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Adrian Mateos Diaz : 31BB, 100% de confiance

- 16 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

L'Espagnol du Team Winamax franchit le premier tour du plus gros tournoi de sa carrière
Event #78 : The Big One for One Drop 1 000 000 $ (Day 1)


Adrian Mateos Diaz
Même s'il n'a pas vécu une journée rêvée, Adrian Mateos Diaz peut partir se coucher avec la satisfaction d'avoir atteint un premier objectif : après dix heures de poker dans le plus gros tournoi de poker de sa carrière, le Big One for One Drop à un million de dollars l'entrée, l'Espagnol du Team Winamax valide son ticket pour le Day 2. Adrian se place tout à la fin du classement, en 19e position, mais son tapis de 31 blindes lui laisse sufisamment de munitions pour espérer remonter la pente lors du Day 2.

"Grosso modo, j'ai eu quatre heures qui se sont très bien passées, puis cinq ou six heures qui se sont très mal passées", résumait Adrian après avoir "bag" son tapis de 3,1 millions, un montant inférieur à la cave de départ (5 millions). Ces deux phases ne correspondent pas à la qualité des adversaires qu'il a affrontés : "Ma première table était très dure, mais j'ai trouvé de belles mains, gagné plein de coups, et éliminé un joueur. Après, je me suis retrouvé à la meilleure table, celle avec trois des cinq joueurs amateurs : là, j'ai perdu tous les coups !"
 



Interview en langue espagnole pour notre toute nouvelle chaîne Youtube, Winamax España


Quelques heures après le coup d'envoi, Adrian caracolait même en tête, avec onze millions de jetons. Mais à une poignée de mains de la fin du Day 1, c'est un tapis de moins de 20BB qu'il envoyait au milieu avec en main un Roi et une Dame : Adrian a trouvé une quinte pour battre As-Valet.

Malgré les déconvenues, Adrian a passé une bonne journée, et ne regrette aucunement sa décision de disputer une épreuve à un million de dollars l'entrée. "Ce tournoi est plus beau que je l'aurais imaginé ! Je m'attendais à une quarantaine de joueurs, avec seulement six ou sept amateurs. Au final, il y a cinq amateurs en course, mais le field ne représente que 24 joueurs : c'est un très beau ratio !"

Au milieu des meilleurs joueurs du monde, quelles erreurs commettent les riches amateurs en course ? Adrian résume les choses de façon simple : "Certains jouent trop sérré, d'autres pas assez !" Son coup le plus difficile de la journée est survenu très tôt, lorsque David Peters a envoyé son tapis avec deux paires floppées sur la rivière d'un board contenant trois piques et une paire : Adrian possède la couleur au Roi. Un call loin d'être évident, semble t-il : "Il a misé très cher. Mon plan, c'était de miser, et de payer une petite relance. Là, il overbet, ce n'est plus aussi simple ! J'ai utilisé un 'timebank' avant de payer [avec la shot clock, les joueurs disposent de plusieurs jokers leur permettant de réfléchir au-dela des trente secondes autorisées par la structure, NDLR], je ne pouvais pas me permettre de réfléchir trop longtemps, car ma main était excellente pour attrapper un bluff. D'autant plus que Peters était dans une mauvaise dynamique : il avait perdu beaucoup de coups, j'avais une carte qui bloquait le full..." Ce call gagnant lui a permis de signer la première élimination de la journée.
 



Adrian Mateos a eu l'occasion de discuter de la main contre David Peters  avec les reporters de PokerNews (interview en Anglais)


Le Day 2 du Big One for One Drop débutera à midi, heure locale (21h en France). Pour la première fois depuis le début des World Series of Poker 2018, il s'agira du seul et unique tournoi à suivre au Rio. Hé oui : finis, les tournois annexes, terminées, les boucheries : même les deep-stacks à 200 balles ont disparu du programme ! L'Amazon Room va être très, très calme... Mais l'action sera néanmoins passionnante à suivre, avec 19 joueurs tentant de décrocher l'un des 6 sièges disponibles pour la finale. Bonne journée à tous !

