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3 664 joueurs franchissent le Day 1C (!)

- 6 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Bryce Canyon
Bryce Canyon, Utah

Day 1C : 4 879 joueurs / 3 664 restants (dont 82 Français)
Chipleader : James Henson (USA) 316 100

CLIQUEZ ICI POUR LE CLASSEMENT COMPLET ET DEFINITIF DU DAY 1C

(Classement du Day 1B)
(Classement du Day 1A)

Une heure, montre en main : c'est le temps qu'il nous a fallu pour parcourir le classement complet des 3 664 survivants du Day 1C. Il faut bien cela pour passer au peigne fin le listing du plus gros Day 1 de l'histoire du Main Event, et donc du poker. La bonne nouvelle, c'est que c'était la première et la dernière fois de l'année que nous effectuions ce travail de fourmi.

Nos recherches n'ont pas été vaines car elles ont permis de faire apparaître une foule de Français que nous n'avions pas encore repéré dans l'océan de tables. En combinant les Day 1A, 1B et 1C, on arrive à un total de 150 tricolores qualifiés pour le Day 2. C'est un record ab-so-lu, et qui ne prend même pas en compte la poignée qui ont choisi de s'inscrire directement sur le Day 2A/2B ou 2C. Pfiouuuuuuu.

Top 10

James Henson (USA) 316 100
Mike McDonald (Canada) 306 300
Joshua Ray (USA) 304 200
Robert Kokoska (Rep. Tchèque) 285 000
Mohamed Mamouni (France) 284 000
Barry Donovzan (UK) 280 1000
Robert Layne (USA) 280 000
Dylan Meier (USA) 277 700
Yervand Boyadjian (USA) 277 400
Tom Cannuli (USA) 275 000

82 Français

Mohamed Mamouni 284 000
Joseph Sabe 256 700
Grégoire Auzoux 184 800
Antonin Teisseire 172 500
Maxime Chilaud (Qualifié Winamax) 170 300
Serge Chechin 166 000
Olivier Brun 159 000
Laurent Ravier (Qualifié Winamax) 150 800
Frédéric Normand 150 000
Pierre Merlin 146 400

Ludovic Riehl 144 900
Ivan Deyra (Team Winamax) 139 000
Smain Mamouni 134 400
Farid Bouares (Qualifié Winamax) 130 700
Romain Vial (Qualifié Winamax) 130 600

Sonny Franco 122 900
Alexandre Fradin 120 000
Benoît Lam 120 000
Mathieu Rabailison 119 300
Nicolas Hans (Vainqueur KING5) 118 100

Samy Boujmala 114 700
Samy Ouellani (Qualifié Winamax) 113 400
Rémi Gohlke (Vainqueur KING5) 102 100

Yann Cohen 102 000
Victor Choupeaux 100 500
François Tosques 99 400
Rodney Assous 98 200
Timothée Colcher 90 800
Jean-Jacques Zeitoun 90 200
Corentin Ropert 90 000

Pierre-Yves Joubert 88 600
Thomas Zimmerman 86 600
Jonathan Khalifa 86 200
Martial Blangenwitsch 86 000
Benjamin Souriau 86 000
Julien Polge 84 700
Vincent Meli 83 500
Mesbah Guerfi 83 200
Dimitri Joubert 83 100
Thomas Eychenne 81 400

Anthony Kazgandjian 80 500
Grégory Caubet 80 400
Hugo Peyrucq-Ferrand (Qualifié Winamax) 79 400
Jonathan Guez 78 900
Adrien Favre 74 300
Patrick Sacrispeyre 74 000
Arthur Conan 71 000
Nicolas Dumont 70 900
David Pecheur 69 000
Alexandre Saulnier 65 800

Jean-Baptiste Alaux (Vainqueur KING5) 61 700
Baptiste Carteau 60 700
Kévin Abécassis 60 500
Bertrand "ElkY" Grospellier 59 700
Benjamin Pollak 58 800
Abdulaziz Abdulaziz (Qualifié Winamax) 57 200
Albert Bayan 56 000
Romain Cabrillon (Qualifié Winamax) 53 900
Aurélie Réard 52 200
Roger Taieb 52 000

David Benyamine 50 600
Hugo Lemaire 50 300
Philippe Ktorza 47 700
Christophe Pommier 46 000
Ugo Ziller 45 100
Sébastien Bergot (Vainqueur KING5) 45 000
Ouri Cohen 44 900
Roland Rozel 42 800
Clément Richez 35 000
Ludovic Periaux 31 500

Basil Yaiche 30 600
Rodolphe Rey 28 200
Antoine Labat 25 900
Pierre Milan 25 700
Freddy Caisson 23 700
Adel Ben Messaoud 18 500
Christopher Chaudey 17 700
Nicolas Cardyn 15 700
Axel Hallay 14 300
Frédéric Roirand 12 700

Tom Jarry 11 500
Jérémy Saderne 9 000

Et aussi...

Beaucoup, beaucoup de monde. On va se contenter du service minimum :

Mustapha Kanit (Italie, Team Winamax) 118 600
Davidi Kitai (Belgique, Team Winamax) 87 400
João Vieira (Portugal, Team Winamax) 80 000
Adrián Mateos (Espagne, Team Winamax) 48 700


Blindes au départ du Day 2 : 300/600, BB ante 600
Chipcount complet du Day 1C

Le grain de folie, ingrédient secret du Main Event

- 6 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Près de 5 000 joueurs au départ d'un Day 1C mouvementé ayant eu parfois l'air d'un cirque géant
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 1C)


Main Event 1C
Un joueur disqualifié pour s'être emparé de la pile de jetons de son voisin (il plaisantait semble-t'il, mais cela n'a pas du tout plu au staff). Un autre disqualifié, encore, cette fois pour avoir... baissé son short et exposé son intimité, avant de se déchausser et de jeter l'une de ses baskets sur la table. Et puis, aux alentours de 20 heures, un tremblement de terre. Il s'est passé tout cela, et bien d'autres choses, au cours d'un Day 1C qu'on ne risque pas d'oublier de sitôt.

