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Day 3, demandez le programme

- 30 mai 2010 - Par Benjo DiMeo

Le Player's Championship a trouvé une conclusion provisoire. Au fond de l'Amazon Room, la finale du tournoi des employés de casino poursuit son cours devant douze spectateurs au total, et avec tout le respect que nous leurs devons, cela se fera sans nous. Voici les trois épreuves au programme dimanche :

Midi (21h en France) : Event #3 – No Limit Hold'em 1,000$ (Day 1B)
Deuxième journée de départ de la première boucherie de l'été. Les 280 et quelques survivants du Day 1A vont se reposer dimanche tandis qu'une troupe de plus de 2,500 recrues toute fraîches vont remplir à ras-bord la Pavilion Room, achetant leur ticket de loterie pour un tirage à plus d'un million de dollars. Le Team Winamax fera officiellement son entrée aux WSOP à l'occasion de cette épreuve : Nicolas Levi et Davidi Kitai seront au départ, prêts à plumer les pigeons.

14h : Event #2 - The Poker Player's Championship 50,000$ (Day 3)
Parmi les 54 joueurs ayant passé le second tour : l'incontournable Phil Ivey, qui reviendra en troisième journée avec un tapis de 324,500, à peu de choses prêt la moyenne. Dans les hauteurs du classement, nous retrouverons des joueurs comme Jeff Lisandro, Michael Mizrachi, Doyle Brunson, Daniel Alaei, Andy Bloch ou encore Nick Shulman. Mais aucun d'entre eux n'atteint le tapis de Kirk Morrison, actuel chipleader avec 731,000. Phil Hellmuth fut contraint de tirer sa révérence à quelques mintues de la fin du Day 2. Seize joueurs seront payés : il se pourrait bien que la bulle éclate au cours du Day 3.

17h : Event #3 – Omaha High-Low 1,500$ (Day 1)
La première épreuve de spécialistes à petit buy-in. Pour sur qu'on y retrouvera une poignée de français amateurs de jeux exotiques et tout juste débarqués à Vegas.

Best Hold'em Player in the World

- 30 mai 2010 - Par Harper

Phil Hellmuth est déplacé à la table de Chris Ferguson, Andy Bloch et Robert Williamson alors qu'une ronde de No Limit Hold'em commence. Assurément la variante qu'il maitrîse le mieux parmi les huit offertes dans cette épreuve. Le sale gosse du poker est au hi-jack, et relance à 9,500 (blindes 1,500/3,000). C'est payé par un bon joueur asiatique dont j'ai oublié le nom (petite blinde) et Andy Bloch (grosse blinde).

Le flop est QTrèfleTTrèfle4Pique. Les blindes checkent. Hellmuth prend son temps pour faire de même. Turn : un 4Trèfle. Symétrie : les blindes checkent à nouveau, Phil mise 23,000 à toute vitesse, et les blindes passent encore plus vite.

Au milieu des experts en Mixed Games, l'autoproclamé meilleur joueur de Hold'em du monde se défend avec un tapis avoisinant les 130,000.

A la limite du spew

On vient de perdre Huck Seed, le mystérieux champion du monde 1996, aussi lunatique que génial, en tout cas c'est ce que disent les livres d'histoire.

Nous sommes en PLO et Seed se débat avec un petit tapis. Aux alentours de 70,000, soit moins de 25 blindes. Tout le monde passe jusqu'à sa petite blinde : il relance à 9,000. Son voisin de gauche est Hasan Habib, qui 3-bet à 25,000.

Seed possède une main que même les moins doués au Omaha reconnaitront comme plutôt cradingue : 9Carreau6Coeur5Coeur2Carreau. Ce qui ne va pas l'empêcher de payer plus d'un tiers de son tapis pour voir le flop. Le flop en question améliore considérablement sa main : 7Carreau6Trèfle4Coeur pour une paire, un tirage par les deux bouts, et deux couleurs backdoor. Seed ne pouvait guère espérer mieux, et engage rapidement son tapis, misant d'abord un tout petit 6,500 en donk-bet, puis payant la relance all-in d'Habib. Ce dernier montre KCoeurKPiqueATrèfle7Coeur pour une over-paire et la top-paire du flop.

Seed manque ses outs sur le turn QTrèfle et la rivière JCoeur, et se lève, trainant sa carcasse jusque la sortie.

Benjo

Mach III

Coverage par Winamax

Pot Limit Omaha : Que vous ayez deux ou quatre cartes en mains, il existe une constante entre le Hold'em et le Omaha : avec les as, vous partez à tapis. Robert Williamson III et Andy Bloch n'ont ainsi pas hésité à chacun engager 85 blindes avant le flop avec respectivement ACoeurAPiqueKCoeurJCoeur et APiqueACarreauQTrèfle8Trèfle. « Chop one time ! » a alors imploré Robert, sentant le bad beat arriver. Et le flop 2TrèfleQCoeurKTrèfle ne fut pas pour calmer ses ardeurs : « No, no, no... » Le tournant, une QTrèfle, le met au fond du trou : Andy vient de toucher une couleur ! Et la rivière, un 5Trèfle, n'y change rien : Robert prend le chemin de la sortie pendant qu'Andy grimpe à un demi-million.

