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Les 50e WSOP en 50 articles

- 19 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

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Musée des néons
Neon Museum, Las Vegas, Nevada

Les néons de notre "Fabulous Coverage" des WSOP 2019 se sont éteints mardi soir avec la conclusion du Main Event et la victoire d'Hossein Ensan face à Dario Sammartino. Pour ceux qui nous ont suivi tout au long des cinquante derniers jours (et nuits) en direct de la cinquantième édition des World Series of Poker, on ne vous apprendra rien : ce cru fut en tous points exceptionnel. Des affluences qui explosent, des légendes qui confortent leur statut, des nouveaux venus impressionnants, des Français en finale tous les jours (ou presque), un Team Winamax au sommet de sa forme, et quelques polémiques croustillantes, car il en faut pour pimenter les Championnats du Monde.

Imaginons une seconde que vous n'avez pas branché le coverage une seule fois depuis la fin du mois de mai (honte à vous) : que retenir des WSOP 2019 ? Sans plus attendre, voici notre compilation des 50 articles à lire pour être calé sur cette 50e édition.

Français : champions du monde, et pas que du rail !

Montage FR

Compilé laborieusement (mais avec amour) tout au long de l'été, notre fichier Excel est formel : un total de 399 joueurs Français ont atteint l'argent au moins une fois au cours des 90 tournois des WSOP 2019, pour un total de 642 ITM. Pas besoin de consulter les fichiers des années éditions pour l'affirmer : c'est un record (et de fait, on a tout de même vérifié : l'an dernier, on avait recensé 238 joueurs atteignant l'argent un total de 391 ITM) Certes, le nombre de tournois au programme était encore en augmentation cette année, ce qui explique cette croissance, mais on dirait bien que nous étions encore plus motivés en 2019.

Car oui, on s'est régalés tout au long de l'été : avec 3 bracelets remportés, 5 places de runner-up et quantité de finales, le clan tricolore réalise son meilleur été depuis 2011, l'année magique du quatuor ElkY/Soulier/Payan/Teisseire. En plus : l'ambiance fut au rendez-vous, comme n'ont pas manqué de le noter à plusieurs reprises les médias étrangers : question décibels, les "rails" Français ont battu à plate-couture ceux des autres nations, avec à chaque fois des assemblées de potes et supporters joyeux rivalisant de créativité pour trouver de nouveaux chants à hurler entre chaque main.

Qui sont plus gros gagnants de l'été ? Les gains bruts des Français sur les WSOP 2019 dépassent les 6,7 milions de dollars : à peu près pareil qu'en 2018 (mais cette année-là, la finale d'Antoine Labat sur le Main Event comptait pour 1 million de dollars dans le total) Pour figurer dans le Top 10 que l'on vous présente ci-dessous, il fallait viser au minimum une quatrième place, tel Pierre Calamusa sur le 5K 6-max, ou un deep-run sur le Main Event, comme Romain Lewis, meilleur français du Big One grâce à sa 60e place.

Bravo à Jérémy Saderne, Ivan Deyra et Thomas Cazayous : on connaissait déjà le talent de ces jeunes bosseurs. Ils rentrent maintenant dans la légende du poker. Et merci à tous les perfeurs Français pour les émotions et les rails de qualité qu'ils nous ont procuré. C'est un été qu'on oubliera pas de sitôt !
 

Rang Prénom Nom Gains bruts ($) ITM Perfs notables
1 Jérémy Saderne 636 216 5 Vainqueur Mini Main Event
2 Vincent Chauve 626 225 2 Runner-up Monster Stack
3 Ivan Deyra 468 669 4 Vainqueur 3K, finaliste Double Stack
4 Thomas Caza-yous 429 168 6 Vainqueur 3K 6-max
5 Jean-René Fontaine 412 421 3 Runner-up Seniors
6 Pierre Calamusa 225 518 3 4e du 5K 6-max
7 Johan Guilbert 168 834 6 Runner-up du Shootout
8 Romain Lewis 148 417 4 60e du Main Event
9 Simon Legat 145 503 4 4e du Double Stack
10 Paul-François Tedeschi 134 885 3 Runner-up du HORSE 3K