SI vous ne nous croyez pas, scrollez pour consulter nos compte-rendus horaires de cette folle journée : tout y est. Vous y apprendrez aussi, avec un peu moins de surprise cette fois, que cette troisième et dernière journée de départ du Main Event fut la plus grosse des 50 éditions des WSOP (4 900 joueurs !), remplissant le Rio à pleine capacité et permettant à cette édition 2019 de battre tous les records... sauf un : celui de 2006. Mais la grande nouveauté de cette année, c'est qu'il sera possible de s'inscrire jusqu'au coup d'envoi du Day 2C, d'ici 36 heures : avec déjà plus de 8 100 joueurs inscrits au total et des satellites qui vont tourner toute la journée de dimanche, les 8 776 joueurs du record restent donc atteignables !

Aujourd'hui, nous avons donc navigué à travers des mers entières de joueurs dans les salles Amazon, Pavilion, Miranda, Brasilia, nageant même jusqu'à la lointaire poker room du casino. Nous avons croisé nombre de stars, et une cinquantaine de français, amateurs en plein kif, pros endurcis, jeunes lascards et vieux briscards mélangés. Certains ont brillé, d'autres ont (déjà) chuté, la plupart ont kiffé. On fait le point.

Il seront 9 pros du Team au Day 2

Team Winamax
Le Team : Ivan, João, Davidi, Adrian en compagnie de Zhen, Victor Choupeaux et Tony Miles (comme souvent, ce diable de Mustapha Kanit a réussi à s'échapper avant qu'on ne puisse le coincer pour la photo de fin)

Au sortir de ce Day 1C en tous points mémorable, chacun avait sa petite anecdote à propos du moment où les WSOP ont été secoués. "J'avais deux paires max !", rigole Ivan Deyra. "Et là, le mec check en tapant du poing sur la table : la table se met à trembler. Je me suis dit tiens, elle est endommagée. D'ailleurs, le mec a profité de la confusion pour essayer de mettre 4 000 alors qu'il venait de check ! Au final, j'ai trouvé le full sur la rivière. Il n'avait plus beaucoup de jetons, j'ai tenté le trap mais il a check derrière." Un peu plus tôt, Ivan faisait une quinte sur un board A854 avec 7-6 dépareillés et jouait un pot de 120 000 contre As-8. ValueMerguez ira donc au Day 2 avec un amas de jetons imposant : 139 000.

Au terme de sa première journée de poker en tant que Champion du Monde, João Vieira se disait crevé, et n'avait visiblement qu'une envie : passer au Day 2, et profiter du jour de repos de demain. Mission accomplié, avec un stack au dessus de la moyenne : 80 000. Davidi Kitai (qui a lui aussi vécu un moment inédit au moment du tremblement de terre) se situe dans les mêmes eaux avec 87 400. Avec 48 300, la máquina Adrian Mateos est en dessous de la moyenne, à l'inverse d'un Mustapha Kanit qui, tout frais arrivé à Vegas (il s'agit seulement de son deuxième tournoi de l'été) pointe à 118 400 en fin de Day 1.

Après les éliminations de Guillaume Diaz (1A), Sylvain LoosliAladin Reskallah et Adrien Delmas (1C), nous retrouverons un total de 9 pros du Team au Day 2 du Main Event, sur un total de 13 possibles (les artistes Bruno Lopes et Patrick Bruel ont été excusés en raison de leurs tournées estivales respectives) Aux noms ci-dessus, ajoutez Romain Lewis, Gaëlle Baumann et Leo Margets, qui avaient franchi le Day 1A hier, et Pierre Calamusa. Ce dernier n'a pas encore joué : il ne prendra son départ qu'au Day 2. LeVietF0u concède un clair choix de "fainéant" ("tu rates toute la value contre les amateurs du Day 1") mais a préféré se reposer au maximum après un 5K 6-max qui l'a mis sur les rotules.

KING5 : Les Dézanuseurs reçus 4 sur 5

King5

Nicolas, Rémi, Jean-Baptiste, Sébastien et Alexis

A quelques minutes de la fin de journée, Les Dézanuseurs, vainqueurs de l’édition 2019 du King5, pensaient qu’ils allaient rallier le Day 2 en équipe et imiter les Flambeurs qui avaient réalisé un 5 sur 5 en 2018. Malheureusement, les trente dernières minutes de jeu ont été fatales à celui qui avait pourtant le plus gros tapis du groupe.

Alexis pointait à 130 000 et semblait serein pour emballer des jetons dans le sac, mais il a tout perdu en trois coups. D’abord, il fait doubler un short-stack avec A8 contre AA sur un flop 842 dans un pot 3-bet, puis il perd un énorme pot avec deux Rois contre Deux dames sur une main 4-bet preflop où son adversaire trouve une Dame sur le flop. Pas trop d’issue sur ce coup là et de regrets à avoir, il se retrouve crippled, ces 5 dernières blindes partiront sur la dernière main du Day avec As-Dame contre la paire de 6 de son futur bourreau. Au moment de la fin de journée, Alexis me confiait avoir " envie de pleurer ". Il se voyait déjà au Day 2 avec tous ses potes et m’expliquait que ça confirmait son run de Vegas, où il a enchaîné les mauvaises sessions. « J’avais l’impression que ça pouvait être mon one time, mais bon, maintenant, on va suivre les copains sur la fin du Main, en espérant qu’il y ait des deep runs.