Benjo

One Drop : 19 joueurs se qualifient pour le Day 2

- 16 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Event #78 : The Big One for One Drop 1 000 000 $ (Fin du Day 1)

Le premier tour du tournoi le plus cher de l'été (et de l'année) s'est terminé peu après minuit dans l'ambiance détendue caractéristiques des parties de poker high-stakes. Ces joueurs se connaissent tous et en ont vu d'autres : ce n'est pas un buy-in à sept chiffres qui risque de les troubler, d'autant que la plupart (si ce n'est la totalité) d'entre eux ont revendu une tonne de % de leur action à droite et à gauche.

Le compteur d'éliminations est resté bloqué à cinq, soit 20% des 24 entrants. Lundi, l'objectif du Day 2 sera d'atteindre la table finale à six joueurs. On ne connaît pas encore la répartition des prix (les inscriptions sont encore ouvertes, voir ci-dessous), mais si l'on devait s'amuser à deviner, on pourrait prédire un chiffre de 4 ou 5 places payées.

Sans plus attendre, découvrons le casting du Day 2... Le chip-leader est un joueur amateur !

Rick Salomon
Ouais, j'ai ch** dans la colle : la seule photo de Rick Salomon que j'ai prise aujourd'hui est complètement floue, et en plus il a un air idiot

Rick Salomon (amateur) 11 445 000
Phil Ivey 10 365 000
Daniel Negreanu 8 100 000
Matthew Siegal (amateur) 7 900 000
Dan Smith 7 735 000

Daniel Negreanu
Le joueur le plus célèbre et le plus titré du field franchit le Day 1 avec le troisième plus gros stack


Erik Seidel 6 835 000
Talal Shakerchi (amateur) 6 745 000
Dominik Nitsche 6 550 000
Jason Koon 6 540 000
David Einhorn (amateur) 6 110 000

Jason Koon
Jason Koon sera au Day 2 avec un tapis dans la moyenne : 65BB


Christoph Vogelsang 5 680 000
Nick Petrangelo 5 300 000
Cary Katz (amateur) 5 230 000
Steffen Sontheimer 5 150 000
Mikita Badziakouski 4 725 000

Nick Petrangelo et Dominik Nitsche
Nick Petrangelo et Dominik Nitsche compostent eux aussi leur ticket pour le second tour


Justin Bonomo 4 715 000
Stephen Chidwick 4 550 000
Fedor Holz 3 220 000
Adrian Mateos (Team Winamax) 3 100 000

Justin Bonomo
Justin Bonomo disposera de 47BB pour tenter de se qualifier pour la finale, et améliorer encore un peu plus son ordinaire au milieu d'une année 2018 pesant pour le moment 14 millions de dollars


Blindes au départ du Day 2 : 50 000 / 100 000, BB ante 100 000
A noter : aucun des cinq amateurs engagés sur le Day 1 n'a été éliminé.

Les cinq éliminés du Day 1

20e : Jake Schindler (USA)
21e : Bryn Kenney (USA)
22e : Isaac Haxton (USA)
23e : Antonio Esfandiari (USA)
24e : David Peters (USA)

Un arrivage de dernière minute est-il envisageable ?

Avec seulement 24 joueurs au départ (contre 48 en 2012, et 42 en 2014), cette édition 2018 du Big One for One Drop est très certainement une déception pour les WSOP et pour la fondation One Drop. Cependant, les inscriptions vont rester ouvertes jusqu'au début du Day 2, programmé lundi à midi (21h en France).

Peut-on espérer quelques inscriptions en toute dernière minute ? En fin de journée, la rumeur prétendait qu'une célébrité allait rejoindre le field : Gabe Kaplan. Le comédien, rendu célèbre durant les années 70 par ses spectacles stand-up et "Welcome Back, Kotter", un sitcom que personne ne connaît en Europe mais qui a cartonné aux Etats-Unis à l'époque, est un fou de poker que vous connaissez forcément : il fut le commentateur de High Stakes Poker durant de longues années. S'il venait à disputer le One Drop, il ne s'agirait pas de sa première apparition, et on peut s'attendre à ce qu'il joue sérieusement : Kaplan a accumulé près de 2 millions de dollars de gains depuis... 1979 (!), et dispute encore aujourd'hui des High Rollers à l'Aria et au Bellagio. Un amateur fortuné et éclairé, en somme.

