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Du jamais vu !

- 30 juin 2018 - Par Benjo DiMeo

Pas moins de six Français encore en course parmi les 27 derniers joueurs du 5K 6-max
Et pas n'importe lesquels !
Event #58 : NLHE 6-max 5 000 $ (Fin du Day 2)


5K 6-max - Fin du Day 2
Six Français au Day 3 d'un gros tournoi de poker à 5 000 dollars l'entrée, alors qu'il ne reste plus que 27 joueurs ! Rien que ça. Si la chose se produisait sur un tournoi du circuit European Poker Tour, elle serait déjà exceptionnelle. Ici à Las Vegas, au beau milieu des World Series of Poker, l'évènement est tout simplement inédit... Et nous rappelle furieusement un épisode rentré dans la légende : la dernière ligne droite vers la table finale du Main Event des WSOP 2017, lorsque pas moins de quatre tricolores figuraient au casting des 27 derniers prétendants au titre - au final, la moitié d'entre eux auront atteint l'ultime table.

Et tout comme l'été dernier, ces six joueurs qui reviendront au Rio dimanche à 14h (23h en France) pour tenter de se qualifier pour la finale ne sont pas les premiers venus. Vous les connaissez même probablement tous, depuis Alexandre Réard (membre du quatuor magique du Main Event mentionné dans le paragraphe précédent), short-stack mais plus combattif que jamais, jusqu'à Jimmy Guerrero, intrépide cash-gameur sur les cinq continents et grand animateur des Winamax Live Sessions, notre émission de CG enregistrée au cercle Clichy-Montmartre, l'un de ses fiefs. Entre les deux, on retrouve deux pros du Team Winamax (Guillaume Diaz et Sylvain Loosli), Yorane Kérignard, triple finaliste EPT et meilleur Français du Main Event 2014, et Yann Brosolo, peut-être le plus discret des six - mais n'en tirez aucune conclusion sur son talent.

Yorane Kérignard
Yorane Kérignard

Ces six joueurs se connaissent bien, tous. Ils se jouent en ligne quotidiennement, sur Winamax et/ou sur le .com. Ils se croisent en live toute l'année en Europe, sur les circuit EPT et WPT. Certains partagent régulièrement les mêmes chambres d'hôtel ou les mêmes villas, quand ils ne font pas carrément partie de la même équipe. Que ces six joueurs se retrouvent en demi-finales d'une des épreuves de No-Limit Hold'em les plus relevées de l'année, où l'on retrouve les meilleurs spécialistes mondiaux du 6-max, c'est à la fois incroyable et pas surprenant. Tous ne sont pas là par hasard. Tous ont le calibre pour gagner... ou tout du moins atteindre l'un des sept sièges disponibles en finale. Sept sièges, six Français : hé, il y a de la place pour tout le monde !

Forcément, au cours d'un Day 2 qui a vu le field se réduire de 203 à 27 joueurs, tous ces copains ont fini par se croiser à un moment ou un autre. Après la bulle, on s'est régalés devant une table rassemblant Brosolo, Diaz, Patrick Bruel et Romain Lewis. Dommage que l'on ait ensuite perdu les deux derniers. Plus tard, Brosolo a retrouvé Guerrero, tandis que Guillaume Diaz s'asseyait à la droite de Sylvain Loosli. Dans tous les cas de figure, personne n'a fait de cadeaux à l'autre.

Jimmy Guerrero
Jimmy Guerrero


Extrait d'un dialogue entendu en fin de journée, au moment de "bag" les "chips" :

Yann Brosolo : "Jimmy m'a 4-bet light ! Et j'ai foldé..."
Jimmy Guerrero : "Mais non ! T'en sais rien si j'étais light..."
Yann : "Si ! J'ai transformé une petite paire en bluff... J'ai 3-bet. Dans le jargon, on appelle ça une Kérignard !"
Jimmy : "Je sais pas si je peux te dire ce que j'avais... Peut-être après le tournoi."

Guillaume Diaz
Guillaume Diaz : "Quand tu as un pote à table, tu joues comme d'habitude, ça ne change pas la stratégie. Mais c'est vrai que c'est drôle. Par exemple, quand je me suis retrouvé à côté de Romain, et qu'on a joué notre premier flop en heads up, en bataille de blindes, j'avais envie d'exploser de rire, c'était dur de se retenir ! Surtout qu'on avait exactement la même posture. Du coup, il a changé la sienne !"