Ils manquent de peu le Top 10 : Axel Allay, 3e du Deepstack à 100 $, Sandrine Phan, podium sur le Ladies, Alain Alinat, runner-up surprise en Limit Hold'em, et David Benyamine, cinq fois payé mais une seule fois finaliste, et donc probablement pas en bénéfice au vu de son assiduité sur les tournois gros buy-ins.

Il a perfé surtout devant son écran : David Fhima, avec 6 ITM dont 4 signés sur les épreuves organisées en ligne (il y en avait 9 au total). Fhima est passé tout près sur le KO Bounty à 600 $ avec une 3e place bonne pour 42 692 $.

Ivan Deyra est le seul tricolore ayant disputé deux finales. On le sait, la deuxième fut la bonne.

Record d'ITM : Julien Sitbon (27 949 $) et Guy Pariente (19 511 $) avec 8 places payées chacun. Que des min-cashes, cependant.

Le meilleur été du Team Winamax ?

Team Winamax
Avec 51 ITM, 6 finales, 2 bracelets, et plus de 2,2 millions de dollars collectés au Rio, on peut l'affirmer sans prendre trop de risques : oui, la 12e campagne WSOP du Team Winamax fut la plus belle de toutes. On savait déjà depuis longtemps que le Team prend très au sérieux les WSOP, préparant chaque été à Las Vegas avec l'application des plus grands sportifs. Chacun à leur manière, mais avec la même application, Ivan Deyra et João Vieira ont vu des années d'effort récompensées par le titre que recherchent tous les joueurs de poker : leurs bracelets rejoignent ceux de Patrick Bruel, Davidi Kitai et Adrián Mateos dans l'armoire à trophées du Team.

Pierrot CalamusaOn note aussi, au cours de cet été, la première finale WSOP d'Adrian Delmas (en plus d'atteindre un podium au Wynn) une nouvelle perf' Highroller pour Adrián, et la 4e place de Pierre Calamusa sur le 5K 6-max, stoppé net dans son élan par un João Vieira en route vers la victoire. Si besoin était de prouver que nos pros ne se font pas de cadeaux lorsqu'ils sont assis l'un en face de l'autre !

Des vainqueurs de qualité

Philip HuiLe Team Winamax et les Français nous ont bien occupé jour après jour, mais nous avons tout de même essayé de donner un peu de place au reste du monde dans nos colonnes. Impossible d'être exhaustif, bien sûr, mais on retiendra tout de même le cinquième bracelet de Michael Mizrachi, le premier (enfin !) de Stephen Chiwdick puis de Joseph Cheong, la victoire du grinder de l'ombre Philipp Hui sur l'épreuve reine des pros, le Poker Players Championship à 50 000 $, la passe de quatre d'Eli Elezra, l'incroyable doublé d'Adam Friedman sur le tournoi Dealers Choice, Daniel Negreanu se faisant battre en heads-up à deux reprises (notamment par John Hennigan sur le Stud à 10K) ou encore Loren Klein, premier joueur de l'ère moderne à remporter un bracelet quatre années de suite.

Les petites et les grandes histoires des WSOP

Foule
C'était notre but avoué au moment d'attaquer notre reportage au coeur de cette 50e édition : aller au delà des hand histories, des coin-flips et des bad beats, bref du "coverage" classique (et, soyons honnêtes, parfois un peu chiant) pour vous raconter les WSOP autrement, en essayant de trouver le plus d'angles originaux possibles.

On est allés à la rencontre des joueurs, les têtes de série comme les amateurs. On a enquêté sur les controverses. On a débattu sur les sujets clivants. On vous a montré les coulisses. Et on s'est détendus en abordant des trucs un peu plus légers.


