masquer le menu

The Grinder entre dans la légende

- 20 juin 2018 - Par Veunstyle72

Pour la troisième fois de sa carrière, Michael Mizrachi appose son nom sur le trophée le plus prestigieux du poker
Event #33 - The Poker Players Championship 6-handed 50 000 $ (Day 5 / Finale)

mizrachi
Photo : WSOP.com

Il l'a fait ! Michael Mizrachi remporte pour la troisième fois de sa carrière le titre suprême de champion WSOP sur un Poker Players Championship, après s'être déjà imposé en 2010 puis en 2012. Pour cette nouvelle performance, l'Américain empoche plus de 1,2 million de dollars, mais réussit surtout quelque chose que personne avant lui n'avait réussi dans l'histoire de ce tournoi : un triplé magique, inhumain, et d'ores et déjà légendaire.

"Gagner trois fois ce titre, c'est sans précédent, je le sais. Durant ce tournoi, les cartes ont toujours été avec moi, tout du long, je ne peux vraiment pas me plaindre. En revanche, je ne m'attendais pas à run good aussi longtemps. Et je vais vous dire quand tout a basculé : au Day 2, j'étais shortstack et là... je renverse mon café sur la table. On nous change alors de table... et tout s'est inversé ! On va dire que c'était le move qu'il fallait faire !"

Heureux, rigolard, mais aussi très fier et complètement réaliste quant à cet accomplissement personnel, Michael Mizrachi se verrait bien entrer très rapidement dans le panthéon des joueurs de poker, le Hall Of Fame, à l'âge de 40 ans, tout comme l'ont fait avant lui Daniel Negreanu (2014) et Phil Ivey (2016) : "Est-ce qu'on peut entrer dans le Hall of Fame avant 40 ans ? Je ne crois pas, n'est-ce pas ? J'ai le sentiment que cette troisième victoire pourrait m'aider à rentrer plus facilement tout de même, peut-etre même dès que j'aurai 40 ans. C'est une énorme performance, j'en suis conscient, sachant que je n'envisageais pas de jouer beaucoup de tournois sur ces WSOP. Je me suis dit "peut être le Main Event, peut-être le 50 000$", et au final ce ne doit être que mon 4e tournoi de l'été. Désormais, je vais tenter d'aller chercher le titre de Player of The Year, peut-être même devant John Hennigan, qui sait ?" 

HU

Supporté par une foule de railbirds, amis, famille (stackeurs ?), Michael Mizrachi s'est appuyé sur ce soutien pour être plus motivé que jamais et ne décevoir personne dans les tribunes : "Quand vous avez un groupe d'amis et une famille comme la mienne qui vous supportent comme ils l'ont fait, c'est un sentiment incroyable, ça vous transcende et ça vous donne l'énergie nécessaire pour aller au bout des choses. C'est un peu comme si je jouais un match de foot ou de basket à domicile, j'ai toujours le public avec moi et je prends ça comme un avantage par rapport à mes adversaires. Et fort heureusement, tout s'est plutôt bien passé." 

Jamais avide de victoire et d'argent, Mizrachi veut désormais étoffer encore un peu plus son palmarès en allant triompher là où il n'a pas encore vraiment réussi... chez nous : "J'aimerais gagner un EPT, mais pour ça il faudrait déjà que je les joue, je ne voyage pas souvent en Europe. Au pire, je pense que je j'irais jouer les WSOP-E si je me sens toujours aussi chaud dans les prochaines semaines. Parce que vous savez, à chaque fois que vous gagnez un bracelet, vous avez l'impression d'être sur le toit du monde, alors autant en profiter. J'ai très confiance en mon jeu, alors pourquoi s'arrêter de jouer ?"