C’est sur cette fin amère que se termine ce Day 1C pour les Dezanuseurs. Mais, même s’ils ont tous l’air attristés de laisser un des leurs sur le carreau, les toulousains ont de quoi être fiers avec quatre représentants au Day 2.

Nicolas_King5

En tête du chip-count, Nicolas a amassé 118 100 jetons sur ce Day 1A après avoir été très actif à sa table. " J’ai un coup qui m’a permis de décoller, sur la première main du dernier niveau, sur 300/600, je relance à 1 500 avec As-Dame et je suis payé par un papy de SB et par la BB. Tout le monde checke sur le flop J-T-8. Sur la turn K, je fais quinte max et la SB fait 2 000, payé par la BB, je me contente de payer. Sur la river 7, il fait 3 500, je raise à 13 500. Il re-raise à 25 000 (avec 7 000 derrière), je le mets à tapis et il paye avec deux Valets. " Nicolas m'avouait avoir vraiment apprécié cette journée et avoir pris un maximum de plaisir, en plus d'avoir amassé un bon paquet de jetons en prévision du Day 2.

Rémi a également connu une belle journée au Rio avec 102 100 jetons dans le sac. " J’ai eu de bonnes sensations et la chance de toucher pas mal de petits jeux. Quand j’ai pris mon premier gros coup avec une paire d’as, ça m’a rassuré d’avoir 10k de plus pour la suite. J’ai ensuite réussi à rentabiliser mon premier full sur le Main Event, contre un brelan d’as. J’ai fait un carré aussi, où j’ai pris encore pas mal de jetons, j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à la table. " Quand je lui demande ce que ça fait de voir un de ses collègues quitter le navire avant le Day 2, Rémi se montre philosophe. " On se fixe toujours des objectifs assez élevés, c’est clair qu’on voulait vraiment tous passer le Day 1 et on avait tous un bon tapis à la dernière pause. C’était illusoire de penser qu’on allait tous faire ITM, il faut bien des sortants. Par rapport à la dynamique de groupe, c’est sûr que ça casse un peu la magie. Mais bon, on va être avec lui, il va lui falloir un peu de temps pour s’en remettre, on va être présent et ça va le faire. "

Jean-Baptiste emmène 61 700 jetons au Day 2. Pas un gros bénéfice, certes, mais largement de quoi jouer à la reprise sur 400/800. " J’avais une table assez difficile avec le pro Maxime Chilaud. J’ai eu une grosse période de désert de cartes. Ca m’a permis d’asseoir une image de joueur tight, j’étais assez respecté à chacune de mes relances. Ca m’a permis de me maintenir, je suis monté à 73k au max. Je touchais pas spécialement de jeu, mais grâce à cette image, j’en profitais. J’attendais vraiment la fin de la journée, parce qu’il y avait que deux spots à la table. "

Seul joueur de l’équipe à avoir déjà joué le Main, c’était en 2011 et il avait terminé 494e, Sébastien ferme la marche avec un tapis de 45 000 jetons, après une journée compliquée. " J’ai eu un jour assez dur, j’étais bien card dead, me confie-t-il. En fin de journée, j’ai fait des paires, j’ai un peu grind, jusqu’à monter à 70k. Et puis, j’ai perdu un gros pot avec deux Dames contre deux Valets. Le plus important, c’est de passer au Day 2. Et c’est déjà beau d’être à 4. Quand j’avait joué le Main en 2011, c’était mon rêve de faire le Main Event, et ça l’est toujours. Jouer avec Davidi, à l’époque, c’était génial. T’es fan de tous ces joueurs, et puis un jour tu les vois, et puis un jour, tu joues avec, c’est comme un rêve qui se réalise. "

Les Dezanuseurs sont conscients que la route est encore longue pour rallier les places payées sur cette 50e édition du Main Event, mais soudés comme jamais, ils ont l’air en toute confiance pour tenter d’écrire la belle histoire et nous faire vibrer encore pendant plusieurs jours.

Mohamed Mamouni loin devant les autres

À l'image de la veille, ils étaient une grosse cinquantaine de joueurs tricolores à être apparu sur nos radars aujourd'hui sur ce Day 1C. Problème pour nous autres pauvres petits couvreurs, face à un Rio rempli à ras bord et un Main Event qui s'étend sur quatre salles pleines et une vingtaine de tables à l'autre bout du centre de convention, dans la poker room du casino, difficile voire impossible de trouver tout le monde, à commencer par celui qui semble être notre chipleader national du jour selon nos confrères de PokerNews, du haut de ses 284 000 jetons, Mohamed Mamouni. Nous saurons nous rattraper dimanche à l'occasion du Day 2C pour savoir un peu plus précisément comment s'est déroulée sa journée.

Maxime_Chilaud
En attendant, ce que l'on peut faire, c'est vous dire que l'un des meilleurs éléments français du jour s'est qualifié sur Winamax à partir d'un satellite à 500 €, et répond au nom de Maxime Chilaud. Nos déambulations nocturnes nous ont aussi fait rencontrer un Victor Choupeaux "très content d'avoir rangé des jetons dans un sac," au terme d'une journée "assez compliquée", passée en compagnie d'une majorité de professionnels "dont Jeff Gross, qui était sans doute le moins bon joueur de la table." Un petit tacle gratuit au passage, les puristes apprécieront. Une situation qui a en tout cas tout d'un comble sur un Big One réputé pour ses fields remplis d'amateurs, ce qui n'a tout de même pas empêché Choop de terminer avec 100 000 pions.

Bières
C'est une tradition qui perdure depuis plus de 10 ans aux WSOP : le dernier niveau de la journée est le "beer level"

Pour le reste, voici une liste forcément incomplète de 45 noms qui a de quoi mettre en appétit. Professionnels en mission ayant déjà connu les joies d'un deep run (voire d'une finale) sur le Big One, têtes connues que l'on a trop peu eu l'occasion de croiser jusque-là, amateurs éclairés en quête de one time, rookies en plein kiff', inconnus notoires (pour l'instant) : toutes les catégories sont représentées, alimentant la richesse et la diversité du plus beau tournoi du monde.

