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5 Français, 1 Belge : qui ira en demi-finales ?

- 10 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Les FR
A la veille du coup d'envoi d'un quart de finale France-Belgique qui s'annonce en tous points historique, six joueurs de poker, cinq Français et un Belge, ont traversé sans encombres le Day 5 du plus gros tournoi du monde. Leurs pays respectifs sont à quelques heures d'une accession en finale de la Coupe du Monde de football, où de se faire chambrer par leurs voisins pour nombre d'années à venir. Nos joueurs de poker, eux, sont potentiellement à 48 heures de leur finale, et de 8,8 millions de dollars de gains ! De 7 874 joueurs sur la ligne de départ, ils ne sont plus que 109 : le marathon se poursuit. Qui sera encore en course mardi soir ? Avant la reprise de la partie, programmée à 11h à Las Vegas (20h en Europe), on fait le point sur les forces en présence, et aussi sur ceux qui ont malheureusement chuté aujourd'hui.

Bart Lybaert (Belgique) 7 500 000 (125BB)

Il domine le clan francophone de la tête et des épaules : Veunstyle a interrogé celui qui ressemble fort à un futur grand nom du poker Belge, au terme d'un Day 5 éclatant. C'est par ici.

Benjamin Pollak : 5 715 000 (95BB)

Benjamin Pollak
"C'est quand même dingue, comment je run good..." Au terme d'une cinquième journée aussi rondement menée que les quatre précédentes, Benjamin Pollak ne pouvait s'empêcher de s'étonner de sa bonne fortune sur le Main Event. Sur LES Main Events : 27e en 2013, 3e en 2017, et... muni d'un tapis énorme à 109 joueurs restants de l'édition 2018. C'est Sylvain Loosli qui a tiré Pollak de sa rêverie : "Mais t'inquiètes pas ! Tu crois que les autres joueurs ils ne run pas good ? On en est tous là !" En plus de sa réussite, Benjamin Pollak dispose d'un autre facteur déterminant : son expérience sur le plus gros tournoi du monde, dont il disputera le sixième tour pour la troisième fois en six ans. On a vérifié : c'est un record, qu'il partage avec un seul autre joueur, Richard Robinson (13e au classement ce soir).

Sylvain Loosli (Team Winamax) : 3 165 000 (62BB)

Sylvain Loosli
Lui aussi connaît parfaitement le chemin, ayant rejoint le club très fermé des "November Nine" dès 2013. A l'époque, personne ne connaissait le spécialiste de cash-game online originaire de Toulon qui s'essayait pour la première fois à un gros tournoi live. Depuis, les choses ont changé : désormais un incontournable du circuit Highroller en Europe, Sylvain s'améliore d'année en année tel un bon vin. Aujourd'hui, son expérience lui a permis de ne pas tilter après un énorme setup entre ses Rois et les As de Frederik Jensen, puis de rentabiliser au maximum une enfilade de belles mains au cours des dernières heures de la journée.

Sean Marshall : 3 165 000 (53BB)

Sean Marshall
Le très sympathique Franco-Américain (né chez nous, puis parti là-bas) est resté hors de notre radar, faute de s'activer réellement à table, si ce n'était pour maintenant son capital de survie. Un double-up en toute fin de journée, juste avant la panne de courant, lui permet d'espérer un beau Day 6.

Antoine Labat : 2 015 000 (33BB)

Antoine Labat
Il n'a jamais eu beaucoup de jetons, mais il n'est jamais tombé dans la zone rouge non plus : Antoine Labat nous a démontré aujourd'hui qu'il savait parfaitement quoi faire avec un short-stack. Si d'aventure il trouvait quelques confrontations favorables en début de Day 6, on pourrait alors voir de quoi il est capable avec une profondeur plus grande.

Alexandre Réard : 1 640 000 (27BB)

Alexandre Réard
Il n'a pas vécu la journée qu'il aurait voulu. Ou plutôt "revécu" : il y a un an, jour pour jour, Alexandre Réard terminait le Day 5 du Main Event 2017 avec 6,1 millions, soit 76 grosses blindes. Des spots compliqués au kilomètres l'empêchent de tutoyer les mêmes sommets, mais avec 27BB, Réard reste néanmoins correctement armé pour espérer une remontée, lui qui sait mieux que la majorité du field comment gérer ce paquebot qu'est le Main Event.

Martial Blangenwitsch : 140e pour 57 010 $

Martial
Vers le haut, vers le bas, vers le haut, vers le bas : l'amateur a disputé beaucoup de gros coups aujourd'hui, parfois osés. Peut-être un peu trop ?

