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354 joueurs franchissent le Day 4

- 10 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

In N Out
In-N-Out Burger, Las Vegas, Nevada

Day 4 : 1 286 joueurs / 354 restants (dont 5 Français) sur les 8 569 joueurs au total
Chipleader : Dean Morrone (USA) 4 980 000

CLIQUEZ ICI POUR LE CLASSEMENT COMPLET ET DEFINITIF DU DAY 4

Top 10

dean morrone
"Je n'arrive pas à un croire, on est dans une simulation !" s'est écrié Dean Morrone à la fin du Day 4. Il faut dire que le Canadien, qualifié en ligne via le site 888, cumule 10 000 $ de gains en live, l'équivalent d'un buy-in pour le Main Event.

Dean Morrone (Canada) 4 980 000
Lars Bonding (Danemark) 4 040 000
Michael Messick (USA) 3 925 000
Warwick Mirzikinian (Pays de Galles) 3 900 000
Henrik Hecklen (Danemark) 3 862 000
Mihai Manole (Roumanie) 3 781 000
Robert Heidorn (UK) 3 700 000
Sean Mills (UK) 3 692 000
Christopher Wynkoop (USA) 3 563 000
Andrew Brokos (USA) 3 518 000

5 (ou 6 ?) Français

58. Romain Lewis (Team Winamax) 2 368 000
90. Grégoire Auzoux 2 034 000
142. Julian Milliard-Feral 1 509 000
246. Benjamin Souriau 880 000
293. David Pecheur 605 000

On n'est pas encore tout à fait sûrs pour :

155. Olivier Chaume, noté comme résident de San Francisco avec 1,409 million.

Le reste du field (sélection)

Jacqueline Burkhart
On avait repéré Jacqueline Burkhart à la PCA, lors de son deep run sur le PSPC

35. Richard Seymour (USA) 2 750 000
44. Antonio Esfandiari (USA) 2 583 000
55. Daniel Hachem (Australie - le fils de l'autre, si si !) 2 450 000
63. Dario Sammartino (Italie) 2 302 000
89. Olivier Busquet (USA) 2 041 000

Ralph Perry
Dans le clan (réduit) des pros à l'ancienne, voici Ralph Perry


97. Joseph Cheong (USA) 1 958 000
131. Quan Zhou (Chine) 1 601 000
141. Jacqueline Burkhart (USA) 1 503 000
147. Ralph Perry (USA) 1 480 000
152. Jeff Madsen (USA) 1 425 000

Jeff Madsen
L'éternelle jeunesse de Jeff Madsen. Et pourtant : déjà 13 ans qu'il a secoué la planète poker en remportant deux bracelets en deux semaines. Madsen avait alors 21 ans !


160. Sam Greenwood (Canada) 1 371 000
188. Chance Kornuth (USA) 1 221 000
190. Eric Froehlich (USA) 1 202 000
194. Jake Schindler (USA) 1 168 000
197. Todd Brunson (USA) 1 151 000

Todd Brunson
Fils d'une légende de poker, légende de poker, patron de notre resto préféré de Vegas, sosie officiel de John Goodman : Todd Brunson croule sous les casquettes


214. Maxim Lukov (Russie) 1 063 000
220. Galen Hall (USA) 1 013 000
231. Bart Lybaert (Belgique) 959 000
235. Alex Foxen (USA) 933 000
237. Bogdan Munteanu (Roumanie, Qualifié Winamax) 930 000

Bogdan Munteanu
La perf' des qualifiés Winamax vient de là où on ne l'attendait pas forcément : Bogdan Munteanu, l'étudiant roumain vivant actuellement en France


260. Alan Goehring (USA) 789 000
268. Mike Matusow (USA) 726 000
273. Matt Glantz (USA) 690 000
303. James Mackey (USA) 558 000

Max Silver
Au début du Main Event, Max Silver s'est proposé de payer le buy-in du Main Event à un joueur pro qui aurait "run bad" tout l'été à Vegas. On ne sait pas qui a finalement été élu pour ce freeroll, mais on avait adoré cette réponse de Matt Glantz (lui aussi toujours en course) : "Tous les pros qui sont perdants, c'est uniquement à cause de ton application SnapShove !"


