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Day 16, demandez le programme

- 11 juin 2009 - Par Benjo DiMeo

Brock Parker restera quoiqu'il arrive dans les livres d'histoire des WSOP 2009, en venant de remporter son second bracelet en quatre jours. Etonnament, « t soprano » a accompli cet exploit lors de deux épreuves de Hold'em Short-Handed à 2,500 dollars. L'une était jouée en Limit, l'autre en No-Limit. On pourrait comparer la performance à celle d'un athlète décrochant la médaille d'or au 100 mètres, puis le lendemain lors du 400 mètres.

Pendant ce temps, dans la Brazilia Room, Fabrice Soulier réalisait son quatrième « money finish » des WSOP dans l'épreuve de HORSE à 3,000 dollars. Il me semble qu'aucun joueur n'ait encore terminé cinq fois dans l'argent durant les deux premières semaines du fesival, ce qui fait de Fabsoul le leader des ITM jusqu'à présent.

Coverage par Winamax

Voici le programme de jeudi... Day 16 :

Midi : Event #24 – No-Limit Hold'em 1,500$ (Day 1)
Tiens, une boucherie, ça faisait longtemps. Pour ceux qui aiment l'odeur du sang, ce tournoi est pour vous : on retrouvera comme d'habitude entre 2,000 et 3,000 joueurs dans l'Amazon Room demain, et après dix heures de jeu, 90% d'entre eux auront sauté.

14h : Event #20 – Pot-Limit Hold'em 1,500$ (Finale)
Erik Seidel est en course pour un neuvième bracelet, se rapprochant dangereusement des recordmen que sont Doyle, Chan et Hellmuth. Et comme le remarquait le journaliste Michael Craig, Seidel a remporté un bracelet lors de chaque année impaire.

14h : Event #21 – HORSE 3,000$ (Finale)
A l'heure où j'écris ce paragraphe (0h31), la table finale est encore loin d'être prête. Marcel Luske, Ylon Schwartz et Steve Bilirakis figurent parmi les notables en course parmi les 34 joueurs restants.

14h : Event #22 – World Championship Deuce to Seven No-Limit 10,000$ (Day 2)

17h : Event #25 – Omaha/Stud High-Low 2,500$ (Day 1)
Les jeux de partage seront à l'honneur dans cette épreuve jouée entièrement en Limit. OK... Un tournoi où l'on partage le pot 90% du temps... Qui plus est joué en Limit. Il est clair que ce tournoi va durer trois semaines.

Un mercredi soir comme les autres

- 11 juin 2009 - Par Benjo DiMeo

Avec l'extinction rapide de l'épreuve de Shootout – comme prévu, on tenait les cent qualifiés avant 21 heures – l'Amazon Room est désormais des plus calmes. Au fond de la zone Orange se tiennent les demi-finales de l'épreuve de Pot-Limit Hold'em à 1,500 dollars – Erik Seidel est encore en course, avec pas mal de jetons. Je ne sais pas si le runner-up du Main Event 1998 est superstitieux, mais toujours est-il qu'il a remporté un bracelet chaque année impaire depuis 2001.

Sur le podium ESPN, tête à tête tendu entre Joe Serock et Brock Parker. C'est le grand soir pour Serock, une tête encore relativement discrète sur le circuit, qui réalise quoi qu'il arrive la meilleure performance en tournoi de sa carrière. Serock avait commencé le match avec l'avantage, mais Brock Parker est bien décidé à décrocher son deuxième bracelet en or en une semaine, et a lentement rattrappé l'écart pour se placer bien en tête. Deux bracelets en une seule édition des WSOP, c'est un exploit qui ne se produit que rarement. En 2008, John Phan y était parvenu. Tom Schneider l'année précédente, Bill Chen avant lui.

A part ces deux épreuves, seul le ron-ron habituel des cash-games amène un peu de vie dans la salle principale des WSOP.

Pour trouver de l'agitation ce soir, il faut aller du côté d'une des deux salles annexes : la Brazilia Room.

A l'intérieur, cela bouillonne de partout. Le HORSE à 3,000 dollars vit ses derniers instants avant la bulle. Les deux derniers français sont assis à la même table. Fabrice Soulier est dans la moyenne. « C'est d'une violence ! », dit-il. « Les coups sont très chers : quand on fait face à un bet, on ressent la même tension qu'en No-Limit. » Face à lui, Gabriel Nassif souffre avec un petit tapis. « J'ai fait le yo-yo. Je pense avoir bien joué... Je n'ai été à tapis qu'une seule fois. » Le parisien fait partie du clan des joueurs de Magic ayant basculé – complètement ou non – dans le poker : Justin Bonomo, David Williams, Noah Boeken... Ce soir, l'un des leurs est sur le podium ESPN (Brock Parker) et Gabriel profite des pauses pour aller prendre des nouvelles de celui-ci.