Pierre-Guy Gentil (Vainqueur KING5) : 167e pour 49 335 $

Pedro
Il aura rendu fier le reste des Flambeurs, les gagnants du KING5 2018, aussi bien par sa maitrîse du jeu short-stack que son agressivité lorsqu'il avait des munitions : pour son premier Main Event, son investissement de zéro euros se transforme en un chèque de presque 50 000 dollars !

Timothée Scotti (Qualifié Winamax) : 229e pour 42 980 $

Timothée
Pour son premier Vegas et son premier Main Event, l'expérimenté amateur a tenu tête aux pros américains et enthousiasmé les foules, nous les premiers. Le parcours du parisien, qui rêvait des WSOP depuis ses 21 ans et enchaîne les perfs live et online depuis deux ans, restera comme l'une des belles histoires du clan Français sur l'édition 2018 du tournoi.

Axel Hallay : 238e pour 42 980 $

Hallay
Désavantagé au niveau des jetons, le jeune grinder a sauté après avoir trouvé l'une de ses seules mains potables de la journée : un Roi-Valet qui se heurte à As-Roi.

Samuel Touil : 242e pour 42 980 $

Samuel Touil
Ban run pour ce visiteur de la Bobby's Room, après plusieurs journées passées avec un stack énorme. Le chip-leader du Day 1C perd une rencontre As-Roi contre As-Dame puis trouve un brelan se faisant contrer par une quinte. Il sortira définitivement après un face à face entre As-9 et deux Dames.

Eric Sfez : 275e pour 42 980 $

Eric Sfez
Agressif et imprévisible comme à son habitude, le joueur de backgammon a manqué un gros bluff avant de perdre un gros flip.

Mohamed Mokrani : 304e pour 37 705 $

Mohamed
Short-stack, le premier sortant Français du Day 5 a vu son As-Roi de coeur se heurter à une paire de Rois.

Le Day 6 débutera à 11h, heure de Las Vegas (20h en France). Allez les Bleus ! Et les Belges ! Enfin surtout les Bleus ! Mais on adore les Belges quand même.

Benjo

Bart Lybaert : la force tranquille

- 10 juillet 2018 - Par Veunstyle72

Le Belge Bart Lybaert pointe en cinquième position au classement à 109 joueurs restants

Bart Lybaert
Fin du Day 5 : la coupure d'éléctricité a scié les pattes de tout le monde. On a profité pour partir à la rencontre du phénomène Belge, Bart Lybaert, Cinquième au classement au terme d'une journée vécue à rythme éfréné, et à quelques heures d'affronter les Diables Rouges Belges sur un terrain de foot ! Grand, costaud, mais tout aussi méchant qu'en ours en peluche, Bart vit sa vie à fond et sourit en per-ma-nen-ce. Un régal de joueur à suivre, surtout quand les journées sont aussi longues que sur le Main Event. Qui est ce jeune homme à l'air si insouciant, qui monte des pyramides de jetons depuis le début de l'été comme s'il s'agissait d'un jeu d'enfant ? Avec deux millions de dollars de gains en live depuis 2013, plusieurs perfs à six chiffres et deux bracelets manqués de peu en 2016 puis 2018, aurait t-on trouvé un futur successeur à Davidi Kitai ? Vous n'aurez pas toutes les réponses à ces questions dans cette interview, mais vous risquez tout de même de découvrir un sympathique personnage trop peu connu du grand public. Pour le moment...

Bart, comment se passe ce tournoi, raconte nous un peu !

Hier, sur le Day 4, c'était très dur. J'ai fait trois ou quatre gros fold pour sauver mon stack, et je suis tombé à 500 000 au plus bas. Mais je me suis battu et j'ai fini le jour avec 900 000. Et aujourd'hui, dans la première heure de jeu, j'ai gagné tous les coups sans showdown pour monter à 3 millions. Après ça, j'avais plus de 100bb et je pouvais de nouveau jouer mon jeu.

Pourrais-tu me citer une ou deux mains décisives dans ta journée ?

J'ai deux grosses mains justement. Sur la première, j'ai A9. Le joueur au CO relance à 100 000. Moi je suis au bouton, je le 3-bet à 300 000, il paie. Je trouve alors un flush draw sur un flop QT5 et après mon c-bet, l'adversaire m'a check/raise à tapis pour 1,2 million. J'ai call, il avait JJ. Je trouve une trèfle tout de suite à la turn, pour passer de 4,5 millions à 6 millions de jetons. Et deux coups après, c'est plus simple, j'ai gagné AA contre KK, contre un joueur qui avait 2,5 millions. Et je suis monté à 8,5 millions. Au plus haut, j'ai eu 10 millions aujourd'hui. 