319. Max Silver (UK) 473 000
324. Jay Farber (USA) 436 000
339. Allen Kessler (USA) 240 000
351. Cary Katz (USA) 200 000

Alex Foxen
Attention : l'actuel numéro 1 GPI Alex Foxen est présent dans le field


Allen Kessler
L'emblématique serrure Allen Kessler est comme il se doit classé en bas de tableau

Jay Farber
L'amateur Jay Farber avait épaté son monde en terminant en deuxième place du Main Event 2013, staké par Dan Bilzerian

Mike Matusow
À un moment lors du Day 4, Mike Matusow s'est arrêté de parler. Non, on rigole !

Galen Hall
Galen Hall s'est semble t-il bien remis de cette déconvenue survenue lors du Day 3, lorsqu'il est revenu de pause pour retrouver son stack amputé du 10 000 après le chip race (on ne sait d'ailleurs pas trop comment s'est finalement réglée cette histoire)

Bart Lybaert
Encore un deep run sur le Main Event pour Bart Lybaert, notre autre Belge préféré

Cary Katz
Le prix du "degen" du jour est attribué au businessman Cary Gatz : aujourd'hui, on a pu le voir jouer en même temps le Main Event et le High Roller à 50 000 $. Après sa 12e place sur ce dernier, Gatz entamera le Day 5 en position short-stack. Hé bé

Un quinté de rescapés

- 10 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

5 Français avancent jusqu'au Day 5
Ils étaient encore 30 dix heures plus tôt !
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 4 - 354 joueurs restants)


Qu'elle semble loin, la tension de la bulle, la liesse de l'entrée dans les places payées, l'excitation d'avoir franchi une journée de plus. 24 heures peuvent changer beaucoup de choses, et les statistiques sont implacables : 72% des joueurs qui se congratulaient hier à minuit ont perdu leur tapis aujourd'hui.

En conséquence, notre stratégie de reporting aujourd'hui fut très simple : nous planter en face du guichet de paiement où venaient s'échouer, vague après vague, les joueurs éliminés, et leur demander : "ça te dit d'en parler ?" Par chance, aucun d'eux nous a tenu rigueur de jouer sans vergogne les vautours, et nous avons pu vous donner des détails sur les éliminations et les motivations de :

Level 16 : Morgan Portier (1255e), Serge Chechin (1202e), Mathieu Rabalison (1193e), Christophe Pommier (1043e)
Level 16 : Julien Loire (1155e), JB du KING5 (1073e), Cyril André (1042e), Ugo Faggioli (982e)
Level 17 : Quentin Roussey (1032e), Kalidou Sow (915e), Jean-Pierre Besancon (852e)
Level 17 : Jonathan Guez (746e), Clémen Tripodi (732e), Samy Boujmala (731e), Julien Duveau (716e), Joseph Sabe (707e), Haim Haggiag (703e)
Level 18 : Davidi Kitai (622e), Mohamed Mamouni (610e)
Level 18 : Maxime Chilaud (566e), Sarah Herzali (561e)
Level 19 : Pierre-Yves Joubert (528e), Ludovic Breau (522e)
Level 20 : Hugo Pingray (475e), ElkY (425e), Paul Patouilliard (412e)

Vous pouvez le constater, on a perdu un peu de tout en ce Day 4 : des légendes, des pros de l'ombre, des amateurs en pleine bourre, des néo-retraités, des dillétantes de l'industrie du jeu, des jeunes à fort potentiel... Dans les yeux de tous, ou presque, on pouvait lire le message : vivement l'année prochaine !

Parlons de ceux qui ont encore des jetons. Il reste qui ? Cinq tricolores, pas un de plus. C'est beaucoup moins qu'en 2018 (ils étaient 12) et 2017 (8), mais autant qu'en 2016.

