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Une tempête coupe le courant, puis le Main Event

- 10 juillet 2018 - Par Benjo DiMeo

Tempête à Vegas ! Une coupure de courant met fin prématurément au Day 5 du Main Event, 90 minutes avant la fin programmée de la journée
On ne sait pas combien de joueurs il reste, car l'écran où qu'il y a écrit le nombre est éteint aussi
Non, je déconne : il reste 109 joueurs, et le Day 5 est terminé


in the dark
"Avertissement : ce post sera bref, et peu intéressant. Il ne s'est pas passé grand chose au cours du Level 24." Ca, c'est le début de l'article que j'étais en train d'écrire aux alentours de 23h15, heure de Las Vegas. Les paragraphes suivants faisaient état du rythme considérablement ralenti des éliminations (à peine une vingtaine en une heure, le taux le plus bas observé depuis... le premier niveau du Day 1, peut-être ?), mais mentionnaient tout de même quelques mains, la belle remontée de Sylvain Loosli, et les double-ups successifs des deux Français les plus short-stacks, Antoine Labat et Sean Marshall.

Et puis... Et puis les lumières de la salle de presse se sont éteintes. "Oh !", a fait tout le monde d'une seule voix. Puis les lumières se sont rallumées... Pour mourir à nouveau dix secondes plus tard. Cette fois-ci, il faisait noir de chez noir, il n'y avait plus d'espoir. Je me suis levé, et ai parcouru les dix mètres me séparant de l'Amazon Room à l'aide de la torche de ma téléphone. Situation identique, à l'exception de quelques loupiotes par-ci par-là, et du "Mothership", le podium télévisé d'ESPN, qui dispose de sa propre source de courant. Coupure d'éléctricité, presque générale !

Amazo Room
Les générateurs de secours dont sont équipés tous les casinos dignes de ce nom permettaient tout de même d'y voir relativement clair à l'intérieur de la salle, mais certainement pas de jouer un tournoi de poker. S'en sont suivis quelques instants d'un cafouillage bizarre et joyeux, avec plusieurs mains encore en cours et devant - le poker avant tout ! - coûte que coûte se terminer. On a par exemple vu Sean Marshall prendre son temps avant d'effectuer un joli call gagnant, des téléphones brandis au dessus de sa table.

Forcément, la partie a été mise en pause, le temps de savoir si on pouvait espérer ou non une résolution rapide. La raison de tout ce bordel, me demanderez-vous ? Probablement la tempête qui avait débarqué en provenance de l'est une heure et demie plus tôt. Beaucoup de vent, une pluie torrentielle, et des orages en veux-tu en voilà. A Las Vegas, le soleil est roi 364 jours par an, mais quand les autres éléments se décident à se déchaîner, ils ne font pas les choses à moitié, et les inondations éclair ("flash flood") ne sont pas un fait rare.

loosli
Un coup de poker presque "in the dark" à la table de Sylvain Loosli


On se rappelle encore de cette soirée de tempête au beau milieu du Main Event 2015 : la pluie fut si soudaine que les rues autour du Rio débordaient déjà après une demi-heure, charriant à vitesse grand V des tonnes de détritus, forçant notre caravane de couvreurs à abandonner notre projet de restaurant après quelques mètres de trajet dans cinquante centimètres d'eau. Cette année-là, la pluie était même tombée au beau milieu de la Brasilia Room ! A l'heure où j'écris ces lignes, je ne saurais dire si nous vivons une situation aussi grave, mais les organisateurs n'ont pas souhaité prendre de risques. Après quinze minutes de flottement, l'annonce a été faite au micro : les joueurs étaient invités à empaqueter leurs jetons, le Day 5 était terminé, 90 minutes plus tôt que prévu.

Il reste 109 joueurs en course - si la partie était arrivée à son terme, on serait plus proche de 85, dont cinq Français :

Benjamin Pollak 5 715 000
Sylvain Loosli (Team Winamax) 3 715 000
Sean Marshall 3 165 000
Antoine Labat 2 015 000
Alexandre Réard 1 640 000


Il est 0h33 et les lumières de la salle de presse s'éteignent régulierement. On va quand même tenter de vous raconter un peu ce qu'on a vu aujourd'hui, et vous présenter les enjeux du Day 6, qui débutera à mardi à 11 heures. Avec plus de monde que prévu, donc...

joe cada
Ce n'est pas une coupure de courant qui va se mettre en travers du massage de Joe Cada, qu'on se le dise