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Ils ont touché le bracelet du bout des doigts

- 21 juin 2019 - Par Tapis_Volant

Retour sur les Français qui ont terminé runner-up des WSOP
Ils ne sont pas moins de 28 : y'aurait-il une malédiction de la seconde place chez les tricolores ?

Pecheux

Depuis plusieurs années, les couloirs du Rio entendent parler de cette « malédiction » française : les français n'y arriveraient pas en heads-up. Ils échoueraient trop souvent à une marche du bracelet. Ils seraient tous des Poulidor en puissance. J’ai entendu tellement souvent mes collègues dire « de toute façon, il va finir deuxième ! », en évoquant le joueur français qui était en train de deep run, que je me fais rarement d'illusion avant de voir un Français brandir un bracelet.

Et pourtant, si l’on jette un oeil aux chiffres, la France est loin d’être ridicule au niveau du palmarès des World Series of Poker. 20 bracelets récoltés en 50 ans, ce qui place notre pays au 6e rang des nations qui en ont remportés le plus à égalité avec la Russie, derrière les Etats-Unis (1 118), le Canada (58), le Royaume-Uni (48), l’Allemagne (36) et l’Australie (27).

Les Français ont échoué à 32 reprises à une marche du bracelet WSOP, dont 23 fois à Vegas. Si le premier heads-up côté tricolore s’est achevé par une victoire avec le tout premier bracelet français décroché par Gilbert Gross (1988), c’est 9 ans plus tard que Yvan Lanvin ouvrait le compteur des runner-ups français de WSOP, sur un 2 000$ joué en Limit Hold’em.

Neg Insta

Au moment où Daniel Negreanu poste sur Instagram « The disappointment list », le top 10 des joueurs qui cumulent le plus de places de runner-up, au lendemain de sa deuxième place sur le Stud Championship 10 000 $, intéressons-nous un peu aux Français qui ont touché le bracelet du bout des doigts.

Cette sensation de passer si près de l’accomplissement ultime du joueur de poker, 28 Français l’ont connue, et certains d'entre eux ont vécu l’expérience à plusieurs reprises comme Bruno Fitoussi (3 fois), Gabriel Nassif (2 fois) ou Romain Lewis (2 fois l'an dernier). Trois joueurs ont connu cette sensation après avoir déjà remporté un bracelet WSOP dans leur carrière, Patrick Bruel (bracelet en 1998, runner-up en 2002), Fabrice Soulier (bracelet en 2011, runner-up en 2016) et Pierre Milan (bracelet en 2014, runner-up en 2015) ce qui aide sans doute à digérer la défaite.

Revenons un peu sur ces quelques moments marquants de l’Histoire du poker tricolore sur les WSOP, qui auraient pu conduire les Français à soulever le bracelet tant convoité :

Bruno Fitoussi sur le 50K $ H.O.R.S.E (2007)

Après une première place de runner-up sur un 1 500 $ Razz en 2015 pour 70 275 $, Bruno Fitoussi va connaître l’un des plus grands moments de sa carrière de joueur de poker en disputant la table finale mythique du 50k$ H.O.R.S.E en 2007, ancêtre du Poker Players Championship actuel. 13 heures de jeu sur cette table finale, dont un 3 left qui a duré une éternité alors qu'il était large chipleader. Cela faisait neuf ans que la France cherchait un successeur à Patrick Bruel, le chanteur était d'ailleurs passé saluer son ami au cours du match. Finalement, après plusieurs heures de combat à 3, John Hanson baissa la garde et laissa Bruno Fitoussi et Freddy Deeb s'expliquer en heads-up, ce dernier ayant le double de jetons du Français. Les deux amis - ils jouaient souvent ensemble en cash-game à l'Aviation Club de France - jouèrent une trentaine de mains, et c'est sur un coup de Stud Hi-Lo que la victoire allait filer vers Freddy Deeb, qui succédait alors au regretté Chip Reese.

