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Hossein Ensan a survolé son sujet

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Dominant de bout en bout, un pro allemand d'origine iranienne remporte le Main Event des World Series of Poker

Hossein Ensan
Vrai ou faux ? Le Main Event des World Series of Poker vieillit. Vrai : sur la cinquantième de l'histoire du plus vieux festival de poker, 1 896 des 8 569 participants étaient âgés de 51 ans ou plus, soit 22% du field. La moyenne d'âge des entrants augmente légèrement chaque année, ce qui est somme toute normal pour un jeu qu'on peut pratiquer à tout âge.

Mais entre participer au Main Event, et terminer le Main Event, il y a un monde : l'épreuve reine du poker, dont l'affluence augmente chaque année et monopolise, ces temps-ci, 14 jours sur le calendrier, demande plus que du talent et de la chance : il faut aussi de l'énergie et de l'endurance. Conséquence : depuis dix ans, le visage souriant sur la photo finale est plus souvent que jamais celui d'un vingtenaire, ou à la rigueur d'un trentaine.

Pas cette année : Hossein Ensan, 55 ans au compteur, est devenu ce soir le vainqueur du Main Event le plus âgé depuis la victoire de Noel Furlong en 1997 (l'irlandais avait alors 62 ans), au terme de 84 heures et 52 minutes de poker cumulées sur dix longues journées. "L'expérience est plus importante que les livres", disait le natif d'Iran (mais citoyen allemand de longue date) avant la finale. Chip-leader au début de la finale après avoir terminé chaque journée avec un gros stack, Ensan n'a pas manqué son rendez-vous avec l'histoire du poker.

Hossein Ensan
Personne n'a véritablement su contrer celui qui pratique le poker depuis 2002. Avec une stratégie mélangeant une agression constante et des instincts bien affûtés dignes des meilleurs joueurs de l'ancienne école (nombreux ont été ceux qui ont tenté, sans succès, de le bluffer), Ensan a géré avec brio son avance, affichant par-dessus le marché une décontraction désarmante sur le podium télévisé, partageant régulièrement des rires et clins d'oeils avec ses adversaires comme ses supporters vêtus de noir. Même lorsque la dernière main fut distribuée, confirmant son sacre, son flegme est resté presque total.

Mais au fait, qui est vraiment le nouveau champion du monde de la planète poker ? On savait déjà qu'Ensan était capable de tenir les cartes après avoir vu remporter l'EPT Prague en 2015, un an après son podium sur l'EPT Barcelone et une autre finale, à Malte cette fois. 2,6 millions de dollars de gains avant cette semaine : ce n'est pas rien. Un pro, donc ? On dirait bien, même si le bougre persiste à se décrire comme "un simple amateur". C'est d'ailleurs la première fois qu'il prenait part aux World Series of Poker ! "C'était mon plan depuis 2002 d'en arriver là", expliquera t-il simplement après sa victoire. "Cela a demandé beaucoup de travail." N'esperez pas en savoir plus sur Ensan, qui semble vouloir garder une part de mystère. Ce qui ne veut pas dire qu'il boudait son plaisir au moment de voir les micros se braquer sur lui :

Hossein Ensan
"Sans aucun doute, c'est le meilleur feeling de toute ma vie. Dieu m'a béni en mettant le bracelet sur ma main ! Hier, je me suis endormi en pensant que je rêvais. Aujourd'hui, on dirait bien qu'il est devenu réalité." Suivi par toute sa famille en Iran et en Allemagne, Ensan a vu quelques-uns d'entre eux débarquer à Las Vegas juste à temps pour la finale. Comme pour Dario, il fut ravi de l'ambiance dans les tribunes : "On aurait dit un stade de football !"

Comment Ensan t-il abordé son tout premier Main Event ? Simplement : "chaque jour, l'objectif était de mettre des jetons dans le sac à la fin. Après, j'ai commencé à avoir beaucoup de jetons. C'est plus facile de jouer quand on a un gros stack." C'est seulement une fois arrivé à trois joueurs qu'Ensan a du commencer à réfléchir à un plan, lorsque les stacks se sont brièvement rééquilibrés. "Mes deux derniers adversaires étaient très forts, mais j'ai eu de bonnes cartes qui m'ont permis de leur mettre la pression."