En outre, le casino MGM a organisé il y a deux jours un tournoi à destination de ses plus gros joueurs de craps, roulette, black-jack, etc, mettant en jeu un siège pour le Big One for One Drop. Nous ne savons pas exactement s'il s'agissait d'un freeroll, ou d'un tournoi payant à 10 000$ l'entrée, mais toujours est-il que le gagnant de ce tournoi, William Barth (il a une bonne tête de mec qui perd une tonne en casino), ne s'est toujours pas pointé. A t-il bénéficié de l'opportunité de revendre, ou donner son siège ? On ne le saura peut-être jamais : les voies des High Stakeurs sont impénétrables.

 

Phil Ivey, l'homme en forme de la journée

- 16 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Event #78 : The Big One for One Drop 1 000 000 $ (Day 1)

One Drop
Cinq : c'est le nombre de joueurs ayant subi l'élimination au cours du premier tour du tournoi le plus cher des WSOP 2018, le Big One for One Drop. Un chiffre bas, mais logique au vu de la structure (500 blindes pour commencer la partie) et du nombre de joueurs s'étant pointés avec un million en poche (24 seulement, moitié moins que lors de la dernière édition du tournoi en 2014.

Comme j'écris ces lignes avec trente minutes d'avance sur la fin de journée, il se peut que ce chiffre augmente, mais le constat reste le même, pour nous autres journalistes : quel pied, après treize jours d'un Main Event à 7 900 joueurs ayant rempli quatre salles de balles, que de couvrir un tournoi au format "home game", avec seulement trois tables formant un club exclusif des joueurs les plus riches et les plus skillés de la planète.

Nous avons déjà abordé les éliminations de David Peters et Antonio Esfandiari, survenues durant la première moitié de la journée. Au retour du dîner, nous avons perdu trois joueurs supplémentaires, tous Américains. Deux d'entre eux sont tombés aux mains de Phil Ivey, clairement l'homme en forme de ce Day 1.

Phil Ivey
L'ex-retraité des tournois s'est d'abord débarassé de Bryn Kenney, ayant trouvé une quinte avec J8 sur un turn 1094Q : en face, Kenney avait fait tapis avec une main légitime (A10), mais qui ne s'améliorera pas sur la rivière.

Peu après, Ivey a rayé de la liste Jake Schindler, avec un As-Roi restant en tête contre QJ. Auparavant, on a assisté à l'élimination d'Isaac Haxton, défait par l'un des cinq amateurs du field, le media tycoon Cary Katz.

Pendant ce temps, Adrian Mateos Diaz souffre, après avoir pourtant vécu un très bon début de journée. En dessous du stack de départ depuis des heures, l'Espagnol du field vient de trouver de l'air grâce à un Roi-Dame poussé à tapis après une relance et un call. Adrian se fait payer par As-Valet, et parvient à doubler après un board à rebondissements : As-Roi-10-7-Valet.

Big One for One Drop et Guy Laliberté : un historique (2012-2018)

- 16 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Epreuve de poker au prix d'entrée le plus élevé de la planète, le Big One for One Drop est l'enfant du businessman québécois Guy Laliberté. Pour le grand public, le Québécois de 58 ans est avant tout un ancien artiste de rue qui a créé en 1984 l'une des franchises d'entertainment les plus rentables de la planète, le Cirque du Soleil, dont les acrobates sévissent en tournée dans le monde entier, et tous les soirs dans plusieurs casinos du Strip de Las Vegas, avec des spectacles proposant une surenchère de cascades spectaculaires et de costumes extravagants : Ka ! (MGM), O (Bellagio), Zumanity (New York New York), et j'en passe.

Guy
Guy Laliberté en finale du WPT Bellagio 25 000 $ (2007)

Pour les joueurs de poker, Laliberté est tout autre chose : un généreux bienfaiteur. Car lorsque cet éternel ado s'est pris de passion pour le poker aux alentours de 2007, il n'a pas fait les choses à moitié, s'installant directement aux tables offrant les enjeux les plus élevés, en l'occurence la Bobby's Room du Bellagio, la section "High Stakes de Full Tilt Poker, et des émissions de cash-game très chères comme High Stakes Poker.