Révisons nos classiques

Pot Limit Omaha : Derrière un limp d'Elezra, premier de parole, Phil Ivey se contente de checker sa grosse blinde avant d'attaquer à hauteur de 7,000 sur un flop JTrèfle4Coeur7Pique. Eli paie rapidement. Le tournant est un 3Trèfle qui fait rentrer le tirage le plus visible sur ce flop : Cinq-Six pour une quinte. Phil ne va pas se poser la moindre question et check-fold sur une mise de 20,000. Il conserve un tapis de 220,000, un poil moins que la moyenne.

Valeur à l'abattage

Coverage par Winamax

Deuce to Seven : Un tour d'enchères a déjà eu lieu entre Georges « jorj95 » Lind, Kirk Morrison (photo) et un troisième larron. Chacun investit alors 24,000 (soit deux bets) et échange une unique carte, avant un check général. Kirk réalise alors un stand pat tout en faisant un étonnant check in the dark (ceci est surement le processus standard de showdown value en Deuce to Seven, mais je ne connais pas très bien cette variante). Georges et « l'autre », après avoir changé une carte, font de même : Kirk révèle 8-7-4-3-2, la main gagnante. Son tapis grimpe à 750,000, suffisamment pour le placer en tête du tournoi.

Harper

Ultime ronde

- 30 mai 2010 - Par Benjo DiMeo

Une heure du matin à Las Vegas. Le Player's Championship entame sa dernière heure de la journée. Visages fatigués - les survivants ne prennent même plus la peine d'aller prendre l'air pendant la pause, se contentant d'attendre que les mintues passent, debout près de leur table. Le Day 2 n'a en rien ressemblé au Day 1. Après le rythme d'escargot observé durant le premier jour, les éliminations sont allées bon train aujourd'hui, avec une cinquantaine d'éliminations en sept heures de jeu. Un chip-leader inattendu s'est déclaré peu avant minuit : le vieux de la vieille Steve Zolotow, que l'on a entendu juger sa prestation avec ces mots : « Impossible de jouer pire que moi en ce moment. » Une affirmation contredite par le tapis de 600,000 qu'il affiche à l'heure actuelle. Zolotow est suivi par des joueurs comme Kirk Morrisson, Alexander Kostritsyn, Robert Mizrachi et Brett Richey. Doyle Brunson continue son beau parcours, à l'inverse de Mike Matusow, Chad Brown et Todd Brunson, récemment éliminés.

Benjo

Welcome to Randomland

- 30 mai 2010 - Par Harper

L'Event #3 ne regroupe plus qu'une foule d'inconnus

« Seat open ! » Ces deux mots ont raisonné plus de 2,000 fois aujourd'hui dans la Pavillon Room. Le donkament à 1,000$ a tenu toutes ses promesses, voyant le nombre de joueurs se réduire de 2,500 à 350, alors que nous sommes à une quarantaine de minutes de la fin de cette première journée. A y regarder de plus près, l'accession au Day 2 sera presque synonyme d'entrée dans l'argent ! Comme on pouvait s'y attendre, c'est une tonne de randoms qui restent en course. Je ne doute pas qu'il y ait encore des joueurs en ligne dont les pseudos sont capables de vous faire frissonner mais dont le visage ne nous est pas familier qui soient encore en jeu, mais parmi les têtes connues, je n'ai vu que Vanessa Rousso (douze blindes), Allie Prescott (vingt-cinq blindes) et Andrew Teng (quarante blindes). Oh, je vous rassure, ils ne sont pas shortstack : la moyenne est d'un peu plus de vingt-cinq blindes. Laissons ce tournoi de côté pour ce soir, nous nous y replongerons dès demain midi, avec l'entrée en lice de Nicolas Levi et Davidi Kitai dans ce concours de coin flip.

Harper

Benyamine au tapis

- 30 mai 2010 - Par Harper

Dans un coup de Pot Limit Omaha, David Benyamine engage son tapis avec une paire d'as (au-dessus d'un petit flop) et un gutshot. Michael Mizrachi paie avec deux paires et Sorel Mizzi, largement couvert par David et Michael, est également à tapis avec Q-Q-9-9. Le tournant n'est d'aucune utilité pour David, et la rivière, un 9 qui permet à Sorel de tripler, ne l'aide pas non plus. L'unique espoir français de ce Players Championship est donc éliminé en cette fin de seconde journée. Autant vous dire qu'on est dégoutés.