"Je n'y pense pas souvent à ce heads-up. Ca m'a fait plaisir que Freddy Deeb gagne. Le tête-à-tête a été assez court. C'est surtout à 3 left que ça a été long. On a terminé à 4 heures du mat'. Quand on était 3, j'étais énorme chipleader. J'ai perdu un très gros coup contre Freddy, puis c'est lui qui a fait sauter John Hanson. Quand on s'est retrouvé en HU, il avait un chiplead considérable par rapport à moi. J'ai pas pas un mauvais souvenir de ce heads-up, ce qui aurait pu être le cas si j'avais eu un énorme chiplead et que j'avais perdu. "

Quand je lui demande ce qu'il a ressenti en voyant le bracelet sur la table, il me raconte : " La première fois que j'ai vu le bracelet sur la table, c'était sur le tournoi de Razz où j'ai fait deuxième [2005], ça m’a fait un truc, clairement, au début, mais c'est vite passé. Je me souviens que quand on est arrivé en tête-à- tête, il n'y avait plus personne dans la salle. Il n'y avait pas autant de tournois à l'époque, et tout le monde attendait qu'on finisse. Il restait plus que mon adversaire, moi, le croupier et le floor qui s’endormait sur sa chaise. Ca a duré des heures, avec le bracelet sur la table, mais je ne suis pas très sensible aux médailles et aux récompenses, donc ça ne m'a pas fait grand chose de le voir aussi longtemps à portée de main." 

Fitoussi-2018

Quand je l'interroge sur le fait que les Français ont soit disant du mal à conclure, il me raconte une anecdote amusante sur ce qui s'est passé l'an dernier au lendemain de sa deuxième place sur le 1 500 $ PLO Hi-Lo 8 or Better :

" Je n'ai pas d’explication particulière. Je sais que l’année dernière, quand j’ai terminé 2e, le lendemain je vais à l’Aria pour faire un cash-game, je croise Patrick Bruel qui était là. Et il me dit : Alors, Bruno, c’est la troisième fois que tu fais deuxième, est-ce que t’as un problème en tête-à-tête ? Je lui dit, écoute Patrick, je pense pas. En 2001, j’ai été champion du monde de tête-à-tête en battant beaucoup de bons joueurs. Et en cash-game, je joue pas mal en tête-à-tête. Je pense pas que les Français ont un problème avec le tête-à-tête, mais on a un peut-être dans notre ADN cette tendance à se relâcher dans les derniers mètres. C’est possible. On a peut-être moins dans nos traditions ce désir de vaincre, d’enfoncer l’adversaire. J’accorde pas tant d’importance que ça à la victoire, je n’ai pas été élevé comme ça, c’est pas l’essentiel pour moi. L’essentiel, c’est le plaisir, mais le but à atteindre, c’est plus de gagner de l’argent et se faire plaisir. "

2015 : l'année de la malédiction

Guiglini

Après la victoire de Hugo Pingray sur le Monster Stack en 2014, les Français n’ont pas réussi à remporter le moindre bracelet pendant trois ans, terminant 11 fois consécutivement à la deuxième place. L’année 2015 aux WSOP est vraiment réprésentative de cette fameuse malédiction dont parle parfois les observateurs du poker, évoquant le plus connu des deuxièmes en comparant à Poulidor les Français qui sont passés tout près de la victoire. Pendant l’été, les Français ont buté à 6 reprises sur la dernière marche, Gabriel Nassif, Pierre Milan, Jean-Marc Thomas, Erwann Pecheux, Yehoram Houri et Aurélien Guiglini n'ont pas réussi à décrocher le bracelet alors qu'ils étaient en bonne position pour accomplir le rêve de tout joueur de poker, on se souvient notamment encore de Erwann Pecheux, à un 80/20 de gagner le bracelet et dont le rail criait "Poulidor, Poulidor !" après sa défaite contre André Boyer. Il aura fallu attendre la victoire de Théodore McQuilkin sur le 1 650 $ 6-handed des WSOP-E à Rozvadov, et surtout le bracelet de Julien Martini sur les WSOP 2018 pour vaincre cette fameuse malédiction et goûter à nouveau à la Marseillaise au Rio.