Hossein Ensan
Il est encore trop tôt pour demander au champion ce qu'il compte faire avec ses dix millions de dollars fraîchement acquis : "J'y penserai demain, en attendant je vais faire la fête !" Autre question inévitable : celle sur les douze mois à venir. Chaque année, le monde du poker attend beaucoup de choses du Champion du Monde, notamment à ce qu'il joue un rôle d'ambassadeur de notre favori dans les médias et sur les compétitions du monde entier. "Je n'y pense pas. Je vais continuer à jouer comme maintenant, choisir les tournois qui me plaisent."
 



Hossein ensant
Ainsi se termine notre plongée de 50 jours au coeur des WSOP. Enfin, pas du tout à fait : on a encore un ou deux brouillons dans le backoffice. Restez branchés !

Benjo, Flegmatic, Veunstyle, TapisVolant et Alex

Presque le plus heureux des hommes

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Dario Sammartino éliminé en seconde place (6 000 000 $)
Le plus expérimenté des finalistes, et aussi le plus soutenu, échoue à une marche du titre suprême
Son heads-up mal négocié ne fera pas oublier une prestation de haut vol, tout en maîtrise du jeu short-stack


Dario
Le duel final d'une partie de poker est une phase unique : une histoire au coeur de l'histoire, avec ses propres paramètres, son propre rythme, qui ne ressemble en rien à tout ce qui a précédé. Un tournoi de poker, c'est un peu comme une soirée entre amis. Au début, l'appartement est plein, l'enthousiasme est de mise, c'est bruyant et joyeux, mais on ne connaît pas tout le monde, certains restent en retrait des conversations, et on ne fait pas attention à ceux qui s'en vont tôt. Puis le temps passe, les aiguilles de l'horloge défilent, et à un moment il ne reste plus qu'une poignée de fêtards, tous assis autour de la table du salon. A ce stade, la glace est brisée : tout le monde se connaît, quelques numéros ont été échangés, les rires fusent facilement, la connivence est générale.

Heads Up
Le duel final d'un tournoi de poker, c'est ce moment où il n'y a plus que deux personnes dans l'appartement qui se regardent les yeux dans les yeux autour du dernier verre. Il est tard, la fatigue est là, mais on a pas encore tout à fait envie de partir : l'heure est propice aux confidences. On rigole encore mais avec un ton plus grave. Même si la soirée a été épique, il sera bientôt temps de d'y mettre fin. On prolonge le moment car on sait que bientôt, on va retomber de son nuage et retrouver la douce banalité du quotidien.

Dario Sammartino et Hossein Ensan étaient déjà familiers l'un de l'autre avant d'atteindre la table finale du plus gros tournoi du monde, se croisant régulièrement sur le circuit, se félicitant pour leurs exploits respectifs. 8 millions de dollars de gain et une quantité enviable de finales Highroller pour l'un (mais, tiens tiens, aucun titre majeur), trois finales EPT et une victoire à Prague pour l'autre. Terminer seuls et en tête à tête la plus belle partie de poker de la planète, une compétition de dix jours ayant rassemblé plus de 8 600 joueurs, va probablement cimenter à tout jamais leur amitié.

Le duel final d'un tournoi de poker ne ressemble en rien à ce qui a précédé. Il en va de même pour Dario Sammartino. Au terme d'une démonstration de jeu short-stack de trois jours qui sera probablement enseignée dans les écoles de poker, la star italienne est quelque peu passée à côté de son duel final sur la table la plus regardée de la planète...