On ne saura jamais vraiment combien de millions de dollars Guy Laliberté a distribués aux pros de Vegas et d'ailleurs au cours des douze dernières années. Ses pertes en ligne, notamment, font de lui la plus grosse "baleine" de l'histoire du poker sur Internet. En coulisses, la chose est bien connue : nombre de joueurs que vous connaissez bien lui doivent leurs carrières. Et Guy Laliberté, dont la bonne humeur à table est légendaire, s'en fiche pas mal, de ces millions : il pourrait passer le reste de sa vie à perdre dans la Bobby's Room qu'il serait toujours le joueur le plus riche de la table. En 2018, sa fortune personnelle a été estimée à 1,37 milliard de dollars !



Laliberté est tellement indifférent à l'argent qu'il peut se permettre de raser David Benyamine de plus de 600 000 $.. et lui rendre l'argent aussitôt le coup terminé !


Forcément, avec autant de pognon, il y a de quoi rigoler. Au fil des années, Laliberté a ainsi multiplié les folies. En 2009, il est devenu le premier "touriste dans l'espace", passant 10 jours et 10 nuits à bord de la mission Soyuz TMA-16 / TMA-14 en compagnie d'astronautes de métier. Deux ans plus tôt, il s'est carrément payé un atoll entier en Polynésie-Française. Le but ? "Mettre ma famille et mes amis à l'abri en cas de catastrophe globale, comme une guerre ou une épidémie." Brrr. Au milieu de ces dépenses spectaculaires, le milliardaire a aussi pensé aux autres, avec de multiples oeuvres de charité comme la fondation One Drop. Cette fondation, c'est bien le prétexte qui a amené 24 joueurs de poker à mettre un million de dollars sur la table aujourd'hui.

Présidée par Guy Laliberté, la fondation One Drop est une ONG visant à prendre à bras le coeur l'un des challenges majeurs du siècle :  l'eau potable et son accès pour les populations les plus en difficulté du globe : celles qui subissent la guerre, celles qui subissent la famine, celles qui subissent la sécheresse. En annonçant en 2011 la création du tournoi de poker Big One for One Drop, Laliberté conciliait ainsi deux de ses hobbies, la philantroprie et le jeu, et en appelait à la générosite des pros à qui il avait tant donné au cours des cinq années précédentes : sur chaque ticket d'entrée, 8% du million de dollars investi serait directement reversé à la fondation One Drop.

2012 Esfandiari
2012 : Antonio Esfandiari triomphe lors de la première édition

Organisée durant l'édition 2012 des World Series of Poker, le Big One for One Drop suscita son lot de controverses. Les puristes rechignèrent quant à la petite taille du field, donnant l'occasion aux joueurs de poker les plus riches de "s'acheter" un bracelet. En réponse à cela, les WSOP avaient fixé un quota minimum de 22 inscriptions, sans quoi aucun bracelet ne serait distribué. Les défenseurs de l'intégrité du jeu s'inquiétèrent des dérives potentielles d'une épreuve aussi chère : qui pouvait vraiment se permettre d'investir une telle somme ? Forcément, la plupart des pros (si ce n'est la totalité) allaient se retrouver à vendre des parts de leur action à d'autres pros, certains figurant eux aussi sur la liste des partants.

Pour vous donner une idée, Daniel Negreanu avait annoncé lors de l'édition 2012 qu'il ne jouait que pour 44% de son action : il avait vendu 50% de parts de son entrée de un million à plusieurs investisseurs, et échangé ("swap") 6% avec d'autres participants au tournoi. Si le joueur de poker le plus titré parmi tous les participants ne joue que pour 44%, qu'en est-il de tous les autres ? En outre, une rumeur persistante disait que Guy Laliberté lui même avait sorti le chéquier pour inscrire nombre de ses amis pros. Qu'allait-il se passer si un ou plusieurs d'entre eux se retrouvait à la même table que son généreux donateur ?

Controverses mis à part, la première édition du Big One for One Drop fut un succès, la totalité des 48 places disponibles ayant été vendues, et nombre de riches amateurs répondirent présent, motivant les médias à écrire des choses positives à propos de notre jeu favori (pour une fois !). D'autant que la partie se conclut avec la victoire d'un des visages les plus reconnaissables auprès du grand public, Antonio Esfandiari. Après son sacre, Esfandiari avait visité le continent Africain afin de constater de ses propres yeux les investissements réalisés avec les donations des joueurs de poker.