Romain Lewis (Team Winamax) 2 368 000
Grégoire Auzoux 2 034 000
Julian Milliard-Feral 1 509 000
Benjamin Souriau 880 000
David Pecheur 605 000

Romain Lewis
Romain Lewis termine en tête de la journée grâce à un sprint final en mode "boulet de canon" qui l'a vu, entre autres, value bet "thin" une paire d'As sur la rivière (en face : un call/muck) et éliminer un joueur avec un brelan floppé : "Je raise les 8, la BB paie. Flop Valet-8-9, il check/raise all-in 25BB, il avait slowplayé les As !" On se répète, mais il faut insister : la structure de ce Main Event est tellement belle que l'on peut voir un joueur galérer toute la journée pour finalement emballer cent blindes dans son sachet. "Tout s'est joué durant le dernier niveau. Ce matin, j'ai perdu direct un flip, après j'ai toujours eu entre 15 et 35 blindes." Après avoir perdu deux flips supplémentaires, Romain était toujours là quand la variance a fini par lui sourire. Deux double-ups dans des matchups "As contre As" où son kicker l'a emporté lui ont permis de doubler. Jusqu'à cette dernière heure magique, qui lui permet d'entrevoir un Day 5 dans le rôle d'attaquant plutôt que celui de défenseur.

Grégoire Auzoux
"Mon avion retour est pour demain... J'espère vraiment le rater !" Ainsi parlait Grégoire Auzoux au milieu du Day 4. Son voeu est exaucé, et c'est avec un grand sourire qu'il nous confiait avoir passé une très belle journée. "J'ai toujours eu plus de un million aujourd'hui, puis la dernière heure fut encore meilleure."

Benjamin Souriau
Les images sont parlantes : Benjamin Souriau a joué les équilibristes aujourd'hui. En plus de faire de l'alpinisme : parti "sous perfusion" avec tout juste 7 blindes à midi, le finaliste du WSOP Circuit Paris 2017 est toujours là dix heures plus tard, avec plus de 30 blindes qui plus est !

Trajectoire moins réjouissante pour Julian Milliard-Feral ,qui a vécu un dernier niveau catastrophique après avoir été chip-leader quasiment toute la journée, passant de 4 à 1,5 millions en très peu de temps. Le Français expatrié en Floride depuis 15 ans a notamment perdu As-Roi contre As-Dame, As-Valet de carreau sur un flop avec deux carreaux, paire de 7 qui floppe brelan mais perd contre flush, plus des coups perdant contre des joueurs shortstack qui ont tenu la pression. Le tableau n’est vraiment pas idéal avant d’entamer le Day 5, mais le verre est encore à moitié plein : « Ce n’est pas grave, demain est un nouveau jour, et j’ai toujours la moyenne, rien n’est perdu ! »

En bas de peloton, David Pecheur, qui reviendra avec 25 blindes. C'est pas si mal, d'autant qu'il s'agit du tout premier Main Event de celui qui dirige une franchise Pizza Hut à Paris. "Les quatre dernières heures, aucun c-bet n'est passé, je n'ai pas gagné un coup."

Blindes au Day 4 : 12 000 / 24 000 BB ante 24 000
Tapis moyen 1,45 million (60 BB)

Ciao Hugo, salut Bertrand, à plus Paul

- 10 juillet 2019 - Par Veunstyle72

Il ne reste plus que cinq Français en course
Level 20 : Blindes 10 000 / 20 000, BB ante 20 000
Main Event 10 000 $ (Day 4 - 378 joueurs restants)

Pingray, un retraité encore frais

Le clan français a perdu un champion de qualité sur ce Main Event (un de plus !) : Hugo Pingray est éliminé en 475e position, pour un gain de 30 780 $. Le vainqueur du Monster Stack WSOP 2014 n'avait plus présenté le bout de son nez sur une série de tournois comme ces WSOP depuis bien longtemps, mais il faut croire qu'il n'a encore rien perdu de son talent : "J'ai fait 40 000 $ de bénéfice sur le premier tournoi que j'ai joué ici, plus 30 000 $ grâce au Main Event… ouais, si je fais plus 50 000 $ à chaque fois, on peut dire que ce sont des bonnes vacances..."