Dario HU
Dario avait pourtant réussi à combler d'entrée de jeu le faible écart qui le séparait d'Ensan, et même à passer chip-leader en trouvant deux paires chanceuses sur la rivière d'un des premiers coups du duel. Mais cette embellie n'allait être qu'un feu de paille : combattif mais détendu, à l'aise dans le rôle de l'agresseur, Ensan allait rapidement reprendre l'avantage, en relançant et en misant, encore et encore. Plusieurs fois de suite, Dario a payé perdant, sa méforme culminant avec un hero call désastreux avec la troisième paire alors qu'Ensan en possédait deux. Désormais en déficit de 2 contre 1, de retour en position défensive, Dario n'allait jamais se remettre de cette décision où ses instincts l'ont failli.

La 301e main de la finale du Main Event fut la dernière. C'était la 101e du duel, après trois heures trente de face à face : elle est tombée sur le coup d'une heure trente du matin.

Avec une quarantaine de blindes restantes, Dario défend sa grosse blinde face à une relance d'Ensan, puis check/call le flop 1062. Le turn est un 9 : Ensan continue d'attaquer, à hauteur de 35 millions. Avec 84 pour un double tirage, Dario tente le tout pour le tout : check/raise all-in pour 140 millions. Ensan ne pouvait pas payer plus vite avec sa paire de Rois.

Ultime bronca dans les tribunes. Les deux joueurs se rapprochent de leurs clans respectifs. Attente interminable. Carte brûlée, carte retournée. C'est... une inutile Q. Le Main Event des WSOP 2019 est terminé...

Rail
... pas tout à fait. Moment de grâce à peine croyable, conclusion parfaite à la finale la plus joyeuse de l'histoire du Main Event : les supporters d'Ensan se mettent à chanter le prénom du perdant. "Dario ! Dario ! Dario ! Dario !" Le moment dure, la scène est instantanément inouabliable. Très vite, le rail de Dario prend le relais, fait de même avec le prénom du vainqueur. "Hossein ! Hossein ! Hossein !" Frissons. Poils qui se dressent. Yeux qui s'embuent.

Dario ITW
Dario Sammartino a du mal à contenir ses larmes au moment de répondre aux premières questions. "Je suis content de mon jeu. Enfin, pas en heads-up. En plus d'être un ami, mon adversaire était très bon. Là maintenant, je ne me sens pas bien, mais... demain ça ira beaucoup mieux, je vous le promets !"

Conférence de presse improvisée. Malgré sa position de short-stack, Dario a toujours fait partie des favoris. Qu'en a t-il pensé ? "C'est sûrement parce que j'étais le joueur le plus connu, celui qui joue presque tous les circuits, qui s'inscrit à des High Rollers. Mais je n'ai pas ressenti de pression, je voulais juste jouer le meilleur poker possible."

Que s'est-il passé en heads up ? "Je n'ai pas eu ma chance. J'étais card dead, au pire moment. Quand on ne trouve pas de jeu en heads up, il est très difficile de s'en sortir. Et puis Hossein a très bien joué, il s'adaptait en permanence à ce que je faisais. Je ne peux que le féliciter."

Rail
Plus encore que durant les récentes éditions, l'atmosphère tout au long de la finale fut joyeuse, colorée, bruyante, electrique. Des gradins bondés de potes et fans habillés aux couleurs de leurs héros, des chants de supporters se renouvelant constamment, le taux de décibels qui ne faiblit jamais. Le tout sans jamais franchir la frontière invisible séparant l'enthousiasme du manque de respect. Pas un mince exploit ! "L'ambiance ne m'a pas du tout dértangé. Bien au contraire ! On passe à la télé : c'est bon pour le poker, qu'on voit que cela peut être amusant. Ni moi ni Hossein n'étions dérangés. Les gens ont kiffé, et nous aussi. On n'oubliera jamais cette finale."

Dario Rail
Comment on se sent, après avoir été soutenu par des centaines d'amis sur les gradins, et des milliers d'anonymes branchés sur leur écran ? "Je n'ai pas de mots pour le décrire, pas même en italien. Je suis quelqu'un qui aime aimer, et qui aime être aimé. Et là, il y a tellement de monde qui m'a soutenu. Pas seulement des italiens. C'est quelque chose de plus fort que l'argent. Tout cet amour, toute cette affection, c'est impossible à décrire."

