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Poker et finance, même combat

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo

Un expert ès grandes fortunes remporte 100 000 euros au poker



Cet après-midi, dans les couloirs de l'ACF, on fut bien en peine de trouver un joueur ou un membre du personnel pouvant nous filer des informations sur Grégory Benac. Le français semblait sorti de nulle part. C'est donc avec un certain étonnement que nous l'avons écouté nous raconter sa première visite à l'Aviation Club de France : « C'était à l'occasion de mes 18 ans. A l'époque, l'endroit était bien différent... J'ai aujourd'hui 34 ans, je vous laisse faire le calcul... » Effectivement, si Monsieur Benac a franchi les portes du club dès 1996, cela en fait l'un de ses membres possédant le plus d'ancienneté : à l'époque, le poker n'y était pratiqué que depuis un an.

Alors, qui est cet inconnu jouant au poker depuis une éternité, depuis les parties de fermé entre potes de lycée jusqu'à un titre World Poker Tour arraché avec, disons le, une certaine désinvolture ? Grégory Benac est un joueur amateur, mais pas n'importe quel genre d'amateur. Dans son métier, on parle de pognon, de beaucoup, beaucoup de pognon. « Je gère des portefeuilles de grandes fortunes », explique t-il. Du coup, la question nous vient facilement : la transition entre la finance et le poker est t-elle naturelle ? La réponse ne se fait pas attendre : « Gérer un portefeuille, c'est pareil que de jouer un tournoi : tu étudies les risques avant d'investir, et tu places ton capital en fonction. » Benac est-il plutôt du genre à aimer le risque, où à le fuir ? Réponse de normand : « J'aime prendre des risques potentiellement intéressants. »

Même s'il connait l'ACF depuis les temps immémoriaux, Benac, qui ne joue jamais en ligne, n'y est pas un « reg » à proprement parler : « C'était mon deuxième tournoi seulement », explique t-il. « J'ai joué le Grand Prix de Paris il y a trois ans, j'avais gagné un satellite... En fait, je n'ai pas trop le temps de jouer, je travaille trop ! Là, j'ai eu de la chance de pouvoir m'échapper quelques jours pour faire le tournoi, mais je n'arrêtais pas de consulter mon téléphone pendant les pauses. »

Benac nous confiera jouer surtout entre amis, à la maison, expliquant que « dans les cercles, ça ne joue pas assez cher. Avec mes potes, on aime bien mettre 500 000 euros sur la table ». Puis, aussitôt : « Non, n'écris pas ça, je déconne ! Vous allez vraiment écrire tout ce que je vous raconte ? »

« De tous les finalistes, il y en a sept qui étaient meilleurs que moi », nous dira t-il aussi, pas dupe de sa déficience technique face à certains de ses adversaires. « Mais j'ai pris beaucoup de plaisir, toutes les journées sont passées tellement vite, et c'est avec une grande fierté que je vais ramener le trophée à la maison. » Et comment Grégory Benac compte t-il célébrer sa belle victoire parisienne ? « Avec une bonne bouffe ! » Voilà un homme qui a le sens des priorités.

Résultats du WPT National Series Paris

Vainqueur : Grégory Benac 92 570 € + ticket à 7,500€ pour le Grand Prix de Paris en septembre
2e : Shinya Shimada 66 845 €
3e : Antoine Saout (Qualifié Winamax) 51 420 €
4e : Jérémy Nock 38,565 €
5e : Franck Boyer 30 870 €
6e : Philippe Abdoul 25 710 €
7e : Antoine Valantin 20 565 €
8e : Yann Detychey 15 425 €

Benjo

Heads-up : Bref, concis et précis

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo



45 petites minutes, c'est le temps qu'il aurra fallu à Grégory Benac pour inverser la tendance dans le tête à tête qui l'opposait à Shinya Shimada. Parti avec un net désavantage en jetons face à son adversaire japonais, le français a réussi à doubler d'entrée de jeu grâce à un petit coup de pouce du destin, son TPique7Pique battant le ACarreau8Carreau de Shimada avec l'apparition de deux 7 sur le tableau. Ensuite, Benac a bénéficié de son propre aveu de bonnes cartes, et profité d'un certain manque d'agressivité de son adversaire. La dernière main s'est jouée - comme souvent dans ces compétitions - à tapis avant le flop : deux Dames pour Benac, As-Valet pour Shimada. Une Dame est venue se poser sur la rivière pour mettre fin au WPT Regional Series de Paris, et sceller la victoire de Grégory Benac.



