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Day 4, demandez le programme

- 30 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Midi : No Limit Hold'em 1,000$ (Day 1A)
Radical changement de focale avec la venue du week-end : on passe d'un tournoi à 40,000 dollars et 200 joueurs pros à un tournoi à 1,000 dollars et 6,000 joueurs inconnus, complet avec deux journées de départ. Tout simplement le plus gros tournoi jamais organisé en dehors du Main Event, et le premier d'une longue série de « donkaments ». J'utiliserai ce terme chaque fois que sera organisé un gigantesque tournoi à petit buy-in, structure rapide et joueurs faibles. Plusieurs français et joueurs du Team Winamax sont au départ, mais autant vous le dire tout de suite : je ne compte pas m'intéresser à ce tournoi avant que le field ne soit divisé par quatre ou cinq. Je veux dire, pendant les dix premières heures, il ne se passera rien d'autre que des éliminations. Les vraies histoires viendront plus tard.

14 heures : Special 40th annual No-Limit Hold'em 40,000$ (Day 3)
L'objectif de la journée sera de passer de 23 à 9 joueurs. Cela ne devrait pas être trop long, mais on ne sait jamais. Toujours est-il que la bataille sera rude, et les affrontements de qualité.

14 heures : Omaha Hi-Low 1,500$ (Day 2)
Je n'ai porté qu'une attention très superficielle à ce tournoi vendredi On est passé de 918 à 210 joueurs en l'espace de dix heures. Aujourd'hui, l'objectif sera là aussi d'atteindre une table finale. Comme disait ma grand-mère, « on est pas rendus. » On fera le point sur les français avant le départ des hostilités.

Bonne journée à tous, et merci de nous suivre si nombreux !

(Note : midi à Las Vegas = 21 heures en France)

Haute tension

- 30 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Après l'élimination de Phil Galfond par Ted Forrest, le superviseur en chef a lancé le main par main. Avec 70,000 dollars de différence entre la 28e et la 27e place, la bulle du tournoi anniversaire high-roller fut l'une des plus tendues de l'histoire du poker moderne. Autour des quatre dernières tables, que des visages tendus. Peu de conversations, juste le bruit des jetons mélangés d'une main avec nervosité. Seuls les plus gros tapis pouvaient se permettre d'afficher un air nonchalant.

Le spectacle valait le coup d'oeil. J'ai pu voir quelques coups magnifiques. Des mains interminables où chaque joueur prenait le temps maximum pour réfléchir. Pas question de commettre une erreur à ce prix là. Tel David « the Dragon » Pham, attendant huit minutes montre en main avant de passer top-paire, top-kicker sur la rivière avec As-Roi contre Justin Bonomo, qui l'avait mis à tapis. « Show the bluff », gémit le Dragon. Bonomo n'a même pas eu un regard pour son adversaire, jetant ses cartes vers le croupier avant de commencer à empiler les jetons.

A la table d'à côté, le champion du monde 2004 avait remplacé le champion du monde 2003 au poste de chip-leader. Mais ce n'est pas de gaieté de coeur que Chris Moneymaker a passé le témoin à son collègue et ami Greg Raymer, dégringolant de manière spectaculaire après la pause-dîner. Raymer a manœuvré son gros tapis de fort belle manière à la bulle. Agression poussée à fond. Comme au bon vieux temps.

Les short-stacks désespéraient. Les yeux fermés, Neil Channing se concentrait sur le massage qu'une jolie brunette lui administrait, tentant de penser à des choses positives. Andrew Robl parcourait la salle avec anxiété, vérifiant les hauteurs des tapis de ses adversaires. Zen comme à son habitude, Andy Black faisait les cent pas en attendant que le superviseur lance la main suivante. Vanessa Rousso, seule présence féminine dans ce monde de brutes, semblait parfaitement dans son élément.

Finalement, la bulle a éclaté tandis que j'étais occupé à discuter boutique avec les collègues. En entendant les applaudissements, j'ai accouru vers les tables. L'un des seuls joueurs que je ne connaissais pas parmi les 28 derniers s'est levé, a pris ses affaires et est parti. Neil Chris, qu'il s'appelait, éliminé par Alec Torelli. Puis, le superviseurs ont décidé de terminer le niveau, et durant les quelques minutes qui ont suivi, on a perdu quatre joueurs de plus, dont Vanessa Rousso.

La deuxième journée du plus gros tournoi de No-Limit des WSOP est terminée. Avec 23 joueurs, la table finale semble toute proche, et pourtant encore très loin. Il va falloir mener une bataille titanesque à chacun des joueurs pour pouvoir espérer s'y glisser. Les plus faibles seront croqués sans pitié.

Qui peut encore prétendre à la table finale ? Quelques noms : Lex « RaSZi » Veldhuis, Brian Townsend, Isaac Haxton, Neil Channing, Ted Forrest Andy Black, Greg Raymer, Andrew Robl, Daniel Ansky, David Chiu, et Alec Torelli.

