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Catching up

- 13 juillet 2009 - Par Benjo DiMeo

Peu importe ce que nous réservent les trois journées à venir, on peut déjà le crier haut et fort : le Main Event des World Series of Poker 2009 aura sourit aux joueurs français. Je sais, il reste encore 185 joueurs et trois journées complètes à jouer avant la table finale. On est encore loin du compte, mais qu'importe.

Pour comprendre mon enthousiasme, il suffit de se référer aux éditions des années récentes, qui pas été des plus excitantes côté tricolore. En 2006, année où j'ai couvert pour la première fois les championnats du monde, on pouvait compter les places payées françaises sur les doigts d'une Main Event, la meilleure performance revenant à l'obscur Dan Abouaf (le neveu de Jan Boubli), terminant à une honorable mais guère enthousiasmante 103ème place. L'année suivante allait voir des joueurs tels que Bruno Fitoussi et Fabrice Soulier atteindre les places payées, mais là encore, rien à signaler au sommet du classement, mis à part la 47ème place de Nicolas Atlan, l'un des floor manager de l'Aviation Club de France. Enfin, en 2008, ils n'étaient que deux français au départ du cinquième jour : Sylvain Coeur et le qualifié Winamax Stéphane Hornet. Leur parcours allait s'arrêter avant que l'on atteigne cent joueurs.

L'édition 2009 du Main Event pourrait bien rattrapper des années de disette, six ans après la quinzième place de Bruno Fitoussi, et onze ans après la huitième place de Marc Brochard – le seul finaliste français de l'histoire du « Big One », bien que les historiens du poker débattent encore de la question : en effet, si mes souvenirs sont bons, la table finale avait débuté à six joueurs cette année là.

Que demander de plus que la présence de trois des joueurs les plus emblématiques du poker français au départ de la sixième journée du tournoi ? David Benyamine, Fabrice Soulier et ElkY sont là, comme à la parade. Un directeur de casting n'aurait pas fait meilleur choix. Du côté des révélations, François Balmigère et Antoine Saout font leur début sur le devant de la scène. Le premier, habitué des forums, est le chip-leader français au départ du Day 6, et le second jouit d'une excellente réputation en ligne. Et bien sur, il y a le clan Winamax, qui peut se vanter – et ne va pas se priver de le faire – d'avoir trois joueurs encore en course : un membre du staff, un qualifié, et un pro du Team habitué à monter des gros tapis lors des tournois majeurs.

Oui, les trois dernières journées du Main Event (avant la finale de novembre) laissent entrevoir de grands moments... A commencer par celle de lundi, qui devrait voir le field passer sous la barre des cent joueurs. Soyez au rendez-vous à partir de midi, heure locale pour suivre la suite de notre reportage !

Trois joueurs Winamax attaquent la sixième journée du Main Event

- 13 juillet 2009 - Par Benjo DiMeo

Dimanche, le plus gros tournoi de poker de l'année a lentement poursuivi sa progression, voyant son field coupé de moitié au cours d'une courte journée de six heures. Ils ne seront que 185 à prendre le départ du Day 6 à partir de midi.

Parmi eux, trois joueurs Winamax aux profils bien différents.

Il y a d'abord Ludovic Lacay, le pro, membre de la première heure du Team. Habitué des phases finales des grands tournois. Habitué à gérer un gros tapis. Plus du tout impressionné par les grosses pointures du circuit. Et en passe, peut-être, de réaliser la plus grosse performance d'une carrière courte, mais déjà auréolée de succès.

Puis il a Loic Degrou. Un passionné, un amateur qualifié sur Winamax au cours du King 5, le plus grand rassemblement par équipes du paysage online français. Un conducteur de train venu du Nord qui tient tête aux pros depuis jours avec une désinvolture désarmante.

Et enfin, il y a Julien Brécard, qui réalise le rêve secret de beaucoup de membres de l'industrie du poker : passer de l'autre côté de la barrière pour s'assoir aux tables en compagnie des grands, après les avoir observés pendant toutes ces années. Ecoutons les réactions de nos trois joueurs.