Chipcount (indicatif) du clan français : 46 noms
Liste non-exhaustive : le classement complet arrivera un peu plus tard

Mohamed Mamouni 284 000
Maxime Chilaud 170 000
Antonin Teisseire 160 000
Ludovic Riehl 145 000
Benoît Lam 140 000
Ivan Deyra (Team Winamax) 139 000
Farid Bouares (Qualifié Winamax) 130 700
Romain Vial (Qualifié Winamax) 130 000

Sonny Franco 120 000
Nicolas Hans (KING5) 118 100

Samy Boujhmala 115 000
Bogdan (Roumanie, Qualifié Winamax) 110 000
Serge Chechin 105 000
Rémi Gohlke (KING5) 102 100
Yann Cohen 102 000
Victor Choupeaux 100 000
François Tosques 95 000
Martial Blangenwitsch 90 000
Timothée Colcher 90 000
Mesbah Guerfi 90 000

Arthur Conan 85 000
Grégory Caubet 80 400
Corentin Ropert 80 000
David Pecheur 80 000
Jonathan Guez 78 900
Adrien Favre 74 300
Patrick Sacrispeyre 72 000
Arthur Conan 70 000
Alexandre Saulnier 65 000
ElkY 65 000

Jean-Baptiste Alaux (KING5) 61 700
Abdulaziz Abulaziz (Qualifié Winamax Qualifié Winamax) 57 000 57 000
Romain Cabrillon (Qualifié Winamax) 53 000
Aurélie Reard 54 000
Benjamin Pollak 52 000
Hugo Lemaire 50 000
Philippe Ktorza 50 000
David Benyamine 45 000
Sébastien Bergot (KING5) 45 000
Clément Richez 35 000

Basil Yaïche 30 100
Freddy Caisson 23 500
Antoine Labat 20 000
Nicolas Cardyn 16 000
Tom Jarry 11 500
Jérémy Saderne 9 000

Outre les membres du Team Winamax et le malheureux Toulousain déjà cité, nous sommes malheureusement en mesure de vous certifier les éliminations d'une poignée de nos compatriotes, comme le revenant Clément Thumy, Jérémie Sarda, Rémi Castaignon, Sébastien Comel ou encore Julien Martini, à qui Vegas semble plus que jamais se refuser, en tout cas cet été.

Du côté du reste du monde

Quand on fait face à un field aussi massif engagée dans un tournoi avec une structure aussi lente (seulement 25% de sortants en dix heures de jeu), on remarque surtout les absents : ceux qui ont sauté très vite, et ceux qui n'étaient tout simplement pas là. Phil Ivey et Joe Cada appartiennent à la première catégorie (une heure de jeu à tout casser pour Ivey), tandis qu'un autre Phil (Hellmuth) n'a pas encore été vu au Rio cette semaine. Impossible d'imaginer Phil manquer le Main Event : on en conclut donc qu'il préfere jouer avec 70 blindes, et sera bien là pour l'un des deux Day 2.

Du côté des présents, Mike McDonald termine parmi les chip-leaders d'une journée entamée comme un boulet de canon : le canadien possédait déjà 4 tapis de départ après une heure de jeu. Ce qui lui a permis de twitter avec ironie : "306 000 en fin de journée. Je n'ai pas réussi à faire grand chose après le Level 1." Josh Arieh, Leon Tsoukernik, les frères Greenwood, Maria Konnikova, Loni Harwood, Johnny Chan et le tenant du titre John Cynn figurent parmi les (très) nombreux grands noms ayant composé leur ticket pour le Day 2.

Samedi 6 juillet : demandez le programme

Chips
Première journée de réunification ce samedi, entre les survivants des Day 1A et 1B, pour un field de 2 383 joueurs, en plus de la poignée de petits malins qui auront choisi le premier de ces deux Day 2 pour enfin se lancer dans le grand bain. Dans notre viseur, pas moins de 66 joueurs français, dont deux W rouges (Romain Lewis et Gaëlle Baumann, accompagnés de Leo Margets), un illustre ancien de la maison (Michel Abécassis), un WIP en pleine forme (Moundir) et un Quentin Roussey qui comptera parmi les chipleaders. Attention, tout ce beau monde devra être de retour dès 11 heures, pour pouvoir jouer cinq niveaux plein de deux heures supplémentaires.

Quant à ceux dont le Big One s'est terminé plus tôt que prévu ou qui n'avaient pas 10 000 $ à poser sur la table, la première des trois journées de départ du Little One for One Drop à 1 111 $ leur tend les bras à partir de midi. Un tournoi qui réussit plutôt bien aux Français ces derniers temps, avec pas moins de trois finales en trois ans, signées Guillaume Diaz (2016, 9e), Jimmy Guerrero (2017, 4e) et enfin Erwann Pécheux et François Tosques (2018, 8e et runner-up). On signe où pour le 4 à la suite ?

Rendez-vous samedi à 11h (20h en France) pour le Day 2A/2B
Le chip-count du Day 1C sera publié durant la journée de samedi

Benjo, Tapis_Volant & Flegmatic

Level 5 : secoués mais indemnes

- 6 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Level 5 : 300 / 600 BB ante 600
Main Event 10 000 $ (Day 1C)


On se remet doucement des évènements d'avant la pause-dîner... Il est minuit à Las Vegas et il ne reste plus qu'une heure à jouer en ce Day 1C aussi énorme que mouvementé.

Tremblement de terre : un move EV- ?