Attention ! Il n'y aura pas de place pour tout le monde ! Mais l'on peut prédire sans trop de risque de se tromper que la table finale qui se formera samedi soir sera l'une des plus relevées de l'histoire récente des WSOP.

Coverage par Winamax

Greg Raymer, comme en 2004 – il était temps qu'il revienne au sommet, le bougre

Coverage par Winamax

JC Tran a subi l'élimination après la bulle

Dans la série "Ils sont arrivés à Vegas"

- 30 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Coverage par Winamax

Quelques heures à peine après l'atterrissage de leur avion, Eric Koskas et Arnaud Mattern étaient déjà en train de taper la balle avec Yuestud et Nicolas Levi sur un court de tennis à l'ouest du Strip. Menée 5 à 0 après trente minutes de jeu, la paire Yuestud/FrenchKiss a réussi l'impossible en battant finalement la paire Moumouth/Croc 7 à 5.

On retrouvera les deux compères au départ de l'épreuve à 1,000 dollars ce week-end.

To have and have not

- 30 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Un véritable choc des cultures est en train de se dérouler à l'intérieur de l'Amazon Room. Un clash entre deux mondes qui se côtoient de près en permanence.

Voyons voir la scène. Dans le coin sud-ouest de la salle, une poignée de tables abrite les meilleurs joueurs de poker du monde. C'est le tournoi anniversaire, pour fêter les 40 ans des WSOP. 40 ans, et 40,000 dollars l'entrée. Le prix à payer pour faire partie de l'élite, et avoir une chance de toucher du doigt l'immortalité pokérienne en remportant un titre ô combien prestigieux. Ils ne sont plus que 30 à pouvoir prétendre au titre. La crème de la crème. Vétérans et jeunes loups mélangés. Qui va décrocher la timbale ? Un des « online wiz », comme Justin Bonomo, Lex Veldhuis ou Brian Townsend ? Ou un véteran, comme Ted Forrest, Tony G, ou Greg Raymer, qui vient de passer la barre fatidique des deux millions ? Autour des quatre dernières tables, on reconnaît tout le monde. On croirait presque avoir affaire à l'un de ces castings artificiels crées spécialement pour la télévision. C'est d'un tournoi « open » qu'il s'agit, et n'importe qui étant assez fou pour dépenser une somme à cinq chiffres pour disputer une partie de cartes était le bienvenu à la table. Après presque vingt heures de jeu, la sélection naturelle propre au poker a fait son travail, et chacun des survivants affiche un pedigree prouvant qu'il n'est pas là par hasard. C'est le poker à son plus haut niveau, où chaque jeton est durement disputé, où chaque décision vaut potentiellement plusieurs centaines de milliers de dollars.

A l'autre bout du spectre, du côté opposé de l'Amazon Room, on peut assister à une scène complètement différente. Les cash-games « low-limit » battent leur plein. On a jamais vu autant de tables ouvertes. Cinquante, au bas mot. La liste d'attente est longue comme le bras. Le buy-in ? 80 fois inférieur à celui du tournoi anniversaire. Le casting ? Des amateurs venus de tous horizons. Les donks, les fishs et les pigeons ont envahi Vegas ce week-end. Après la fête des pros que fut le 40,000 dollars, c'est au tour des petits joueurs, des prolétaires du poker d'occuper le devant de l'affiche, et d'avoir leur tournoi rien que pour eux. Dans les couloirs, la file d'attente au bureau d'inscription s'étire sur plusieurs dizaine de mètres.

Car demain va commencer une mastodonte épreuve de No Limit à 1,000 dollars. C'est la première fois en quatre ans que les organisateurs décident d'abaisser le prix plancher d'un tournoi WSOP, d'ordinaire fixé à 1,500 dollars. Cette épreuve spéciale réunira plus de 5,500 joueurs, créant le plus gros field jamais vu pour un tournoi de poker hors Main Event. Massacre en prévision. L'équation est simple : structure rapide + niveau de jeu peu élevé + field énorme = des centaines d'éliminations par heure.

Un choc des cultures, vraiment. D'un côté, les pros, les high-rollers, les champions et les stars. En petit comité. 200 à peine au départ de leur épreuve très chère. De l'autre côté, les petits joueurs, les amateurs en quête de gloire et d'argent. Venus par milliers pour disputer une épreuve discount. Les seconds adulent les premiers, qu'ils ont vus à la télé. Les premiers se nourrissent des seconds, qu'ils voient comme des proies faciles.

Au fond, le poker n'est qu'un banal système pyramidal. Une poignée d'élus est installée au sommet, collectant les profits venus de la base. Ce week-end, un flot d'argent facile sera déversé dans l'Amazon Room. Les donkeys sont arrivés les poches pleines. La plupart repartiront avec quelques souvenirs, et des rêves déçus. Les requins, eux, se frotteront les mains en comptant leur tas de billets verts.