Une de nos premières interview de l'été a mis en avant un personnage de l'ombre ô combien important : Salette, l'homme par qui l'on passe pour dénicher le tournoi qui nous convient à Vegas.

Tapis_Volant s'est penché sur le phénomène "Fantasy League", ces paris (petits ou gros) organisés en début de festival.

La multiplication des tournois à petit buy-in nuit-elle au prestige des WSOP ? On a tenté d'éclaircir le débat entre élitisme et populisme, en écoutant l'avis des pros comme des amateurs.

Plus léger, ces délires de Tapis_Volant (encore lui), qui nous raconte sa recherche deséspérée d'un mysterieux chip-leader français sur le Deepstack à 600 $, ou se demande si un cure-dent peut provoquer le run good.

On redevient sérieux : y'a t-il eu "angleshooting" en finale du premier Highroller à 50 000 $ ?

Comme chaque année, les structures des tournois ont fait débat, notamment avec l'allongement de certaines épreuves, que tout le monde n'a pas accueilli comme une bonne nouvelle : on a tenté d'y voir plus clair.

Winamax Room
La Chambre Secrète du Team : non, il ne s'agit pas d'un roman oublié d'Agatha Christie mais bien de la salle de repos qu'avait bookée le Team au Rio.

Les WSOP, c'est aussi le rêve que vivent chaque année des milliers d'amateurs, à commencer par ceux du KING5 : on a rencontré les Chakistipophtis, arrivés à Vegas en freeroll grâce à leur deuxième place sur notre championnat annuel par équipes.

Dans la foulée, on en a profité pour prendre des nouvelles des Flambeurs, les vainqueurs de l'édition 2018 du KING5.

Le poker à Las Vegas, ce n'est pas que le Rio : témoin l'Orleans, casino préféré des joueurs amateurs où nous avons passé de nombreuses soirées durant nos days off.

Ils ont des profils bien différents et ils nous ont accordé de très belles interviews cette année : l'amateur Abou Sy, le néo-retraité Hugo Pingray, et le pro João Vieira. Trois lectures indispensables ! À noter aussi : une rencontre avec James Chen, grand pote de Julien Martini connu pour être l'un des meilleurs joueurs de No-Limit du monde, un éclairage sur la nouvelle vie post-sponsoring d'Aurélie Réard-Quélain, une interview de Tony Miles en mode "1 an après".

Deux Mercier
Il y a dix, quinze ou vingt ans, on les a découverts sur le circuit pro tous jeunes et célibataires : il est temps pour elle et eux d'affronter une autre partie très difficile, celle de la parenté. Dans l'un des plus beaux papiers de l'été, Veunstyle est allé à la rencontre de ces joueurs et joueuses devant désormais multitabler entre les jetons et les biberons : Stephen Chidwick, Gaëlle Baumann, Fabrice Soulier, Sonny Franco...

Pierre Calamusa travaille autant son poker que son image sur les réseaux sociaux : a t-on affaire au joueur sponsorisé du futur ? On a mené l'enquête.

Le quotidien d'un pro, c'est parfois de sauter, sauter et encore sauter d'un, deux, trois, voir sept tournois en une seule journée. Le stakhanoviste Erwann Pecheux nous l'a démontré cette année.

En marge des victoires Françaises : les "presque victoires", ces deuxièmes places qui peuvent parfois faire des dêgats dans la motivation d'un joueur. Comment on se relève après avoir manqué de peu le bracelet ? Tapis_Volant a enquêté pour vous.

Binion & Doyle
La cinquantième édition des WSOP fut à n'en point douter une réussite, mais cela n'a pas empêché quelques couacs : témoin cette soirée de gala "Fifty Honors" où personne n'a fait la queue pour rentrer. Les conditions de travail et la rémunération des ont aussi été sujets à polémique : Flegmatic est parti à la rencontre de plusieurs "dealers" afin d'en savoir plus, pour une enquête garantie sans langue de bois.