C'est quoi, le style Bart Lybaert ?

J'ai l'image d'un joueur agressif, et souvent, quand le pot est grand, je veux l'avoir. Je ne suis presque jamais en bluff quand je fais grossir les pots. Les gens me croient fou parce que je relance beaucoup préflop, je 3-bet aussi pas mal, mais une fois postflop, je ne joue pas si agressif. Peut-être plus qu'agressif que la moyenne, mais je suis moins fou que ce que les gens pensent. 

C'est pas toi le plus fou des Belges alors ?

Ah des Belges... hum peut-être ouais ! Ah non, c'est Davidi Kitai en fait, bien sur !

C'est quoi la ta technique à toi pour monter des jetons sur le Main Event, un tournoi si très particulier ? Ce n'est pas un EPT, un WPT ou autre, c'est le Main Event des WSOP, quoi !

C'est mon quatrième Main Event, et c'est la première année ou je monte des jetons ! D'habitude je bust lors du Day 3, avant l'argent. On ne peut pas dire que je suis un expert, mais cette fois, ça va mieux.

Bart lybaert
On te sent toujours super à l'aise quand tu joues Bart, c'est quoi ton secret ?

En vérite, je me suis mis au sport. J'ai un ami qui m'a dit que je devais m'y mettre, sauf que je n'en avais jamais fait avant. Et maintenant, c'est séance de sport tous les jours ! Ça me relaxe quand je suis à table, et ça m'a beaucoup aidé par exemple sur le Marathon Event [Bart s'est incliné 3e sur 1637 inscriptions pour 290 000$ de gains, NDRL]. Pour le mental, c'est super important, et c'est quelque chose que je ne faisais pas du tout avant.

Est-ce qu'on peut dire que cette année, en terme de résultats, que c'est ton meilleur Vegas ?

Ah oui, bien sur ! 4e passage ici, 3e année ou je décide de tout jouer. Il y a deux ans, j'étais en tête du leaderboard, mais je n'ai pas gagné beaucoup d'argent, quelque chose comme 50 000€ de bénéfice, j'avais beaucoup de min-cash. L'an dernier, je suis parti perdant, et cette année, c'est mieux.

Voire peut-être beaucoup mieux ! On peut parler de l'année de la confirmation ?

Disons qu'en aout dernier, j'ai réalisé mon plus gros cash à l'Estrellas de Barcelone [3e pour 368 000€] : depuis cette date, j'ai gagné plus d'argent en un an que sur mes cinq années précédentes de poker. 

Comment expliques-tu ça ?

Je pense que maintenant, j'ai l'expérience. Je joue depuis 2013, la jeunesse a un peu disparu. Je suis moins foufou qu'avant, je me sens plus à l'aise à table. Pas de stress, rien. Alors qu'avant, c'était très différent.

Là, on joue pour 8,8 millions de dollars, tu penses qu'il y aura un peu de stress à un moment donné, ou jamais ?

J'espère jamais ! Après, je me dis qu'à ce stade du tournoi, on ne peut que gagner de l'argent de toute façon, tout ce qu'on vit maintenant, c'est du positif, de l'extra. L'argent, je m'en moque un peu. Je veux surtout pouvoir faire ce que je veux tous les jours de ma vie. Et que j'ai un million, huit millions ou 500 000€ sur mon compte, l'essentiel, c'est que je puisse subvenir à mes besoins pour les trois mois suivants, après ça, je suis très heureux ! Même si je ne gagne pas, même si je bust maintenant, ce n'est pas grave. On gagne déjà beaucoup d'argent, et c'est très bien comme ça.

Tu t'es fixé des objectifs sur ce Main Event ? 

D'abord la table finale, et après c'est la victoire, bien évidemment.

Tu t'imagines champion du monde, avec ta tête placardé sur les grandes affiches installées dans le Rio ? 

Je vais te dire, je suis inscrit sur Instagram depuis deux ans, et je n'ai encore jamais posté de photo. J'ai toujours dit que j'allais attendre le bon moment pour poster ma première photo, et je pense qu'une photo de champion du Main Event, c'est pas mal pour commencer ! 