Hugo Pingray - Veunstyle
Hugo est comme tous les professionnels de ce jeu qui ont eu beaucoup de jetons à un moment donné : il y a cru. Et forcément, le moment de l'élimination est un peu compliqué : "Ça fait chier de bust le Main comme ça… Quatre jours d’efforts… ça met toujours un petit coup au moral", nous glissait-i avant de relativiser immédiatement : "En 2015, j’avais bust en deux niveaux, mais je n’avais pas le droit de l’ouvrir parce que je venais de gagner un bracelet. Là, je termine ITM, j'imagine que je n'ai toujours pas le droit de me plaindre !"

La journée d'Hugo n'est pas forcément partie sur de bons rails, la faute à un gros pot perdu avec "flush max contre full house. C'était un pot de 700 000 qui m’aurait mis bien, à 1,2 million. Au lieu de ça, je suis descendu à 400 000 et je n’ai plus bougé. J’ai perdu pas mal de coups avec As-Roi contre paire de 2 par exemple, qui trouve As et Roi au flop, mais aussi un 2 à la rivière. En vrai, globalement, je n’ai pas eu de vrais spots."

Sa dernière main, le Français de Londres l'a disputée avec Dame-Valet. Un joueur situé UTG a relancé, payé par trois autres joueurs, dont Hugo en BB. Puis un flop Q-5-2, Hugo a check raise à tapis ses douze dernières blindes, payé par un joueur avec Roi-Dame. "Demain, je serai probablement content de l’avoir deeprun un peu ce tournoi, mais là maintenant, je plutôt déçu. Quand tu vois les tables encore existantes, ça fout les boules quand même… "

Il est désormais temps de retourner à la vie normale pour le Français : "J’ai déjà prolongé de quelques jours, il faut retourner au bureau travailler un peu, direction Londres. Il ne faut pas pousser non plus." Avant de se revoir dans 6 ans ? "Non ! Il est possible que tu me croises sur quelques EPT cette année." Le champion est de retour, vive le champion !

Une idole tombe

ElkY
L'hécatombe française se poursuit dans cette terrible soirée pour le clan tricolore, puisque Bertrand Grospellier, assurément l'un de nos représentants les plus emblématiques, termine son Main Event en 425e place. ElkY remporte lui aussi 30 780 $, et n'améliorera donc pas son résultat de 2009 (122e pour 40 000$). Et c'est un ElkY bien tilté que nous avons retrouvé après son élimination, un état bien compréhensible vu la tournure que son tournoi a pris : "J'avais 400 000 et une paire de Valets, j'ai resteal derrière une relance, et le mec a fini par me payer pour tout son tapis, 350 000, avec paire de 8. Mais qu'est-ce qu'ils font ?!" Un 8 sur la turn est venu couper les jambes de notre blondinet national, qui a immédiatement trouvé réconfort dans les bras de sa fiancée.

Paul Patouilliart : "J'ai encore des étoiles dans les yeux"

Paul Patouilliart
Encore une étoile qui s'éteint dans le ciel de Vegas, avec l'élimination en fin de soirée de Paul Patouilliard, qu'on connait mieux sous le pseudo de "Lapatouille". Le jeune Français s'incline 412e et remporte 34 845 $ pour le premier Main Event WSOP de sa carrière. "Je n'ai aucun regret : quand t'es short, tu te prépares à l'idée de bust." Oui car si on ne l'a pas mentionné hier soir, Paul a bien pris une belle horreur juste avant de mettre des jetons dans le sac en fin de Day 3, en perdant avec AA contre QQ : "En gagnant ce coup, je passais à 900 000. Au lieu de cela, j'ai terminé avec 140 000. J'ai donc passé le Day 4 entre 10 et 30 blindes tout le long. Je pense que c'est le plus mauvais souvenir que j'ai de ce tournoi, cette paire d'As craquée. Mais bon, quand tu connais la variance au poker, il ne faut pas trop faire la fine bouche, il y a finalement très peu de gens qui sont entrés dans les places payées, moi j'ai réussi à le faire, donc j'arrive à relativiser."