2014 Colman
2014 : Dan Colman gagne, mais sans jouer le jeu


Deux ans plus tard, en 2014, le Big One for One Drop est revenu au calendrier des WSOP en 2014, avec de nouvelles controverses à la clef : après sa victoire, le jeune pro Internet Dan Colman s'était fait remarquer en refusant toute les traditionnelles interviews post-sacre, expliquant que pour lui, le poker était quelque chose d'aussi dangereux que l'alcool, la drogue ou le tabac, et que le sujet ne méritait donc aucune interview avec la presse grand public. Peut-être, mais quelle pub pour la fondation One Drop ! En outre, les retours mitigés des riches amateurs ayant disputé l'épreuve (plusieurs se sont plaints du comportement de certains pros, et notamment de "tanks" à rallonge otant pas mal de fun à la partie) ont causé la mise au placard du One Drop de Las Vegas, qui fut brièvement remplacé en 2016 par une version exclusivement reservée aux amateurs, organisée à Monte Carlo.

Malgré les critiques, malgré les controverses, la franchise One Drop a fleuri aux World Series of Poker. Chaque édition voit désormais se tenir une version "low cost" à 1 111 dollars avec des recaves illimitées, et lors des années sans "Big One" se tient une version High Roller à 111 111$ "seulement".

One Drop : un historique

Guy Laliberté
Big One for One Drop - 2012
48 inscrits - Prize pool 42 666 672 $
Vainqueur : Antonio Esfandiari (USA) 18 346 673 $

High Roller for One Drop - 2013
166 inscriptions (re-entry inclus) - Prize pool 17 891 148 $
Vainqueur : Anthony Gregg (USA) 4 830 619 $

Ivey
Phil Ivey lors de l'édition 2014

Big One for One Drop - 2014
42 inscrits - Prize pool 37 333 338 $
Vainqueur : Dan Colman (USA) 15 306 668 $

High Roller for One Drop - 2015
135 inscriptions (re-entry inclus) - Prize pool 14 249 925  $
Vainqueur : Jonathan Duhamel (Canada) 3 989 985 $

High Roller for One Drop - 2016
183 inscriptions (re-entry inclus) - Prize pool 19 316 565 $
Vainqueur : Fedor Holz (Allemagne) 4 981 775 $

Monte Carlo One Drop Extravaganza - 2016
28 inscriptions (plus 2 re-entries) - Prize pool 27 437 564 $
Vainqueur : Elton Tsang (Hong-Kong) 12 248 912 $

High Roller for One Drop - 2017
130 inscriptions (re-entry inclus) - Prize pool 13 722 150 $
Vainqueur : Doug Polk (USA) 3 686 865 $

Adrián Mateos Diaz n'a jamais été aussi prêt

- 16 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Event #78 : The Big One for One Drop 1 000 000 $ (Day 1)

Adrian Mateos Diaz
Il a fait irruption sur le devant de la scène dès 19 ans, en battant Fabrice Soulier en heads-up de l'un des plus gros tournois européens de l'année 2013, le Main Event des WSOP-E organisé à Enghien-lesBains. 18 mois plus tard, il a enchaîné avec le titre European Poker Tour le plus convoité, le plus prestigieux de la saison, celui de Monte Carlo. Un an plus tard, lors de sa deuxième visite à Las Vegas, il a remporté un second bracelet, et commencé à fréquenter la salle High Roller de l'Aria, à quelques pas du Rio. En 2017, il a enchaîné neuf performances en tournoi valant 250 000 dollars au moins, sur trois continents différents, collectant au passage un troisième bracelet - jamais un joueur aussi jeune n'avait réussi cet exploit. Son total de gains pour 2018 dépasse déjà les 3,3 millions de dollars, son total de gains de carrière a récemment franchi la barre des 15 millions, et il vient de remporter le SISMIX, le "petit" tournoi organisé par son sponsor.

En clair, et sans chiffres rébarbatifs, l'Espagnol Adrián Mateos Diaz est tout simplement le joueur le plus enthousiasmant à avoir fait son apparition sur le circuit pro au cours des cinq dernières années. Un jeune compétiteur au talent fou, prouvant, si besoin en était, que la valeur n'attend pas le nombre des années, et aussi un travailleur aussi précoce qu'acharné, ayant obtenu en un temps record le respect de ses aînés.

