais été faite en cinquante-et-un ans.

Sur les épaules de chacun de ces deux pros pesaient donc des enjeux allant bien au-delà des 250 000 dollars promis au vainqueur. Et ces deux prétendants en auront donné pour leur argent aux spectateurs et aux followers en distanciel rafraîchissant le reportage officiel toutes les deux minutes, nous offrant un duel de deux heures trente disputé sur des variantes aux antipodes les unes des autres, depuis le classic NLHE jusqu’à des formats dont on n’est même pas sûrs de connaître les règles, tel le Badacey (renseignement pris, il s’agit d’un jeu de partage très prisé des habitués de la Bobby’s Room, où la meilleure main de Badugi split avec la meilleure main de Ace-to-Five lowball)

Friedman Hellmuth
Photo : PokerGO.com

Entamant l’ultime mano a mano avec un léger avantage, Hellmuth parviendra à le creuser un peu plus grâce à des showdowns gagnants sur le Badacey sus-cité, avant que Friedman ne reprenne des couleurs sur des formats plus classiques : PLO et NLHE. Les coups les plus importants de ce duel pour l’histoire auront lieu dans la version No-Limit du Deuce to Seven, Hellmuth ratant deux tirages de suite pour tomber à moins de vingt blindes, avant de se faire hero call par un Friedman ayant eu le nez creux avec une hauteur Valet : Hellmuth était en plein bluff. Cinq minutes plus tard, le dernier coup se jouait en Badugi : la hauteur 9 de Friedman était bonne.

FriedmanC’est donc bel et bien Adam Friedman, auteur du premier triplé de l’histoire des WSOP (et pas sur n’importe quel tournoi !) qui entre aujourd'hui dans l'histoire du poker. Pour se consoler, Hellmuth pourra se dire que cela fait déjà bien longtemps qu’il fait partie de la légende des Championnats du Monde : il faut savoir en laisser un peu pour les autres ! (Photo : PokerGO.com)

Cette statistique - irréelle - a été publiée alors que le duel était encore en cours. On peut désormais y ajouter quelque chose comme 365 jours !

Le mec beaucoup trop chaud du jour : le rouleau-compresseur Addamo

Michael AddamoIl est le joueur qui a mis le feu à la planète High Roller pendant trois semaines entre septembre et octobre. Tout a commencé sur le Poker Masters, qu'il a bouclé en fanfare en remportant les deux derniers tournois au programme, les 50K et 100K de clôture, pour un gain combiné de 1,84 million de dollars. De quoi lui permettre d'enfiler sans coup férir la fameuse purple jacket revenant au vainqueur du Leaderboard. L'histoire aurait pu s'arrêter là mais elle se poursuit une dizaine de jours plus tard sur le Super High Roller Bowl à 300 000 $, qu'il remporte également pour 3,4 millions de billets verts supplémentaires. De part et d'autre de cette perf' stratosphérique ? Pas grand-chose, juste deux podiums sur deux HR à 50 et 200K organisés à l'Aria, pour 866 000 $ de plus. Lui, c'est Michael Addamo, le véritable épouvantail de cet automne et nouveau numéro 1 de la All-Time Money List australienne, ayant mis fin au règne sans partage de Joe Hachem entamé au milieu des années 2000.

Il est l'homme sur toutes les bouches des high stakeurs de Las Vegas, celui dont tout le monde se méfie, dont tout le monde a peur même. Son rush de ces dernières semaines lui confère presque une aura d'invincibilité, et ce n'est certainement pas le scénario du High Roller à 50 000 $ de ces WSOP qui va en atténuer la puissance. Énorme chipleader à la fin du Day 1, bouclé avec plus de 200 blindes, Addamo a poursuivi sur sa lancée le lendemain et sera l'immense favori de la troisième et dernière journée ce jeudi, avec 95 BB devant lui, soit presque 2,5 fois plus que son plus proche poursuivant, Justin Bonomo. Ce dernier mène un groupe de poursuivants pas piqué des hannetons composé d'Erik Seidel, Gal Yifrach (qui est allé jusqu'à jeter un brelan contre Addamo en fin de Day 2 sur un board certes dangereux) et d'un Chris Hunichen très short stack.

Mais même face à de tels adversaires, tout autre résultat qu'une victoire de l'Australien représenterait une énorme surprise. Trois ans après un doublé signé entre Vegas et Rozvadov, l'Aussie ne vise évidemment rien d'autre qu'un troisième bracelet, en plus d'un premier prix de 1 132 968 $ qui viendrait mettre encore un peu plus de beurre dans les épinards. À ce niveau de poker là, où tout se joue sur une poignée de micro-détails, une telle domination reste rare, même sur des fields qui n'atteignent que rarement les trois chiffres. Michael Addamo aurait-il quelque chose en plus, une longueur d'avance sur ses collègues high stakeurs ? Éléments de réponse à partir de 1 heure du matin, heure française, pour un Final Five particulièrement excitant.

