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Antoine Labat se raconte

- 12 juillet 2018 - Par Veunstyle72

Antoine Labat est le cinquième joueur Français de l'histoire à atteindre la table finale du plus gros tournoi de poker du monde
Très performant en ligne il y a une dizaine d'années, le grinder francilien se faisait discret depuis quelques années
Un coup terrible en fin de Day 7 l'empêche d'entamer la finale avec autre chose qu'un tout petit tapis


antoine labat
Après Marc Brochand (1998), Antoine Saout (2009 puis 2017), Sylvain Loosli (2013) et Benjamin Pollak (2017), Antoine Labat est le cinquième joueur Français atteignant l'ultime stade du Main Event des World Series of Poker ? Qui est ce joueur de 29 ans dont l'attitude calme et discrète à table cache un parcours en tous points mouvementé tout au long des sept jours qu'on duré le tournoi jusqu'ici ?

Les anciens se souviendront probablement d'un compétiteur très performant en ligne à l'époque du .com : derrière le pseudo "Mpyiav" ("J'aime picoler", en argot), Labat a accumulé jusqu'en 2011 plus de 600 000 dollars de gains sur les sites mastodontes de l'époque, tout en signant quelques perfs en live par-ci par-là (presque 200 000 dollars sur Hendon Mob), et en passant beaucoup de temps en cash-game à des limites plutôt chères Un temps percu comme l'un des espoirs de la génération ayant découvert le poker avec le World Poker Tour de Patrick Bruel sur Canal+, Labat s'est ensuite fait plus discret, préférant la tranquilité du grind en ligne et du cash-game aux tournois.

Sa décision de disputer le Main Event en 2018, après plusieurs années d'absence sur les tournois chers, se révèle au final plutôt judicieuse. Assuré d'être millionnaire, mais en difficulté après un terrible coup de massue en fin de demi-finales, Antoine Labat a répondu à nos questions, encore sous le choc de ce double évènement.

Le dernier coup : inévitable ?

"Huum... Jétais à deux doigts de l'éviter quand même, en me disant "il y aura d'autres coups". Je me dis que ça a tellement l'air facile de passer et de jouer d'autres coups que celui-là. Après, si j'étais devant, j'étais vraiment devant, donc abandonner peut aussi être une décision très, très grave."

"J'ai vraiment failli les fold ces Rois, pas en me disant que j'étais tout le temps derrière, mais en disant "tranquille, on va monter des paliers, ça vaut des millions à chaque fois... est-ce qu'on a envie maintenant d'avoir tant de jetons que ça ou pas ? Ce n'est pas évident, je pense qu'il y a des gens qui auraient passé, c'est faisable. J'avais envie de passer, en me disant qu'il y aurait d'autres spots, et puis je me suis souvenu que j'avais deux Rois, c'était chaud quand même. Je n'ai pas eu les couilles de passer."

Le Main Event, c'est ton grand come back ?

"Ce n'est pas du tout un retour aux sources, je suis là parce que j'avais envie de jouer en tournoi, à Las Vegas, ça change un peu des sit'n'go online et du cash game live. Ça vendait du rêve et la preuve, regarde, on y est, c'est bien cool."

"J'ai souri aux photographes tout à l'heure parce qu'on me l'a demandé, mais en vérité, je n'avais du tout la tête à ça."

"Je suis assez confiant pour demain. Je leur ai fait une petite feinte pour leur montrer que j'étais humain, mais je vais les défoncer demain, c'est prévu !"

Antoine Saout

"Antoine m'a donné quelque conseils, il m'a coaché un peu. Il m'a dit qu'il fallait que j'aborde cette journée calmement, quoiqu'il arrive. Jour après jour, on joue et comme a le niveau, on est là. Il a été un bon soutien, c'est vrai."

Labat
Et à part ce dernier coup terrible ?

 "Je n'ai fait que bluffer aujourd'hui, j'avais l'impression qu'ils ne faisaient que passer, du coup, j'en a profité. On attaque les faiblesses quand elles sont là. J'ai gagné deux Rois contre deux As hier, donc c'est pour ça que je ne me plaints pas trop du dernier coup de la journée. Ça m'a immunisé contre la pression, c'était génial pour le reste de la journée."

Millionnaire !

