« J'ai confiance : cela va aller plus loin encore »

- 4 juillet 2010 - Par Harper

Ludovic Lacay représentera le Team Winamax en finale du World Championship Pot Limit Omaha

Le trajet de Ludovic Lacay vers la finale du Pot Limit Omaha s'effectua sur un long fleuve tranquille. Jamais inquiété, le joueur du Team Winamax a parfaitement géré sa barque, ne s'impliquant dans aucun gros pot pour éviter de chavirer. Arrivé à quai avec le deuxième tapis, c'est dans la sérénité que Cuts aborde la finale. Entretien.

Tu as débuté la journée avec le quatrième tapis. Quelle était ta stratégie ?
« Jouer small ball. Il y avait de nombreux tapis moyens et la profondeur était limité : l'objectif était donc de ne pas entrer dans de trop gros coups. J'ai eu la chance d'avoir deux tables très serrées. Ainsi, je me suis principalement attelé à voler les blindes ou à voler les coups au flop. Quelques fois, je me suis laissé aller à des 2-barrel, mais ce fut très rare. Autre tactique : tenter de toucher une main dans les pots assez gros, notamment en payant des relances de gros tapis en position avec des mains comme 5-6-7-8. Malheureusement, je n'ai jamais réussi à le faire. Je me suis donc limité aux vols de blindes et j'ai remporté ce coup important contre Binger (ndlr : Quinte contre brelan) qui m'a permis de grimper à 700,000. Ensuite, ce fut du grind, ce qui m'a donné la possibilité de me maintenir à un million. »

Vous êtes passés de douze à neuf joueurs en à peine cinq minutes. Reviens sur ce dénouement.
« J'ai commencé à attaquer les gros tapis, ce qui m'a permis de grimper à 1,3 million, un tapis tout à fait confortable. Je reviens ensuite de la pause et Alessio Isaia, qui possède un tapis de un million, relance au cut-off avec A-K-K-J en jouant une couleur. Je fais « pot » par dessus au bouton avec A-A-3-4 et également une couleur. Et là, il répond en envoyant son tapis. Je paie, bien sûr. C'est un coup classique de Pot-Limit Omaha. Le flop est venu A-Q-5 avec ma couleur. Même s'il touchait le dix pour la quinte, je jouais encore les 2 et les piques. Mais il n'a pas touché et deux joueurs ont sauté dans le même temps sur l'autre table, me voilà en finale ! »

Coverage par Winamax

Une finale ou tu seras entouré de bons joueurs : as-tu déjà porté attention à ta position ?
« Ma position n'est pas idéale : j'ai Daniel Alaei à ma gauche, ce qui n'est pas forcément pour plaire. Néanmoins, ce n'est pas grave pour le début : nous serons neuf à la table et cela devrait jouer relativement serré. Avec cette profondeur, il n'y aura pas de 3-bet light, je ne suis donc pas inquiet. »

Tu sembles aborder la finale sans pression et être très détaché d'un exploit pourtant tout proche...
« A vrai dire, je suis déjà content d'être là : être deuxième en jetons au début de la finale, c'est très bien. Et comme je ne cesse de le dire, c'est du Omaha : tout peut arriver. C'est seulement mon deuxième tournoi dans cette variante après le 5,000 dollars donc honnêtement, je n'ai pas la moindre pression. Je trouve que dans ce jeu, tous les spots sont assez faciles à jouer. Ce n'est marginal que dans certaines situations : faire un bluff ou pas mais, généralement, je n'ai pas trop peur de jouer ces spots donc rien ne me fait vraiment peur. En Hold'em, c'est différent. J'ai tellement une haute estime de mon jeu que je n'ai pas envie d'échouer. La défaite y est très dure. Ici, nous sommes en Omaha : je suis déjà satisfait de ma performance et puis... J'ai confiance. Je sais que cela va aller plus loin encore. »

Harper