Admettons que tu gagnes le Main Event cette année, que vas-tu faire de tout cet argent ?

Ouais, j'ai un projet très précis : je prends un vol direction Ibiza et je fais la fête ! On me trouvera là bas jusqu'au début du prochain festival de poker à Barcelone, au mois d'aout !

109 joueurs avancent jusqu'au Day 6

- 10 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

CLIQUEZ ICI POUR LE CLASSEMENT COMPLET

WSOP
Top 10

Michael Dyer (USA) 12 180 000
Brian Yoon (USA) 8 395 000
Jeff Trudeau (USA) 8 305 000
Hari Bercovici (Israel) 7 650 000
Bart Lybaert (Belgique) 7 530 000
Karen Goncalves (USA) 6 940 000
Peter Campo (USA) 6 935 000
Konstantin Beylin (USA) 6 930 000
Alexander Gross (USA) 6 755 000
Artem Metalidi (Ukraine) 6 525 000

5 Français

14. Benjamin Pollak 5 715 000 (95 BB)
44. Sylvain Loosli (Team Winamax) 3 715 000 (62 BB)
52. Sean Marshall 3 165 000 (52 BB)
78. Antoine Labat 2 015 000 (33 BB)
89. Alexandre Reard 1 064 000 (17 BB)

WSOP
Le reste du field (sélection)

13. Samuel Bernabeu (Espagne) 5 835 000
16. Frederik Jensen (Danemark) 5 635 000
18. Tony Miles (USA) 5 600 000
22. Eric Froehlich (USA) 5 635 000
27. Andres Jeckeln (Argentine) 4 970 000
33. Artur Koren (Autriche) 4 710 000
36. Ivan Luca (Argentine) 4 580 000
55. Joe Cada (USA) 2 965 000
56. Shannon Shor (USA) 2 915 000
58. Ognjen Sekularac (Serbie) 2 860 000
64. Shaun Deeb (USA) 2 610 000
77. Henrik Hecklen (Danemark) 2 050 000
86. James Obst (Australie) 1 730 000
103. Kelly Minkin (USA) 1 205 000

Ils ont sauté lors du Day 5

On a dit "allez saluuuut" à : Thomas Cannuli, Jake Schindler, Barbara Enright, Bruno Politano, Chris Moorman, Daniel Alaei, Ludovic Geilich, Daniel Ospina, Anatoly Filatov, Chris Bjorin, Govert Metaal, Tobias Peters, Aymon Hata, Chino Rheem, Ema Zajmovic, Richard Lee, Santiago Soriano, James Akenhead, Kyle Julius, Adam Levy, Richard Gryko, Rocco Palumbo, Cory Albertson, Paul Volpe, Ivan Demidov, Antonio Esfandiari, Cliff Josephy, Brian Altman, et encore plein d'autres.

Tableau de bord
109 joueurs restants (sur 7 874 au départ)
Blindes 30 000 / 60 000 ante 10 000 (une heure restante sur le niveau)
Tapis moyen 3 611 000
Prix assuré : 57 010 $
Prix recherché : 8,8 millions de dollars

Au programme du mardi 10 juillet

9h (17h en France) : Harper est en direct de Vegas pour une nouvelle édition spéciale du Multiplex Poker sur Winamax TV.
11h : On regarde le foot, et aussi le coup d'envoi du Day 6 du Main Event.
11h : Coup d'envoi d'une nouvelle épreuve : un No-Limit 5K$ avec des niveaux de 30 minutes. Il ne durera que deux jours.
Midi : Day 2 du Little One for One Drop, avec encore en lice nos deux WIP Marvin Dupré et Kev Adams !
14h : Day 3 (et, peut-être, finale) du Pot-Limit Omaha 6-max à 3 000 $ avec, on l'espère, un Romain Lewis avec toujours autant de jetons. Il reste 31 joueurs et quelques coups à jouer à l'heure où nous publions (2h du matin), et le pro du Team figure toujours dans les cîmes du classement.
14h : Reprise de l'épreuve Limit Hold'em 6-max à 3 000 $ entamée lundi. Joao Vieira fait partie des qualifiés pour le Day 2.
15h : Coup d'envoi d'une épreuve mixte mélangeant NLHE et PLO, pour un prix d'entrée de 1 500 dollars.

A ce soir !
 