"La perf' à 7 chiffres, c'est assez costaud. Millionnaire, c'est énorme. Il y a une grosse différence entre être millionnaire et multi millionaire, après, il y a une grosse différence de niveaux. La table s'annonce quand même difficile, ce sont les meilleurs éléments qui restent. Je les avais bien spotté, ça s'annonce compliqué, mais on est là."

Joe Cada

"J'ai joué tout le Day 4 avec lui, je ne savais pas que c'était Joe Cada ! Il était super sympa, on a bien échangé... mais ce n'est que tout à l'heure, quand ils ont dit son nom au micro, que j'ai compris que c'était lui. Il a l'air d'être plutôt tight quand même. Et spewy dans des spots bizarre, mais on verra bien."

Labat
Des supporters ?

"J'ai ma copine qui monte dans l'avion dans une heure. Elle est dégoutée parce quand elle a pris son billet il y a deux heures, j'avais 50 millions de jetons. Elle pensait que c'était Byzance, et demain quand elle va arriver, ça peut être plié... c'est chaud ! La pression que j'aurai demain, ce ne sera pas à cause des cartes, mais parce qu'il y aura ma soeur et ma copine dans la salle !" 

La table finale du Main Event des WSOP débutera jeudi à 17h30, heure locale (2h30 du matin en France). Nous serons là, comme nous l'avons été tous les jours et tous les soirs depuis le 1er juin !

Quelques têtes connues, pas mal de nouveaux venus

- 12 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Joe Cada est le seul visage reconnaissable d'une finale où la majorité des prétendants sont des joueurs de l'ombre

finalistes
Qui sont les finalistes de l'édition 2018 du plus gros tournoi de poker du monde ? Cet article n'apportera qu'une réponse très partielle : comme souvent, la dernière table du Main Event nous offre l'occasion de voir briller nombre de joueurs n'ayant jamais connu auparavant les projecteurs d'une table TV médiatisée, à commencer par le chip-leader, Nicolas Manion, qui a décroché ce statut sur la toute dernière main des demi-finales au terme d'un pot déjà entré dans la légende.

Le joueur du Michigan, dont le palmarès sur Hendon Mob affiche quelques résultats sur des tournois de petite envergure, s'est qualifié - deux fois ! - sur l'un des nombreux satellites live organisés au Rio en amont du Main Event. Son Day 6 avait commencé avec seulement 23 blindes au milieu des 109 joueurs restants, et s'était achevé, incroyablement, par une paire de Rois qu'il a refusée de jouer préflop dans un gros pot disputé contre deux joueurs : c'était la bonne décision ! 24 heurs plus tard, Manion allait jouer la main que l'on connaît, dans la situation exactement inverse : deux As rentabilisés au maximum contre deux paires de Rois, lui permettant de se qualifier pour la finale avec un tapis énormissimme.

setup TV
Antoine Labat
est le dindon de la farce décrite ci-dessus. Le grinder Français figurait parmi les chip-leaders en début de journée : ce coup terrible a fait disparaître plus de 80% de son tapis. Mais avant d'enterrer Labat et ses 13 blindes avant même que la finale ne soit commencée, gardons à l'esprit qu'Antoine a disputé la quasi-totalité du Day 6 avec très peu de jetons, navigant avec une aisance presque insolente de 109 à 26 joueurs restants sans jamais être au dessus de la moyenne, avant de connaître un rush phénoménal le lendemain. Rappelons-nous aussi qu'en 2009 puis en 2017, un certain Antoine Saout avait entamé ses deux finales Main Event short-stack. A chip and a chair, bordel !

L'atout star de cette finale est bien évidemment Joe Cada. Statistique : la dernière fois qu'un vainqueur du Main Event a eu l'occasion de revenir en finale du tournoi qui l'a rendu immortel, c'était en 2003, lorsque Dan Harrington avait atteint le podium de "l'édition Moneymaker", nuit ans après son sacre. Le club des joueurs ayant remporté le plus gros tournoi de poker du monde plus d'une fois est très fermé : on y retrouve Johnny Moss, Doyle Brunson, Johnny Chan, Stu Ungar, et... c'est tout. Cada peut-il les rejoindre ? Il en est capable, et avec 39BB, sa position lui donne le droit de rêver, malgré la présence de deux stacks à plus de 180BB.

rail anglais
Pour le reste, outre le protégé de Pierre Calamusa, l'Américain Tony Miles, nous allons devoir creuser un peu pour trouver des infos sur les finalistes, comme l'Ukrainien Artem Metalidi, le deuxième plus gros tapis Michael Dyer, ou encore l'Australien Alex Lynskey, soutenu toute la journée par un rail d'Anglais très (parfois trop) bruyants.