Va t-il falloir maintenant incorporer un potentiel tremblement de terre à une stratégie GTO ? Les secousses sismiques sont-elles EV- ? On peut le penser en découvrant ce tweet de Davidi Kitai :

Tonin garde le sourire

Antonin Teisseire

"Le croupier me dit de me pousser alors que je ne peux pas plus bouger, j'ai le mélangeur automatique dans les genoux et les fils dans les pieds. Heureusement que j'ai des jetons !" L'essentiel est sauf pour Antonin Teisseire, rélégué dans un coin de la Pavilion à une table qui donc tout pour lui mettre des bâtons dans les roues, sans réussite pour le moment, le Champion WSOP pointant pour l'heure à 170 000. De quoi le mettre tout en haut du peloton de tête tricolore.

"J'ai gagné plein de petits coups, attaque Tonin, mais il y en a eu un plus gros que les autres. Sur 200 / 500, j'ouvre à 1 300 avec les Rois, payé trois fois. Là-dessus, le bouton fait 7 500 et il n'y a que moi qui paie. Flop Roi-Dame-5, il c-bet 9 000. Turn 4, il fait 15 000 avec autant derrière. Je shove et il paie avec les As. Et sinon ils sont comment les Wina ? Et les Français ?" Tu ne crois pas si bien dire Tonin, c'est justement la question à laquelle nous allons tenter de répondre dans l'heure qui vient, histoire de vous offrir l'article de conclusion le plus complet possible. Ce que l'on peut vous dire dès maintenant, c'est que la liste est longue et qu'il va nous falloir couvrir pas mal de terrain pour espérer (re)trouver la trace de nos chers compatriotes. À très vite.

Alors que revoilà Sarda

Jérémy Sarda
"Je suis refait ! C'est génial !" Peu avant la pause-dîner, c'est un Jérémie Sarda proprement extatique que nous avons retrouvé au fond de la Brasilia Room. Je regarde le stack du jovial français : 25 000 à tout casser, même pas la moitié du capital initial. "Ouais, mais tout à l'heure j'avais 2 000 !" Effectivement, dans ce cas on peut comprendre la jubilation : ses 25 000 doivent avoir le goût de 200 000. Jérémie s'est notamment refait en passant un 20/80 avec deux Valets contre deux Rois. "Et sinon, ça va toi ? Hein ? Joao Vieira a gagné un bracelet ? Pierre fait quatrième ? Trop bien. J'ai rien suivi du tout ! Je suis arrivé ce matin de Tel Aviv." Et effectivement, aux pieds de Jérémie se trouve un sac de voyage faisant deviner que le Français s'est pointé au Rio directement après l'aterrissage de son vol.

Lasciatemi cantare

Mustapha Kanit

Pas de Kool Shen, occupé pour cause de tournée estivale dans la France des festivals avec le Suprême NTM. Pas de Patrick Bruel, qui n'a pas réussi à libérer deux semaines dans son agenda de ministre cumulateur de mandats. Pour la première fois depuis fort longtemps, aucun chanteur du Team Winamax n'a répondu à l'appel du Big One cette année ? Aucun, vraiment ? Un petit coup d'oeil aux dernières stories Instagram en date de Dario Sammartino, dans lesquelles nos Mustapha Kanit et Adrián Mateos nationaux se sont fait afficher en flagrant délit de karaoké, devrait vous dissuader du contraire.

Et côté poker, ça donne quoi ? Aux dernières nouvelles, le premier menait les troupes de nos W rouges avec plus de 130 000 jetons, quand le second remontait au niveau du tapis de départ après avoir sorti un short stack. Une petite chanson pour fêter ça ?

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Une deuxième élimination à déplorer au sein du Team, celle de Sylvain Loosli. Installé avec une poignée d'autres joueurs dans la Poker Room, le November Nine 2013 a joué son dernier coup peu avant le tremblement de terre. "Je n'ai pas pu gagner un coup aujourd'hui", a t-il expliqué à ses coéquipiers. Sylvain est éliminé dès le Day 1 : c'est la première fois que cela lui arrive en sept participations !

"Il y a des Français, ils vont être jaloux de mon stack au début du Day 2." - Signé : notre reporter Tapis Volant qui, désormais débarrassé de ses obligations professionnels, va rejoindre le Main Event en toute dernière minute. Avec 60 000 de tapis de départ au départ du Day 2C, il est vrai qu'il possèdera un plus gros stack que pas mal de ses compatriotes qui ont joué l'un des trois Day 1.

Des nouvelles du fameux "mec à poil" dont on vous a parlé un peu plus tôt : après s'être fait jeter du Main Event (et accessoirement du Rio), notre "héros" a été aperçu au casino Luxor. Plus ou moins dans le même état (attention : NSFW).

"J'ai trouvé une Rolex par terre, j'ai trouvé un jeton de 100 $ par terre : cette journée est complètement folle !" Signé : un superviseur de la Pavilion Room qui doit être bien content de s'être levé ce matin. [NDLR : Le personnel d'un casino n'est-il pas censé remettre tout objet trouvé au service du même nom ?]

Tony Miles

Révélation exclusive : d'après cette photo inédite prise par l'un de nos envoyés spéciaux, Tony Miles, fameux runner-up de l'an dernier et nouveau meilleur pote de Pierre Calamusa, est en fait un elfe.

Twitter : pour quelques LOL de plus

Une poignée de tweets qui nous ont fait marrer en cette journée pour le moins animée...

Level 4 : la terre tremble (littéralement)

- 6 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Level 4 : 300 / 600 BB ante 600
Main Event 10 000 $ (Day 1C)


Pour la deuxième fois en 48 heures, un séisme d'importance a secoué une zone rurale de la Californie : ses effets se sont fait sentir à 250 kilomètres de là, en plein coeur des World Series of Poker. Les rumeurs prétendent que le Rio va bientôt être détruit et remplacé par un nouveau casino ou stade de football : aujourd'hui, il a tremblé dans ses fondations !