Autre controverse, plus légère : Chris Moneymaker a t-il sa place dans le Hall of Fame ? Flegmatic se posait la question avant le Main Event  : on a eu la réponse deux semaines plus tard.

Avec tout ça, vous avez assez de lecture jusqu'à la prochaine édition des WSOP ! Pendant ce temps, nous, on va aller se reposer. Pas jusqu'à l'année prochaine, mais presque.

Tous les bracelets des WSOP 2019
Les joueurs ITM sur le Main Event
Tous les résultats Français au format tableur

Winamax TV : le best-of du Multiplex Vegas

- 19 juillet 2019 - Par PonceP


Après un mois et 18 émissions à Vegas, Winamax TV a fait ses valises. Mais avant de partir, Harper et Yohan vous ont concocté un petit best-of des meilleurs moments du Multiplex Vegas. On vous laisse avec ces vingt minutes de frissons, d'émotions, de gamble et de fous rires, et à l'année prochaine !

Réalisation et montage : Yohan Aziza

Hossein Ensan a survolé son sujet

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Dominant de bout en bout, un pro allemand d'origine iranienne remporte le Main Event des World Series of Poker

Hossein Ensan
Vrai ou faux ? Le Main Event des World Series of Poker vieillit. Vrai : sur la cinquantième de l'histoire du plus vieux festival de poker, 1 896 des 8 569 participants étaient âgés de 51 ans ou plus, soit 22% du field. La moyenne d'âge des entrants augmente légèrement chaque année, ce qui est somme toute normal pour un jeu qu'on peut pratiquer à tout âge.

Mais entre participer au Main Event, et terminer le Main Event, il y a un monde : l'épreuve reine du poker, dont l'affluence augmente chaque année et monopolise, ces temps-ci, 14 jours sur le calendrier, demande plus que du talent et de la chance : il faut aussi de l'énergie et de l'endurance. Conséquence : depuis dix ans, le visage souriant sur la photo finale est plus souvent que jamais celui d'un vingtenaire, ou à la rigueur d'un trentaine.

Pas cette année : Hossein Ensan, 55 ans au compteur, est devenu ce soir le vainqueur du Main Event le plus âgé depuis la victoire de Noel Furlong en 1997 (l'irlandais avait alors 62 ans), au terme de 84 heures et 52 minutes de poker cumulées sur dix longues journées. "L'expérience est plus importante que les livres", disait le natif d'Iran (mais citoyen allemand de longue date) avant la finale. Chip-leader au début de la finale après avoir terminé chaque journée avec un gros stack, Ensan n'a pas manqué son rendez-vous avec l'histoire du poker.

Hossein Ensan
Personne n'a véritablement su contrer celui qui pratique le poker depuis 2002. Avec une stratégie mélangeant une agression constante et des instincts bien affûtés dignes des meilleurs joueurs de l'ancienne école (nombreux ont été ceux qui ont tenté, sans succès, de le bluffer), Ensan a géré avec brio son avance, affichant par-dessus le marché une décontraction désarmante sur le podium télévisé, partageant régulièrement des rires et clins d'oeils avec ses adversaires comme ses supporters vêtus de noir. Même lorsque la dernière main fut distribuée, confirmant son sacre, son flegme est resté presque total.

Mais au fait, qui est vraiment le nouveau champion du monde de la planète poker ? On savait déjà qu'Ensan était capable de tenir les cartes après avoir vu remporter l'EPT Prague en 2015, un an après son podium sur l'EPT Barcelone et une autre finale, à Malte cette fois. 2,6 millions de dollars de gains avant cette semaine : ce n'est pas rien. Un pro, donc ? On dirait bien, même si le bougre persiste à se décrire comme "un simple amateur". C'est d'ailleurs la première fois qu'il prenait part aux World Series of Poker ! "C'était mon plan depuis 2002 d'en arriver là", expliquera t-il simplement après sa victoire. "Cela a demandé beaucoup de travail." N'esperez pas en savoir plus sur Ensan, qui semble vouloir garder une part de mystère. Ce qui ne veut pas dire qu'il boudait son plaisir au moment de voir les micros se braquer sur lui :