Si on ne connaît pas encore très bien tous les participants à la finale du Main Event 2018, on sait en revanche qu'elle risque fort d'être très longue : le rythme très rapide des demi-finales (une dizaine d'heures de jeu seulement pour passer de 26 à 9 joueurs) fait que la profondeur des tapis est très importante.

Les positions

Siège 1 - Artem Metalidi (Ukraine) 15 475 000 (26BB)
Siège 2 - John Cynn (USA) 37 075 000 (62BB)
Siège 3 - Alex Lynskey (Australie) 25 925 000 (43BB)
Siège 4 - Tony Miles (USA) 42 750 000 (71BB)
Siège 5 - Nicolas Manion (USA) 112 775 000 (188BB)
Siège 6 - Aram Zobian (USA) 18 875 000 (31BB)
Siège 7 - Michael Dyer (USA) 109 175 000 (182BB)
Siège 8 - Joe Cada (USA) 23 675 000 (39BB)
Siège 9 - Antoine Labat (France) 8 050 000 (13BB)

Blindes : 300 000 / 600 00, ante 100 000 pendant encore 83 minutes. Le tapis moyen représente 72BB ! Du jamais vu ? C'est fort possible.

alex lynskey
Alex Lynskey entamera la finale au milieu du peloton. Son palmarès live affiche 1,8 million de dollars de gains, et comprend une place de runner-up sur le Marathon Event des WSOP 2017

Les prix restants

Vainqueur : 8 800 000 $
Runner up : 5 000 000 $
3e : 3 750 000 $
4e : 2 825 000 $
5e : 2 150 000 $
6e : 1 800 000 $
7e : 1 500 000 $
8e : 1 250 000 $ 
9e : 1 000 000 $

cliff josephy
Cliff Josephy était l'un des "stackeurs" de Joe Cada l'année de sa victoire. On ne sait pas si "JohnnyBax" sponsorise encore Cada, mais neuf ans après, il est toujours là pour soutenir le poulain le plus lucratif de sa carrière de stackeur

Les sortants du Day 7

10e : Yueqi Zhu (Chine) 850 025 $
11e : Ryan Phan (USA) 725 000 $
12e : Frederik Brink (Danemark) 575 000 $
13e : Hari Bercovici (Israel) 575 000 $
14e : Konstantin Beylin (USA) 475 000 $
15e : Martijn Gerrits (Pays Bas) $475 000 $
16e : Kao Saechao (USA) 375 000 $
17e : Ming Xi (Chine) 375 000 $ 
18e : Sylvain Loosli (France) 375 000 $

Sylvain Loosli
Un visage que l'on aurait évidemment aimé voir en table finale. Le finaliste de l'édition 2013 n'aura pas réussi à se sortir de la zone short-stack, et sortira en 18e place après une confrontation où il était pourtant favori : 66 contre As-5. Un très beau résultat, tout de même, dont Sylvain peut être fier

19e : Alexander Haro (USA) 282 630 $
20e : Ivan Luca (Argentine) 282 630 $
21e : Paulo Goncalves (Brésil) 282 630 $
22e : Nirath Rean (USA) 282 630 $
23e : Eric Froehlich (USA) 282 630 $
24e : Bart Lybaert (Belgique) 282 630 $
25e : Barry Hutter (USA) 282 630 $
26e : Jeff Trudeau (USA) 282 630 $

tony miles pierre calamusa
Las Vegas est une ville cruelle et sans pitié, mais parfois, tel un oasis au milieu du désert, de belles histoires y naissent. Témoin la rencontre entre Pierre Calamusa et Tony Miles il y a trois semaines. La personalité et le parcours de l'Américain ont séduit le membre du Team, qui a décidé d'investir une partie du ticket d'entrée de Main Event. Une décision aussi généreuse qu'avisée !


