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Level 2, un tel field, c'est vertigineux

- 5 juillet 2018 - Par Flegmatic

Plus de 4 300 joueurs au compteur, et ça continue de grimper
Main Event Day 1C - Level 2 (150 / 300)

Saderne, ça gagne

Jérémy Saderne
Si Julien Martini est actuellement le Français comptabilisant le plus de gains cumulés depuis le début de ces WSOP (403 203 $ exactement, on s'occupe de tout recenser par ici), saurez-vous trouver celui qui a signé la meilleure perf' sur un seul tournoi cet été à Vegas ? Non, ce n'est ni le coutumier du fait Antoine Saout, ni le finaliste du 25K$ PLO David Benyamine, ni même notre Romain Lewis national, mais bien le vainqueur du Winamax Poker Tour 2017 Jérémy Saderne. On vous en parlait il y a une dizaine de jours, le Marseillais a terminé runner-up d'un tournoi à 1 600 $ au Venetian pour 364 573 $, le plus gros gain de sa jeune carrière ! "C'était une journée incroyable, avoue l'intéressé. J'ai toujours eu un gros tapis, je n'ai jamais perdu de coup qui aurait pu me mettre en difficulté, le pied."

Dans la foulée du plus gros résultat de sa carrière, et après une journée marathon qui s'est achevée autour de quatre heures du matin, Jérémy a choisi de la jouer tranquille, profitant du repos de celui qui sait qu'il a d'ores et déjà réussi son été. "Honnêtement, j'ai passé les trois quarts de mes journées dans ma chambre au Palms Place (qu'il partage notamment avec ses potes Arthur Conan et Quentin Roussey NDLR) à prendre des bains !" Jérémy est donc frais, même au lendemain d'une Coupe du Monde de foot des joueurs de poker qui ne s'est pas exactement passée comme prévue, avec une élimination dès les poules. "On a notamment perdu contre les Brésiliens, qui ont ensuite sorti l'autre équipe de France. Le match était tendu, ils ont joué les truqueurs. Si j'en ai un à ma table, je vais le slowroll je crois."

Une légère amertume qui n'entame en rien sa bonne humeur... et son efficacité sur ce tournoi ! Alors qu'il avait déjà fait grimper son tapis à 65 000 après un niveau de jeu, Jérémy a poursuivi sur sa lancée pour monter jusqu'à 100 000. La machine est lancée, et tentera de faire mieux que sa 1 041e place de l'an passé. "J'avais sauté juste après l'entrée dans les places payées, quelque chose comme dix minutes après le lancement du Day 4. Cinq niveaux à jouer en une journée, physiquement, ça va. C'est sur les journées qui vont suivrent qu'il va falloir trouver le bon ryhtme, ne pas se coucher trop tard notamment." On souhaite bien évidemment à Jérémy beaucoup de journées à vivre encore sur ce tournoi.

King on the river

JPBet
À peine débarqué au Rio aujourd'hui, je croise mon ancien collègue Jean-Pierre Besançon dans le couloir du Rio. Ça roule JP ? "Je suis tilté, je suis allé faire un tour, explique notre ancien trader. J'ai perdu un gros coup avec deux As contre deux Rois, le mec a fait le Roi river. Bon, ça s'est surtout joué postflop, il me reste encore 30 000, mais ça saoule un peu." Une petite frayeur de courte durée puisque, au moment de passer prendre la photo ci-dessus, "JPBET" était déjà remonté au niveau du tapis de départ. C'est déjà une nouvelle journée qui commence.

Vous ici ?

Valentin Messina
Hier, nous avions fait glisser dans ce coverage un tweet de Valentin Messina laissant entendre que celui qui avait fait 15e de ce Main Event l'an passé pour 450 000 $ ne comptait pas prendre le chemin du Big One cette année. Notre surprise fut donc totale au moment de décrocher Valvegas tranquillement installé dans la zone Purple de l'Amazon Room. "Ils se sont un peu level les joueurs de poker sur ce coup !, plaisante le Maltais. Bon, j'ai supprimé mon tweet depuis, parce que ça a un peu dégénéré dans les commentaires." Pour reprendre un meme bien connu des Internets, well that escalated quickly. Autant dire que si Valentin souhaitait passer incognito sur ce tournoi, c'est rapé. Surtout, j'ai moi-même grillé sa couverture auprès de tous ses voisins de table. "Guys, on a une célébrité avec nous !," s'est écrié un joueur à sa droite au moment où je prenais la photo. Oups.