Hossein Ensan
"Sans aucun doute, c'est le meilleur feeling de toute ma vie. Dieu m'a béni en mettant le bracelet sur ma main ! Hier, je me suis endormi en pensant que je rêvais. Aujourd'hui, on dirait bien qu'il est devenu réalité." Suivi par toute sa famille en Iran et en Allemagne, Ensan a vu quelques-uns d'entre eux débarquer à Las Vegas juste à temps pour la finale. Comme pour Dario, il fut ravi de l'ambiance dans les tribunes : "On aurait dit un stade de football !"

Comment Ensan t-il abordé son tout premier Main Event ? Simplement : "chaque jour, l'objectif était de mettre des jetons dans le sac à la fin. Après, j'ai commencé à avoir beaucoup de jetons. C'est plus facile de jouer quand on a un gros stack." C'est seulement une fois arrivé à trois joueurs qu'Ensan a du commencer à réfléchir à un plan, lorsque les stacks se sont brièvement rééquilibrés. "Mes deux derniers adversaires étaient très forts, mais j'ai eu de bonnes cartes qui m'ont permis de leur mettre la pression."

Hossein Ensan
Il est encore trop tôt pour demander au champion ce qu'il compte faire avec ses dix millions de dollars fraîchement acquis : "J'y penserai demain, en attendant je vais faire la fête !" Autre question inévitable : celle sur les douze mois à venir. Chaque année, le monde du poker attend beaucoup de choses du Champion du Monde, notamment à ce qu'il joue un rôle d'ambassadeur de notre favori dans les médias et sur les compétitions du monde entier. "Je n'y pense pas. Je vais continuer à jouer comme maintenant, choisir les tournois qui me plaisent."
 



Hossein ensant
Ainsi se termine notre plongée de 50 jours au coeur des WSOP. Enfin, pas du tout à fait : on a encore un ou deux brouillons dans le backoffice. Restez branchés !

Benjo, Flegmatic, Veunstyle, TapisVolant et Alex

Event #73 : Main Event 10 000 $

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Hossein Ensan Event 73 Main Event

TOUS NOS ARTICLES A PROPOS DE LA FINALE

 
Rang Joueur Pays Prix
1 Hossein Ensan Allemagne 10 000 000 $
2 Dario Sammartino Italie 6 000 000 $
3 Alex Livingston Canada 4 000 000 $
4 Garry Gates USA 3 000 000 $
5 Kevin Maahs USA 2 200 000 $
6 Zhen Cai USA 1 850 000 $
7 Nick Marchington UK 1 525 000 $
8 Timothy Su USA 1 250 000 $
9 Milos Skrbic Serbie 1 000 000 $


Chart TF


32 Français ITM (cliquez sur les noms pour lire nos articles au sujet de chacun)

60e : Romain Lewis (Team Winamax) 142 215 $
91e : Grégoire Auzoux 69 636 $
99e : Benjamin Souriau 69 636 $
157e : Olivier Chaume 59 295 $
284e : David Pecheur 43 935 $
334e : Julian Milliard-Feral 38 240
412e : Paul Patouilliart 34 845 $
425e : Bertrand "ElkY" Grospellier 30 780 $
475e : Hugo Pingray 30 780 $
522e : Ludovic Breau 27 390 $
528e : Pierre-Yves Joubert 27 390 $
561e : Sarah Herzali 24 560 $
566e : Maxime Chilaud (Qualifié Winamax) 24 560 $
610e : Mohamed Mamouni 22 190 $
703e : Haim Haggiag 20 200 $
707e : Joseph Sabe 20 200 $
716e : Julien Duveau 20 200 $
731e : Samy Boujmala 20 200 $
732e : Clément Tripodi 20 200 $
746e : Jonathan Guez 20 200 $
840e : Clément Dumortier 18 535 $
852e : Jean-Pierre Besancon 18 535 $
915e : Kalidou Sow 17 135 $
982e : Ugo Faggioli 15 970 $
1 032e : Quentin Roussey 15 970 $
1 042e : Cyril André 15 970 $
1 043e : Christophe Pommier 15 970 $
1 073e : Jean-Baptiste Alaux (KING5) 15 000 $
1 155e : Julien Loire 15 000 $
1 193e : Mathieu Rabalison 15 000 $
1 202e : Serge Chechin 15 000 $
1 255e : Morgane Portier 15 000 $