5K 6-max : les Français du Day 3

Guillaume a lancé sa journée avec un coin-flip aussi classique que gagnant (QQ>AK) et a ensuite "grind" tous les jetons possibles. Longtemps au sommet du classement, notre volatile a perdu quelques plumes en fin de journée, se faisant distancer par Guerrero et un Brosolo auteur de quelques "petites games de légende" face à Martin Finger ("Je l'ai 4-bet all-in avec deux 6, il m'a payé avec deux 10... Coup standard de foufous de MTT !"). Réard s'est "bien fait défoncer vers la fin", dixit : "J'ai manqué pas mal de tirages, on m'a hero call, mon image n'était plus bonne, j'ai été obligé de ralentir, ce n'était plus mon heure." Avec 18BB, sa marge de manoeuvre est réduite, mais un come back n'est absolument pas à exclure.

Jimmy Guerrero 583 000 (49BB)
Yann Brosolo 565 000 (47BB)
Guillaume Diaz (Team Winamax) 438 000 (37BB)
Yorane Kérignard 314 000 (26BB)
Sylvain Loosli (Team Winamax) 288 000 (24BB)
Alexandre Réard 213 000 (18BB)


Andrew Graham
Parmi les 21 adversaires du clan Français, pas mal de pointures : Jean-Robert Bellande, l'Espagnol Sergio Aido, James McKay, le suisse Stefan Huber... Le chip-leader se nomme Andrew Graham, il est Américain, c'est le monsieur sur la photo ci-dessus. Un profil de joueur online semi-retraité : a priori, son dernier ITM remonte à 2016, mais c'était sur un Super High Roller à Macau...

NLHE 6-max 5 000 $ : le chip-count complet du Day 3

5K 6-max : les Français éliminés dans l’argent

La fête aurait pu être encore un peu plus complète avec la présence au Day 3 d'un ou plusieurs des joueurs suivants... On aurait bien aimé voir, par exemple, un Patrick Bruel disputer une nouvelle table finale WSOP pour le vingtième anniversaire de son bracelet, ou un Romain Lewis régaler un peu plus longtemps les équipes de Dans la Tête d'un Pro, qui se sont consolées en braquant ensuite leurs caméras sur Guillaume Diaz.

33e : Adrien Allain 14 004 $
37e : Eric Sfez 11 843 $
38e : Patrick Bruel (Team Winamax) 11 843 $
45e : Romain Lewis (Team Winamax) 10 263 $

58e : Arthur Conan 8 311 $
68e : Guy Pariente 7 777 $
86e : Meddi Ferrah 7 477 $
92e : Sébastien Comel 7 390 $

Tableau de bord
27 joueurs restants (621 au départ)
Blindes 6 000 / 12 000 ante 2 000
Tapis moyen 554 000
Prix assuré : 16 958 $
Prix recherché : 616 302 $

Le sondage à la con de fin de 2h du mat

Dites, les gars, vous allez vous lever pour France-Argentine ?

Réponse collégiale : "NOOOOON !"

L'un d'entre eux ajoute : "A part si l'Equipe de France me transfère 616 302 dollars..."

Ce magnifique 5K 6-max reprendra à 14h, heure locale (23h chez vous en France). Nous serons là, fatigués mais excités à l'idée d'une table finale de légende.

La belle journée du clan Portugais

- 30 juin 2018 - Par Benjo DiMeo

Joao Vieira dispute un gros tournoi de PLO après avoir vibré devant la victoire d'un de ses meilleurs amis
Event #60 : Pot-Limit Omaha High-Low 10 000 $ (Day 1)


Joao Vieira
Il est minuit à Las Vegas, mais la journée de Joao Vieira est loin d'être terminée : si tout se passe bien, le Portugais va encore jouer deux bonnes heures dans l'épreuve de PLO High-Low la plus chère de l'été, et pourra revenir une douzaine d'heures plus tard au Rio pour entamer le second tour du tournoi avec un tapis dans la moyenne.