Nous étions en salle de presse quand quelque chose à commencé à remuer sous nos pieds. Stupéfaction chez les européens peu habitués à ces manifestations de la planète Terre, baîllements chez les californiens pour qui les tremblements de terre sont une occurence quasi hebdomadaire. Le séisme a duré une bonne quinzaine de secondes, et d'après les premiers compte-rendus, il serait noté 7.1 sur l'échelle de Richter : ce n'est pas rien.

La vidéo suivante ne montre pas le tremblement de terre en lui-même (il n'était heureusement pas assez puissant pour être visible à l'oeil nu), mais les réactions des joueurs du Main Event sont parlantes :

Il restait 41 minutes à jouer dans le Level 4 : face à l'évènement (qui a immédiatement fait se multiplier les tweets au Rio), le Main Event a été mis en pause-dîner plus tôt que prévu. Notre plan de nous barrer du Rio avec cinq minutes d'avance sur les joueurs (histoire d'éviter la queue à notre cantine préférée Roma Deli) tombe lamentablement à l'eau. Bordel !

Ces pros qui risquent bien plus que le buy-in

Mike McDonald
Révélé par sa victoire en 2008 sur une étape EPT qui n'existe plus (Dortmund, Allemagne), Mike McDonald a accumulé au cours des neuf années suivantes plus de 13 millions de dollars de gains, en plus de ses nombreuses perfs online sous le pseudo "Timex". Depuis deux ans, le Canadien désormais âgé de 29 ans se fait plus rare sur le circuit. Encore un jeune retraité ! Il faut dire que "McD" s'est lancé à fond sur le juteux marché des cryptomonnaies, et a gardé un pied dans le poker en lançant PokerShares, son site de bookmaking entièrement dédié aux tournois, où il risque son propre argent face à des parieurs du monde entier.

Bref, nous avons-là affaire à un amateur d'action, et pour son retour aux affaires sur le Main Event, McDonald n'a pas pu s'empêcher d'épicer un peu la partie en rajoutant un gros bet par-dessus le buy-in de 10 000 $ :

Essayons de traduire un peu ce tweet très techique, que seuls les initiés comprendront du premier coup. D'abord, qu'est-ce que le crossbook ? Les joueurs highstakes en raffolent : à l'époque où il donnait tous ses gains à des oeuvres de charité, Barry Greenstein payait ses factures avec cette pratique.

"Crossbooker", c'est tout simplement parier son propre résultat final dans un tournoi donné.

Exemple : je joue le Main Event et je parie contre Mustapha Kanit. Je me mets d'accord avec lui pour crossbook 10% de notre action. Mustapha run good mais bust en 600e place, pour un min-cash à 25 000 dollars. Moi, je suis en super forme et je vais jusqu'en 25e place pour 300 000 dollars. Résultat des courses : je paie à Mustapha 10% de son min-cash (2 500 dollars) mais lui me doit le même pourcentage de mon gain, soit 30 000 dollars. Je gagne donc un total de 27 500 dollars contre lui, en plus de mon gain sur le Main Event.

Avec ce tweet, Mike McDonald a de fait annoncé qu'il était prêt à crossbook n'importe qui pour un pourcentage compris entre 5 et 20%. Afin, tout de même, d'éviter la cagoule ultime où un pro comme Stephen Chidwick casserait la baraque et gagnerait le Main Event (ce qui lui coûterait, si Chidwick avait pris le maximum bet de 20%, quelque chose comme 2 millions), McDonald s'est protégé en fixant un cap de gains sur le tournoi de 2,5 millions de dollars (pertes/gains potentiels : 500 000 $), et en "layant" 1,1 contre 1. Traduction : une perte de 1 million lui coûterait en fait 900 000 balles. Ce qui est déjà pas mal.

Regardez les réponses au tweet initial de McDonald : son offre a généré un maximum d'enthousiasme chez les pros, certains misant carrément sur les performances d'autres joueurs qu'eux-mêmes comme Phil Ivey, Adrian Mateos, Davidi Kitai, Stephen Chidwick, et d'autres top pros du circuit.

Avance rapide deux heures après le début du Day 1C : Mike McDonald a déjà plus que triplé son stack ! Certains commencent déjà à trembler. Evidemment, il est encore trop tôt dans ce tournoi de dix jours pour tirer des plans sur la comète, mais de notre position d'observateurs, on se prend à rêver des scènes vécues en 2010, lorsque Tom Dwan avait, déjà, tout misé sur sa propre tête et bien failli broke la planète high sakes tout entière...

Back in 2010

Gregoire_Auzoux

La dernière fois que j’avais croisé Grégoire Auzoux, je crois que c’était il y a 9 ans quand il terminait runner-up de Deepstack Club Poker à l’Aviation Club de France. Je me souviens que j’avais été choqué à l’époque parce qu’un deal avait été conclu en accordant la victoire à JP Bot sans que les joueurs continuent à jouer.

Quelle surprise de tomber sur lui assis sur ce Day 1C du Main Event ! J’ai bien mis une dizaine de secondes à me souvenir d’où je le connaissais, ce qui nous arrive régulièrement en tant qu’observateurs du poker. Installé à Malte depuis quelques années où il gère une boîte de marketing qui s’occupe de conseiller les sites de jeu en ligne, Grégoire Auzoux continue de jouer à un rythme pas très soutenu. On se souvient de sa plus grosse perf’ à ce jour, quand il a terminé runner-up du Winamax Poker Tour derrière Mathieu Philibert pour 64 000 €. A Vegas depuis une semaine, il s’est déjà permis le luxe de remporter le 1 000 $ H.O.R.S.E du Binions pour 23 000 $, de quoi commencer son séjour sereinement avant d’attaquer le gros morceau de son programme, le Main Event. Pour l’instant, tout se passe pour le mieux pour Grégoire qui pointe déjà à 100k à une table qu’il me décrit comme relativement facile.  