Le grand débat a commencé (n'hésitez pas à dérouler le thread) :

Labat : le coup de batte

- 12 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Choquant ! Antoine Labat joue, et perd le plus gros pot du tournoi
L'une des mains les plus ahurissantes jamais vues sur le Main Event des Championnats du Monde de poker
Setup inévitable, ou décision désastreuse ?
Le Français possédait le deuxième plus gros tapis : il entamera la finale avec 13BB
Main Event - Fin du Day 7


Setup TV
Après avoir frappé la ville Las Vegas à plusieurs reprises ces derniers jours, la foudre s'est abattue à l'intérieur du Rio en ce mercredi soir. L'éclair est tombé à 23 heures 40 précisément. Sur la tête d'un joueur de poker, Antoine Labat, au cours d'une main dont on risque de parler longtemps, très longtemps. La décision qu'a prise le joueur Français, qui possédait le deuxième plus gros tapis à dix joueurs restants, était-elle la bonne ? Antoine a t-il commis un "suicide ICM", brûlant des millions de dollars en équité sur un coup où il aurait pu sagement passer préflop ? Est-il, au contraire, la victime d'une confrontation inévitable au vu des paramètres du coup ? Les experts sont - déjà - en train de s'écharper. De notre côté, nous nous contenterons de vous raconter ce moment électrique, ahurissant, jamais vu dans l'histoire du Main Event des World Series of Poker.

La "finale à dix" ronronnait depuis un peu plus de deux heures, seulement troublée une seule fois jusque-là, par le double-up de Tony Miles, le protégé de Pierre Calamusa, trouvant deux paires sur le turn avec Valet-9 pour craquer les As de John Cynn, et se maintenir en vie.

Antoine Labat
Et puis est arrivée cette main. LA main. Elle débute avec une relance UTG du très actif Nicolas Manion. En milieu de parole, Antoine, qui avait augmenté un peu son stack en deux heures grâce à quelques petits pots gagnés (et un très beau bluff passé sur le flop avec hauteur Roi contre Manion), se contente de payer avec une paire de Rois en main. Cette décision de slowplayer constitue peut-être, vous allez le voir, le facteur déterminant de ce qui va suivre. Mais à ce moment précis, Antoine aura sûrement été ravi de constater que son piège était en train de fonctionner : derrière lui, Yueqi Zhu fait tapis pour 24,7 millions depuis le hijack. La parole revient à Manion qui... fait tapis lui aussi ! Pour 43,1 million au total.

Antoine couvre Manion, mais de peu. La décision est cruciale. Jamais dans sa carrière de joueur de poker il n'a eu une décision aussi importante à prendre. Jamais, peut-être, n'avait rêvé qu'il se retrouverait un jour à devoir réfléchir à une telle décision. Mais c'est bien là qu'il se trouve, sur le podium télévisé, en plein milieu de la phase finale du plus gros tournoi de poker du monde, observé par la planète poker entière, avec dans un coin de la tête la somme de 8,8 millions de dollars, et le titre suprême que recherchent tous les joueurs de poker.

Antoine ne va pas payer tout de suite. Il va réfléchir, réfléchir, se doutant forcément de la possibilité que ses Rois ne soient pas en tête. Et puis il va appuyer sur la gâchette.


Dernière main
Bronca assourdissante dans l'Amazon Room au moment où les cartes sont révélées. Antoine est encore plus mal en point qu'il ne l'imaginait : non seulement Manion possède bel et bien la seule main le battant préflop, mais Zhu retourne lui aussi les Rois, faisant chuter ses chances, déjà très minces, à presque zéro. Deux pour-cents, très exactement.

Dernière main
Il y a plus de cent millions de jetons au pot (!!!), et le suspens est proche de zéro. Le flop 7J4 laissera entrevoir un mince filet de lumière dans le tableau noir d'Antoine Labat, qui s'évaporera dès le turn, un 3. C'était fini. Le Day 7 était fini.

Dernière main
Deuxième plus gros tapis deux minutes plus tôt, Antoine Labat ne pouvait que constater l'étendue du désastre en voyant ses piles de jetons filer vers Nicolas Manion. Quand le croupier a terminé son travail de fossoyeur, il ne restait plus à Antoine qu'une poignée de jetons. Huit millions. A peine 13 grosses blindes pour revenir demain.

Yueqi Zhu
Pendant ce temps, Yueqi Zhu, tout aussi sonné, était éliminé en dixième place, concluant de façon frustrante, un été pourtant fort beau, émaillé par un bracelet remporté en Omaha au milieu du mois de juin. L'Américain remporte 850 025 dollars.

Restez branchés pour nos derniers articles du Day 7...