Ludovic Lacay : le pro

Coverage par Winamax

« Je suis content de la manière dont j'ai joué aujourd'hui, par rapport à hier, où j'ai fait quelques trucs que j'ai un peu regretté. Aujourd'hui, j'ai eu une table très difficile, avec d'énormes joueurs de cash-games high-stakes : Phralad Friedman, David Benyamine, et Cole South directement à ma gauche qui m'a beaucoup sur-relancé... Ceci dit, à ce stade du tournoi, toutes les tables sont difficiles. Friedman n'a joué que deux mains durant tout le temps qu'on a passé à la même table. Et les joueurs que je ne reconnaissais pas étaient dangereux aussi. Mais au final, je pense avoir eu le contrôle de cette table. Je suis rentré dans grosso modo 60% des coups. J'y ai gagné 400,000 en jetons alors que je n'ai pas touché une seule main potable, ou presque. J'ai eu deux fois les Rois, avec lesquels j'ai juste pu ramasser les blindes. J'ai fait beaucoup de gros bluffs. »

« Sur le coup où je 4-bet préflop à 325,000 contre deux joueurs, j'avais une paire de Dix. Je pense que j'aurais payé une relance à tapis. Parce que le joueur qui me 3-bet, je le connais, c'est le même joueur que j'ai doublé avec 88 contre 99 à la table précédente. Il est ultra-agressif, et en position de squeeze, il ne va pas hésiter à relancer des paires, et des mains comme As-Valet. Il gère assez mal les tailles de tapis, et va se mettre dans des situations où il ne saura pas quelle décision prendre. J'étais prêt à prendre un risque ici, car on m'avait 3-bet six ou sept fois auparavant. J'ai aussi fait deux autres moves du même style. Je ne supporte pas de me faire marcher dessus. »

« Les World Series se sont mieux passées qu'en 2008 en ce qui me concerne, c'est sur... Être encore en course dans le Main Event au sixième jour, c'est pour moi la continuité de la saison qui vient de s'écouler. J'ai beaucoup progressé en jeu deep-stack, j'ai engrangé des tonnes d'expériences sur la manière de gérer le milieu des tournois, une fois les places payées atteintes. Ça paie aujourd'hui, contre beaucoup de joueurs, même des très bons. Il y a plein de joueurs d'internet très expérimentés, à la technique sans faille, qui ont des problèmes d'endurance. J'ai l'habitude de jouer à ce stade du tournoi, je sais qu'il ne faut pas paniquer quand on perd trois coups de suite, que ce n'est pas grave de passer de chip-leader à 28ème, etc. Ce sont des choses que l'on a pas naturellement. Cela vient avec le temps. Sauf si on est un joueur calme, et je suis tout sauf un joueur calme. Un bon joueur de cash-game ne va jamais changer de rythme en tournoi. Il 3-bet et 4-bet toujours à la même fréquence, et s'il perd trois coups de suite, il aura du mal à ralentir. Le joueur de tournoi va se dire « Stop », et étudier si la table va être cassée dans pas longtemps, le nombre de mains qu'il reste à jouer, être plus sérré, attendre la prochaine table pour repartir de zéro, etc. C'est ce que j'ai fait sur ce tournoi. J'ai eu des périodes très serrées, et d'autres beaucoup plus folles. »

« Pour revenir à ma table, j'ai senti que tous ces bons joueurs s'observaient entre eux, sans trop faire attention à moi. Je me suis : pourquoi ne pas prendre le contrôle tout de suite ? »

« Le plan pour demain ? Comme d'habitude : il faut d'abord que j'étudie ma table de départ, et aviser en fonction. J'ai un tapis de 100 blindes. C'est beau ! En début de journée, les joueurs attaquent beaucoup. Je vais probablement commencer lentement, et commencer à agresser petit à petit. Stratégie standard, mais qui fonctionne. Il y a beaucoup de joueurs qui ont un plan d'agression bien précis en tête, dès le début : ils 3-bet comme des fous, et s'épuisent vite. »

« Je ne ressens pas encore la pression. Par contre, je peux t'assurer que si je suis encore dans le tournoi pour le dernier jour mercredi [avec 27 joueurs restants, ND Benjo], je ne vais probablement pas dormir la nuit précédente ! »