Et aussi...
192e : Bogdan Munteanu (Roumanie, Qualifié Winamax) 50 855 $
622e : Davidi Kitai 22 190 $

Photo WSOP.com

Presque le plus heureux des hommes

- 17 juillet 2019 - Par Benjo DiMeo

Dario Sammartino éliminé en seconde place (6 000 000 $)
Le plus expérimenté des finalistes, et aussi le plus soutenu, échoue à une marche du titre suprême
Son heads-up mal négocié ne fera pas oublier une prestation de haut vol, tout en maîtrise du jeu short-stack


Dario
Le duel final d'une partie de poker est une phase unique : une histoire au coeur de l'histoire, avec ses propres paramètres, son propre rythme, qui ne ressemble en rien à tout ce qui a précédé. Un tournoi de poker, c'est un peu comme une soirée entre amis. Au début, l'appartement est plein, l'enthousiasme est de mise, c'est bruyant et joyeux, mais on ne connaît pas tout le monde, certains restent en retrait des conversations, et on ne fait pas attention à ceux qui s'en vont tôt. Puis le temps passe, les aiguilles de l'horloge défilent, et à un moment il ne reste plus qu'une poignée de fêtards, tous assis autour de la table du salon. A ce stade, la glace est brisée : tout le monde se connaît, quelques numéros ont été échangés, les rires fusent facilement, la connivence est générale.

Heads Up
Le duel final d'un tournoi de poker, c'est ce moment où il n'y a plus que deux personnes dans l'appartement qui se regardent les yeux dans les yeux autour du dernier verre. Il est tard, la fatigue est là, mais on a pas encore tout à fait envie de partir : l'heure est propice aux confidences. On rigole encore mais avec un ton plus grave. Même si la soirée a été épique, il sera bientôt temps de d'y mettre fin. On prolonge le moment car on sait que bientôt, on va retomber de son nuage et retrouver la douce banalité du quotidien.

Dario Sammartino et Hossein Ensan étaient déjà familiers l'un de l'autre avant d'atteindre la table finale du plus gros tournoi du monde, se croisant régulièrement sur le circuit, se félicitant pour leurs exploits respectifs. 8 millions de dollars de gain et une quantité enviable de finales Highroller pour l'un (mais, tiens tiens, aucun titre majeur), trois finales EPT et une victoire à Prague pour l'autre. Terminer seuls et en tête à tête la plus belle partie de poker de la planète, une compétition de dix jours ayant rassemblé plus de 8 600 joueurs, va probablement cimenter à tout jamais leur amitié.

Le duel final d'un tournoi de poker ne ressemble en rien à ce qui a précédé. Il en va de même pour Dario Sammartino. Au terme d'une démonstration de jeu short-stack de trois jours qui sera probablement enseignée dans les écoles de poker, la star italienne est quelque peu passée à côté de son duel final sur la table la plus regardée de la planète...

Dario HU
Dario avait pourtant réussi à combler d'entrée de jeu le faible écart qui le séparait d'Ensan, et même à passer chip-leader en trouvant deux paires chanceuses sur la rivière d'un des premiers coups du duel. Mais cette embellie n'allait être qu'un feu de paille : combattif mais détendu, à l'aise dans le rôle de l'agresseur, Ensan allait rapidement reprendre l'avantage, en relançant et en misant, encore et encore. Plusieurs fois de suite, Dario a payé perdant, sa méforme culminant avec un hero call désastreux avec la troisième paire alors qu'Ensan en possédait deux. Désormais en déficit de 2 contre 1, de retour en position défensive, Dario n'allait jamais se remettre de cette décision où ses instincts l'ont failli.