Shinya Shimada a quitté le Japon pour Paris il y a un an et demi. Depuis, il accumule les bons résultats sur le sol français, et collecte aujourd'hui le plus gros gain de sa carrière : 66 845 euros

Antoine Saout éliminé en troisième position (comme d'hab)

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo



C'est au cours d'une main somme toute standard, typique d'une fin de tournoi, qu'Antoine Saout a vu son tournoi se terminer. Ce qui ne l'empêchera pas d'avoir quelques regrets quant à cette (belle) troisième place... Un peu moins que lors des WSOP 2009, tout de même, faut pas exagérer non plus.

Le coup : Shinya Shimada ouvre à 300,000 au bouton. De grosse blinde, Antoine se demande un long moment s'il doit 3-bet à tapis avec son APique9Pique. Il décide finalement d'appuyer sur la gâchette, mais Shinya ne va nulle part, annonçant aussitôt « payé » avant de montrer une paire de Dames. Une troisième demoiselle apparaîtra sur le flop pour crucifier Antoine.

« Le troisième joueur [Grégory Benac] semblait manquer d'expérience en 3-handed », dira le qualifié Winamax après avoir collecté sa récompense de 51 420 euros. « J'aurais peut-être pu attendre un meilleur spot... » Pas de gros regrets en somme, tout au plus un classique pincement au coeur d'après-élimination...

Duel à trois

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo

Les trois joueurs pouvant encore prétendre au titre se tiennent dans un mouchoir de poche... Dans cette situation, difficile de prédire un vainqueur, même si on penchera plus volontiers du côté d'Antoine Saout, d'abord parce qu'il est pas mauvais au poker, mais aussi parce qu'il porte un logo Winamax (un site de poker en ligne dont vous avez peut-être entendu parler ces derniers temps)

Grégory Benac 4 millions (33BB)
Shinya Shimada 3,75 millions (31BB)
Antoine Saout 3,3 millions (27BB)


Blindes : 60,000/120,000, ante 10,000

4e : Jérémy Nock 38,565 €
5e : Franck Boyer 30 870 €
6e : Philippe Abdoul 25 710 €
7e : Antoine Valantin 20 565 €
8e : Yann Detychey 15 425 €



Oui, je sais, on voit cinq joueurs à table sur cette photo, alors qu'il n'en reste plus que trois. On s'en fout.

Deux sortants, deux

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo

Il était fatal que le rythme des éliminations allait s'accélérer tôt ou tard, car si les joueurs sont restés patients jusqu'à présent, les blindes, elles, suivent une progression inéluctable. Nous venons ainsi de perdre deux joueurs coup sur coup.

Franck Boyer d'abord, qui 3-bet à tapis avec APique9Pique après une relance de Shimada. Ce dernier snap-call avec ACoeurKTrèfle, normal, et son avantage est confirmé sur le board As-10-Dame-8-7. Boyer récupère 39 565 euros. Juste après, Jérémy Nock saute de manière quasiment identique, envoyant son tapis avec APique5Pique après une relance de Grégory Benac. Le français paie aussitôt et montre une paire de Valets : le tableau ne changera rien à l'affaire. Il ne reste plus que trois joueurs dans cette étape parisienne du World Poker Tour !



Franck Boyer remporte 30 870 euros, qu'il pourra par exemple dépenser en allant voir ce film 4 750 fois (en se basant sur un ticket de cinéma à 6,50 euros)

Abdoul blackboulé

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo

Ah, tiens, super, une élimination pour nous sortir de la torpeur qui plombe l'ACF en ce début de soirée. Ben oui, il fait chaud dehors, alors dans les murs confinés du club parisien, je vous raconte pas... 40 degrés ressentis au bas mot, il faudrait que les dirigeants de l'établissement songent sérieusement à distribuer des rations de déodorant obligatoires toutes les heures pour que l'endroit – bondé en ce samedi soir, entre les cash-games high-stakes, un tournoi à 750 euros et le champagne gratuit rameutant des dizaines de soiffards dans le salon - reste vivable. Et pendant ce temps, à la table, la chaleur endort les finalistes : deux niveaux entiers viennent de s'écouler sans qu'aucun joueur ne soit éliminé.