Plein de têtes connues encore en course dans le HORSE : Gavin Smith, Markus Golser, Michael Binger, Barry Greenstein.. Je traverse la salle pour rejoindre l'épreuve de 2-7, et retrouve le même Barry Greenstein assis à la table. Aurais-je la berlue ? Non, Barry multitable. Même topo pour Binger. Les joueurs s'apprêtent à partir manger, et en quatre heures de jeu, pas grand chose n'a bougé. Seulement trois des 96 participants ont sauté. Je repère plein de joueurs inscrits à la dernière minute, comme Anna Wroblewski, Patrick Bueno ou Gus Hansen, qui a fini par se laisser convaincre. Benyamine et Fitoussi possèdent un tapis inchangé.

L'ambiance est aussi au rendez-vous de ce côté-ci de la salle. Phil Ivey lance nonchalamment des paris à six chiffres avec John Henningham, assis à la table côté. Mike Matusow est lancé dans une joute verbale avec Sam Grizzle, l'un des seuls joueurs du circuit capable de défier The Mouth sur le plan du débit vocal.

Un bon quart de la salle est réservé aux Sit-N-Go et satellites. C'est là que l'on peut jouer les tournois les moins chers des WSOP. Des parties à 100, 200, 500 dollars qui permettent à ceux dont la bankroll est un peu trop légère de se qualifier pour les vrais épreuves.

Soudain, un conflit éclate entre deux anonymes. A sens unique, en fait. L'un d'entre eux secoue la tête en demandant à l'autre ce qu'il à fait. Un superviseur s'interpose pour éviter une rixe. Les agents de sécurité arrivent rapidement, et le belligérant est escorté vers la sortie.

Un mercredi soir ordinaire aux WSOP.

*** PAUSE-DÎNER ***

- 11 juin 2009 - Par Benjo DiMeo

Un barbecue m'attend chez un collègue... A plus tard !

Succès et défaites

- 11 juin 2009 - Par Benjo DiMeo

De bonnes et de mauvaises nouvelles dans le shootout

La plupart des cent mini-tournois constituant le premier tour de l'épreuve de Shootout à 1,500 dollars sont désormais terminés – et ceux qui ne le sont pas sont en passe de l'être d'ici peu de temps.

Arnaud Mattern a du s'incliner en quatrième place, tandis qu'Antoine Amourette a remporté son match contre Karl Marenholz. Au final, la décision controversée des superviseurs durant le coup raconté précédemment n'aura eu que peu d'incidence : Karl a éliminé pour de bon son adversaire miraculé, et a ensuite attaqué le tête à tête final avec 37,000 de tapis contre 8,000 chez Antoine. Ce dernier a lentement remonté la pente, reprenant l'avantage pour finalement conclure l'affaire avec AJ contre A4 à tapis avant le flop. Antoine est à ma connaissance le premier français qualifié au second tour : il rentre au passage dans les places payées. « C'est mon premier cash en trois visites aux WSOP », a t-il remarqué. On le retrouvera demain pour le second tour, tout comme les 99 autre vainqueurs du Day 1.

La tragédie de la journée concerne Davidi Kitai, qui termine en seconde place, communément appelée « la place du con », car elle ne rapporte strictement rien malgré le long effort accompli. Et il faut voir comment Davidi a perdu.

Au retour de la seconde pause de la journée (qui intervient après quatre heures de jeu), Davidi a rapidement trouvé une paire de Rois pour doubler contre une paire de Neuf. Un coup qui le fait passer chip-leader avec 28,000 et quatre joueurs restants.

Puis, le joueur du Team Winamax trouve une paire de Dames, et se retrouve engagé contre le deuxième tapis de la table, qui possède KT. Le tableau, dans l'ordre : J-2-4-Q-9. Quinte runner-runner.

Ce coup aurait pu faire passer Davidi à 40,000, laissant ses deux derniers adversaires se partager les 5,000 restants. Bref, une victoire quasi assurée. Mais non. Davidi doit repartir au charbon. Il se retrouve en tête à tête après que le même joueur ait éliminé les deux autres.

Davidi double avec AK contre A4, et revient à égalité. C'est à ce moment que survient le coup fatal, éloignez les enfants du poste :

Davidi relance avec 5Pique5Trèfle. Son adversaire sur-relance : Davidi paie.

Flop 2Carreau4Coeur5Trèfle. Check/check.