Pecheux

Erwann Pecheux se souvient bien de ce moment où il a touché du bout des doigts ce bracelet tant convoité. "Je garde un très bon souvenir de ce moment. C’était un tournoi Mixed-Max (9-handed au Day 1, 6-handed au Day 2, HU au Day 3, et de nouveau table à 8 Day 4). Ce heads-up, j’y repense tout le temps, aussi parce qu'on m'en reparle souvent. C’est ma plus grosse perf’ sur Hendon Mob, 150 000 $. En heads-up, j’avais 80% des jetons, et je suis parti à tapis avec 80% d’équité. J’ai perdu le 80/20, derrière j’avais encore 60% des jetons et j’ai quand même perdu face à un adversaire récréatif mais pas facile à jouer. D’ailleurs, il avait déjà gagné un bracelet. Il s'appelait André Boyer et il décédé cette année d’ailleurs. C’est encore une occasion d'y repenser, c’était un très bon souvenir, et savoir qu’il est mort, ça me rend triste. Je me souviens que quand le floor a amené le bracelet sur la table, je savais que j’avais déjà perdu. Chaque fois qu’un floor a amené un trophée sur une table, j’ai perdu. C’est frustrant d’être passé si près d’un bracelet, c'est clair. On se dit que c’était là, que c’était ce moment-là. Il faut être bon mais il faut surtout run good pour arriver là, et on sait pas si ça arrivera de nouveau un jour."

"Cette année 2015 a été incroyable. 7 ou 8 runner-ups si tu comptes les WSOP-Europe. Dans le clan tricolore, on parlait de malédiction, mais en vrai, c’est juste de la variance. Parce que les Français en gagnent souvent, au moins un par an. Je me souviens de 2011 où la France en avait même gagné 4. Tonin, ElkY, Fabsoul et Elie Payan, c’était assez exceptionnel. Je m’en rappelle, c’était un an avant que je fasse mon premier Vegas. J’avais une petite bankroll et j'avais décidé de pas venir. Tous les jours, je suivais le coverage, je voyais des vidéos de soirées alcoolisées défiler. Des vidéos mythiques, j’ai raté tous ces bons moments, mais je me suis bien rattrapé depuis."

"Je rêve toujours de gagner un bracelet, même si je trouve que les bracelets ont perdu un peu de prestige avec la diminution des buy-ins. Ca reste quand même un objectif, même si actuellement, mon objectif principal, c’est de bosser le jeu pour progresser et peut-être que ça m'amènera à revivre ce moment un jour !"

Nassif

Retraité du poker, Gabriel Nassif se souvient sans amertume de ces deux heads-up perdus pendant les WSOP : "Ma première défaite en HU dans le 10k$ Limit était frustrante, je pensais être un peu meilleur que mon adversaire et il me semble que j'avais un léger avantage en jetons aussi donc j'étais assez déçu quand j'ai perdu. La deuxième fois, en 2015 sur le PLO, je revenais vraiment de nulle part donc je m'en suis remis beaucoup plus facilement. Mais quand je repense à ces tournois, c'est surtout la sensation du deep run, de passer coups importants après coups importants et le soutien du rail qui revient. Je ne dirai plus que c'est un rêve pour moi de gagner un bracelet mais j'aimerais clairement rejouer le Main Event un jour. C'est vraiment à ce moment que le poker me manque le plus, quand je suis à la maison et que je suis mes amis à travers les coverages. Je n'ai pas vraiment de regrets, non. Bien sûr, j'aurais toujours pu jouer un peu mieux et peut-être gagner mais c'est comme ça. Après être passé aussi près, je me suis dit qu'au final, il n'y pas une grosse différence entre premier et deuxième, ça se joue à pas grand chose et je ne vaux pas moins parce que je n'ai pas gagné. C'est sûr que remporter un bracelet, ça aurait été super, y compris matériellement mais au final, je pense que passer aussi près, ça a eu l'effet de diminuer l'importance d'un bracelet à mes yeux."

