masquer le menu

Adrián Mateos Diaz n'a jamais été aussi prêt

- 16 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Event #78 : The Big One for One Drop 1 000 000 $ (Day 1)

Adrian Mateos Diaz
Il a fait irruption sur le devant de la scène dès 19 ans, en battant Fabrice Soulier en heads-up de l'un des plus gros tournois européens de l'année 2013, le Main Event des WSOP-E organisé à Enghien-lesBains. 18 mois plus tard, il a enchaîné avec le titre European Poker Tour le plus convoité, le plus prestigieux de la saison, celui de Monte Carlo. Un an plus tard, lors de sa deuxième visite à Las Vegas, il a remporté un second bracelet, et commencé à fréquenter la salle High Roller de l'Aria, à quelques pas du Rio. En 2017, il a enchaîné neuf performances en tournoi valant 250 000 dollars au moins, sur trois continents différents, collectant au passage un troisième bracelet - jamais un joueur aussi jeune n'avait réussi cet exploit. Son total de gains pour 2018 dépasse déjà les 3,3 millions de dollars, son total de gains de carrière a récemment franchi la barre des 15 millions, et il vient de remporter le SISMIX, le "petit" tournoi organisé par son sponsor.

En clair, et sans chiffres rébarbatifs, l'Espagnol Adrián Mateos Diaz est tout simplement le joueur le plus enthousiasmant à avoir fait son apparition sur le circuit pro au cours des cinq dernières années. Un jeune compétiteur au talent fou, prouvant, si besoin en était, que la valeur n'attend pas le nombre des années, et aussi un travailleur aussi précoce qu'acharné, ayant obtenu en un temps record le respect de ses aînés.

Sa présence sur le Big One for One Drop, son tout premier tournoi à un million de dollars, constitue une évidence, moins d'un an après son recrutement au sein du Team Winamax. Le Madrilène était prêt depuis longtemps, fréquentant régulièrement les tournois chers de l'Aria depuis plus de deux ans, ces tournois où l'on retrouve fréquemment les pros Américains au départ du "Big One" aujourd'hui. Ces joueurs-là, il les connaît bien, ils le connaissent bien, il les respectent, ils le respectent.
 


Peu avant le coup d'envoi, Adrian se confiait auprès d'Alex, notre reporter Espagnol, pour une vidéo publiée sur le tout nouveau compte Youtube en langue Espagnole. Pour ceux d'entre vous qui, comme moi, ne comprennent guère les subtilités de cette belle manque (il faudra bien que l'on s'y fasse, cependant : les tables de Winamax ont vu débarquer il y a peu les joueurs de la péninsule Ibérique), sachez que l'on y apprend plusieurs choses intéressantes.

D'abord qu'Adrian a pris une journée de pause hier, à la veille d'un coup d'envoi, dans le sens où il n'a pas joué au poker... Ce qui ne l'a pas empêché de suivre avec attention la retransmission de la finale du Main Event. Ensuite, Adrian a dormi huit heures : "A Vegas, c'est beaucoup pour moi." Pour le reste, le plus gros tournoi de sa vie n'a pas fait l'objet d'une préparation particulière : en soi, jouer les High Roller à 25 000 ou 50 000 dollars organisés presque quotidiennement à l'Aria, de l'autre côté de l'autouroute I-15, constituait déjà la même préparation qui soit : les joueurs y sont les mêmes. Est-il un peu plus aguets du fait que ce tournoi est quatre fois plus cher que le plus gros tournoi qu'il avait jamais disputé auparavant ? Sans doute un peu. Mais dans le fond, il s'agit d'une partie de poker comme les autres, avec le même but qu'Adrian poursuit le reste de l'année : non pas jouer, mais surtout gagner.

Adrian faisait partie de la poignée de pros qui étaient dans l'Amazon Room dès le coup d'envoi (en compagnie de Daniel Negreanu et Phil Ivey, entre autres), un coup d'envoi donné avec une trentaine de minutes de retard. L'Espagnol n'a pas perdu de temps avant de faire parler la poudre : la première élimination de la journée, celle de David Peters, c'est lui qui l'a provoquée.

Voici le coup en entier, tel que raconté par PokerNews :

David Peters défend sa blinde face à une relance de 40 000 d'Adrian, qui c-bet ensuite 40 000 sur le flop 1069. Peters check/raise à 160 000 : c'est payé par Adrian. Le turn 4 n'est pas misé. Sur la rivière, un 4, Peters checke une dernière fois, mais c'est pour mieux partir à tapis pour 2 millions après la mise de 150 000 de l'Espagnol. Ce dernier prendra son temps avant de se décider à payer avec K9 : une couleur gagnante face aux deux paires 109 floppées par Peters et transformées en bluff sur la rivière. Peters est éliminé après moins de deux heures de jeu : PokerNews ajoute avec une ironie piquante que son tournoi lui a coûté 8 500 dollars par minute.

Le huitième niveau du Day 1 se termine doucement, dans un calme olympien - les conversations sont très rares. Bientôt, il ne restera plus que deux heures à jouer et le compteur des inscrits reste bloqué à 24 joueurs. L'affluence est donc presque deux fois moindre que lors de la dernière édition du tournoi en 2014. Nous aurons l'occasion de nous intérroger sur les raisons de cette désaffection, mais sachez que si vous souhaitez faire gonfler les chiffres, vous avez jusqu'à demain matin pour collecter un million de dollars en cash et vous inscrire.

La table d'Adrian

1/ Talal Shakerchi (UK)
2/ Jason Koon (USA)
3/ David Einhorn (USA)
4/ Dan Smith (USA)
5/ Adrian Mateos Diaz (Espagne)
6/ Christoph Vogelsang (Allemagne)
7/ Rick Salomon (USA)
8/ Stephen Chidwick (UK)