Sa présence sur le Big One for One Drop, son tout premier tournoi à un million de dollars, constitue une évidence, moins d'un an après son recrutement au sein du Team Winamax. Le Madrilène était prêt depuis longtemps, fréquentant régulièrement les tournois chers de l'Aria depuis plus de deux ans, ces tournois où l'on retrouve fréquemment les pros Américains au départ du "Big One" aujourd'hui. Ces joueurs-là, il les connaît bien, ils le connaissent bien, il les respectent, ils le respectent.
 


Peu avant le coup d'envoi, Adrian se confiait auprès d'Alex, notre reporter Espagnol, pour une vidéo publiée sur le tout nouveau compte Youtube en langue Espagnole. Pour ceux d'entre vous qui, comme moi, ne comprennent guère les subtilités de cette belle manque (il faudra bien que l'on s'y fasse, cependant : les tables de Winamax ont vu débarquer il y a peu les joueurs de la péninsule Ibérique), sachez que l'on y apprend plusieurs choses intéressantes.

D'abord qu'Adrian a pris une journée de pause hier, à la veille d'un coup d'envoi, dans le sens où il n'a pas joué au poker... Ce qui ne l'a pas empêché de suivre avec attention la retransmission de la finale du Main Event. Ensuite, Adrian a dormi huit heures : "A Vegas, c'est beaucoup pour moi." Pour le reste, le plus gros tournoi de sa vie n'a pas fait l'objet d'une préparation particulière : en soi, jouer les High Roller à 25 000 ou 50 000 dollars organisés presque quotidiennement à l'Aria, de l'autre côté de l'autouroute I-15, constituait déjà la même préparation qui soit : les joueurs y sont les mêmes. Est-il un peu plus aguets du fait que ce tournoi est quatre fois plus cher que le plus gros tournoi qu'il avait jamais disputé auparavant ? Sans doute un peu. Mais dans le fond, il s'agit d'une partie de poker comme les autres, avec le même but qu'Adrian poursuit le reste de l'année : non pas jouer, mais surtout gagner.

Adrian faisait partie de la poignée de pros qui étaient dans l'Amazon Room dès le coup d'envoi (en compagnie de Daniel Negreanu et Phil Ivey, entre autres), un coup d'envoi donné avec une trentaine de minutes de retard. L'Espagnol n'a pas perdu de temps avant de faire parler la poudre : la première élimination de la journée, celle de David Peters, c'est lui qui l'a provoquée.

Voici le coup en entier, tel que raconté par PokerNews :

David Peters défend sa blinde face à une relance de 40 000 d'Adrian, qui c-bet ensuite 40 000 sur le flop 1069. Peters check/raise à 160 000 : c'est payé par Adrian. Le turn 4 n'est pas misé. Sur la rivière, un 4, Peters checke une dernière fois, mais c'est pour mieux partir à tapis pour 2 millions après la mise de 150 000 de l'Espagnol. Ce dernier prendra son temps avant de se décider à payer avec K9 : une couleur gagnante face aux deux paires 109 floppées par Peters et transformées en bluff sur la rivière. Peters est éliminé après moins de deux heures de jeu : PokerNews ajoute avec une ironie piquante que son tournoi lui a coûté 8 500 dollars par minute.

Le huitième niveau du Day 1 se termine doucement, dans un calme olympien - les conversations sont très rares. Bientôt, il ne restera plus que deux heures à jouer et le compteur des inscrits reste bloqué à 24 joueurs. L'affluence est donc presque deux fois moindre que lors de la dernière édition du tournoi en 2014. Nous aurons l'occasion de nous intérroger sur les raisons de cette désaffection, mais sachez que si vous souhaitez faire gonfler les chiffres, vous avez jusqu'à demain matin pour collecter un million de dollars en cash et vous inscrire.

La table d'Adrian

1/ Talal Shakerchi (UK)
2/ Jason Koon (USA)
3/ David Einhorn (USA)
4/ Dan Smith (USA)
5/ Adrian Mateos Diaz (Espagne)
6/ Christoph Vogelsang (Allemagne)
7/ Rick Salomon (USA)
8/ Stephen Chidwick (UK)