Loic Degrou : l'amateur

Coverage par Winamax

« Je me sens bien. Normal. Sans pression. J'ai choppé la crève aujourd'hui, mais à part ça, tout va bien. Je suis là pour gagner le tournoi ! »

« Je suis un joueur de poker amateur, mais j'ai l'expérience des cartes et l'esprit de compétition. Cela fait une vingtaine d'années que je touche à tous les jeux : belote, rami, tarot, black-jack, et surtout Magic, jeu auquel j'ai été très actif, et disputé pas mal de tournois pros. »

« C'est d'ailleurs lors d'une compétition de Magic que j'ai découvert le Texas Hold'em. On jouait le soir à l'hôtel avec des joueurs tels que Gabriel Nassif, Manuel Bevand, José Barbero... Qui sont par la suite tous passés professionnels. Petit à petit, je suis devenu accro, et j'ai commencé à jouer sur Internet. »

« C'est au cours du Day 5 que je me suis retrouvé à tapis payé pour la première fois. J'ai eu de la chance. Je ne pouvais pas trop bouger avec les deux joueurs au gros tapis à ma gauche. J'avais un petit tapis : 300,000, et un tirage couleur. Il y avait déjà 400,000 au milieu. J'ai tout envoyé, en me disant que de toute façon je n'étais pas mort si j'étais payé. En face, il y avait un tirage couleur inférieur, et un brelan. J'ai touché un carreau pour tripler mon tapis. »

« J'ai abordé le tournoi comme une partie de cash-game. La structure est excellente, avec des tapis très profonds et des niveaux extrêmement longs. On voit plus de flops, de turns et de rivières. Aujourd'hui, par contre, avec 40 grosses blindes, on s'est plus retrouvé dans une situation de tournoi classique. J'ai du changer ma stratégie. »

« A la table, je suis patient et observateur. J'essaie de collecter un maximum d'informations sur mes adversaires. »

« Je ne connais personne sur le circuit. Je suis sur que j'ai joué avec plein de grosses pointures durant ces cinq derniers jours, mais je n'en ai aucune idée. Hier, j'étais avec une star, semble t-il. Les caméras étaient tout le temps en train de le filmer. Je me suis un peu moqué de lui durant quelques niveaux, je l'ai bluffé trois ou quatre fois, il était en colère, et cela faisait marrer les spectateurs. »

« L'esprit d'équipe est primordial. Seul, je ne serais pas venu à Vegas. On est une bande de potes. C'est très motivant. Et comme je suis le dernier en course, je joue pour cinq ! »

« L'argent est secondaire. La compétition est plus importante. OK, ici au Main Event, des sommes astronomiques sont en jeu, donc l'argent est quand même important. »

« Je ne me prends pas la tête. Je suis encore dans le tournoi. On verra où tout cela m'emmène. J'espère qu'on pourra faire une autre interview... en novembre ! »

Julien Brécard : l'insider

Coverage par Winamax

« Quand je suis à la table, je me sens comme lors de n'importe quel autre tournoi. Sauf qu'il s'agit d'un tournoi pro, et que j'ai déjà assisté à des dizaines de tournois pros ces trois dernières années. Je sais comment un tournoi se déroule, j'en ai vécu tellement en position d'observateur. J'ai l'habitude voir les masses bouger, j'ai une vision d'ensemble, je sais par exemple que le chip-leader des premiers jours va rarement jusqu'au bout. Ça m'a beaucoup aidé pour rester concentré, et éviter le tilt. C'est mon premier Main Event, mais à la différence de beaucoup d'autres dans le même cas, je savais à l'avance comment cela allait se passer. »

« Le tournoi est encore très long. Il y a dix jours d'épreuve au total, et on vient juste de terminer la cinquième. Pas question de s'enflammer. »