Prospère Hossein

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

L'écart se creuse en faveur d'Hossein Ensan
Main Event 10 000 $ (Heads up final)


Hossein Ensan
23h17 à Las Vegas. On va bientôt franchir la barre des cinquante mains jouées sur le dernier duel du Main Event, et pour le moment les jetons ne vont que dans une seule direction : celle d'Hossein Ensan.

Dario Sammartino avait pourtant bien, voire très bien entamé son match, parvenant dès la deuxième main à prendre le chip-lead. L'Italien avait chatté, trouvant un As sur la rivière pour lui donner deux paires : Ensan avait deux paires Valet-9 dès le turn et n'a pas trouvé le bouton fold face à une mise rivière de 55 millions !

Derrière, Ensan est parvenu à revenir à niveau avec un value bet "thin" bien placé. On l'a ensuite vu enchaîner les gros pots sans showdown, Dario récompensant son aggressivité par plusieurs folds sur des pots "barrélés" deux ou trois fois.

Puis à l'instant, encore un gros pot : 120 millions au bas mot, avec un Ensan montrant deux paires Q10 au showdown d'un board 1053Q4. Dario Sammartino a joué le coup on ne peut plus passivement (il défend sa BB puis check/call trois fois) ne peut montrer mieux : avec 52, son hero call rivière (35 millions), effectué après un long moment de réflexion, s'est révélé très couteux.

Bilan comptable après 50 mains : plus 100 millions pour Hossein ! Bilan humain : tout le monde s'amuse bien, les joueurs comme le public. Les deux adversaires se parlent, rigolent, et le rail est de plus en plus bruyant !

Dario Sammartino
Malgré les gros coups perdus récemment, Dario Sammartino n'a rien perdu de son enthousiasme. Il vient même d'engueuler ses supporters en rigolant. Parce qu'ils gueulent trop fort ? Non ! Parce que les Allemands sont plus bruyants !

Joueur Stack Blindes
Hossein Ensan (Allemagne) 379 000 000 126 BB
Dario Sammartino (Italie) 136 000 000 45 BB


Igor
Parmi les coaches de Dario : le redoutable Russe Igor Kurganov

Hossein
Hossein reste concentré : 45 blindes en la possession d'un joueur du calibre de Dario, c'est une montagne à gravir

Hossein Ensan
"Pizza, pizza, pizza !" Bizarrement, ce sont les Allemands qui ont les premiers commandé le plus italien des plats

Un duel à quatre millions de dollars

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Le dernier duel opposera Hossein Ensan à Dario Sammartino
Main Event 10 000 $ (Heads up final)


Pognon
Comme le veut la tradition, un homme en costard est arrivé sur le podium TV en poussant un gros chariot, entouré de deux gros bras de la sécurité. Ils s'y sont mis à plusieurs pour empiler brique après brique de 10 000 $ en cash au milieu de la table de poker : le tas fait bien quarante centimètres de haut.

10 millions de dollars en cash sur la table ? On risque d'en décevoir quelques-uns, mais nous avons espionné le dialogue suivant à quelques centimètres de la manne :

Producteur ESPN : "En vrai, ça représente combien, ce tas ?"
Homme en costard (air sûr de lui) : "Dix millions !" Puis, en chuchotant, avec un clin d'oeil : "70 000, hé hé."

Hé oui : c'est un secret de polichinelle, mais ces briques de 10K$ qui rendent si bien sur l'écran de télé ne sont que de bêtes liasses de billets de un dollar prises en sandwich par, de chaque côté, un "Benjamin" de 100 $. Mais qu'importe : les dollars que visent Hossein Ensan et Dario Sammartino s'élèvent bel et bien à dix millions.

Le perdant du dernier duel du Main Event, le plus important de tous, devra se contenter de six millions. On a déjà de la peine pour lui (sic).