Mercier, c'est terminé

Coverage par Winamax

Éliminé, Jason compte désormais sur ses deux fan-girls, de retour aujourd'hui dans l'Amazon Room, pour le réconforter

L'excellent Jason Mercier vient de nous quitter. Snif. Il a commencé par perdre une tonne de jetons en Stud High, où dans un pot de 40,000, il a préféré passer son X-X-4-7-A-2 après s'être fait check-raise de 8,000 à 16,000 par X-X-9-K-T-A. Tombé à trois gros bets, il a engagé son semblant de tapis quelques mains plus tard en Stud High-Low. Ne trouvant rien d'intéressant, Jason a récupéré son balluchon, et tranquillement pris le chemin de la sortie. On ne s'en fait pas trop pour le bougre : avec la (les ?) dizaine(s) de tournois qu'il va disputer durant cette série, les résultats devraient pleuvoir.

Freeroll à la con

Le dimanche 27 juin se déroulera parallèlement aux traditionnelles épreuves des World Series un Tournament of Champions (All-Star Event), regroupant 25 joueurs triés sur le volet (pour être éligible, il faut avoir remporté un bracelet : 20 vont participer grâce à un vote du public, 5 grâce à un jury). A noter tout de même que le tournoi sera doté d'un million de dollars... Plutôt intéressant lorsqu'on n'investit pas un rond et qu'on joue en nombre limité ! Pourtant, lorsqu'on annonce la nouvelle à Phil Ivey (qui devrait sans trop de problèmes être choisi par le public – voici le top 50 actuel), il enrage quelque peu : « That sux. » Visiblement engagé dans d'importants paris sur d'autres tournois se déroulant en même temps (certainement l'Event #48, un Mixed Event à 2,500$), Phil ne semble que très peu intéressé par ce All-Star game. En cas de désistement de sa part, j'ai posé une option pour jouer. Je vous tiens au courant les gars, j'espère que ça va passer.

Tiré, manqué

Coverage par Winamax

Également à classer dans la catégorie « busto » : l'américano-parisien Freddie Deeb, pour qui les quatre derniers bets de Stud ont volé avec une paire de sept sur la troisième street alors que Steve Zolotow possédait déjà deux as. Aucun des deux joueurs n'a amélioré sur les quatre cartes suivantes et Freddie a rejoint la sortie.

Il touche du bois

Coverage par Winamax

No Limit Hold'em : Derrière une relance à 8,000 de Phil Helmuth (nous sommes sur des blindes 1,200/2,400), Matt Glantz sur-relance à 29,000. Phil passe rapidement, non sans oublier son habituel cinéma : « C'est bien, continue de faire ça... Tu peux même montrer un bluff. Tout ce que je te demande, c'est de ne pas payer avec As-Dix quand après une nouvelle sur-relance de ta part, j'enverrai tapis avec As-Roi. » La table s'inquiète alors de l'état de la santé mentale de Phil. Ce dernier répond : « C'est juste que je ne veux pas partir à tapis alors que j'ai moins de 80% de chances de l'emporter. Je ne peux plus supporter ces bad beats. » Phil est actuellement en difficulté avec un tapis de 100,000.

Harper

Marquage à la culotte

« Est-ce qu'on peut avoir un jeu de cartes neuf ? », demande Alexandre Kostritsin en collectant le pot d'une main tout juste terminée. « A chaque fois, les As sont marqués », ajoute t-il en montrant les deux qu'il détenait sur ce coup joué en Omaha High-Low.

La croupière s'empare des cartes. Doyle Brunson lui ordonne de « faire la salade » avec le paquet. Elle s'exécute, respectueuse de l'autorité que le poids des années confère à Big Papa. Les cartes sont maintenant étalées sur le tapis, face cachée.

« Trouve moi les As », demande Doyle à Alexander.

« Oh, je n'en serais pas capable », dit Alexander.

« Hé bien moi non plus », dit Doyle. La main suivante est distribuée. Doyle jette ses cartes avec un sourire. « Je ne reçois jamais d'As, je n'ai pas ce problème. » Le débat semble clos, mais Doyle appelle à la cantonade un superviseur. Celui-ci accourt.

« Donnez nous un jeu neuf. Quelqu'un ici pense que les As sont marqués. »

« Oui », s'explique Alexander. « Les As sont légèrement pliés. »

« Ce n'est pas franchement visible », remarque – fort justmeent – la croupière.

Le superviseur sort les As du paquet et les pose au milieu du tapis. Hoyt Corkins s'en empare, et les examine à la lumière. J'aime bien quand tout le monde participe à ces petites disputes. « C'est vraiment pas évident », dit-il.

« C'est à cause du Deuce to Seven » dit Brett Richey. « On aime bien découvrir nos cartes une par une, tout doucement, et çà les plie. »

« Mais personne ne plie les cartes en vue de tricher, non ? », s'interroge Corkins. « On utilise plutôt l'ongle quand on veut marquer une carte... »

« Les vieux gamblers utilisaient cette technique », dit Doyle, qui gagnait déjà sa vie aux cartes avant la naissance de Barry Greenstein.

« Allez, changez les cartes si ça lui fait plaisir », coupe Richey. Le superviseur s'exécute, histoire d'en finir avec cet interminable débat.

Benjo