Dix de der

- 12 juillet 2018 - Par Veunstyle72

Il ne reste plus que dix joueurs
Main Event Day 7 - Level 35 (250 000 / 500 000 ante 75 000)


Jack Effel
21h20 à Las Vegas : les croupiers et superviseurs s'affairent sur le podium TV, les producteurs courent dans tous les sens, les spectateurs se pressent sur les gradins : la dernière table du Main Event est prête. Déjà ! Jamais, au cours des douze éditions des WSOP couvertes par Winamax, nous n'avons observé l'ultime table se constituer aussi tôt. Bien entendu, il nous manque encore une élimination avant de pouvoir coller le label "final" à cette table : le Day 7 n'est pas encore terminé, et les vétérans ont encore en tête cette catastrophique soirée de juillet 2010, où l'on avait du patienter six heures, montre en main, pour passer de dix à neuf joueurs.

Mais le fait reste que les demi-finales furent ultra-rapides aujourd'hui, avec moins de dix heures de jeu nécessaires pour voir sortir 15 joueurs. Les deux joueurs ayant manqué d'un cheveu la dernière table se nomment Frederik "Jensen" Brink et Ryan Phan. Tous deux étaient plus ou moins short-stack, et ont donc joué leur dernière main préflop : le premier n'a pas réussi à améliorer son KQ face au A10 de Yueqi Zhu, et le second a profité d'une paire de 5 servie pour tenter le tout pour le tout : il se heurte à une paire supérieure (les 10) chez Artem Metalidi.

1/ Yuegi Zhu (Chine) 24 825 000 (50BB)
2/ Artem Metalidi (Ukraine) 21 425 000 (43BB)
3/ John Cynn (USA) 60 850 000 (122BB)
4/ Alex Lynskey (Australie) 47 025 000 (94BB)
5/ Tony Miles (USA) 10 775 000 (22BB)
6/ Nicolas Manion (USA) 45 825 000 (92BB)
7/ Aram Zobian (USA) 15 750 000 (32BB)
8/ Michael Dyer (USA) 94 925 000 (188BB)
9/ Joe Cada (USA) 24 925 000 (50BB)
10/ Antoine Labat (France) 48 000 000 (96BB)


Aspect positif du rythme rapide des demi-finales : il y a énormément de jetons sur la table, et cinq joueurs possèdent entre 94 et 188 blindes chacun, dont notre Français Antoine Labat !

Frederik Jensen
Frederik Brink (anciennement Jensen) est l'un des plus solides joueurs Européens. Au cours du Day 4, il avait réussi un énorme hero call avec la quinte du dessous sur un board avec trois piques. Une excellent décision qui avait lancé sa marche vers les demi-finales. Le Danois remporte 725 000 dollars, son plus gros gain depuis sa 3e place sur l'EPT Barcelone il y a trois ans

Labat le royal

- 12 juillet 2018 - Par Veunstyle72

Antoine Labat garde le cap avec près de 50 millions de jetons
Ils ne sont plus que 12, nous sommes à trois éliminations de la table finale
Main Event Day 7 - Level 34 (200 000/400 000, ante 50 000)

labat
Douze joueurs restants, l'issue finale de cette journée est plus que jamais proche, et Antoine Labat n'a toujours pas trouvé la pédale de frein aujourd'hui. Compté à près de 50 millions de jetons, pour une moyenne à presque 33 millions, le Français est en pleine vitesse de croisière, et rien ne semble pouvoir l'arrêter pour s'installer officiellement très bientôt en table finale. 

"Je me sens vraiment bien. Je n'ai pas un coup spécial à relever aujourd'hui, parce que j'ai juste enclenché le mode grind, rien de tel !"

D'une détente encore jamais vu jusque là chez un Français, à 12 left du Big One, Antoine ne se prive pas pour prendre son pied en table télévisée secondaire. Même si, comme les autres joueurs, il ressent apparemment un besoin fréquent de se lever pour se dégourdir les jambes. Parfait, profitons-en pour échanger quelques mots :