La 301e main de la finale du Main Event fut la dernière. C'était la 101e du duel, après trois heures trente de face à face : elle est tombée sur le coup d'une heure trente du matin.

Avec une quarantaine de blindes restantes, Dario défend sa grosse blinde face à une relance d'Ensan, puis check/call le flop 1062. Le turn est un 9 : Ensan continue d'attaquer, à hauteur de 35 millions. Avec 84 pour un double tirage, Dario tente le tout pour le tout : check/raise all-in pour 140 millions. Ensan ne pouvait pas payer plus vite avec sa paire de Rois.

Ultime bronca dans les tribunes. Les deux joueurs se rapprochent de leurs clans respectifs. Attente interminable. Carte brûlée, carte retournée. C'est... une inutile Q. Le Main Event des WSOP 2019 est terminé...

Rail
... pas tout à fait. Moment de grâce à peine croyable, conclusion parfaite à la finale la plus joyeuse de l'histoire du Main Event : les supporters d'Ensan se mettent à chanter le prénom du perdant. "Dario ! Dario ! Dario ! Dario !" Le moment dure, la scène est instantanément inouabliable. Très vite, le rail de Dario prend le relais, fait de même avec le prénom du vainqueur. "Hossein ! Hossein ! Hossein !" Frissons. Poils qui se dressent. Yeux qui s'embuent.

Dario ITW
Dario Sammartino a du mal à contenir ses larmes au moment de répondre aux premières questions. "Je suis content de mon jeu. Enfin, pas en heads-up. En plus d'être un ami, mon adversaire était très bon. Là maintenant, je ne me sens pas bien, mais... demain ça ira beaucoup mieux, je vous le promets !"

Conférence de presse improvisée. Malgré sa position de short-stack, Dario a toujours fait partie des favoris. Qu'en a t-il pensé ? "C'est sûrement parce que j'étais le joueur le plus connu, celui qui joue presque tous les circuits, qui s'inscrit à des High Rollers. Mais je n'ai pas ressenti de pression, je voulais juste jouer le meilleur poker possible."

Que s'est-il passé en heads up ? "Je n'ai pas eu ma chance. J'étais card dead, au pire moment. Quand on ne trouve pas de jeu en heads up, il est très difficile de s'en sortir. Et puis Hossein a très bien joué, il s'adaptait en permanence à ce que je faisais. Je ne peux que le féliciter."

Rail
Plus encore que durant les récentes éditions, l'atmosphère tout au long de la finale fut joyeuse, colorée, bruyante, electrique. Des gradins bondés de potes et fans habillés aux couleurs de leurs héros, des chants de supporters se renouvelant constamment, le taux de décibels qui ne faiblit jamais. Le tout sans jamais franchir la frontière invisible séparant l'enthousiasme du manque de respect. Pas un mince exploit ! "L'ambiance ne m'a pas du tout dértangé. Bien au contraire ! On passe à la télé : c'est bon pour le poker, qu'on voit que cela peut être amusant. Ni moi ni Hossein n'étions dérangés. Les gens ont kiffé, et nous aussi. On n'oubliera jamais cette finale."

Dario Rail
Comment on se sent, après avoir été soutenu par des centaines d'amis sur les gradins, et des milliers d'anonymes branchés sur leur écran ? "Je n'ai pas de mots pour le décrire, pas même en italien. Je suis quelqu'un qui aime aimer, et qui aime être aimé. Et là, il y a tellement de monde qui m'a soutenu. Pas seulement des italiens. C'est quelque chose de plus fort que l'argent. Tout cet amour, toute cette affection, c'est impossible à décrire."