Une tempête coupe le courant, puis le Main Event

- 10 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Tempête à Vegas ! Une coupure de courant met fin prématurément au Day 5 du Main Event, 90 minutes avant la fin programmée de la journée
On ne sait pas combien de joueurs il reste, car l'écran où qu'il y a écrit le nombre est éteint aussi
Non, je déconne : il reste 109 joueurs, et le Day 5 est terminé


in the dark
"Avertissement : ce post sera bref, et peu intéressant. Il ne s'est pas passé grand chose au cours du Level 24." Ca, c'est le début de l'article que j'étais en train d'écrire aux alentours de 23h15, heure de Las Vegas. Les paragraphes suivants faisaient état du rythme considérablement ralenti des éliminations (à peine une vingtaine en une heure, le taux le plus bas observé depuis... le premier niveau du Day 1, peut-être ?), mais mentionnaient tout de même quelques mains, la belle remontée de Sylvain Loosli, et les double-ups successifs des deux Français les plus short-stacks, Antoine Labat et Sean Marshall.

Et puis... Et puis les lumières de la salle de presse se sont éteintes. "Oh !", a fait tout le monde d'une seule voix. Puis les lumières se sont rallumées... Pour mourir à nouveau dix secondes plus tard. Cette fois-ci, il faisait noir de chez noir, il n'y avait plus d'espoir. Je me suis levé, et ai parcouru les dix mètres me séparant de l'Amazon Room à l'aide de la torche de ma téléphone. Situation identique, à l'exception de quelques loupiotes par-ci par-là, et du "Mothership", le podium télévisé d'ESPN, qui dispose de sa propre source de courant. Coupure d'éléctricité, presque générale !

Amazo Room
Les générateurs de secours dont sont équipés tous les casinos dignes de ce nom permettaient tout de même d'y voir relativement clair à l'intérieur de la salle, mais certainement pas de jouer un tournoi de poker. S'en sont suivis quelques instants d'un cafouillage bizarre et joyeux, avec plusieurs mains encore en cours et devant - le poker avant tout ! - coûte que coûte se terminer. On a par exemple vu Sean Marshall prendre son temps avant d'effectuer un joli call gagnant, des téléphones brandis au dessus de sa table.

Forcément, la partie a été mise en pause, le temps de savoir si on pouvait espérer ou non une résolution rapide. La raison de tout ce bordel, me demanderez-vous ? Probablement la tempête qui avait débarqué en provenance de l'est une heure et demie plus tôt. Beaucoup de vent, une pluie torrentielle, et des orages en veux-tu en voilà. A Las Vegas, le soleil est roi 364 jours par an, mais quand les autres éléments se décident à se déchaîner, ils ne font pas les choses à moitié, et les inondations éclair ("flash flood") ne sont pas un fait rare.

loosli
Un coup de poker presque "in the dark" à la table de Sylvain Loosli


On se rappelle encore de cette soirée de tempête au beau milieu du Main Event 2015 : la pluie fut si soudaine que les rues autour du Rio débordaient déjà après une demi-heure, charriant à vitesse grand V des tonnes de détritus, forçant notre caravane de couvreurs à abandonner notre projet de restaurant après quelques mètres de trajet dans cinquante centimètres d'eau. Cette année-là, la pluie était même tombée au beau milieu de la Brasilia Room ! A l'heure où j'écris ces lignes, je ne saurais dire si nous vivons une situation aussi grave, mais les organisateurs n'ont pas souhaité prendre de risques. Après quinze minutes de flottement, l'annonce a été faite au micro : les joueurs étaient invités à empaqueter leurs jetons, le Day 5 était terminé, 90 minutes plus tôt que prévu.

Il reste 109 joueurs en course - si la partie était arrivée à son terme, on serait plus proche de 85, dont cinq Français :

Benjamin Pollak 5 715 000
Sylvain Loosli (Team Winamax) 3 715 000
Sean Marshall 3 165 000
Antoine Labat 2 015 000
Alexandre Réard 1 640 000


Il est 0h33 et les lumières de la salle de presse s'éteignent régulierement. On va quand même tenter de vous raconter un peu ce qu'on a vu aujourd'hui, et vous présenter les enjeux du Day 6, qui débutera à mardi à 11 heures. Avec plus de monde que prévu, donc...

joe cada
Ce n'est pas une coupure de courant qui va se mettre en travers du massage de Joe Cada, qu'on se le dise