Ca castagne déjà à Vegas

Rémi Castaignon PH

Arrivé il y a peu à Vegas, Rémi Castaignon, vainqueur de l’EPT Deauville en 2013, a déjà posé ses marques dans la ville du vice.

Auteur d’un deep run frustrant sur le Crazy Eights, où il est passé de « 1 million to zero » en l’espace de trois coups perdus contre Jesse Sylvia, Rémi Castaignon s’est bien rattrapé depuis en dealant le 1 700$ du Planet Hollywood pour 160k$. "Ça fait bien plaisir pour débuter le séjour", me confiera-t-il sans s'étendre plus que ça sur cette perf' magnifique.

On se souvient de son deep run sur le Main Event 2017 (540e pour 24 867 $) alors qu’il avait réalisé un début d’été catastrophique. Cette année, Rémi Castaignon a pris place sur le plus beau tournoi du monde en pleine confiance. Pour l’instant, il connaît un départ timide avec seulement 25 000 devant lui après trois niveaux écoulés, mais m’a promis que la prochaine fois que je viendrais le voir, il aurait 100 000 devant lui.

Le retour des ballas ?

Fedor Holz

Comme chaque année, le Main Event est aussi l'occasion de voir ou revoir des têtes peu ou pas croisées depuis le début des WSOP. À l'image de l'Allemand Christoph Vogelsang, qualifié hier lors du Day 1B, d'autres grands habitués des tournois les plus chers de la planète ont retrouvé le chemin du Rio spécialement pour le Big One. Parmi ceux-là, un joueur que l'on a bien eu du mal à reconnaître, d'une part parce qu'on ne le voit plus que rarement autour d'une table et d'autre part parce qu'il nous a paru bien changé, Fedor Holz.

L'été dernier, le jeune prodige d'outre-Rhin avait signé deux tables finales, et non des moindres, d'abord en terminant 9e du High Roller à 100 000 $, avant de boucler son été par une deuxième place sur le Big One for One Drop à un million de dollars, derrière Justin Bonomo. Cette année, il semblerait que l'ami Fedor ait coché sur son calendrier la fin du festival, alors que des épreuves à 50 000 et 100 000 billets pointent le bout de leur nez. Non, cette année encore, les finalistes du Main Event ne seront pas les seuls à se battre pour des millions de dollars. À noter que le Turc Orpen Kisacikoglu figure également dans la liste de ces ballas réapparus comme par miracle.

Level 3 : Kitbul montre déjà qui est le papa

- 6 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Level 3 : 200 / 400 BB ante 400
Main Event 10 000 $ (Day 1C)

Le timing, la clé de la réussite

Le run good dans un tournoi de poker, cela ne concerne pas que ceux qui sont assis à la table : nous autres observateurs privilégiés, payés pour vous raconter ce qu'il se passe heure par heure, on a aussi le droit de "chatter" de temps en temps. C'est ce qui vient de m'arriver lorsque, me baladant un peu au hasard au milieu de l'océan de joueurs de la Pavilion Room (227 tables quand même), je tombe sur Davidi Kitai. Petit hochement de tête pour saluer notre génie préféré, tiens, le voilà qui paie une relance à 1 000 en début de position, et se voit imiter par deux autres joueurs. Davidi en multiway au Level 3 du tournoi le plus deep du monde ? Evidemment que je vais rester, histoire de voir si la magie belge va opérer.

Davidi_Kitai
Le flop tombe 928. Le relanceur initial check et Davidi donk-bet directement. Je suis content d'être resté.

Un seul joueur paie (son voisin de gauche, donc pas le PFR) et le turn tombe K. Davidi check, son voisin mise 6 000, et... Davidi check/raise à 20 000 ! Je suis très content d'être resté.

L'adversaire de Davidi veut rester dans le coup : c'est payé. Le pot fait maintenant 50 000 au bas mot et j'ai du mal à contenir mon excitation avant même que la rivière, un deuxième 8, ne soit retournée.

Davidi check. S'il était à tirage (mettons, Valet-10, à trèfle ou pas), c'est manqué. S'il est light avec une pocket paire ou un petit bout du flop, il va peut-être lui falloir hero call. Mais son adversaire va check lui aussi, et le showdown me confirmera que je suis meilleur devant une table qu'avec des cartes en main : Davidi retourne une véritable bombe sous la forme d'un pocket paire 99. "Nice hand," dit son adversaire : on ne verra pas ses cartes.

"Je l'ai jouée tricky, je me demande ce qu'il pouvait avoir", se demandera Davidi après avoir encaissé les jetons, faisant grimper son stack à 83 000.

In a poker room far, far away...

Poker Room
Il y a tellement de monde sur ce Day 1C que certains retardataires ont été envoyés jouer leur Main Event à plus de 10 minutes et un kilomètre à pied de l’Amazon, dans la salle qui sert d’habitude à accueillir les parties de cash-game low-stakes du Rio, sobrement appelée Poker Room.

Isolées du reste du field, vingt tables sont réparties à l’intérieur de la salle et tout autour, pour accueillir ces joueurs qui rêvent eux aussi de devenir le nouveau John Cynn mais qui vont devoir le faire en écoutant les explosions de joie des gamblers de casino tout autour d'eux. Sur ces tables, quatre Français évoluent au milieu des bruits de machines à sous pour leurs débuts dans l’épreuve.