« Mon succès à Vegas cet été, c'est grâce à Winamax à 99%, minimum ! Les joueurs du Team, toi Benjo, Guignol... Le fait d'être présent sur le circuit pro en permanence, de faire des brainstormings ensemble, de revoir les mains des joueurs après coup, d'essayer de comprendre, etc. J'ai eu la chance de pouvoir progresser à toute vitesse en observant, puis en mettant en pratique tout seul dans mon coin, et enfin en tentant ma chance aux WSOP cette année. »

« J'avais les bases techniques depuis longtemps, je pense, mais la chose la plus importante que j'ai apprise ces derniers mois, c'est de rester solide, et d'avoir en permanence du recul sur l'ensemble du tournoi. Ce qui ne m'a pas empêché de tilter 300,000 contre Fabrice Soulier durant le dernier niveau, mais bon... »

« Le fait de démarrer le Day 5 avec le plus gros tapis de la table m'a permis de jouer plus relax, de voir beaucoup de flops, de bluffer sereinement car je ne risquais pas beaucoup... Cela m'a mis grave en confiance. Fabrice est même venu me voir au bout d'une heure, en me disant : « Euh, tu joues peut-être un peu trop, là. » Mais j'ai eu des bonnes cartes, des bonnes situations. Plusieurs fois As-Roi, deux paires de Dames, une paire de Valets... Je n'ai perdu qu'un seul gros coup aujourd'hui, un « cooler » avec deux paires au flop contre brelan. »

« Quand on entame une journée avec un gros tapis, il y a une pression supplémentaire, celle de devoir assumer son rôle de « big stack », et de devoir être actif. Je veux dire, quand on est short, la marche à suivre est assez banale. Avec beaucoup de jetons, on est un peu obligé de jouer agressif, et de ne pas être « scared money ». Je suis content d'avoir réussi à être l'acteur, sans subir et me contenter de jouer les bonnes cartes. »

« Pour résumer, aujourd'hui j'ai monté un million de tapis en grattant coup après coup, et j'ai perdu un million sur une rencontre inévitable, et un « blow-up » quand j'ai essayé de bluffer Fabrice avec un tirage manqué. »

« Je n'ai pas joué tant que ça avec des joueurs pros connus, en fait. Là aussi j'ai eu de la chance. Il n'y a qu'aujourd'hui que j'ai pu évoluer avec des grands noms comme Bobby Baldwin et Theo Tran. J'ai pu éliminer Bobby sur un bad-beat. Je lui ai serré la main en disant que c'était un honneur d'avoir pu jouer contre lui. Theo Tran m'a complimenté sur mon jeu. Et bien sur, notre Fabrice Soulier national. C'est génial de pouvoir affronter ces joueurs dans le Main Event... C'est pas un 20$ rebuy, là, c'est LE plus gros tournoi de l'année ! »

« Ce matin, je lisais les messages de soutien sur ClubPoker et Wam-Poker, et j'avais les larmes aux yeux... [et tandis qu'il dit ça, Yuestud est effectivement assez ému] C'est juste un jeu de cartes, mais ça fait chaud au coeur ! »

Day 6 : chip-counts officiels

- 13 juillet 2009 - Par Benjo DiMeo

Le top 10

1. Waren Zackey (Afrique du Sud) 4,872,000
2. Kasper Cordes (Danemark) 4,352,000
3. Darvin Moon (USA) 3,218,000
4. Tom Schneider (USA) 3,168,000
5. Berhnard Perner (Autriche) 3,022,000
6. Miika Puumalainen (Finlande) 2,894,000
7. Matt Affleck (USA) 2,882,000
8. Charlie Elias (Australie) 2,780,000
9. James Akenhead (UK) 2,692,000
10. Steven Begleiter (USA) 2,621,000

Les 8 français

22. François Balmigère (Toulouse) 1,871,000
24. Ludovic Lacay (Toulouse, Team Winamax) 1,817,000
32. Fabrice Soulier (Las Vegas) 1,663,000
60. Julien Brécard (Paris, Team Manager Winamax) 1,211,000
82. Bertrand Grospellier (Londres) 973,000
90. Antoine Saout (Saint-Marin) 893,000
95. Loic Degrou (Lille, Qualifié Winamax) 801,000
101. David Benyamine (Las Vegas) 764,000