"Le niveau est... ça va, je pense quand même qu'il est un peu au dessus de la moyenne ! J'ai bluff river tout à l'heure... c'est le pied de bluff sur ce tournoi. Il y a quelques bons joueurs, des mecs qui ont des couilles, dont le mec à ma gauche (John Cynn), il me fait un peu peur. T'as vu tout à l'heure ? Il n'a pas eu peur de raise/call un tapis avec Dame-Huit, je veux dire, c'était 16 blindes ! Il était devant, on va dire qu'il avait raison. Moi je ne fais plus de tournois depuis trois ans, alors maintenant, avec tous les logiciels qui sont sortis, les mecs ont du bosser ça. Ils sont forts, ils sont trop forts. Peut-être qu'on s'est rendu compte que ce n'était pas si absurde que ça de raise/call un tapis de 16 blindes avec Dame-Huit. Je pense que je suis au niveau, clairement, mais il y a pas mal de détails qui m'échappent à mon avis."

john cynn
Sous le regard de John Cynn, Antoine Labat préfère garder sa pokerface sous la capuche

Trois marches supplémentaires

girls
Le sort de trois joueurs sera bientôt scellé, et une fois le flambeau de ces trois joueurs éteint, on pourra commencer à parler de millions de dollars avec neuf futurs finalistes. Les récents éliminés se nomment Martijn GerritsKonstantin Beylin et Hari Bercovici

Le Hollandais (vu les noms, est-il utile de préciser de qui nous allons parler ?) possédait encore 22 millions au dinner break et n'aura tenu qu'une vingtaine de minutes à la reprise. Le spew du siècle ? Pas du tout, une simple, difficile et inévitable confrontation entre sa paire de Dames et la paire d'As de l'Australien Alex Lynskey aura eu raison de sa peau, il s'en tire avec 475 000$ et une seconde perf' de choix cet été, après avoir perdu en demi finale du tournoi de Head's Up à 10 000$, au tout début des WSOP. 

Le petit Konstantin Beylin est passé assez inaperçu à nos yeux mais s'incline tout de même 14e, également pour 475 000$. C'est lui la victime de John Cynn, raconté dans le paragraphe au dessus. Lui qui a eu la bonne idée de resteal ses 16 blindes avec 97. Attrapé par la police gambleuse John Cynn, il n'a rien su faire lorsque cinq cartes anodines sont tombées au milieu de la table. Là aussi, on parle d'un joueur qui réalise la plus grosse perf' de sa carrière. C'est d'ailleurs probablement la dernière fois qu'on écrira ça, car vous vous doutez bien qu'au fur et à mesure que le tournoi avance, tout devient "exceptionnel" pour chaque joueur, sauf peut-être Joe Cada, qui a déjà terminé le jeu une fois. 

hari bercovici
Enfin Hari Bercovici (photo) était, je crois pouvoir le dire après l'observé longtemps pendant ce tournoi, un ami qui nous voulait du bien. Mais Hari était surtout un joueur qui aimait l'action, qui aimait jouer de gros pots avec des mains régulièrement marginales, et qui arrivait la grande majorité du temps à passer entre les balles, quitte à coller quelques beaux bad beats. Au final, il s'incline sur une situation des plus banales, qui arrive aussi sur le Main Event, désolé, un bon vieux coin flip des familles, 44 contre AK chez Michael Dyer. Inutile de faire un dessin. Hari Bercovici aura bien régalé avec son style bien à lui, même si tous les joueurs qu'il a éliminé ne tiendront surement pas le même discours. Et pour tout ça, mais surtout pour sa 13e place, il repart de ce tournoi avec un souvenir d'une valeur de 575 000$.

Dyer, chipleader

michael dyer
A cette heure-ci, si vous deviez mettre une pièce sur Michael Dyer pour qu'il atteigne la table finale, vous ne gagnerez pas beaucoup d'argent, tant la cote serait toute petite. Avec plus de 86 millions en sa possession, impossible de ne pas l'imaginer sur cette ultime table. La question est déjà un peu plus au delà de ça : avons nous trouvé un favori pour le titre final ? La réponse est bien évidemment beaucoup moins évidente, mais Michael Dyer a quelques arguments pour lui, on en reparlera probablement plus tard... lorsqu'on évoquera sa fiche de finalistes ? Comment aviez vous deviné ?

tony miles
La pression monte, les émotions se font de plus en plus présentes. Et le petit protégé de Pierre Calamusa, Tony Miles, vibre comme jamais à chaque coup important. Et en même temps, quand on commence à regarder de plus près au payout, certaines tête vont vraisemblablement tourner bientôt...

tableau
Un tableau de tournoi en photo, ce n'est pas souvent l'idée du siècle dans un coverage... mais quand c'est pour admirer des paliers comme ceux là, on ne se prive pas !