Romain Lewis ne perd jamais ... oh wait ! (2018)

Romain_HU

En 2018, pour sa deuxième année sur les WSOP, Romain Lewis, la jeune recrue du Team frappe fort et réalise trois podiums, dont deux places de runner-up, passant tout proche de son premier bracelet sur le 1 500 $ Big Blind Ante et sur le 3 000 $ PLO 6-Handed. Lucide sur ses chances de victoire au moment d'aborder le heads-up, Romain me confie un an après ne pas avoir de regrets quand aux scénarios de ces heads-up : "Ce ne sont que des souvenirs positifs, les deux fois je me donnais moins de 30/40% de chances de gagner le bracelet donc je n'étais pas trop déçu. Je me donnais plus de chance durant la table finale du 10k$ 6-max pour te dire la vérité (ndlr : il avait terminé 3e derrière Shaun Deeb et Paul Volpe). A chaque fois, je réalisais mon meilleur résultat all-time donc c'était extrêmement difficile de ressentir autre chose que de la joie. Je suis sûr que si j’avais été éliminé sur un coup que j'estimais vraiment mauvais à posteriori, je m'en voudrais beaucoup plus mais 12 mois après je suis toujours en accord avec moi-même sur la grande majorité des mains que j'ai disputées en table finale, donc pas de regrets. J'y repense souvent. Ce sont de très bons souvenirs que l’on peut retrouver facilement sur internet, c'est facile de se les remémorer et ça aide à croire que c'est possible !"

Et si on gagnait, maintenant ?

Pecheux_Tosques

Depuis l'année 2018 et les victoires de Julien Martini et William Reymond, les Français n'ont plus cette "peur de gagner" que peuvent connaître les sportifs pendant les momens importants. Certes, ils perdent parfois leur tête-à-tête, comme François Tosques l'an dernier, quand il est passé à un cheveu de remporter le 1 111$ One Drop, mais ils arrivent à relativiser. "J'y repense souvent, mais je ne peux pas trop avoir de regrets. Mon adversaire n'a pas très bien joué et m'a quand même battu. Si on m'avait dit avant le tournoi, tu signes pour faire runner-up et prendre 300 000 $ ? J'aurais signé direct. Certes, je ne suis pas champion du monde, mais bon, je peux presque brag sur le fait que je suis vice-champion du monde ! C’est plus quand tu bustes que c’est dur, tu vois que t’as plus de jetons et c’est ton adversaire qui soulève le bracelet. Après, tu te consoles assez vite, tu reçois le virement, tu relativises. Une perf' pareille sur un tournoi à 4 500 joueurs, tu ne sais pas quand ça va se représenter, mais au moins, tu te dis maintenant que c’est possible. Avant, quand j’étais dans des gros fields, je me disais que c’était pas pour moi, maintenant, je me dis que le bracelet, c’est quelque chose d’atteignable. "