Les places d'honneur du jour : João et Musta, si près, si loin

Mustapha KanitL'un est Portugais et partait dixième sur dix au Day 3 du Dealer's Choice Championship. L'autre est Italien et était tranquillement placé dans le Top 5 sur les 27 joueurs au départ du Day 2 du High Roller à 50 000 $. Au final, João Vieira n'a pu remonter son lourd déficit en jetons, s'inclinant en dixième position pour un peu plus de 20 000 $, sur un ultime coup de Badacey perdu contre le futur champion Adam Friedman. Déjà la cinquième place payée sur ces WSOP pour Naza, passé tout près de sa troisième finale. Et la quatrième ne sera ni sur le tournoi de Pot-Limit Omaha à 1 500 $, sur lequel il a envoyé deux bullets sans succès, ni sur le H.O.R.S.E. Championship, où il n'a tenu qu'une poignée de niveaux. Il y a des jours comme ça...

Quant à Mustapha Kanit, s'il a parfaitement mené sa barque jusqu'à atteindre sa deuxième TF de l'automne avec un peu plus de 25 blindes, celle-ci a rapidement tourné court lorsque son As-Dame joué à fond préflop s'est heurté aux deux As de Gal Yifrach. Pas grand-chose à se reprocher sur ce coup là pour notre Italien préféré, à qui ce nouveau deep run sur un tournoi High Roller, achevé en huitième place, rapporte la bagatelle de 126 141 $. Le W rouge ne gagne toujours pas mais il continue de se montrer !

Les tweets du jour

Le tigre est en toi François.

Justin Bonomo n’était peut-être pas présent pour le début des WSOP, mais il n’a visiblement pas tardé à se remettre dans le bain avec une première table finale dans le High Roller à 50k où il sera second en jetons...

… un tournoi dont Michael Addamo est actuellement l’énorme chipleader. Dan Smith, éliminé en 10e place et ITM pour 87 500 $ (mais pourtant perdant de 12 500 $ suite à son re-entry), avait pourtant tout prévu pour affronter la bête, même une bonne séance de cryothérapie. Quand on dit que les meilleurs joueurs de poker du monde se préparent comme des sportifs de haut niveau…

Visiblement, certains résidents du Rio n’en ont pas grand-chose à faire des Championnats du Monde de poker…

La phrase du jour signée Stu Ungar, ça mérite forcément notre attention. Parlez-en à Adam Friedman…


C'est officiel, les billets d'avion sont réservés, les chambres au Rio sécurisées : la rédac' Winamax débarquera à Las Vegas le 8 novembre pour - enfin - débuter le volet "présenciel" de ce coverage WSOP. Si vous nous cherchez ce jour-là, facile : on sera en train d'imiter ce toutou...

Le programme du jour

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Crédit photo - PokerGO

Si la finale du Highroller à 50 000 $ monopolisera évidemment l’attention ce jeudi (voir plus haut), les Français semblent avoir choisi les tournois de variantes pour s’illustrer ces prochains jours : David Benyamine est en effet cinquième en jetons à l’issue du Day 1 du H.O.R.S.E. Championship 10 000 $, une journée à laquelle le prétendant au Hall of Fame ElkY a également survécu (51e). Pour l’instant, il reste 71 joueurs en lice à l'aube du Day 2. João Vieira a été éliminé prématurément, tandis que Shaun Deeb a buy-in vingt minutes avant la fin du Day 1 - les inscriptions sont possibles jusqu’au début du Day 2. Le vainqueur ne sera normalement connu que samedi : vous l’aurez compris, la route est encore longue pour nos deux Frenchies.

Ivan Deyra, lui, a choisi le Pot Limit Omaha, dans sa version à 1 500 $ : il entamera le Day 2 en sixième position parmi les 58 survivants (821 entrées au total). Le classement est actuellement dominé par le spécialiste Josh Arieh, Robert Blair et l’inévitable Ryan Leng. Sylvain Loosli a été éliminé peu avant la fin du Day 1, au milieu d'un field particulièrement relevé (Daniel Zack, Jan-Peter Jachtmann, Ari Engel, Maxx Coleman, Christian Harder, Amnon Filippi, Scott Baumstein, Ben Yu sont encore in), Romain Lewis n’ayant pas non plus réussi son premier gros deeprun du festival sur ce tournoi.

Pour ce jeudi, le programme annonce aussi le coup d’envoi d’un NLHE Freezeout 2 500 $ sur trois jours (Event #41) où l’on devrait retrouver pas mal de Frenchies, et d'un 1 500 $ Razz (Event #42) prévu sur la même durée, où en revanche on serait bien surpris de dénicher plus d'une poignée de Tricolores...

Benjo, Flegmatic et Rootsah

WSOP : le coverage Winamax