HU
Hossein et Dario entament le heads à égalité, ou presque
 

Joueur Stack Blindes
Hossein Ensan (Allemagne) 279.800.000 117
Dario Sammartino (Italie) 235.000.000 98


Nombre de mains jouées depuis le début de la finale dimanche : 200

Pognon
Le saviez-vous ? Le bracelet du Main Event ne ressemble à aucun des 89 autres distribués cet été. Il n'est pas forcément plus beau mais est bien plus lourd (550 grammes) et sa valeur est estimée à... un demi-million de dollars !

Dur Alex, sed lex

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Alex Livingston éliminé en 3e place (4 000 000 $)
Main Event 10 000 $ : le dernier duel va débuter


Après avoir fait doubler Dario Sammartino, Alex Livingston ne le savait pas encore, mais il n'avait plus que 21 mains à vivre dans ce Main Event : en difficulté avec 50BB restantes (et dire qu'il était pourtant chip-leader une demi-heure plus tôt !), le canadien a vu ses deux derniers adversaires redoubler d'efforts, le relançant et le sur-relançant sans qu'il ne puisse opposer de véritable résistance ou montrer la meilleure main au showdown.

Alex Livingston
Aux alentours de 21 heures, c'est avec un tapis encore plus diminué - 17 blindes - que Livingston a joué son va-tout : open shove au bouto navec AJ. De petite blinde, Hossein Ensan ne va pas refuser l'affrontement avec son AQ.

Le flop 6-Valet-Dame améliore les deux joueurs, mais Ensan conserve son avantage. Cela ne changera pas après un turn 2 et une rivière 9 : le parcours d'Alex Livingston s'arrête en troisième place, pour un prix de 4 millions de dollars, inédit (évidemment) pour le pro Canadien.

En conférence de presse post-élimination, Livingston n'aura que des témoignages d'affection pour ses collègues finalistes. "Ce sont tous des stars, et Dario Sammartino est comme un frère. Il dégage une chaleur et une énergie incroyables. Il est presque trop gentil ! Souvent, il nous disait "good fold" après un coup gagné. D'ailleurs, je crois que son rail a fini par lui dire qu'il fallait arrêter d'être gentil, j'ai senti l'atmosphère changer à un moment."

Rail Livingston
On retiendra de Livingston une stratégie déviant régulièrement du jeu GTO. Interrogé sur cette paire de Dames foldée préflop avant-hier lorsqu'il restait six joueurs (Garry Gates avait 3-bet avec une paire de 10), le pro n'exprimera pas de regrets : "Ce n'était pas la première fois que je me plantais. Au cours des jours précédents, j'ai jeté As-Roi préflop alors que mon adversaire avait As-Roi. Mais je réfléchis à comment jouer contre une range de mains, pas contre une seule combinaison précise ! Si Garry a les As ou les Rois, je passe pour un génie !" Livingston attribue cette stratégie à son passif de joueur de cash-game : "Je préfère jouer deep et après le flop plutôt que m'engager dans des gros coups préflop."

Cette finale 2019 du Main Event comprenait un joueur qui a enervé tout le monde à cause de la lenteur de ses décisions, Kevin Maahs. Livingston, lui, était tout l'inverse : toujours pressé de jouer, on l'a parfois critiqué pour la vitesse à laquelle il agissait ! Là aussi, Livingston s'est justifier sans bégayer : "Vous savez, il y a une raison pour laquelle je ne joue que deux ou trois tournois de No Limit par an : ils sont devenus beaucoup trop lents. Ce n'est pas drôle, de jouer lentement avec des lunettes de soleil et une capuche. En jouant vite, je vais peut-être parfois commettre des erreurs, mais c'est bien plus marrant. Je ne m'imagine pas jouer autrement."

Il y a dix ans, Alex Livingston débarquait pour la première fois à Vegas à l'âge de 22 ans, avec en poche une bankroll de 17 000 $. Le fait marquant de cet été de formation ? Perdre 40 000 $ au beer-pong contre un de ses amis. Les années ont passé : plus mûr et expérimenté, Livingston est parvenu à améliorer son meilleur score sur le Main Event (13e en 2013), et c'est en tant que multi-millionnaire qu'il essaiera de faire encore mieux l'an prochain.