Yoh_Viral 2

Récent runner-up du 3 000 $ Shootout pour 128 042 $, Yoh_Viral n'affichait aucune déception quelques jours après sa performance.. "C'était vraiment une belle expérience. Sur la table télévisée, je ne réalisais pas trop. Comme tout était en live et qu’il y avait du public, je voyais plus ça comme une table d’exhibition. C’était plus un show à l’américaine, comme un tournage. Je ne réalisais pas trop que c’était un tournoi normal. Tant mieux, j’aurais été beaucoup plus stressé si je m'en étais rendu compte. On a fait une pause quand je me suis retrouvé en heads-up et j’ai eu un gros coup de stress à ce moment-là. Il a démarré avec 4 millions et moi, 2 millions, je suis content de comment j’ai joué, j’ai eu un run incroyable pendant tout le tournoi, j'en suis conscient. Deuxième, ça me rend très heureux, je ne m’attendais pas spécialement à gagner un bracelet pour la première fois où je me retrouvais en table finale. Ce qui est chouette, c'est que si je rejoue un heads-up pour un bracelet un jour, ce sera encore plus fort !… Je pense qu’il faut d’abord échouer pour réussir ensuite. Moi, j’ai jamais réussi tout de suite dans ce que j'entreprenais. J’ai commencé le live en 2012 et j’ai jamais eu ce qu'on appelle un Fastpass [NDLR : la voie rapide vers le succès]. Je m’attendais à faire 7e, du coup, runner-up, c'est énorme. Ca me motive à faire beaucoup plus de tournois et à continuer à partager mes aventures avec des gens, c'est surtout là-dedans que je trouve mon plaisir."

Les 32 Français runner-up des WSOP

DATE LIEU EVENT NOM GAIN
1997 WSOP $2,000 Limit Hold'em Yvan Lanvin $ 206 720
2002 WSOP $5,000 Pot-Limit Omaha Patrick Bruel $ 100 580
2005 WSOP  $1,500 Razz Bruno Fitoussi $ 70 275
2007 WSOP $50,000 H.O.R.S.E. Championship Bruno Fitoussi $ 1 278 720
2010 WSOP $1,500 PLO Thibaut Klinghammer $ 158 698
2011 WSOP $1,000 NLHE Jean-Luc Marais $ 282 676
2012 WSOP $2,500 NLHE Jeremy Quehen $ 429 535
2012 WSOPE €2,700 NLHE 6-Handed Yannick Bonnet € 90 884
2012 WSOPE €1,100 NLHE Remi Bollengier € 78 059
2013 WSOP $5,000 Limit Hold'em Gabriel Nassif $ 130 852
2013 WSOPE €1,100 NLHE Re-Entry Adriano Torregrossa € 80 250
2013 WSOPE €3,250 Mixed-Max PLO Ludovic Lacay € 64 600
2013 WSOPE €10,450 Main Event Fabrice Soulier € 610 000
2013 WSOPE €1,100 Ladies Maryline Valente € 13 500
2015 WSOP $3,000 Limit Hold'em 6-Handed Gabriel Nassif $ 142 631
2015 WSOP $5,000 NLHE 8-Handed Pierre Milan $ 350 994
2015 WSOP $3,000 PLO High-Low Jean-Marc Thomas $ 186 548
2015 WSOP $1,500 Split Format NLHE Erwann Pecheux $ 156 098
2015 WSOP $1,500 NLHE Extended Play Yehoram Houri $ 295 727
2015 WSOP $1,500 NLHE Aurelien Guiglini $ 330 578
2015 WSOPE €1,650 NLHE Monster Stack Gilbert Diaz € 109 625
2015 WSOPE €1,100 NLHE Turbo (Re-Entry) Paul-François Tedeschi € 69 361
2016 WSOP $5,000 NLHE 6-Handed Adrien Allain $ 346 632
2016 WSOP $2,500 Mixed Omaha/Stud High-Low Fabrice Soulier $ 131 762
2017 WSOP $111,111 High Roller for One Drop Bertrand Grospellier $ 2 278 657
2017 WSOPE €25,000 NLHE High Roller Benjamin Pollak € 460 622
2018 WSOP $1,500 BB Ante NLHE Romain Lewis $ 194 837
2018 WSOP $1,500 PLO High-Low Bruno Fitoussi $ 150 990
2018 WSOP $1,111 The Little One for One Drop Francois Tosques $ 345 415
2018 WSOP $3,000 PLO 6-Handed Romain Lewis $ 293 553
2019 WSOP $1,000 Seniors Jean Fontaine $ 409 249
2019 WSOP $3,000 NLHE Shootout Johan Guilbert $ 128 042

Merci à Seth Palansky (Caesars) pour les données WSOP.