Jusqu'à ce que l'élimination de Philippe Abdoul en sixième place ne vienne rappeler à ces gens qu'ils sont bien en train de se battre pour une coquette somme d'argent (presque 100 000 euros ma bonne dame). Le coup est très simple : Franck Boyer envoie son tapis pour 885,000, et Abdoul s'engage depuis la grosse blinde, il n'a plus que 600,000.

Showdown :

ATrèfle7Trèfle pour Boyer, devant le KPiqueJTrèfle de Abdoul qui s'améliore sur le flop 3Trèfle3PiqueKTrèfle mais voit ses espoirs anéantis par la QTrèfle que la charmante croupière brune à lunettes que je n'avais jamais croisée à l'ACF et dont j'aimerais bien tenter de lui adresser la parole histoire de draguer un peu pendant les pauses retourne sur la rivière.

Philippe Abdoul est éliminé en sixième place : il remporte 25,710 euros pour ses efforts.

Saout de plus en plus haut

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo

De grosse blinde avec une paire de Rois, notre qualifié Winamax Antoine Saout ne se fait pas prier pour 3-bet à 435,000 après une première relance de Shinya Shimada. Avec son maigre Roi-Dame, le japonais décide de transformer sa main en bluff, et envoie un 4-bet à 980,000. Du pain béni pour le Breton, qui fait mine d'hésiter avant de lâcher une nouvelle salve, misant l'ensemble de son tapis pour 2,5 millions.

Shimada est bien embêté : c'est son tournoi qu'il doit jouer, et malgré la quantité d'argent déjà investie (presque la moitié de son stack), la main qu'il détient justifie difficilement un call. Shimada abandonne donc à regret.



Après cette main, Antoine Saout est plus que jamais chip-leader !

On va manger des chips, t'entends ?

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo



Une fois le compteur tombé à six joueurs restants, les organisateurs ont interrompu la partie un instant pour faire les comptes. Je vous les livre en exclusivité interplanétaire :

Siège 1 – Shinya Shimada 2,010,000
Siège 2 – Jeremy Nock 1,515,000
Siège 3 – Franck Boyer 540,000
Siège 4 – Antoine Valantin OUT 7e
Siège 5 – Gregory Benac 2,925,000
Siège 6 – Antoine Saout (Qualifié Winamax) 3,165,000
Siège 7 – Yann Detychey OUT 8e
Siège 8 – Philippe Abdoul 945,000

Antoine Saout est donc toujours chip-leader, talonné par Gregory Benac qui a plus que doublé son stack depuis le début de la partie. Boyer et Abdoul sont dans la zone rouge avec 10 et 15 blindes chacun.

Blindes : 30,000/60,000, ante 5,000

Les prix
Vainqueur : 92 570€ + 1 ticket WPT Grand Prix de Paris (valeur de 7 500€)
Runner up : 66 845€
3e : 51 420€
4e : 38 565€
5e : 30 870€
6e : 25 710€

Ceint Valantin

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo



Philippe Abdoul ouvre à 125,000 (les blindes sont toujours à 30,000/60,000). De petite blinde, Antoine Valantin pousse son tapis en hurlant « La boîte Papa, bordel ! » (non, c'est pas vrai, il est resté très calme). Il y a seulement 250,000 à rajouter, soit quatre blindes, ce qui n'empêchera pas Abdoul de réfléchir quelque chose comme deux minutes avant de payer avec son ACarreau9Carreau.

Valantin est derrière avec KCoeurTCarreau, et ne s'améliore pas sur un board As-Valet-4-9-6. Il s'agit de la deuxième élimination en quatre heures de finale, elle rapporte à Valantin la somme de 20,565 euros.

Nock Nock Nock, qui est là ?

- 24 mars 2012 - Par Benjo DiMeo



Plus petit tapis au départ de la finale, le gallois Jeremy Nock a trouvé un peu d'air suite à un coin-flip pour le moins salutaire. Sa paire de 5 traverse sans encombres un board 6-7-9-7-Roi pour battre le As-Dame de Antoine Valantin. Ce dernier doit s'acquitter de 635,000 auprès de Nock : c'est à peu près la somme qu'il reste désormais au français.

La petite biographie de Nock consultable sur la Hendon Mob Database nous indique qu'il est à la tête de plusieurs hôtels parisiens, et ne pratique le poker sérieusement que depuis 2010. Ses résultats en live restent pour le moment modestes : une petite poignée de places payées à quatre chiffres.