It's been a hard day's night !

- 18 juillet 2010 - Par Benjo DiMeo

Après six heures de jeu à dix, on tient la table finale du Main Event

Existe t-il quelque chose de plus précieux et rare pour un joueur de poker qu'une place en table finale aux championnats du monde ? La réponse est négative, à en juger par le spectacle que nous ont offert toute une nuit durant les dix derniers compétiteurs du Main Event. Si c'est à un rythme somme toute rapide que nous sommes passés de trois à deux, puis une table, la dernière phase du dernier jour des World Series of Poker allait se révéler être un véritable parcours du combattant.

Cinq heures d'une partie tendue, accrochée, serrée à l'extrême : non, personne autour de la dernière table n'avait envie de sauter. Et pourtant, c'était la seule certitude que possédaient tous les acteurs de cette folle nuit : au bout du chemin, quelqu'un allait y passer. On ne savait pas qui cela allait être, on ne savait pas combien de temps cela allait durer, mais au final, un joueur allait devoir se sacrifier à l'autel des Dieux du Poker.

Au fur et à mesure de la progression de la partie, le jour a fait place à la nuit, puis la nuit a fait place au jour, et la situation ne semblait pas pouvoir trouver d'issue. Tandis que les cadavres se multipliaient dans l'Amazon Room, spectateurs et journalistes tombant dans les bras de Morphée, à la table, chacun s'accrochait à ses jetons comme si sa vie en dépendait, et peut-être bien que c'était le cas, d'une certaine manière. Les flops se faisaient rares, les turns et rivières étaient inexistantes. L'argent des short-stacks partait régulièrement au milieu, mais personne ne voulait payer. Oh, il y a bien eu cette confrontation préflop entre As-Roi et... As-Roi. Et une autre entre As-Roi et... deux As chez Filippo Candio, qui avait décidé de ne jouer aucune autre main tant que la table finale ne serait pas encore décidée.

Et puis la situation s'est débloquée, peu avant six heures. Sur une confrontation tellement banale, tellement vue et revue qu'après coup, il était évident que la journée ne pouvait pas se terminer autrement : deux Dames contre As-Roi. Soit le coup de pile ou face le plus usé du Texas Hold'em.

C'est Brandon Steven qui possédait As-Roi contre les Dames de Matthew Jarvis, et l'un des derniers amateurs encore en course dans le tournoi a vu tomber un flop TTrèfle4Coeur3Coeur, puis un turn 4Trèfle, et enfin un 5Coeur sur la rivière. Ce cinq de coeur était la dernière carte de l'été au World Series of Poker 2010 : Steven était éliminé en dixième place. Lot de consolation : 635,011 dollars, et le titre de joueur le plus malchanceux du tournoi, tant les opportunités médiatiques et financières offertes par une table finale au Main Event ont explosé ces dernières années.

En images

Coverage par Winamax

Après six heures léthargiques, le public et les joueurs bondissent : tout l'argent de Brandon Steven est au milieu

Coverage par Winamax

Le public attend le verdict avec enthousiasme, pas fatigué malgré dix-sept heures de partie dans les jambes (ici : le clan Mizrachi)

Coverage par Winamax

La dernière coin-flip de l'été !

Coverage par Winamax

Soudain, neuf joueurs deviennent les meilleurs amis du monde

Coverage par Winamax

Le boulot n'est pas terminé : il faut compter et recompter les tapis, se faire prendre en photo par les caméras de sécurité pour la Commission des Jeux du Nevada, signer des formulaires, emballer les tapis, répondre aux questions des journalistes sur le vif, et poser pour les photographes. Le processus va durer plus d'une heure

Coverage par Winamax

L'unique européen de la table finale caresse du doigt le bracelet tant désiré. Il faudra trois mois d'attente à l'italien Filippo Candio pour tenter de se l'approprier définitivement

Benjo