Près de douze heures après la reprise de ce Day 4, "Lapatouille" encaisse donc près de 20 000 $ de plus que la veille, un mal pour un bien : "J'insiste, mais je n'ai vraiment aucune frustration, que de la gratitude d'avoir vécu ce moment là, c'était incroyable. Le Main Event, c'est un rêve de gosse. Et comme ça s'est bien déroulé online cette année, j'avais prévu de le buy in entièrement. Problème, mon Vegas a été un peu délicat en terme de résultats, j'ai fini par vendre la moitié du coup. Je ne regrette vraiment pas, j'ai encore des étoiles dans les yeux..."

Ravi de la façon dont il a géré sa patience et son niveau de focus, Paul savait qu'il lui fallait être concentré à 100% dans ce tournoi. Ce qu'il a parfaitement réussi à faire : "Normalement, un tournoi de poker, je le prend à la légère. Et là, j'ai vraiment essayé de focus dès la première minute. Chaque détail comptait. Résultat, quand je rentrais chez moi le soir, je dormais comme un bébé, j'étais vraiment KO." 

Et maintenant ? Place au repos ! Paul ne se voit pas buy in un tournoi à 1 000 $, ni s'assoir en cash game au Bellagio, pour jouer sur une table aux enchères 2$/5$ : "Désormais, il est temps de retrouver la famille. J'ai mis un post sur Facebook hier pour dire que j'étais encore dans le tournoi, j'ai reçu des centaines de messages, de potes, ma cousine, ma grand mère, tous essayait de trouver des infos, c'était génial. J'ai reçu beaucoup d'amour de la part de tout le monde, je n'oublierai pas. Ces quatre jours, c'était incroyable." 

Il reste une quinzaine de minutes à ce jouer ce soir (heure locale : 01h) et seulement cinq français (sur un total de 30 ce matin) sont en passe de franchir le Day 4 : Julian Milliard-Feral, Grégoire Auzoux, David Pecheur, Benjamin Souriaux et Romain Lewis. Au compteur : 372 joueurs. Restez branchés pour nos traditionnels bilans de fin de journée !

Moins de 500 joueurs, il reste 8 Français

- 10 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Deux pros de l'ombre quittent le Main Event : on vous éclaire
Main Event 10 000 $ (Day 4 - 459 joueurs restants)


Flegmatic vous l'expliquait hier avec le talent qu'on lui connaît : le clan des 31 Français ITM sur le Main Event 2019 offre un visage atypique, différent de ce à quoi nous avons été habitués. Les "top pros" et autres joueurs médiatisés y sont en effet minoritaires, noyés au milieu d'un océan d'amateurs éclairés, de retraités du MTT et de pros de l'ombre. Les deux derniers sortants font partis de cette dernière catégorie : nous avons profité de les voir passer au bureau des paiements pour en apprendre plus sur eux. Heureusement pour nous, les deux étaient d'humeur somme toute joviale après avoir sauté du plus gros tournoi du monde, et ont répondu sans rechigner à nos interrogations.

Joubert joue, Joubert perd

Pierre-Yves Joubert
"Aujourd'hui, ça n'a pas été terrible", lâche Pierre-Yves Joubert après avoir récupéré un petit carton rouge où est inscrite sa position finale : 528e. Le résident maltais possédait en effet 600 000 à midi, le plaçant dans la partie supérieur du field de 1 286 joueurs. Son dernier coup, joué avec ses dix dernières blindes au terme d'une journée à sens unique (le mauvais sens) ? Du très banal : "deux Valets contre deux Dames."