Turn 9Trèfle. L'adversaire mise. Davidi relance. « All-in ! » en face, Davidi paie, bien sur, et se voit déjà avancer au second tour en voyant la poubelle adversaire : KCoeur3Coeur, pour un bête tirage de quinte avec une seule carte à venir.

Le croupier retourne la rivière : un 6Carreau. C'est fini. Brutal coup de poing dans l'estomac pour Davidi. « J'ai une boule dans la gorge », commentera t-il à chaud, quelques minutes après cette cruelle défaite.

Une entrée remarquée

- 11 juin 2009 - Par Benjo DiMeo

Plus fort que Phil Hellmuth : Gus Hansen arrive aux WSOP avec deux semaines de retard

Au fond de la Brazilia Room a commencé l'épreuve de Deuce to Seven No-Limit à 10,000 dollars. Comme tous les tournois chers de variantes spécialisées, il s'agit d'une affaire familiale, avec plus ou moins les mêmes soixante types qui ont déjà participé ce mois-ci aux épreuves de Stud, Omaha High-Low et Hold'em au même buy-in. Scotty N'Guyen, Huck Seed, Sam Grizzle, Tom Schneider, Mike Matusow, Vanessa Rousso, Jeff Lisandro, les deux Dario italiens (Alioto et Minieri), Erik Lindgren, Johnny Chan, Greg Raymer...

Coverage par Winamax

Pour l'instant, on a pas encore dépassé la participation observée en 2008 (85 joueurs), mais les retardataires arrivent petit à petit : Carlos Mortensen, Layne Flack. Vetu d'un combo polo/short cargo/chaussures de sport, David Benyamine fait irruption dans la salle et rejoint son siège en courant : il a l'air de sortir tout juste de la douche. Sans doute a t-il passé la journée sur un des nombreux terrains de golf de Vegas. C'est son nouveau hobby, et il paraît que David est rapidement devenu un compétiteur hors-pair. Ce qui n'est pas une surprise, tant le français est capable d'exceller à n'importe quoi dès qu'il s'y met sérieusement (billard, tennis, piano, cash-games, tournois...)

Une arrivée remarquable et remarquée se produit quelques minutes plus tard : Gus Hansen en personne. C'est la première fois que le danois est aperçu au Rio, deux semaines après le début des World Series. Il parcourt les allées avec un sourire satisfait, tandis que les voix s'élèvent autour de lui : « Ah, enfin, c'est pas trop tôt ! »

Gus rigole : « Je sais pas si j'ai envie de jouer contre un tel casting de professionnels. Je suis juste venu dire bonjour à ces dames. » Et il joint le geste à la parole en claquant un bisou sur la joue de Vanessa Rousso.

Gus remarque David, et vient à sa rencontre. « Alors, c'était bien Roland Garros ? », demande le français. Le French Open étant, on le sait, la raison pour laquelle Gus n'arrive à Vegas que cette semaine.

« Oh, pas trop mal. Les tickets étaient un peu chers, mais ça valait le coup. Par contre, j'avais parié assez cher sur Nadal... », dit-il nonchalamment en se grattant la tête.

« - Tu avais parié en début de tournoi ? »
«  - Ouais, quand j'estimais qu'il avait 95% de chances de gagner. Et au final, il perd un match où je lui donnais cinquante contre un. » [note : d'après nos sources, Gus aurait parié 900,000 dollars]

David veut en savoir plus sur la performance de Nadal, et une discussion s'en suit. Jeff Lisandro, assis à côté de David, s'immisce dans la conversation. L'australien est un grand parieur devant l'éternel.

Coverage par Winamax

Comme si de rien n'était, Gus se met à l'aise en prenant place au siège 7 laissé libre (les tournois de 2-7 se jouent en six-handed) La conversation continue à bâtons rompus (« Nadal servait comme un pied »), Benyamine n'y prêtant qu'une attention mesurée, jouant très loose et s'impliquant dans beaucoup de coups.

Un superviseur essaie d'intervenir, lançant un timide « Gus, tu va jouer ou pas ? », mais le danois n'écoute même pas. Le superviseur s'éloigne, un peu humilié. Ce type là manque clairement d'autorité.

Coverage par Winamax

Bruno Fitoussi est le second français du jour – pas une surprise : on l'a vu au départ de toutes les épreuves chères des WSOP jusqu'à présent.

Chaque joueur démarre avec un tapis de 10,000, plus deux jetons rouges qui peuvent être échangés à tout moment contre deux stacks tout neufs du même montant. La plupart des joueurs ont préféré garder ces possibilités de recaves, histoire de gambler un peu sur les premiers coups. J'ai vu Fitoussi prendre sa première cave à John Monette, runner-up de la précédente épreuve de 2-7 organisée la semaine dernière.