Loosli

4e en 2013 et 18e en 2018, Sylvain Loosli connaît la route qui mène vers les derniers jours de compétition du Main Event. Quand je lui demande ce qu’il ressent à l’idée de jouer dans cette Poker Room loin des mythiques salles du Rio, il confesse que c’est un peu de sa faute. " Je suis arrivé assez tard pour aller chercher mon ticket, je pense que c’est pour ça que je me retrouve ici. Ce qui est ennuyeux, c’est que tu ne peux pas passer tes pauses avec tes potes, t’es trop loin. Le bruit des machines à sous est bien gênant, mais je mets la musique et ça passe. C’est sûr que c’est pas la même ambiance mais ça reste le même tournoi. J’ai eu beaucoup de réussite à deux reprises sur le Main, j’espère que cette année, ça se passera encore comme ça ! "

Saderne

Ensuite, c’est un Jérémy Saderne tout sourire que je retrouve également ici. " Je crois que j’ai raté ma cérémonie ", me dit-il, un peu honteux. En effet, la cérémonie de bracelet pour sa victoire sur le Mini Main Event était prévue aujourd’hui à 14h et Jérémy m’avoue avoir complètement zappé. Naïvement, il me demande si elle a eu lieu. " Tu penses qu’on l’a donné à qui, ton bracelet ? " Jérémy avait bien envie d’entendre la Marseillaise, espérons qu’une nouvelle cérémonie puisse être organisée pour lui, pour que le clan français puisse chanter en coeur les paroles guerrières de notre hymne national. Jérémy me confie qu’il n’éprouve pas trop de difficultés à se re-motiver après sa victoire, sans doute parce que c’est le plus beau tournoi de l’année. Ce qui lui fait tout bizarre, par contre, c’est d’avoir si peu de jetons devant lui. C’est vrai que quand on a fait des relances à plusieurs millions, annoncer " Eight hundred " doit faire un peu bizarre.

Enselme

A l’intérieur de la Poker Room, son pote Arnaud Enselme est coincé dans un coin à côté d’un mec déguisé en cow-boy. Pour Arnaud, le début de ce Day 1C est plutôt compliqué. Rapidement monté à 70 000, il a de son propre aveu " joué trop de coups, et de manière beaucoup trop passive " pour descendre à 35 000. Je lui reparle de la table finale de Jérémy Saderne et il a des étoiles dans les yeux au moment d’en parler : " Je pense que c’est un des plus grands moments que j’ai vécu ". On n’oubliera pas de sitôt le saut qu’il a fait au-dessus de la balustrade pour aller serrer dans ses bras Jérémy après l’arrivée du 6 sur la rivière !

Basou

Enfin, c’est tout au fond de cette Poker Room que je retrouve Basil « Basou » Yaïche. Avec un sourire, il me dit qu’on l’a emprisonné là pour son premier Main Event. Et oui, même si on aurait pu croire que l’ex-high staker ait déjà joué le plus beau tournoi du monde, ce n’est pas le cas et il est un peu déçu de devoir le jouer dans une salle comme celle-là. Désormais joueur amateur en vacances pour venir kiffer quelques events des WSOP, Basou n’en oublie pas son esprit de compétiteur et a bien envie de briller sur ce tournoi, ne serait-ce que pour donner un bon coup de boost à ses activités théâtrales.

Etat des tapis de nos quatre mousquetaires de la Poker Room :

Jérémy Saderne 52 000
Sylvain Loosli 36 000
Arnaud Enselme 35 000
Basil Yaïche 30 000

La bande à Basile

Basile Leleu

Alors que je me lamentais de ne pas avoir trouvé de Français notable dans les sections White et Black de la Pavilion Room, j'aperçois Basile Leleu (photo) dans le rail de cette dernière. "J'attends qu'une table se libère pour aller jouer un satellite une table à 1 000 $ pour le Main Event," précise le Parisien. Car oui, même lors du dernier des Day 1, une poignée de Sit&Go qualificatifs continuent de tourner, d'autant plus cette année que les joueurs peuvent late reg jusqu'au départ du Day 2. "Si jamais ça passe, c'est ce que je ferai d'ailleurs, précise Basile. Je suis un gros joueur d'Expresso - même si j'ai pas mal levé le pied depuis quelques temps -, donc commencer à 75 blindes, sur des niveaux de deux heures en plus, ça me fait parfaitement."

Malgré cela, le plan était plutôt de jouer dès aujourd'hui. "J'ai déjà fait deux sats hier mais sans réussite. Ce qui résume d'ailleurs un peu mon Vegas jusque là. Je suis plutôt content de comment j'ai joué, les cartes n'ont juste pas été de mon côté," explique celui qui a déjà joué "le 888, un 600 $ au Venetian et pas mal d'autres Events." Arrivé à Sin City en sa qualité de qualifié Winamax, Basile sait aussi que ses plus beaux tournois restent à venir : "Il me reste à jouer le Double Stack à 1 500 $ et le Little One for One Drop. D'ailleurs, j'ai gagné ce sat' online contre Timothée, un pote avec qui je suis venu et qui lui a gagné son ticket pour le Main sur le sat' à 575 $ d'hier.

Timothée Colcher

"Clairement, je préfère avoir gagné ma place sur ce sat' là que sur le online !," lâche Timothée (photo), confortablement assis en table 182 avec un stack qui avoisine les 100 000 jetons. "J'ai gagné un gros coup contre Rainer Kempe, résume le Français, quatrième du dernier Main Event des WSOP-Circuit à Cannes, où il avait remporté 39 500 €. Mais ça va, la table est OK : mi-reg' mi-récréatifs." Et avec ce bon départ, voilà qui devrait encore un peu plus faciliter les choses.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Cela fait un mois qu'il parle de vous, les Français de Vegas, jour après jour. Vous allez maintenant entendre parler de lui au cours des jours à venir :

Baseball

C'est bien sympa votre Main Event, mais bon quand même il y a deux matchs de baseball à la télé !

Shinny
Quand on disait de venir en habits de lumière pour jouer le plus beau tournoi du monde, il ne fallait pas forcément prendre cela au sens propre...