De fait, Naza114 est arrivé au casino hôte des WSOP bien avant que les mots "shuffle up and deal" ne soient prononcés : un compatriote était dans le dernier carré de l'épreuve "Big Blind Antes" à 3 000 dollars, et Joao ne pouvait décemment pas manquer le sacre de celui qu'il considère comme un ami, et un joueur exceptionnel.

Bracelet Portugais
Photo : WSOP.com

Bien lui en a pris : après s'être défait de ses trois derniers adversaires (dont le Belge Jonathan Abdellatif), Diogo Veiga a posé pour la photo, bracelet en main, entouré d'un parterre d'amis à l'enthousiasme communicatif, dont bien entendu Joao. "Il est incroyable", nous confiera plus tard le Portugais du Team Winamax. "Il ne joue pas beaucoup de tournois, c'est seulement son deuxième voyage cette année après Barcelone. Il a gagné une tonne les deux fois ! Mais il mérite, c'est un type très cool, et un très bon ami." En effet : en avril, Diogo terminait en quatrième place du partypoker Millions organisé en terres Catalanes, pour un prix de 450 000 euros. Trois mois plus tard, le voilà qui empoche le bracelet (le deuxième seulement de l'histoire du poker Portugais, six ans après la victoire de Francisco António da Costa Santos sur un PLO organisé durant les WSOP Europe à Cannes) et plus de 500 000 dollars.

Après ce très beau moment vécu en communauté ("le plus beau que j'ai jamais vécu dans ce jeu"), Joao n'a pas sauté tout de suite dans l'épreuve de PLO8. "A force de crier et de m'exciter dans le rail, j'avais la tête qui tournait !" Un peu comme si tu étais ivre, mais sans avoir bu ? "Exactement ! Du coup, je suis allé me reposer un peu et suis arrivé au niveau 300/600."

Avance rapide : six heures plus tard, Joao a fait grimper son stack à 80 000 à une table où j'ai reconnu Chris Bell, le dernier adversaire de Davidi Kitai sur le Pot-Limit Hold'em remporté par le Belge en 2008. A la table d'à côté, un Michel Abécassis semble t-il moins en veine avec 40 000 - mais il reste encore beaucoup, beaucoup de coups à jouer ce soir.

Je demande à Joao le secret de la réussite sur un tournoi de PLO High-Low. Sa réponse tient en un mot : "Freeroll !" Plait-il ? "Il faut jouer serré, et attendre les situations où tu vas jouer en freeroll, donc avec un risque minime. Un low max avec un gros tirage high, par exemple. Le but, c'est de cibler les joueurs qui s'embarquent avec des mains moyennes, des mauvais tirages, et leur prendre les 3/4 du pot, voire tout le pot !"

Au compteur : 218 joueurs (un très bon chiffre, selon Joao), et déjà plus de 80 éliminés, dont David Benyamine.

Phil Hellmuth
Nous avons croisé Phil Hellmuth dans le parking VIP à son arrivée : nous revenions de dîner et il était donc assez tard. "Je le sens bien aujourd'hui", a t-il confié à Scotty N'Guyen en montant les escaliers menant vers l'entrée de service du Rio. "C'est peut-être mon tournoi !" On n'a pas pu s'empêcher de penser que si Phil pensait vraiment cela, il ne se serait pas pointé avec cinq heures de retard

Phil Calderaro
Vainqueur du PLO High-Low à 1 500$ en 2017 et dixième du même tournoi hier, Nathan Gamble est en course, de même que la plupart des adversaires qu'il a affrontés en finale hier : Daniel Negreanu, Eli Elzera, Mike Matusow... En revanche, je n'ai pas croisé Bruno Fitoussi


Valise
Un joueur qui vient d'arriver en ville... Ou qui est prêt à s'en aller à tout moment

Martini frais

- 30 juin 2018 - Par Benjo DiMeo

Julien Martini termine sur le podium d'une épreuve de spécialistes, une de plus
Son premier été consacré aux variantes continue de se dérouler à merveille
Event #50 : Razz 10 000 $ (Day 3 et finale)


Julien Martini
Longtemps, Julien Martini aura occupé le haut du tableau au cours de la troisième et dernière journée du tournoi de Razz le plus cher des WSOP 2018 (et, accessoirement, de l'année, car les tournois de Razz sont une denrée rare de nos jours). L'épreuve avait repris en début d'après-midi avec 13 joueurs restants et Martini a maintenu son gros stack jusqu'aux cinq derniers sièges. Las : trois semaines après avoir remporté son premier bracelet dans une autre variante, le Omaha High-Low, le Français doit cette fois se contenter de la troisième place, après avoir perdu son dernier coup contre un joueur amateur plein d'expérience : Frank Kassela, trois bracelets au compteur.