Pierre-Yves avait déjà visité Las Vegas une fois avant ces WSOP 2019, mais ce n'était pas pour le poker : de fait, il s'agissait donc de sa toute première tentative sur le plus gros tournoi du monde. "Il est long, ce tournoi, mais il est très cool !" Que fait Pierre-Yves le reste du temps ? "Je suis plutôt un joueur de cash-game PLO, mais je joue de moins en moins. J'ai envie de faire autre chose." Cet autre chose, ce sont les cryptos monnaies, un sujet qui passionne nombre de joueurs de poker. On demande à Pierre-Yves sur quoi miser notre maison. "Le Bitcoin, bien sûr !" Son deep run lui rapporte 2,1 Bitcoins. Euh, je veux dire 27 390 $.

You lost, Breau

Ludovic Breau
Tout comme Pierre-Yves Joubert, Ludovic Breau s'est expatrié sur le rocher maltais, et n'est pas du tout un habitué des MTT. "Mon truc, c'est l'Expresso ! Le responsable de la commnauté SpinElite [un forum où l'on ne cause que de Sit&Go à jackpot] est un bon pote : il m'a chauffé pour venir. Je ne joue jamais en live, mais je me suis motivé." Le projet initial de Ludovic était d'explorer les tables de cash-game de PLO du Strip, réputées comme étant juteuses. "Je suis allé à l'Aria, mais il était dur de trouver une table où s'assoir : à cause du tournoi à 10K$, il n'y avait pas beaucoup de croupiers. Je suis allé au Wynn : là, il n'y avait aucun problème."

Ludovic n'avait pas joué en Hold'em depuis deux mois, mais a fini par se décider à vendre des parts aux membres de Spinelite afin de financer son tout premier Main Event. Il ne regrette absolument pas l'expérience, que ce soit sur le plan financier (sa 522e place lui rapporte 27 390 $) que sur le plan des sensations. En fait, ce non-spécialiste des MTT est littéralement conquis : "Il est génial, ce tournoi ! La structure est magnifique. Même en étant card dead, on peut tenir des heures. C'est ce qui m'est arrivé aujourd'hui, je n'ai vraiment eu aucun jeu. Les trois premiers jours se sont bien passés. J'ai fini le premier jour avec 120 000, le second avec 371 000, ce matin j'avais 500 000. La table était OK mais je suis passé de 60 à 30BB. J'ai tenté des trucs pour remonter, mais ça n'est pas passé. Et puis il y a eu cette paire de Rois en début de journée, j'ai lâché 200 000 : il y avait un As au flop, je n'ai pas pu payer rivière." La dernière main de Ludovic ? Un spot classique : "J'ai 25BB, je suis de petite blinde : le bouton relance, je shove avec As-10, je suis payé par deux Rois."

Séduit, Ludovic nous disait être carrément chaud pour retenter le coup l'an prochain. "En revanche, c'est très usant, je n'ai pas l'habitude !" Rassure-toi Ludo : tout le monde dit ça, y compris ceux qui le jouent tous les ans. En attendant l'année prochaine, Ludovic, qui vient de fêter ses 30 ans, va "poncer" les tables de cash-game PLO et profiter de son cadeau d'anniversaire : un aller-retour en hélico direction le Grand Canyon. Avant de nous quitter, il lâche une info pas inintéressante : "Le Français chip-leader, Julien Milliard, il est impressionnant. Je l'ai vu remonter de très très bas sur le Day 2. Il prend des spots que peu de regs prennent." Affaire à suivre !

Ils remportent 27 390 $
522e : Ludovic Breau
528e : Pierre-Yves Joubert

Ils remportent 27 390 $
561e : Sarah Herzali
566e : Maxime Chilaud

À l'international

Ils remportent 30 780 $
461e : Simon Deadman
466e : Barny Boatman
473e : Richard Anthony (pas le chanteur mais on aurait bien aimé)

Ils remportent 27 390 $
485e : Josh Arieh
532e : Nacho Barbero

Johnny Chan

Ils remportent 24 560 $
560e : Johnny Chan
570e : Adam Owen
595e : Kelly Minkin

Ils remportent 22 190 $
652e : Kathy Liebert
622e : Davidi Kitai

Ils remportent 20 200 $
681e : Dan Heimiller
684e : Eric Baldwin
687e : Chris Moneymaker
689e : Gus Hansen
692e : Andrey Zaichenko
704e : Anton Morgenstern
705e : Paul Volpe
759e : Cliff Josephy

Ils remportent 18 535 $
767e : Pavel Plesuv
771e : Thomas Muehloecker

Ils remportent 17 135 $
873e : David "ODB" Baker
878e : Harrison Gimbel
907e : Bartlomiej Machon

1,1 million : la moyenne à 459 joueurs restants. Cela représente 56 BB sur le niveau qui va débuter après la pause de 23 heures : cela sera la dernière de la journée.