Les joueurs notables

4. Tom Schneider 3,168,000
9. James Akenhead 2,692,000
11. Eugene Katchalov 2,544,00
12. Noah Boeken 2,338,000
20. Dag Palovic 1,896,000
28. Theo Tran 1,707,000
45. Phil Ivey 1,380,000
49. Nasr El Nasr 1,329,000
54. Blair Hinkle 1,284,000
56. Jeff Shulman 1,266,000
58. Antonio Esfandiari 1,227,000
76. Joe Serock 1,014,000
80. Joe Sebok 992,000
83. Peter Eastgate 927,000
102. Kenny Tran 752,000
105. Karl Marenholz 731,000
106. JC Tran 720,000
107. Prahlad Friedman 715,000
108. Thierry Van den Berg 703,000
110. Chris Bjorin 693,000
117. South Cole 670,000
129. Salvatore Bonavena 596,000
137. Joe Hachem 540,000
138. John Monnette 531,000
139. Michael Greco 518,000
142. Alex Jalali 505,000

Tableau de bord
185 joueurs restants (sur 6,494 au départ)
Blindes : 8,000/16,000, ante 2,000 au départ du Day 6
Tapis moyen : 1,050,000

The biggest game in town

- 13 juillet 2009 - Par Benjo DiMeo

Coverage par Winamax

Depuis son déplacement à une table de méga poids-lourds, Ludovic Lacay n'a pas chômé, bien décidé à en découdre avec des talents exceptionnels tels que John Monette, David Benyamine, Cole « cts » South ou Phralad Friedman. Tous sans exception sont des habitués des parties très très high-stakes de Los Angeles, Las Vegas et internet. Des joueurs qui n'ont pas peur de faire « parler les masses », d' « envoyer du lourd », bref, des joueurs dangereux.

La taille des pots commence à faire perdre la tête... Parfois même alors que le flop n'est pas encore tombé. Jugez-en plutôt par vous même avec cette main :

Ludovic relance à 33,000 en début de parole. Au bouton, un joueur avec un tapis énorme (2,5 millions disposés en piles de dix, étalées sur plus de soixante-dix centimètres de largeur) paie. De petite blinde, un joueur inconnu dont Ludo a vanté les qualités 3-bet à 145,000.

Ce n'est pas fini. La parole revient au pro du Team Winamax, qui sur-relance à 325,000. Presque dix stacks de départ sur le premier tour d'enchères !

Coverage par Winamax

Le bouton réflechit un moment, demande à Ludo combien il lui reste (1,1 million), et passe. La petite blinde fait de même plus rapidement.

David Benyamine, qui n'a pas quitté des yeux Ludovic pendant l'ensemble du coup, hoche la tête avec un air admiratif.

Un peu plus tôt, Ludovic manquait un bluff en misant flop et turn sur le board ACarreauKPique2Pique3Trèfle. Son adversaire envoie le tapis, et Cuts passe aussitôt.

Récemment, je l'ai vu s'affronter à Cole South – un des joueurs les plus respectés du net, et membre fondateur de la communauté d'apprentissage online CardRunners.

Coverage par Winamax

South relance UTG, et Ludo est le seul payeur de grosse blinde. Sur le flop QCoeur5Trèfle3Coeur, Ludovic paie le continuation-bet. Le turn est un 3Carreau. Second check de Ludovic, qui espérait peut-être que South allait laisser une carte gratuite. Mais non : l'américain mise 100,000, et Ludovic est obligé de jeter ses cartes.

Julien Brécard a perdu 400,000 sur ce qu'il faut bien appeler un setup : Q-8 contre 99 à tapis sur un flop Q-8-9. Yuestud est retombé à 1,5 million. Mais il ne se plaint pas. « J'ai eu beaucoup, beaucoup de jeu aujourd'hui. »

En table télé, François Balmigère et ElkY affichent tous deux un tapis supérieur au million, tout comme le qualifié Winamax Loic Degrou, et Fabrice Soulier.. Un million, c'est bientôt ce que le tapis moyen va représenter, alors que 97% des participants au Main Event ont été éliminés, neuf jours après son départ. Et il reste encore cinq journées complètes à disputer... Trois en juillet, les deux dernières en novembre.