"Il" est de retour

adrian mateos

Après un début d'été tonitruant en terme de résultats poker, puisqu'il a déjà remporté près de 700 000$ sur les tournois de l'Aria et des WSOP, Adrian Mateos s'est accordé une pause bien méritée du côté de son Espagne natale : "J'avais besoin de couper, je pense qu'il est indispensable de couper, tu ne peux pas donner le meilleur de toi même si tu n'es pas en forme. Je suis rentré à Madrid, mais aussi à Alicante. Là, j'ai pu profiter de mes amis, du beau temps et des grosses soirées. Mais c'est terminé tout ça, et je suis bien décidé à remporter ce Main Event !" 

Inutile de vous parler de sa motivation, de sa concentration et de son implication à table, vous savez maintenant qu'on ne l'appelle pas "La maquina" pour rien. Compté à 57 000 à la première pause de la journée, l'Espanol du Team n'a pas chômé pour mettre les jetons au milieu de la table. Adrian gagne mais perd aussi parfois. Ça s'est d'ailleurs vérifié en deux mains consécutives, les deux mains disputées juste avant ce break. Sur la première, il squeeze en SB et trouve un payeur, le relanceur initial. Puis sur T9843, les deux joueurs vont check le flop, puis Adrian va payer une mise de 2 800 à la turn et 6 500 sur la rivière. Son adversaire retourne Roi-Dame, attrapé par le sergent Garcia Mateos Diaz, avec une paire de Sept. La main suivante, ces deux mêmes joueurs se sont affrontés. Et après l'ouverture du même joueur, Adrian décidait à nouveau de relancer, de 400 à 2 200. Payé monsieur. Puis sur un board 86544, Adrian va se faire check/raise au flop, de 1 200 à 3 200, puis il va call 4 000 à la turn et 7 000 à la river. Sauf que son adversaire a trouvé le moyen de montrer mieux qu'une paire d'As, avec un magnifique 97, qui avait rapidement trouvé la quinte au flop. Rien de catastrophique pour Adrian, avec lui, ça monte, ça descend, puis ça monte monte monte, et ça ne redescend plus, il y a donc juste à attendre un peu.

Brèves de Brasilia

pons salas
Mince, Nicolas Pons a disparu ! Mesbah Guerfi, que s'est-il passé pour le jeune Français ? "Rien, ne t'en fais pas, ils l'ont simplement déplacé en table télévisée." Ouf ! Ce sera donc sur la table TV qui a servi à PokerGo tout l'été, dans la Brasilia, que Woody All In évolue désormais. Qui d'autre autour de cette table ? Pas la plus grande star de la planête, mais un joueur qui avait tout de même permis d'avoir un rail bien animé l'an passé, il s'agit de l'Argentin Damien Salas.

mike takayama
Pendant ce premier break, Jack Effel en a profité pour distribuer l'un des derniers bracelets WSOP de l'été à son vainqueur, Mike Takayama, qui nous vient tout droit des Philippines, et qui s'est adjugé le tournoi Super Turbo Bounty disputé en un jour malgré un field affolant (2 065 joueurs). Ses fans étaient plutôt très nombreux dans le rail et pour cause, il s'agit du tout premier bracelet de l'histoire de son pays.

yehoram houri
Seconde apparation seulement pour Yehoram Houri, qui n'avait participé jusque là, qu'au tournoi à 888$. Le runner up d'un event des WSOP en 2015 semble plus frais du coup, forcément, et parfaitement d'attaque pour aller deeprun ce Main Event.

cliff josephy joseph cheong
On dit souvent que lors du Day 1, on croise beaucoup de touristes/qualifiés/joueurs perdus... mais pas que ! Sur cette table, on retrouve non pas un mais deux November Nine d'un coup, ayant tous les deux terminé en troisième place lors d'éditions différentes. Cliff Josephy et son magnifique T-shirt avec drapeau Américain imprimé dessus (2016), et Joseph Cheong, tout à droite de la photo (2010). Et moi, quand je vois Joseph Cheong, je ne peux m'empêcher de repenser à ce gros bad beat encaissé... et de la réaction de son adversaire ! Sur le Main Event, des nerfs solides sont une condition sine qua non.


david williams
On ne l'a pas vu de l'été, mais comme souvent, l'Américain David Williams ne rate que rarement le tournoi qui a changé sa vie. Runner up en 2004 derrière Greg Raymer, David Williams n'est jamais parvenu à rééditer un tel exploit, lui qui avait tout de même empoché 3,5 millions de dollars à cette occasion.

Vojtech Ruzicka
Encore et toujours des November Nine, cette fois, il s'agit de Vojtech Ruzicka. Lui, c'est en 2016 qu'il avait réussi à atteindre l'ultime table de ce tournoi, pour finalement s'incliner en 5e position, afin de réaliser la seconde perf' la plus lucrative pour un joueur Tchèque, avec ses presque 2 millions de dollars, juste derrière Martin Stazko, runner up en 2011 pour 5,4 millions de dollars.

vanessa selbst
Elle était dans notre liste des gens qu'on était surpris de ne pas avoir encore croisé. On peut la rayer de cette liste, Vanessa Selbst est bel et bien dans ce tournoi en 2018. J'ai vérifié, Gaëlle Baumann n'est pas dans les parages, ça devrait un peu mieux se passer pour elle cette année... 