Privés de pause dîner

- 10 juillet 2019 - Par Flegmatic

Sarah Herzali et Maxime Chilaud tombent à leur tour
Main Event 10 000 € (Day 4 - 531 joueurs restants)

Décidément, on ne peut plus partir manger tranquille. Alors que nous avions tenté le pari de partir cinq minutes avant le départ officiel du dinner break - allez-y, jugez-nous -, ce laps de temps a été choisi par deux de nos compatriotes pour y jouer leur dernière main sur ce Main Event. Une surprise d'autant plus grande que les deux joueurs en question étaient loin de faire partie des plus petits tapis. On fait le point, la boule au ventre (et ça n'a rien à vor avec le surplus de pâtes à la saucisse italienne) (quoi que).

Sarah croche

Sarah Herzali

De un million de jetons à zéro en deux mains. Voici le cauchemar qu'a vécu Sarah Herzali lors des dernières minutes du niveau précédent. Notre confrère de PMU Greg' nous a résumé la première, au retour du break. "Elle ouvre avec une paire d'As UTG, payé par la small blind et la BB reshove pour 310 000 avec une paire de 10, dont le 10. Le flop vient Q64, turn 10."

Le reste est une sombre histoire de bluff qui tourne mal. Suite à une ouverture à 35 000 du hi-jack, la Française décide de 3-bet Q9 au cut-off, puis d'envoyer trois barrels sur A104Roi-Roi : 65 000, 175 000 et enfin 420 000 et tapis. Son adversaire - "Un Mexicain qui s'est rasé le crâne derrière la nuque pour se faire taper le logo des WSOP," dixit Greg' - n'a pas tremblé au moment de payer avec As-Dame.

Six ans après une belle 254e place, Sarah Herzali quitte cette fois ce Big One en 561e position pour 24 560 $.

Chilaud empêtré

Maxime Chilaud

"Vous savez comment Maxime Chilaud s'est fait sortir ? Parce que je suis avec lui là." Décidément, même quand il ne travaille pas, Tapis_Volant est toujours aussi indispensable. Sorti quelques minutes avant Sarah Herzali, alors que nous l'avions compté à plus de 600 000 jetons, le résident maltais s'est lancé dans un 3-barrel bluff avec As-Valet le long d'un board 7-6-3-2-10. "Un mec s'est chauffé à le payer avec une paire de 5, poursuit Flying_Carpet. Il jouait 60% des mains apparemment."

Abdul Rahim Amer

Ce joueur en question, assis au siège 1, répond en fait au nom de Abdul Rahim Amer, un Américain comptant en tout et pour tout... 6 500 $ de gains en tournois live pour deux lignes de résultats, et qui fait actuellement partie des rares ayant franchi la barre des 3 millions de jetons sur ce tournoi. Dernier membre de notre cohorte de 28 qualifiés online, Maxime Chilaud signe sa troisième place payée en quatre participations sur le Main : 449e en 2015, 211e en 2016, il se classe cette année 566e et repart avec 24 560 $.

Conséquence directe, le clan tricolore se réduit à dix unités et spoiler, les choses ne sont pas allées en s'arrangeant depuis, alors qu'il reste un peu plus de trois heures à disputer aujourd'hui. Pour vous donner un ordre d'idée, douze de nos compatriotes avaient franchi le Day 4 en 2018, huit en 2017 et seulement cinq en 2016. Pour ne rien vous cacher, sur le banc de presse ce matin, les estimations s'élevaient à sept. Nous n'en sommes malheureusement plus très loin...