Qu'on ne s'y trompe pas : loin d'être une déception, ce résultat a de quoi réjouir tout le monde, en premier lieu le principal intéressé, arrivé à Vegas en début d'été avec l'objectif de goûter pour la première fois au cocktail de variantes de poker exotiques, riche et onctueux, offert par les World Series of Poker. Le bilan de Martini, un mois après le lancement du festival de poker le plus important de la planète, et à quelques jours du Main Event, a de quoi laisser rêveur : six places payées (le record Français à ce jour), deux demi-finales (Stud et Razz), deux ITM en Hold'em, le bracelet tant convoité, et enfin, un podium en Razz aujourd'hui.

Julien Martini
"J'ai décidé de me mettre aux autres jeux il y a un an", rembobine Martini, historiquement un grinder spécialisé dans le Hold'em. "Je m'étais rendu compte que les parties de cash-game high-stakes étaient belles, que ce soit en ligne, sur les sites en .com, ou à Vegas, au Bellagio." Car si Martini réside à Taiwan (en colocation avec James Chen, "l'un des meilleurs joueurs de No-Limit Hold'em au monde selon moi"), il passe entre trois et six mois de l'année à Las Vegas, centre nevralgique des plus gros cash-games de la planète, en tout cas en ce qui concerne les "Mixed Games." "J'avais un vrai désir de bosser tous les jeux", explique celui qui avoue se sentir le plus à l'aise en Pot-Limit Omaha High-Low, Stud et Razz, avec encore quelques lacunes dans les jeux "low" comme le Deuce to Seven, le Badugi ou le Baducey.

Longtemps, le Razz fut considéré comme une variante désuète, en voie d'extinction. "Hé, quel est l'âge moyen d'un joueur de Razz", disait la vieille blague. Réponse : "Décédé !" Ha ha. Le cliché - aussi applicable au Stud, ou au Deuce to Seven, ou à tous les jeux n'attirant qu'une poignée d'inscrits - n'est plus tout à fait vrai de nos jours : certes, les tournois de Razz et autres variantes exotiques ne risquent pas de devenir les plus gros des WSOP (119 joueurs pour la version à 10K$ qui nous intéresse aujourd'hui), mais attire depuis quelques années la jeune génération biberonnée au Hold'em. "Le field est plus jeune qu'il n'y paraît, confirme Martini. Ce qui attire les joueurs high-stakes vers un jeu comme le Razz, c'est qu'on dispose de plus de place pour jouer. Ce n'est pas un jeu où on se retrouve à faire tapis avec As-Roi en priant. On peut faire le dos rond, rester patient. Et puis, en Razz, les écarts de niveau sont plus visibles. Les meilleurs joueurs vont plus souvent gagner, j'ai l'impression."

Julien Martini
Est-ce à dire que Julien Martini estime être le troisième meilleur joueur de Razz du monde en cette année 2018 ? "Non, j'ai eu de la chance !", sourit-il. "Et j'ai fait des erreurs en table finale, au moins deux. Il va falloir que je me penche dessus. En revanche, un joueur comme Calvin Anderson [l'un des deux derniers adversaires de Martini, NDLR], j'aurais pu te dire dès hier soir qu'il serait encore là à trois joueurs restants." Ne sous-estimons pas, cependant, la part de réussite, qui existe dans toutes les formes de poker : "Les cartes que tu reçois comptent énormément, bien sûr. C'est un jeu de tirages, il y a beaucoup de tours d'enchères, ça coûte cher de voir toutes les cartes, donc si tu ne touches pas..."