Coverage par Winamax

Des donkeys par centaines...

Coverage par Winamax

... et une poignée de high-rollers

21 champions du monde, zéro dollars de prize-pool

- 30 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Dans le cadre des festivités célébrant le quarantième anniversaire des World Series of Poker, Harrah's a organisé un « Tournoi des Champions » freeroll, réunissant tous les vainqueurs du Main Event depuis sa création en 1970. Ce genre de tournoi a déjà existé entre 2004 et 2006, mais les critères d'éligibilité étaient différents. Ici, une seule condition pour pouvoir être invité : avoir remporté le titre suprême de la planète poker.

Alors, quels joueurs peut-on s'attendre à voir au rendez-vous dimanche ?

En 39 éditions du « Big One », 34 vainqueurs ont été couronnés, dont quatre multiples vainqueurs (Johnny Moss, Doyle Brunson, Stu Ungar, et Johnny Chan). Sur ces 34 vainqueurs, 7 ne sont plus de ce monde, et, en conséquence, ne pourront se libérer : Johnny Moss, Puggy Pearson, Stu Ungar, Hal Fowler, Jack Strauss, Jack Keller et Bill Smith. Le site satirique WickedChops remarquait à ce sujet qu'il était dommage que ces joueurs ne puissent être invités, car « un Stu Ungar mort pourrait battre tous les jours un Jerry Yang vivant »)

Sur les 27 noms qui restent, on peut retirer Russ Hamilton, actuellement impliqué dans un scandale de triche online, et donc persona non grata (« La Poste a perdu son invitation », dit encore WickedChops), et Bobby Baldwin, assez occupé par ses fonctions de PDG du Groupe MGM (Bellagio, Mirage, Golden Nugget, etc)

Il reste donc 25 noms. Tous ont confirmé leur venue (Hellmuth, Chan, Eastgate, Raymer, Moneymaker, etc), sauf quatre : Chris Ferguson, qui n'a pas encore répondu à l'invitation, et les assez obscurs Noël Furlong, Mansour Matloubi, et Hamid Dastmalchi, qu'Harrah's n'a tout bonnement pas réussi à contacter ! Ces trois là ont plus ou moins complètement disparu du circuit depuis bien longtemps, et personne ne sait ce qu'ils sont devenus. Mais où sont-ils passés, bon sang ?

Chose intéressante, le prize-pool de ce tournoi spécial et élitiste sera tout bonnement de... zéro virgule zéro dollars. Contrairement aux trois éditions précédentes, où Harrah's avait généreusement posé deux millions de dollars sur la table, il n'y aura ici strictement rien à gagner, financièrement parlant.

Posons la question : pourquoi (au moins) 21 des 27 champions encore en vie vont-ils prendre la peine de jouer le tournoi ?

Coverage par Winamax

1/ Un passage à la télé. Cette épreuve fait en effet partie des quatre qui seront diffusées sur ESPN à la fin de l'été (oui, seulement quatre épreuves télévisées, c'est peu, le poker télévisé n'interesse plus grand monde - pour info, les trois autres épreuves qui seront diffusés sont : le 40,000, le Main Event, et le tournoi de charité "Ante up for Africa")
2/ Les « bragging rights », en français : le droit de se la péter si l'on gagne. Ben oui, le field sera quand même assez costaud et prestigieux.
3/ Un trophée au nom de Jack Binion, le fils de Benny (fondateur des WSOP) qui dirigea pendant longtemps le festival. Jack en personne remettra la coupe au vainqueur du tournoi.
4/ Une... voiture. Une Corvette, pour être précis. Un modèle assez ancien, il me semble, valant entre 40 et 80,000 dollars selon les estimations des collègues. J'imagine bien la réunion entre les huiles d'Harrah's. « Bon, les gars, on a pas un rond à mettre dans ce tournoi à la con, c'est la crise, pas le moment de cramer de la thune. » Une main se lève au fond de la salle de réunion. « Oui, Bob ? » « Euh, j'ai une vieille bagnole qui traîne au fond du garage, ça pourrait faire l'affaire. » L'assemblée, en coeur : « Génial ! »

Tout à l'heure, à la table de Bruno Fitoussi, deux futurs participants au tournoi débattaient de l'intérêt de l'épreuve. Greg Raymer : « Je suis pas trop un fan de bagnoles... » Huck Seed : « OK, un tournoi freeroll sans prize-pool, admettons. Ca peut-être fun. Mais pourquoi diable avoir choisi une vieille bagnole en guise de récompense ? »

Quoi qu'il en soit, j'observerai de près cette épreuve qui devrait nous permette d'observer de beaux affrontements entre les vieux champions des années 70/80, les stars et les champions récents, amateurs devenus pros depuis. Rendez-vous dimanche !