Romain Lewis : l'éclate à quatre cartes

- 10 juillet 2018 - Par Veunstyle72

Après avoir brillé en No-Limit Hold'em tout l'été, Romain Lewis s'essaie avec bonheur au Pot-Limit Omaha
Il reste 56 joueurs sur 901 : Romain est chip-leader !
475 000$ sont promis au vainqueur
Event #69 - Pot Limit Omaha 6-max 3 000$ (Day 2)

romain lewis
Alors que beaucoup de joueurs pensent déjà à leur retour à la maison, certains ont décidé de profiter du nouveau calendrier mis en place par les WSOP, offrant plein de tournois "à bracelet" en parallèle du Main Event. Une idée qui avait été rangée au placard depuis 2006, et qui fait le bonheur de (entre autres) la nouvelle génération, toujours pas rassasiée après cinq semaines à jouer au Rio, au Venetian, au Wynn, au Planet Hollywood, et j'en passe. Prenez Romain Lewis : après avoir découvert avec succès le Pot-Limit Omaha de tournoi sur la version "Bounty" à 1 500$ (23e sur 833), le voilà qui double la mise en format 6-max à 3 000$. C'est simple : après deux jours de partie, et avec 56 joueurs restants sur les 901 au départ, Romain est tout simplement... Chip-leader !

Romain aurait pu choisir le Little One for One Drop, comme son collègue Guillaume Diaz en 2016 (9e pour 45 000$) pour ajouter un peu plus de dollars à son été, mais c'est à variante qu'il connaît moins que le Bordelais a décidé s'essayer. "Je me suis inscris en tardif sur ce tournoi, sur 250/500 avec 15 000 de stack parce que je n'estime pas du tout avoir un edge suffisant pour crush dès le début du tournoi." Se mettre un petit handicap, partir un peu derrière... pour mieux finir devant ! On aime la méthode.

"Je suis rapidement monté à 80 000, il y a énormément de petits coups, je ne peux pas tout te raconter, mais je peux te parler de deux mains clés. Une hier, l'autre aujourd'hui. La première, c'est un 4-way all-in avec deux As !" Gagner avec deux As en Omaha face à trois joueurs : tous les experts le savent, c'est encore plus compliqué qu'en Hold'em. Mais quand la réussite emboite le pas, ça donne un mélange plutôt détonnant. Face à 89TJ, KQJ4 et QQ97, Romain a réussi éviter les balles sans la moindre goutte de sueur... ou presque : "L'As est tombé en premier, j'ai soufflé, mais il y avait aussi 5 et 7 sur la table pour des tirages quintes." Il fallait esquiver quelques balles et Romain s'est transformé en Neo dans Matrix pour passer entre les gouttes.

"L'autre main, elle est arrivée aujourd'hui, contre Dominik Nitsche : je pot UTG avec AA64, call petite blinde et call de Nitsche en BB. Flop ça vient A85, je c-bet 25 000 avec le brelan max, payé par Nitsche. Turn c'est un Dix, je fais 80 000 et il me met à tapis, j'avais 270 000, payé. Il avait brelan de 5 et tirage quinte, avec 5597, et j'ai réussi à hold !"

Ce pot a fait passer Romain à 630 000 et bientôt 700 000 après un peu plus de grind poussé, juste de quoi récupérer le trône de chipleader. C'est un secret de polichinelle, Romain Lewis n'est pas un grand spécialiste de PLO, il l'admet lui même. Mais les automatismes acquis en No-Limit, couplés à une bonne capacité d'adaptation, font de lui un compétiteur qu'il ne faudra surtout pas sous-estimer. Doit-on rappeler tout de même qu'un soir de Winamax Series en janvier, Romain avait décidé de tester sa culture poker sur un tournoi 8-Game à 300€... pour finalement décrocher la 4e place ! Ce petit respire le poker à plein nez, et sa curiosité du PLO aujourd'hui le rapproche de plus en plus du bracelet, et des 475 000 dollars mis en jeu.

romain lewis
Rien de mieux qu'une petite vidéo de Julien Cazarre pour décompresser entre deux mains

daniel negreanu
Du beau monde encore dans ce tournoi, certains ont faim de bracelet. C'est le cas de Dan Heimiller ou encore Daniel Negreanu

anthony zinno
Jamais le dernier pour s'imposer sur des tournois de variantes, Anthony Zinno est aux abonnés présents dans ce tournoi, et avec un tapis intéressant

dermot blain
Autre renard des surfaces, souvent bien placé dans les tournois de poker, Dermot Blain, comme Romain, à la recherche d'un premier bracelet WSOP

pallas aidinian
Il restait une seule en femme course, à 56 left, l'Américaine Pallas Aidinian, 3e d'un 1500$ PLO en 2017