Joe Hachem est désormais assis à la gauche d'ElkY. Il est le dernier champion du monde en course avec Peter Eastgate, le tenant du titre. Dan Harrington a été éliminé en milieu d'après-midi.

Estelle Denis est dans une situation critique avec 100,000, et PokerNews vient de reporter un incident – pas si rare – où la journaliste a fait tapis avant de se voir reprendre ses cartes par le croupier. Un superviseur sévère aurait pu appliquer une sentence lourde (faire perdre l'ensemble de ses jetons à Denis), mais le sympathique Steve Frazer a décidé de seulement la pénaliser à hauteur de la relance initiale de JC Tran, qui avait ouvert l'action en premier.

L'annonce officielle vient d'être faite : le Day 5 se terminera à la fin du niveau en cours, soit dans 25 minutes.

Tableau de bord
195 joueurs restants (sur 6,494 au départ)
Blindes : 6,000/12,000, ante 2,000
Tapis moyen : presque 1 million

Baptême réussi

- 13 juillet 2009 - Par Benjo DiMeo

Antoine Dugast, connu sur le forum du ClubPoker sous le pseudonyme de « xmoussx » faisait partie de la poignée de joueurs amateurs français ayant parvenu à atteindre les places payées lors de ce Main Event. Le parisien (qui travaille dans le milieu du spectacle) a vu son parcours s'arrêter cet après-midi. Il a bien voulu me raconter sa journée. On l'écoute.

Coverage par Winamax

« J'avais commencé le Day 5 avec dix grosses blindes à la table de Joe Hachem et Kara Scott. Quand la table a cassé une heure plus tard, j'avais triplé ce montant ». Notamment grâce à un coup crucial où Antoine envoie le tapis avec A-4 après une relance. Il est payé par Roi-Dame est remporte le 60/40. Et aussi quelques moves : « A un moment, Kara a relancé au bouton. J'ai fait tapis de grosse blinde sans regarder mes cartes ! Elle a passé. Après, on m'a dit qu'elle jouait assez serré, mais sur le moment, j'étais assez sur qu'elle allait jeter ses cartes. »

« Après, j'ai été déplacé à la table d'un des finalistes de l'année dernière. Comment il s'apelle... Thompson ? Non, Phillips [rires] Je l'ai même pas fait exprès. »

Arrive un très mauvais coup, où Antoine voit complète de petite blinde avec K-T après trois limpeurs. Le flop est K-x-x. Tout le monde checke jusqu'au bouton, qui mise. Antoine est le seul payeur. Turn 7. Check/check. Rivière 7. Antoine checke une dernière fois, et le bouton mise 45,000. Un call automatique, sauf que son adversaire bluffait au flop avec T-7 et a trouvé un improbable brelan runner-runner.

Le dernier coup : « Je suis au bouton avec APique9Pique. J'ai 130,000 et deux options : faire tapis directement pour prendre les 21,000 au milieu, ou relancer pour qu'un joueur essaie de me bluffer. Et si il ne bluffe pas, tant pis, je paie. Je choisis la deuxième solution. On m'envoie le tapis, et je paie. Je fais face à Q-J, et la première carte du flop est une Dame. »

Game over pour Antoine, qui peut tout de même être satisfait de cette toute première expérience dans un tournoi live, après de nombreux beaux résultats sur Internet. « La plupart du temps, je joue des tournois à 20 dollars en ligne », dit-il avec un sourire. « Mais maintenant, avec ce résultat, je dispose d'une petite bankroll « live ». De quoi aller jouer à l'ACF, et pourquoi pas vous rendre visite sur les EPT. » Tu es le bienvenu, Antoine !

Autres éliminés français du jour jusqu'à présent : Rémy Biechel, Quentin Lae et, à l'instant, Patrick Hanoteau. A notre connaissance, tous les autres sont encore en vie.

Tableau de bord
227 joueurs restants (sur 6,494 au départ)
Blindes : 6,000/12,000, ante 2,000
Tapis moyen : 860,000