Mais avant de penser à l'Europe, une autre écheance importante attend "The Grinder", on pense évidemment au tournoi One Drop à 1 million de dollars l'entrée, qui aura lieu mi-juillet : "Pour être honnête, je ne sais pas encore si je vais le jouer, un million de dollars c'est beaucoup d'argent. Je l'ai joué en 2012, ça s'est mal passé et ça m'a rendu malade. Alors on verra, il est probable que je le joue quand même, je me déciderai au dernier moment."

chips

Parfois adulé, parfois décrié, Mizrachi a toujours avancé avec ça, et s'en contenterait presque très bien. Mais plus que sa personnalité, Mizrachi cherche avant tout la considération aujourd'hui, de la part des pairs mais aussi du public. Et de son frère ? "Vous aurez toujours des gens pour vous aduler et d'autres pour vous détester, c'est ainsi que le monde fonctionne. Je pense que j'ai suffisament donné à ce jeu pour au moins avoir le respect que je mérite. Mon frère Robert détient 4 bracelets, mais j'en ai 4 aussi et pas les plus vilains. Je ne peux vraiment pas me plaindre, c'est dingue de remporter ce Players Championship trois fois déjà. Mais je pense que Robert a du souci à se faire, car je ne vais pas en rester là."

Découvert dès 2005 avec deux énormes titres World Poker Tour remportés à quelques mois d'intervalle (et une présence quotidienne sur les plus grosses tables online de l'époque - les anciens se souviennent de "TheGrinder" sur la 100$/200$ Limit de PS), Michael Mizrachi est avant tout un joueur de variantes, et aimerait le rappeler à tout le monde : "Le Stud reste ma variante préférée, j'y ai énormément joué au Commerce Casino de Los Angeles, j'ai aussi beaucoup joué les Mixed games sur internet. Je pense qu'on peut décemment dire que ce tournoi est le mien, non ? Et je reviendrai d'ailleurs l'an prochain pour le gagner à nouveau, je vous l'annonce." 

Chipleader dès le Day 2, chipleader au Day 3, au Day 4 et même au Day 5, avant de remporter la table finale, Michael Mizrachi envisage désormais d'aller faire la fête... mais pas à n'importe quel prix non plus : "La dernière fois que j'ai gagné, ça m'a couté très cher en soirée ! Je crois qu'on va laisser les amis et la famille m'inviter ce soir. Mais dans tous les cas, ça finira surement en boite puis au Rhino, normal non ?"

Hennigan manque le doublé cet été

john hennigan

Face à Michael Mizrachi, un autre monstre évoluait sur cette table finale, John Hennigan. Beaucoup moins célèbre chez nous qu'ici, Hennigan réussit des WSOP presque parfait, avec déjà 4 ITM, dont 2 tables finales, deux pré-table finales et une victoire ! Il s'en fallu de peu pour qu'il ne rafle son deuxième bracelet de l'été, et le 6e de sa carrière, ainsi que son second trophée sur ce tournoi. Mais alors que s'est-il passé pour que ce tête à tête soit si rapide, 30 minutes maximum, alors que les deux joueurs étaient plutôt deep ?

Si vous suivez ce coverage depuis le début, vous savez surement quelle variante a permis de construire quelques uns des plus gros pots lors de ce tournoi : le No Limit Hold'em. Sur la dernière main du tournoi, Mizrachi a open (225 000) et Hennigan a 3-bet (750 000), payé par Mizrachi, et c'est sur un flop Q95 que les choses se sont emballées : c-bet à 700 000 d'Hennigan, relance à 2 millions de Mizrachi, tapis pour 5,3 millions, snap call chez Mizrachi.

Le futur vainqueur de ce tournoi retourne 98 pour une paire intermédiaire et un tirage flush, alors que John ne pouvait montrer mieux que JT pour hauteur valet et tirage quinte par les deux bouts. Et le suspens aura été de courte durée, puisqu'un 10 s'écrasera sur la table, rendant hystérique toute le rail de Mizrachi. La river 8 est anecdotique, et c'est ainsi que ce Poker Players Championship s'acheva.

De quoi rendre plus fier que jamais son frère Eric, sur Twitter.

Résultats de la table finale
Vainqueur - Michael Mizrachi (USA) 1 239 126 $
Runner up - John Hennigan (USA) 765 837 $
3e - Dan Smith (USA) 521 782 $
4e - Mike Leah (Canada) 364 197 $
5e - Benny Glaser (UK) 260 578 $
6e - Aaron Katz (USA) 191 234 $