Miranda, t'es vilaine

Miranda Room
La Miranda Room est un peu la salle "vilain petit canard des WSOP". Elle n'est que rarement utilisée pour les tournois "à bracelet" : on y joue plutôt des satellites ou des boucheries low-cost. D'abord parce qu'elle est minuscule (25 tables à peine), et aussi parce qu'elle jouxte la cafétéria des WSOP : seule une mince cloison sépare les joueurs des cuisines des WSOP. Résultat : les narines des joueurs sont en permanence embaumées d'un délicieux (sic) fumet mélangeant quantité de viandes diverses et variées à l'arôme plus que douteux. Pas le cadre idéal pour démarrer le plus gros tournoi du monde, mais la fin justifie les moyens : c'est ça ou rien.

Je suis entré dans la Miranda Room avec l'objectif de croiser un joueur en particulier, mais il n'était pas là, tout du moins pas encore (voir plus bas). J'ai tout de même croisé Chris Bell, le Suédois Peter Ecchart, Erik Lindgren, David Levi... Que des vieux de la vieille. Et aussi :

Vivian Saliba
Star montante du poker au Brésil (et ailleurs), Vivian Saliba est en quête d'un deuxième ITM consécutif sur le Main Event...

Kathy Liebert
Si besoin, Vivian pourra demander des tuyaux à Kathy Liebert, l'une des compétitrices les plus expérimentées de l'histoire du poker de tournoi. La statistique donne le tournis : depuis 1994, Kathy a signé 351 ITM en tournois ! Et encore, ce chiffre ne comprend que les performances enregistrées par la base de données Hendon Mob. Vu l'ancienneté de son palmarès, il est fort probable que pas mal de résultats enregistrés dans les années 80 et 90 se soient perdus en route. Quand on creuse cette fiche à 6 millions de dollars de gains, on trouve un bracelet WSOP (Shootout en Limit, 2004), une victoire à un million de dollars sur la croisière Party Poker (hé oui : en 2002, on pouvait jouer de maxi tournois sur un bateau sillonnant les Caraibes - l'auteur de ces lignes n'a jamais connu cette époque bénie, snif), et une quantité industrielle de finales et victoires sur tous les types de buy-in. Le bilan de Kathy sur l'édition 2018 est modeste en dollars, mais riche en lignes de palmarès : 6 ITM, tous en No-Limit Hold'em.

Pierre Merlin
Aux côtés d'un joueur qui ne pourrait véritablement prétendre gagner notre concours du plus beau patriote (il va falloir faire mieux que ça), un Pierre Merlin incognito.

Antonin Teisseire
Antonin Teisseire
: "J'ai joué 12 ou 13 tournois cet été... Je n'ai fait qu'un ITM, dès le début, sur le Seniors, et après plus rien !" Je demande au sudiste s'il s'est bien amusé en dehors de la table, au moins. "Non ! J'ai été sage..."

Manuel Bevand, ou pas
Une bouteille de jus d'orange pleine, une salade à moitié mangée, un café, une banane et un sac à dos : pas de doute, Manuel Bevand a pris place à table pour son premier Main Event depuis 2014. Sauf que l'ancien pro du Team Winamax avait pris la poudre d'escampette au moment de notre visite en Miranda, en milieu de Level 2. Nous ne manquerons pas de revenir le saluer, et l'interroger sur ce qui ressemble au come back joyeux d'un ancien pro vivant désormais une nouvelle carrière hors des tables, mais pas étrangère au poker...

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Patriot

Croisé justement à la table de Valentin Messina, un patriote tout de Star Splanged Banner vêtu.

Happy Treason Day
Beaucoup moins patriote, ce joueur que l'on imagine Anglais, qui n'a toujours pas digéré la sécession des treize colonies américaines en 1776, signant l'acte de naissance des États-Unis d'Amérique. C'était il y a 242 ans, dude : il est temps de passer à autre chose.

Hot Dog Contest
Pendant ce temps, la salle de presse a le droit au légendaire Hot Dog Eating Contest, fièrement diffusé sur ESPN2. Le dinner break a beau approcher, j'ai bizarrement d'un coup perdu tout appétit.

bet perdu
Quand tu as perdu un gros pari (enfin j'espère pour lui) mais que tu assumes comme un homme... de te déguiser en femme toute la journée !

us tie
La cravate de ce 4 juillet 2018 est signée de Kevin, floor des WSOP depuis les temps immémoriaux. Nice tie, bro !