Qu'est-ce qui fait la différence entre un joueur de Razz et un bon joueur de Razz ? "Un bon joueur se montre très agressif, il met une pression constante. Dès que son tableau montre des cartes favorables, il met constamment la pression. Et le but du jeu, quand tu es en face, c'est de déterminer s'il bluffe ou pas. Et le problème, c'est que lorsque tu paies, il va tout le temps te montrer le jeu. Alors que quand tu abandonnes... Il était en train de bluffer, j'imagine !"

Julien MartiniCela fait maintenant un mois que Julien Martini s'éclate dans tous les formats de poker offerts par les WSOP. Ses bons résultats, et l'atmosphère si particulière de la confrérie des joueurs high-stakes, l'a d'ores et déjà convaincu de retenter l'expérience l'an prochain. "C'est quelque chose d'important à souligner : jouer différents types de poker, cela permet de s'amuser beaucoup plus ! Sur les tournois de variantes, les joueurs sont plus concentrés, il y a des décisions à prendre tout le temps, il faut faire attention en permanence." On est loin des tournois de NLHE à 1 000 joueurs où l'on ne quitte l'écran de son smartphone que pour 3-bet à tapis avec deux Valets. D'autant que Martini se sent désormais comme faisant partie de la famille des high-stakeurs : "Ils me reconnaissent, je les joue au Bellagio, et ils sont tous très sympathiques. Il y a énormément de respect au sein de cette famille." Martini égrène quelques-uns des joueurs qui l'ont impressionné et/ou avec lesquels il a sympathisé : Adam Owens, Paul Volpe, Jeff Schulman, Brian Rast...

A quelques jours du Main Event, Martini va maintenant concentrer ses efforts sur les gros tournois de No-Limit Hold'em concluant le programme des WSOP 2018 (non sans avoir auparavant late reg le PLO High-Low à 10K$ qui a débuté aujourd'hui) : le Main Event bien sûr, mais aussi le 6-max à 10 000$, et enfin le High Roller à 50 000$. "Je n'ai joué que 5 ou 6 tournois de Hold'em cet été, alors que c'est censé être mon meilleur jeu ! Mais je vais continuer à bosser les variantes, je ne vais pas lâcher la pression ! Il faut que j'approfondisse les mathématiques de tous les jeux. J'ai pas mal de notions à travailler !"

Les caméras pleurent

- 30 juin 2018 - Par Flegmatic

Romain Lewis éliminé sous les yeux des équipes de Dans la Tête d'un Pro (45e, 10 263 $)
Il reste neuf Français (!) parmi les 41 derniers joueurs
Guillaume Diaz mène encore et toujours les troupes tricolores

Event #58 - NLHE 6-handed 5 000 $ (Day 2)

Il a fait la bulle pour grimper dans les hauteurs du chipcount, il est revenu du dinner break avec une soixantaine de blindes, et puis la machine s'est enrayée pour Romain Lewis. D'abord en perdant un gros pot face au redoutable et expérimenté Martin Finger - pas de spoil, on vous laissera découvrir ça via les futurs épisodes de Dans la Tête d'un Pro -, puis en envoyant ses 23 dernières blindes avant le flop avec une paire de 9, pour tomber contre deux Dames. 16e du "10K 6-max" l'an dernier, le Bordelais réussit un nouveau deep run sur une épreuve short-handed des WSOP, qui s'achève cette fois en 45e position, pour un gain de 10 263 $.

Guillaume Diaz DLTDP

Conséquence de cette brutale élimination, les caméras de votre série poker préférée se sont tournées vers le membre du Team Winamax qui possédait le plus gros tapis parmi les trois W rouges encore en course. Vous voyez de qui je veux parler ? Il est jeune, il est beau, il est frais, il a remporté la Top Shark Academy en 2014, il culmine désormais à plus d'un million de dollars de gains en tournois live et son ombre plane sur ces WSOP depuis quelques semaines comme celle du condor sur les crètes escarpées de la cordillère des Andes : il s'agit bien entendu de Guillaume Diaz.

Si notre Volatile favori commence, de ses propres mots, à montrer quelques signes d'essouflements après plusieurs journées de poker bien pleines d'affilée, et faute aussi à un field qui se rétrécit autant qu'il se densifie, il continue de survoler ce tournoi, avec un tapis de 700 000 jetons lui offrant près de deux fois la moyenne. Les World Series of Guillaume Diaz se poursuivent, et on souhaite bien entendu qu'elles ne s'arrêtent que le plus tard possible. Toujours assis à la même table que le Grenoblois, le Boss Patrick Bruel est davantage en souffrance, avec une petite quinzaine de blindes. Un cran plus à gauche, Jean-Robert Bellande joue les Jean-Robert Bellande, se permettant des ouvertures UTG avec des Valet-8 off qui se transforment en deux paires, pour chiper quelques pions à Volatar.

Sylvain Loosli

De son côté, Sylvain Loosli semble avancer en sous-marin sur ce tournoi, sans faire de bruit, emmitouflé sous son sweat à capuche. Sans avoir l'air d'y toucher, le Toulonnais s'est repositionné au niveau de la moyenne, doublant grâce à un trois barrel shove gagnant face à Andre Akkari, avec une paire de Valets contre la paire de 4 du Brésilien, sur un board 76225.

Guerrero - Brosolo - Sfez

Le November Nine 2013 mène un joli groupe tricolore flirtant avec la ligne des 300 000, comme Adrien Allain (330 000), un Jimmy Guerrero qui vient tout juste de doubler (315 000) et Alexandre Reard (310 000). Derrière, Éric Sfez s'est refait une santé pour passer de 100 000 à 200 000, tandis que son voisin de droite Yann Brosolo culmine autour des 540 000, tout en savourant un massage bien mérité. Autant vous dire qu'à cette table, la croupière a toutes les peines du monde à faire appliquer la règle du English only, stipulant qu'aucune autre langue ne peut être parlée que celle de Paris Hilton. Enfin, n'oublions pas non plus le discret mais efficace Yorane Kerignard, estimé à 440 000.

Alors que tout ce beau monde vient de partir en pause, on compte donc neuf Français à 41 joueurs restants d'un tournoi WSOP. On ne se risquera pas à dire "du jamais vu", faute de temps et d'envie de se replonger en profondeur dans les archives des World Series, mais la situation n'en est pas moins exceptionnelle. Preuve, s'il en fallait encore une, que les joueurs tricolores et le jeu en 6-max, c'est une histoire d'amour qui semble faite pour durer.

Tableau de bord
41 joueurs restants (sur 621 au départ)
Tapis moyen 378 659
Blindes 3 000 / 6 000 ante 1 000
1ère place : 616 302 $
41e place : 11 843 $

William Reymond bulle la dernière table

- 30 juin 2018 - Par Flegmatic

Pas de doublé pour le Français, éliminé en 11e place (4 938 $)
Event #55 : NLHE Tag Team 1 000 $ (Day 3 et Finale)

William Reymond

Alors que les chances de Julien Martini s'amenuisent à mesure que son stack se réduit en table finale du Razz Championship, une première chance de doublé française s'était envolée en fin d'après-midi. Deuxièmes au départ de ce Day 3 à midi, William Reymond et son partenaire Ami Alibay furent les derniers éliminés des demi-finales, en onzième position, pour un gain de 4 938 $ chacun.

C'est le Français qui a joué l'ulime coup, choisissant de placer un 3-bet puis de payer un 4-bet en position avec As-Dame. Tout est finalement parti sur un flop hauteur Dame, alors que l'adversaire de notre Frenchie avait fait tapis avec une paire d'As qui est tranquillement resté devant jusqu'à la cinquième carte du board. L'histoire ne dit pour l'instant pas si William s'est ensuite empressé de rentrer chez lui pour late reg le tournoi Online à 1 000 $ qui démarrait à 15h30. Nous serons aux aguets demain matin pour guetter une éventuelle bonne nouvelle. Nous le reverrons quoi qu'il arrive sur le Main Event.

Table Finale Tag Team

Suite à cette semi-déception pour le clan tricolore, la dernière table de ce Tag Team Tournament a donc démarré, avec quelques visages reconnaissables, comme ceux de Loni HarwoodManig Loeser et du très cosmopolite duo germano-indien Giuseppe Pantaleo / Nikita Luther. Si la première a pris la porte en neuvième position, les autres sont encore en lutte pour le bracelet et les 175 805 $ à se partager. Au moment de notre passage, ils n'étaient plus que cinq autour de la table, emmenés par un trio japonais qui possédait plus de 40% des jetons en circulation.